La syphilis, l'ennemi public n°1 (1939)

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La syphilis, l'ennemi public n°1


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Title La syphilis, l'ennemi public n°1
Year of production 1939
Country of production France
Director(s) Lucien Jame
S. M. Roullet
Scientific advisor(s) S. M. Roullet
Duration 11 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Archive holder(s) ECPAD

Main credits

(français)
réalisés par le médecin lieutenant-colonel Lucien Jame, professeur agrégé du Val-de Grâce et S. M. Roullet, conférencier d'hygiène sociale

Contents

Theme

(français)
« Film de propagande antivénérienne ». Film de prévention contre la syphilis sous la forme d'une conférence menée par un officier médecin, avec des prises de vues scientifiques, des séquences d'animation et de fiction à l'appui. Le film cherche à être le plus direct possible, ses images sont franches, le discours est « d'homme à homme », dénué de charge moralisatrice. De même, les prises de vues sont sans tabous. Les séquences de fiction, rares et empruntées, s'insèrent mal dans le fil de l'exposé. L'équipe de ce film a également réalisé « La blennoragie, danger social » Le traitement est le même, ainsi que la tonalité : dans le cadre d'une conférence cinématographique, l'officier cherche à parler net aux soldats ; se posant moins comme leur supérieur hiérarchique que comme le responsable de leur santé, il met à profit le contexte militaire pour s'exprimer franchement à leur égard.

Main genre

Abstract

(français)
Le film met en scène un médecin militaire qui s'adresse directement aux soldats, par le regard et la tournure du discours. A l'appui de celui-ci, des séquences de fiction mettant en scène des personnages qui incarnent les conséquences heureuse ou malheureuses de la conduite que va adopter le soldat-spectateur.

Context

(français)
Les maladies sexuellement transmissibles, considérées comme des fléaux sociaux, sont à ce titre, objet de campagnes cinématographiques depuis le début du XXe siècle. Avec la Première Guerre Mondiale, la recrudescence de pathologies infectieuses dans le milieu militaire comme la blennorragie et la syphilis a imposé d’ajouter, au moyen de la propagande sanitaire, une nouvelle guerre à celle qui se traduit par le conflit armé. La peur de la sanction ou de la stigmatisation poussait les soldats infectés à ne pas déclarer leur situation, différant de cette façon le traitement nécessaire et favorisant le cycle de contamination. Afin de les inviter à se manifester, les autorités ont senti la nécessité d’adopter un discours compréhensif à leur égard, compte tenu de leur éloignement de leurs familles. À l'époque du film, les évolutions médicales récentes pour soigner cette maladie ont été déterminantes. En 1921, Ernest Fourneau, met au point un dérivé de l'arsenic à l'institut Pasteur : le Stovarsol. Ce dérivé est plus stable et se prend par voie orale. En 1934 le principe actif du Salvarsan, découvert en 1920 par Carl Voegtlin et Homer Smith, est introduit par le traitement de la syphilis sous le nom de Mapharsen. Le problème des médecins face à cette maladie reste cependant l'ignorance de la population. En effet malgré des campagnes d’information en France, la population semble encore trop peu informée par les dangers de ce fléau.

Structuring elements of the film

  • Reporting images  : Yes.
  • Studio pictures  : Yes.
  • Archive footage  : Yes.
  • Animation sequences  : Yes.
  • Inter-titles  : Yes.
  • Animator  : Yes.
  • Voice over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the movie direct the spectator's view?

(français)
Le film cherche à interpeller directement les soldats par la présence de l'officier-médecin à l'écran, le regard orienté vers la caméra pendant sa conférence.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Santé et médecine proposent une prise en charge efficace sans risque de stigmatisation du patient infecté

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
dans les structures militaires

Communications and events associated with the movie

Audience

(français)
militaire (soldats appelés notamment)

Local, national, or international audience

Unknown

Free-form description

(français)
Dans un bureau, un officier se tient debout à côté d'un tableau noir qui porte l'inscription : « Moyenne annuelle des décès en France : 650 000. Moyenne annuelle des décès par syphilis : 140 000. Proportion : 1 décès sur 5. » L'officier cherche la caméra des yeux tandis qu'il parle sans détours : « On l'appelle l'ennemi public n°1. Pour la combattre, nous avons besoin de votre aide. Il faut que vous sachiez d'abord comment elle se manifeste. » Images MG du treponem pal : « C'est sa mobilité qui lui permet de pénétrer dans les muqueuses et dans la peau au moment des rapports sexuels mais aussi d'un simple baiser. » Dessin des visages d'un homme et d'une femme en train de s'embrasser, puis d'un homme dont la lèvre inférieure porte un chancre. Ce dernier dessin se fond avec une prise de vue du même sujet, le principe devient réalité. Une main gantée examine une verge portant un chancre. « Quand on le palpe entre les doigts, il donne une impression de dureté. » Le plan s'élargit sur le médecin en train de traiter l'homme atteint. « Si le malade ne se fait pas soigner, la syphilis se répand par le sang ». Schéma animé d'un corps humain parcouru de vibrions blancs. Scène de fiction : un homme et une femme attablés dans un bar. La femme examine dans le miroir de sa boîte à poudre une tache blanche marquant le revers de sa lèvre inférieure, se maquille puis boit une gorgée dans son verre. Quand elle le repose, le garçon arrête son geste pour y boire à son tour. « Evitez l'imprudence de ce jeune homme. La transmission peut se faire par les objets infectés. »L'officier a revêtu une blouse blanche pour nous décrire la seconde période de la maladie. Abcès et ulcères marquent tour à tour un bras, des fesses, un nez effondré. Schéma animé pour expliquer comment l'aorte peut être atteinte, puis une scène de fiction pour nous montrer les effets de cette évolution : un homme assis à son bureau, en train de téléphoner, porte soudain la main à son coeur, lève les yeux au ciel et s'écroule (cette scène théâtrale suscite invariablement l'hilarité du public d'aujourd'hui). Vue sur une femme alitée dans un hôpital, puis sur des enfants atteints, le regard exorbité quand ils dévisagent la caméra. « Je ne veux pas m'attarder sur ces drames mais insister sur l'utilité des examens prénuptiaux. » GP sur une annonce de journal : « Syphilitiques, faites vous soigner à l'Institut de médecine universelle. Vous serez guéris IMMEDIATEMENT et vous pourrez vous MARIER après deux mois de traitement. Discrétion assurée. » Le commentaire de l'officier : « Méfiez vous des charlatans. Adressez vous à votre médecin de famille. » Dans une chambre d'hôpital, une maman sourit au bébé que l'infirmière lui tend. « C'est sur ce mot que je veux finir : GUERIR ». Le mot apparaît en lettres capitales sur l'écran. En animation, la silhouette d'un homme lèvre les bras en signe de victoire.

Notes complémentaires

(français)
Lucien Jame : né le 20 octobre 1891 à Gourdon (Lot), fils d'un officier de la police, il fait des études à l'école de santé militaire. Pendant la Première Guerre Mondiale, sa bravoure au front lui a valu d'être récompensé de plusieurs médailles. Après l'armistice, il soutient une thèse sur les études de prophylaxie contre les maladies vénériennes. Officier affecté dans le Sud de l'Algérie en 1921, il a publié des articles sur la lèpre, la tuberculose et la malaria. Sa réussite aux concours dans la métropole lui permet de devenir officier – médecin avec le grade de Commandant au Service de Santé de Toulouse où il collabore avec Nicolas Dobo. En août 1943, il atteint le sommet de sa carrière en prenant le commandement du Service de Santé à Alger, puis à Rabat. Il a supervisé les opérations sanitaires pendant les campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. Grand-Officier de la Légion d'Honneur, il prend sa retraite avec le grade de Général, continuant néanmoins d'oeuvrer dans la prévention jusqu'à sa mort le 16 juin 1969. (« Le médecin Général Inspecteur Lucien Jame(1891-1969) par Nicolas Dobo et Pierre Jame, dans la revue Histoire des sciences médicales, vol 30, n°3, pp. 381-388 ; cité dans cat.inist).



Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet