Comité Français d’Education pour la Santé (CFES)

De Medfilm



Comité Français d’Education pour la Santé

Origine
L’éducation pour la santé trouve son origine dans la politique hygiéniste apparue au milieu du XIXe siècle, avec les premières lois de salubrité publique. Pour encadrer les actions de prévention, différentes institutions sont créées : en 1945, le Comité français d'éducation sanitaire démographique et sociale (CNESDS) ; en 1952, le Comité français d'éducation sanitaire et sociale (CFESS) ; en 1972, le Comité Français d’Education pour la Santé.

Mission
Ses statuts confèrent au CFES une “mission d’intérêt général”, à savoir “développer l’éducation pour la santé en France”, “réaliser les grandes campagnes de communication nationale” et “représenter la France à l’étranger”. Elle implique la réalisation de spots TV, radio, affichage, presse, cinéma, mais aussi affiches et brochures hors médias ainsi que réalisation de documents pédagogiques à destination du milieu scolaire ou médical.

Statut
Placé sous la tutelle du ministère, qui assure un contrôle financier permanent et approuve les décisions de son Conseil d’administration, le CFES est une association régie par la loi 1901. Elle n’est donc pas un organisme ministériel et ses collaborateurs ne sont pas des fonctionnaires. Son financement provient essentiellement de la Caisse Nationale d’assurance maladie. Détentrice d'un Fond national de prévention, d’éducation et d’information sanitaire, la CNAM sous traite au CFES l’essentiel de la communication de ses campagnes. Le ministère prend en charge l’essentiel des frais de fonctionnement du Comité, soit 15% de son budget. Menant une mission "de service public", elle est intégralement financée sur fonds publics. Ses opérations comptables sont soumises au visa d'un contrôleur financier du ministère, ses actions engagent politiquement le ministre. (Cf. Luc Berlivet, «  Naissance d'une politique symbolique : l'institutionnalisation des "grandes campagnes" d'éducation pour la santé dans Quaderni, 1997, n° 33, pp. 99-117, numéro thématique : L'État communicant, des formes de la communication gouvernementale, p. 105) Toujours selon Luc Berlivet, la désignation du Délégué général du CFES est "quasi discrétionnaire et moins contrainte par le cursus honorum que dans une administration traditionnelle. Selon Luc Berlivet, le CFES est "une institution hybride, sans doute une des plus singulières de l'univers administratif français". Quoiqu'elle soit une association, son Délégué général ainsi que le président de son conseil d'administration sont agréés par le ministre. Dès 1976, la plupart des dirigeants du Comité faisaient partie de l'entourage du ministre et avaient même souvent titre de conseiller dans son cabinet. C'est cette proximité politique qui explique la croissance rapide du budget dans la seconde moitié des années 70 et sa principale conséquence : la possibilité de recourir de plus en plus largement à des médias audiovisuels coûteux (2 522 000 F en 1974, 34 914 000 F en 1981). Le CFES est donc un organe de communication du ministre de la santé. Sa structure particulière lui donne souplesse et réactivité, mais aussi une position en marge fortement dépendante des ministres et de leur politique.

Orientations
A partir des années cinquante, les pouvoirs publics remettent à l'honneur la politique de prévention. En France, la mortalité et la morbidité dues aux maladies infectieuses régressent, le poids des affections "dégénératives" chroniques (cancers et maladies cardio-vasculaires au premier chef) ne cesse d'augmenter. La croissance rapide des dépenses de santé qui en résulte menace la stabilité économique du système de l'Etat-providence qui prévaut. Dans les années 70, les commissions préparatoires des 6èmes et 7èmes plans recommandent de promouvoir la prévention, et de mettre fin à la logique du "tout hospitalier". Comme les organismes de propagande hygiénistes qui l'ont précédé, le CFES mène une prévention primaire : elle vise à éviter une maladie et ses causes par l'information et l'éducation. Cependant, son orientation idéologique est innovante, marquée par des pensées critiques contemporaines dans les champs des sciences humaines. Selon Luc Berlivet, le CFES "va construire son expertise contre l'héritage des mouvements prophylactiques. Elle tient avant tout à se démarquer des schèmes "paternalistes"et "moralisateurs" véhiculés par ce qu'on appelait jusqu'alors l'"éducation sanitaire". (Luc Berlivet, Op. cit., p. 107). Le CFES fait appel à des experts en sciences sociales (sociologues, psychosociologues, démographes, etc.) alors porteurs d'une critique du modèle biomédical portée par Ivan Illich et Thomas Szaz. Ils mettent en place des études de motivations (qu'est-ce qui me pousse à fumer) et les enquêtes sur les comportements de santé. Leurs recommandations favorisent l'émergence d’une doctrine de l'éducation « pour la santé » : les pratiques de prévention sont appelées à être appropriées par les populations concernées pour accéder à un plus haut niveau de bien-être. "Le CFES ne cherche pas à normer les comportements humains par édiction de règles de bonne conduite, il cherche à convaincre les français, et certains d'entre eux en particulier, de "choisir" un "mode de vie plus sain" en exerçant un contrôle plus important sur leur consommation de tabac et d’alcool". (Berlivet, 108).

