Les drogues et le système nerveux (1960)

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Les drogues et le système nerveux


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Title Les drogues et le système nerveux
Year of production 1960
Country of production
Director(s) Serge Huet
Scientific advisor(s)
Duration 25 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16mm
Original language(s) French
Production companies ORTF
Sponsor(s) CNDP
Archive holder(s) CNDP

Main credits

(français)
(principales informations du générique relevées dans ses termes originaux) "Auteurs : Robert Malpuech et Pierre Desgraupes"

Contents

Medical themes

Theme

(français)
L’usage médical des drogues dans les expérimentations sur le système nerveux et la prise en charge psychique

Main genre

Abstract

(français)
Pierre Desgraupes (journaliste TV à l’ORTF, cf. Cinq colonnes à la Une avec Igor Barrère) réunit plusieurs médecins spécialistes de l’expérimentation des drogues sur le système nerveux. Ceux-ci exposent tour à tour les modalités de l’expérimentation, d’abord sur l’animal puis sur l’homme, le classement et les différents usages thérapeutiques des drogues. Nous assistons enfin à une séance de thérapie psychique employant un sédatif.

Context

(français)
Plusieurs reportages contemporains, notamment dans les actualités cinématographiques font état du phénomène de dépendance aux stupéfiants qui se manifeste parmi les jeunes.

Structuring elements of the film

  • Reporting images  : Yes.
  • Studio pictures  : Yes.
  • Archive footage  : Yes.
  • Animation sequences  : No.
  • Inter-titles  : No.
  • Animator  : Yes.
  • Voice over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the movie direct the spectator's view?

(français)
Le film est adressé au public lycéen. Desgraupes l’interpelle dans la séquence d’ouverture en faisant allusion aux cours de biologie qu’il a été amené à suivre. Le film semble chercher à englober la question de la toxicité des drogues, à laquelle les jeunes sont exposés, dans un exposé sur leur usage médical. Le long développement sur l’expérimentation et la thérapie amène in fine à un message de prévention que délivre le dernier entretien.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le film est centré sur les entretiens de Pierre Desgraupes avec les différents spécialistes de l’hôpital Sainte Anne et de la Faculté de Médecine de Paris. Ils sont valorisésmontrés en tant qu’experts de nouvelles méthodes de soins.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Circuit télévision scolaire(en 1969, le taux d'écoute de la télévision scolaire est de 2 à 6%. En 1973, 1/3 des écoles bénéficient d'un téléviseur solaire. - revue "Education - Formation" n° e- 289 - déc. 2008)