L'inscription dans l'environnement communicationnel contemporain
La conception des campagnes du CFES se caractérise également par le souci de mettre à profit la dynamique des nouvelles formes d'expression apportées par la publicité. Celles-ci sont déterminées par les mutations intervenues dans le champ communicationnel dans les années 70 (développement de la pratique de la télévision, expansion de la circulation des images et, par l'épanouissement de la pop culture, renouvellement de leurs codes de mise en scène). La nomination par Simone Veil de Michel Le Net à la tête du CFES en 1976 est significative à cet égard. Ingénieur des Ponts et Chaussées, ancien conseiller technique au cabinet du secrétaire d’Etat au Logement, Michel Le Net initie les premières campagnes de prévention concernant la sécurité routière dans les années 70. Leurs innovations vont fournir le modèle des campagnes du CFES.

Le CFES en 1985
Adresse : 2, rue Auguste Comte 92170 VANVES
Effectifs : 45 personnes
Moyens : 83,8 MF (budget 1993)dont 37,7 MF État / 43,9 MF organismes de protection sociale (CNAM, CNAV, CCMSA)
Responsables : Pr Pierre Delormas (Président), Pr J.-F. Lacronique (Délégué Général)

Evolution
En 2000, le Comité aura mené 9 grandes campagnes nationales (aux thèmes permanents du début, comme le tabac et l’alcool, sont venus s’ajouter des thèmes nouveaux tels le Sida, la drogue et l’hépatite C), certaines pour le compte de l’assurance maladie (comme le tabac et l’alcool), d’autres pour le compte de l’Etat (comme le Sida et les toxicomanies) : la part la plus importante concerne la campagne tabac (10,6 millions d’euros), suivie de la campagne Sida (8,1 millions d’euros), puis les campagnes alcool, drogues et accidents de la vie courante (4 millions environ chacune), enfin les vaccinations (3,3 millions), l’hépatite C (1,8 million), le mal de dos ( 200 000 euros) et le suicide (150 000). En 2002, le CFES devient INPPS, pour Institut National de Prévention et de promotion de la Santé, avec des missions élargies. L’éducation pour la santé ne se limite plus à la prévention primaire (dissuader de fumer ou encourager le sevrage tabagique) mais se trouve réintégrée dans la relation de soins (aider également les patients atteints de maladies chroniques à se prendre en charge).

Sur Medfilm, les séries correspondant aux campagnes :
1976 : Prenons la vie à pleins poumons - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Prenons_la_vie_%C3%A0_pleins_poumons
1978 : Une cigarette écrasée, c'est un peu de vie gagnée - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Une_cigarette_%C3%A9cras%C3%A9e,_c%27est_un_peu_de_libert%C3%A9_gagn%C3%A9e
1979 : Une cigarette en moins, un peu de vie en plus - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Une_cigarette_en_moins,_un_peu_de_vie_en_plus
1981 : Archibald le magichien - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Archibald_le_Magichien
1983 : Pour votre santé, soyez plus fort que le tabac - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Pour_votre_sant%C3%A9_soyez_plus_fort_que_le_tabac
1988 : Le tabac, c'est plus ça - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:Le_tabac_c%27est_plus_%C3%A7a
1997 : La vie sans tabac, vous commencez quand? - https://medfilm.unistra.fr/wiki/Crp:La_vie_sans_tabac,_vous_commencez_quand%3F

Liens externes

https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_050515
https://www.persee.fr/doc/quad_0987-1381_1997_num_33_1_1208

https://bdoc.ofdt.fr/index.php?lvl=publisher_see&id=45


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