Communications and events associated with the movie

(français)
bulletin Radio Télévision Scolaire

Audience

(français)
élèves des établissements où une séance de diffusion est organisée

Local, national, or international audience

Unknown

Free-form description

(français)
Introduction par Pierre Desgraupes
Desgraupes en plan moyen, cadré devant une fenêtre qui donne sur la rue. Par l’élargissement du cadre dans la seconde séquence, nous comprendrons qu’il est en présence de plusieurs médecins. Il nous explique qu’ils sont réunis dans l’Unité de Recherches de Psychopharmacologie en lien avec la clinique des maladies mentales de la Faculté de Médecine de Paris. « Le sujet est les drogues. Mais par drogues, nous n’entendons pas la même chose que le sens commun et les journaux, lesquels parlent de stupéfiants. Nous l’entendons au sens anglais, plus large : toutes les substances chimiques qui, par leur injection, modifient le fonctionnement de l’organisme et plus singulièrement le fonctionnement du système nerveux. Peut-être vous a-t-on parlé de drogues dans vos cours de chimie. Inutile de vous dire qu’avant de les expérimenter sur l’homme, nous avons étudié les effets de ces drogues sur l’animal. » En faisant allusion aux cours de chimie que le spectateur est supposé avoir suivi, Desgraupes indique que le public est scolaire, d’ailleurs ce « vous », plutôt qu’un vouvoiement, n’est-il pas un « tu » pluriel, démultiplié à un effectif de classe ?
Expérimentation : l'animal sous influence
Séquence sur l’expérimentation sur l’animal. Après une introduction par un des médecins présents, plans de chats introduits dans un « caisson d’enregistrement » qu’il commente en voix off. Nous les voyons d’abord à l’état normal, puis sous l’effet d’un hypnotique nommé nobutal ( ?), de la mescaline et du produit de synthèse 47-19 ( ?). En plans de coupes, des relevés graphiques des mouvements du cortex de l’animal. Sous l’hypnotique, le chat s’affaisse sur lui-même, somnole. Sous mescaline, « attitude typique de l’animal en kangourou, avec le dos arqué et les pattes postérieures écartées : il peut garder cette position pendant une heure, on dirait qu’il a peur d’on ne sait quoi. » Sous un produit voisin, « halètement, regard fixe, oreilles dressées. L’animal regarde un spectacle, on ne sait trop lequel. Il parait très attentif, et pourtant, si on remue un bâton devant lui, il ne le suit pas des yeux. Il regarde un spectacle intérieur. » Sous le produit de synthèse, « l’animal prend un repas fictif. On le voit en train de manger, or il n’y a rien à manger. Il n’y a même pas de taches sur le sol. » Autre chat : « Son regard est halluciné. Le chat devient effrayant, on ne l’a jamais vu comme ça. » Retour au tracé, sous des lignes uniformément tremblantes, une ligne accidentée aux amplitudes plus grandes, « caractéristiques d’un état d’assoupissement, et pourtant, ce chat n’était pas assoupi ».Expérimentation sur l'homme : une nécessité envisagée avec précaution
Un médecin de la clinique des maladies mentales, présent lui aussi, explique les conditions du passage de l’expérimentation sur l’homme : « C’est un passage indispensable pour traîter les désordres nerveux. Il doit s’entourer de mille précautions si l’on veut tirer des leçons des expériences sur l’animal. Elles tiennent au dosage et aux données de l’interrogatoire. La supériorité de l’homme étant bien entendu de pouvoir expliquer ce qu’il éprouve. Il est évident qu’on emploie des doses plus faibles chez lui ».
Le classement des drogues
Séquence sur le classement des drogues. Desgraupes nous rappelle qu’il se fait selon leurs effets. Le médecin montre un tableau « très schématique » : « Des substances calment le psychisme, comme les tranquillisants – parfois employés de façon abusive. D’autres, au contraire, stimulent la vigilance et l’humeur. Il s’agit de maintenir un équilibre enre mélancolie et expansivité. D’autres, les hallucinogènes, provoquent des psychoses expérimentales. Celles-ci requièrent, lors de l’expérimentation, une surveillance électro-encéphalographique et une surveillance du cœur. Elles recouvrent absolument l’acception du terme ‘drogues’. » Desgraupes rappelle que l’utilisation des hallucinogènes est exceptionnelle. Le médecin ajoute que leur expérimentation insuffisamment contrôlée a posé des problèmes en « Amérique du Nord ». « Il est nécessaire que les médecins soient les premiers à montrer un exemple de prudence. » Les médecins ont apporté des panneaux scientifiques, comportant des tableaux des encéphalogrammes, qu’ils montrent à la caméra. Il est difficile de se concentrer dessus, d’autant plus avec leur commentaire incessant.
Usage thérapeutique des psychotropes
Nouvelle séquence, nettement plus spectaculaire, tournée dans l’hôpital Sainte Anne de Paris, dédiée aux « investigations diagnostiques et chimiothérapiques » au moyen des psychotropes. Un homme en blouse blanche, assis au chevet d’un malade, alité, vu de dos, orienté vers le mur de la pièce, dans la disposition d’une séance de psychanalyse.Comment vous sentez-vous ?Un peu las. Mais je jouis de toutes mes facultés mentales, je vous entends très bien. »La voix du patient est pâteuse. Elle traîne d’un mot à l’autre. Le médecin se tourne vers la caméra. Visiblement, il se prêt au jeu de mauvaise grâce. Tassé sur sa chaise, il regarde quelquefois en direction de Desgraupes posté hors champs, le plus souvent en direction du sol, peut-être pour lire des notes qu’il aurait disposées sur ses genoux. « Ce malade, explique t-il, subit des troubles en rapport avec l’accident qu’il a eu il ya à peu près deux ans et demi. » La cause de l’accident sera donnée dans le dialogue qu’il va nouer avec le malade. « Cet accident important, poursuit le médecin, n’avait entraîné chez lui aucune lésion cérébrale. Les troubles dont il se plaint sont donc d’origine psychique. Le but de l’examen est de faire se ressouvenir le sujet des circonstances exactes de l’accident ou des traumatismes qu’il avait subis pendant son enfance et qui se seraient réveillés à la faveur de l’accident. Choses qu’il ne veut pas dire dans un état normal. Le but de l’examen est donc de lever les réticences et de faire parvenir à la conscience du sujet les choses qu’il nous cache. On introduit d’abord un psycholeptique qui baisse la vigilance du sujet – il s’agit d’un sédatif- et ensuite un psychoanaleptique – une amphétamine – qui stimule intellectuellement et, en levant les réticences, fera parler le malade.C’est-à-dire, demande Desgraupes, qu’en ce moment, vous êtes en train de le réveiller pour le faire parler.C’est cela même.Depuis le début du film, Desgraupes joue le rôle du journaliste médiateur. Il tâche de synthétiser et de reformuler les propos de l’intervenant, voire de l’amener à les préciser afin de les amener, dans la mesure du possible, à la portée du public non spécialiste. Il s’efforce ainsi de réinterpréter les contenus du discours dans un vocabulaire qui lui est davantage familier. Le médecin se tourne vers le patient :Vous souvenez-vous de l’accident ?Très bien. Nous étions en Belgique. Nous sommes arrivés à un carrefour. Il y avait un brouillard très dense. »La sonnerie d’un téléphone retentit. Le médecin grimace : est-ce que le patient va en être troublé ? Non, il continue : il explique que la voiture a percuté une fontaine installée au milieu du carrefour. A la demande du médecin, il précise qu’il rentrait chez ses parents pour aller dormir.Vous avez toujours habité chez vos parents.Oui.Comment vous entendez-vous avec eux ?Très bien.Très bien ? N’y a-t-il pas un membre de votre famille qui aurait aussi eu un accident ?Pas à ma connaissance. »Le médecin y va de la formule « parlez-moi de vos parents ». Le patient précise que son père s’absentant au travail, il a beaucoup plus été au contact de sa mère. Le médecin lui demande alors s’il n’était pas arrivé quelque chose à sa mère il y a dix ans (que le médecin, apparemment, sait déjà : ce n’est pas par hasard qu’il évoque cette époque précise). Le patient admet qu’elle souffrait de la jambe pour une « raison indéfinissable », au point d’en être restée pratiquement invalide. Le médecin établit aussitôt un rapport entre l’état de sa mère avec le sien propre, marqué par des maux de tête à répétition. C’est un petit peu la même chose, non ?Par le fait, oui. »Il n’avait jamais fait le rapprochement, quoiqu’à la réflexion, il se rappelle souffrir aussi de maux de jambe. GP sur le médecin attentif. En voix off, Desgraupes lui demande s’il a senti que le patient parlait mieux. « Il n’avait jamais raconté auparavant ce qui était arrivé à sa mère à laquelle il était très fixé. » Un nouveau miracle du tournage de film : après deux ans de silence, c’est avec l’arrivée de la caméra dans le champ de la thérapie que la parole se déclenche…. Le médecin, tout en parlant, passe et repasse un bout de coton sur le bras nu du patient.Comment vous sentez-vous maintenant ?Je suis plus détendu, mais je souffre encore de maux de tête.Vous avez moins mal, non ?Non, c’est toujours ce mal lourd qui pèse. »Nouvelle grimace du médecin. Ainsi, tout ne se résout pas instantanément devant la caméra… La lumière de la vérité fraîchement énoncée, en direct, par le médecin, n’a pas encore fait tout son effet.
Les usages prohibés de la drogue
Dernière séquence, sur l’usage prohibé des drogues. Un autre médecin attaché à l’hôpital Sainte Anne, interviewé par Desgraupes dans son bureau, affirme que la consommation illégale des drogues concerne surtout les amphétamines et les hallucinogènes, le reste étant limité « grâce à notre législation ». Pour lui, si l’usage des drogues permet des « explorations intéressantes du subconscient lorsqu’il se déroule sous le contrôle des médecins, l’usage sans ce contrôle, en particulier en ce qui concerne le LSD, « dont on parle beaucoup ces derniers temps », amène à l’hôpital des malades qui souffrent de troubles mentaux. « Ils prennent des mélanges, ils prennent ce qu’on leur donne, ce qu’on leur passe. Lorsqu’on n’en a pas la notion, ces troubles simulent la schizophrénie. » Desgraupes rappelle que vingt cas de ce type ont été récemment recensés à l’hôpital.
Le discours double du film : informer sur les drogues pour prévenir contre leur usage non encadréLe film s’arrête là, comme en cours de route. In fine, il devient préventif alors que Desgraupes l’avait introduit en précisant qu’il allait traiter des drogues au sens large, c’est-à-dire médical. N’était-ce pas le moyen d’aborder le sens restreint, celui employé par tous et « les médias » - le toxique illégal auquel la jeunesse est exposée- sans perdre l’attention d’un public lui-même jeune, qui se serait senti directement pris à parti par un discours moralisateur sous des dehors scientifiques ?

Notes complémentaires

(français)

Références et documents externes

(français)


Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet