Orthophoniste, prends soin de lui (2002)
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Sommaire
Générique principal
(générique de fin)
Réalisation : Isabelle Doumenc ; Laurence Serfaty / Journaliste : Stéphanie Malphette / Montage : Raynald Lelouche ; Pascale Deleule / Image : Guillaume Comtet ; Stéphane Villeneuve / Son : Marie-Madeleine Larigaldie ; Franck Dubosc / Habillage : Alain Charrier / Musique : Yann Béguin / Conformation : Stéphanie Sorlot / Mixage : Philippe Ottone / Direction de Production : Isabelle Fuhrmann ; Agnès Divoux / Producteur Exécutif : Jean-Paul Billault / Producteur Délégué : Hervé Chabalier/CAPA / Une coproduction France 5/CAPA avec le soutien du Centre National de la Cinématographie / France 5 / Unité Parents Enfance ; Fabienne Barollier ; Inès Castro /
© France 5 - CAPA 2002
Contenus
Sujet
Présentation du métier d’orthophoniste illustrée par l’exemple de professionnels prenant en charge des enfants présentant des troubles de l’apprentissage du langage oral et écrit.
Genre dominant
Résumé
Être orthophoniste, c’est accompagner les enfants pour leur permettre de gagner en autonomie et de prendre soin d’eux-mêmes. Cette mise en lumière souligne l’importance de la prise en charge orthophonique, à l’aide d’une étroite collaboration entre plusieurs corps professionnels, ainsi que la famille, afin de leur permettre de s’intégrer pleinement dans le système scolaire, et dans la vie de tous les jours. D’un côté, les enfants développent leurs capacités et interactions lors d’ateliers de groupe ; de l’autre, les parents sont amenés à dédramatiser sur le sujet des troubles orthophoniques. L’objectif de ce documentaire est de montrer que la rééducation orthophonique peut se faire individuellement ou en groupe, et qu’une intégration scolaire et sociale est possible, surtout lorsqu’ils sont mis en confiance entre eux.
Contexte
En mai 2002, l’orthophonie a connu une évolution majeure par le biais du décret 2002-721, composé de 6 articles, après que le dernier décret soit daté de 1983. Il réactualise, selon les besoins de la société, la liste des actes orthophoniques pratiqués et le cadre dans lesquels ils doivent se dérouler. L’article 2 du décret précise que l’orthophoniste doit réaliser un bilan composé d’un diagnostic orthophonique, des objectifs thérapeutiques ainsi qu’un plan de rééducation/soin.
Au même moment, le champ orthophonique s’ouvre à des approches dites « révolutionnaires », notamment grâce à l’orthophoniste Béatrice Sauvageot, qui propose une rééducation centrée sur la mise en lumière des capacités des enfants “dys” plutôt que sur leurs déficits, en combinant art et neurosciences.
Cependant, le métier reste très sélectif : peu d’écoles et des études longues avec un nombre d’admis limité (environ 22 centres de formation et moins de 1000 places en France) créent une forte concurrence.
Enfin, des acteurs extérieurs à la profession orthophonique comme Alain Bentolila, linguiste, influencent le débat public en insistant sur l’importance du langage et de la lecture dès la petite enfance.
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Oui.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Non.
- Voix off : Oui.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Oui.
- Images communes avec d'autres films : Oui. série « prends soin de lui »
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Le film dirige le regard du spectateur vers l'enfant, l'orthophoniste. Comment le fait-il ? En ayant une approche bienveillante, avec le plan rapproché d'un enfant (nom) s'intéressant à la caméra ou encore toutes les séquences qui montre que l'enfant est entouré, promouvant ainsi les bénéfices de la rééducation orthophonique pour les enfants. Ce film se centre sur l'intégration sociale des enfants ayant des difficultés, en montrant qu'ils ont développés une confiance et qu'ils ne sont plus seuls. Il nous défile des images révélant le déroulé de séances orthophoniques diverses, allant de la séance de rééducation pour la gestion du souffle et la différenciation de lettres (s et z), passant par le bilan d'une dislexie pour finir par un entretient groupé avec les parents. De même, ce film présente et définit ce qu'est une orthophoniste en répondant aux questions que tout le monde peut se poser: qu'est-qu'une orthophoniste ? qu'est-ce qu'elle peut faire ?, comment elle le fait et pourquoi ? Avec qui elle travaille ?
approche bienveillante ; promotion des bénéfices de la rééducation orthophonique pour les enfants ; intégration sociale (confiance, ne sont plus tous seuls…) ; très centré sur l’enfant (gros plan, regard…) ; déroulé des séances orthophoniques, confection des bilans ; présentation métier orthophoniste
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
A travers ce documentaire, nous entendons parler d'un métier du paramédical : l'orthophonie. Mais aussi de diverses professionnels dont certains professionnels du domaine de la santé, plus précisément de la médecine, comme les neurologues par exemple. Qui ont aidé à la mise en place des exercices réalisés par l'orthophoniste Béatrice Sauvageot. Ces neurologues, qui sont des spécialistes du cerveau et des nerfs, ont permit la réalisation d'un projet dans de bonnes circonstances. Un projet innovant, et qui fonctionne.
Le documentaire, met en avant également l'importance de la santé mentale. Prendre soin de soi grâce au outil que présente les orthophoniste afin que leurs patients se sentent et soient autonomes.
pas présentée directement mais brèves explications des rôles des neurologues et professionnels associés
(ortho conventionnée? médecine accessible aux plus « riches » qui peuvent payer ce qui n’est pas remboursé ??)
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Le film a été projeté à la télévision, par la chaîne France 5.
Communications et événements associés au film
Public
Tous publics.
Audience
Descriptif libre
Introduction
Orthophoniste prend soin de lui est un documentaire découpé en différentes parties, que nous allons traiter ci-dessous.
Orthophoniste prend soin de lui (00:16 à 2:26)
Dans cette première séquence, nous sommes au sein du cabinet orthophonique de Zélie Romer, que l'on voit en séance avec un enfant. Elle lui fait travailler le souffle ainsi que le bon placement de la langue pour réaliser, ici, deux sons : /s/ et /k/, grâce à un bout de tissu devant la bouche. Il est intéressant de noter que la caméra est positionnée au même niveau que l'enfant, montrant ainsi la figure orthophonique telle que le voit l'enfant. Ce qui accentue cette sensation, c'est aussi le fait que la caméra se trouve au plus près de l'enfant tout en nous laissant voir ce qu'il fait. Lors d’une séance, le patient essaye de reproduire ce que l'on lui montre. Par ses efforts et réussites en résultant, il s'intégrera plus facilement dans la sphère sociale tout comme dans ses apprentissages.
De même, l'orthophoniste peut être amenée à prendre en charge diverses pathologies ou troubles. Comme nous le révèle la deuxième séquence, où nous découvrons un deuxième enfant, Andrew, ayant une dysphasie d'origine neurologique. Le trouble développemental du langage, dit dysphasie (qui se nomme aujourd'hui : TDL), signifie que l'enfant a un cerveau fonctionnant différemment pour l'apprentissage du langage et qu'il vivra avec toute sa vie. Cependant, la nature et l'ampleur de ses difficultés ne resteront pas nécessairement les mêmes durant toute la vie, surtout si l'orthophoniste le suit. Il faut savoir également que la dysphasie affecte ou peut affecter la prononciation, la compréhension du langage, la construction de phrases et l'utilisation de vocabulaire. Andrew, lui, aura un suivi qui durera quatre à cinq ans d'après la voix off. Il a des difficultés à prononcer correctement les mots, alors l'orthophoniste lui fait faire des jeux grâce auxquels il parvient à prendre conscience des différents sons dans un mot. De plus, il pratique différents exercices de répétition, par exemple du son /ʃ/ (ch). Il progresse, comme en témoigne Madame Romer. En effet, la dysphasie n'est pas liée à un manque d'intelligence. Avec bienveillance, l'orthophoniste exprime ce qu'elle a pu percevoir et observer chez Andrew. D'ailleurs, étant curieux, il se rapproche de la caméra, la touche, la regarde, plaçant ainsi son visage enfantin en gros plan, le mettant par conséquent en valeur. Cela nous fait comprendre que l'enfant est au cœur du suivi.
Donc, l'orthophoniste prend soin de son patient et l'accompagne sur le chemin qu'il emprunte pour avancer et vivre pleinement sa vie.
Son rôle (2:26 à 5:34)
Nous allons maintenant étudier le rôle de l'orthophoniste. Il est pertinent de noter que la partie est filmée avec des séquences superposées par une voix off qui nous explique certains détails du métier. Cette voix donne en effet des précisions sur la prise en charge d'enfants présentant des troubles oraux et/ou écrits.
Pour mener à bien ses prises en charge, il est primordial que l'orthophoniste maîtrise la linguistique, car le métier concerne surtout des rééducations liées au langage. Il doit de la même façon connaître la phonétique, qui lui permet de différencier les sons entre eux. Par exemple, savoir où se trouve le lieu d'articulation des sons ou encore leur mode articulatoire. Le lieu d'articulation est l'endroit du rétrécissement maximal du conduit vocal pour chaque son. Le mode articulatoire définit la nature du courant d'air qui sera modifié par la position des différents organes de la parole. La phonétique peut avoir pour rôle d'aide pour retranscrire de façon exacte la manière de parler ou de prononcer un mot ou un son du patient, afin de garder des informations pouvant être importantes pour le choix des exercices de rééducation. De même, l'orthophoniste doit connaître la neuroscience, parce que bon nombre de patients ont des difficultés ou des spécificités liées à une atteinte neurologique, comme Andrew. La psychologie est tout aussi importante, expliquant le développement général d'un enfant ou encore la théorie de la communication ainsi que l'aspect social, etc.
La caméra quitte le cabinet de Madame Romer pour se rendre chez Béatrice Sauvageot. Elle accueille un enfant pour un bilan sur la dyslexie. Ce qui amène la voix off à décrire ce qu'est un bilan. Madame Sauvageot explique simplement à son jeune patient comment un cerveau de dyslexique procède. Dans cette séquence, les téléspectateurs comprennent que l'orthophoniste est compétente, attentive, encourageante et bienveillante.
Une pancarte sur la porte nous indique qu'il "Ne [faut] pas déranger. [Car] travail en cours..." en gros plan, reflétant ainsi que le travail avec le patient est à respecter.
Donc, le rôle de l'orthophoniste est d'adapter sa rééducation aux besoins de son patient, plaçant ainsi l'enfant au centre des objectifs de ce spécialiste. Ce film documentaire montre que l'orthophoniste a des compétences qu'il met à disposition d'autrui.
Eclairage (5:34 à 9:33)
- 100% animations : phrases qui défilent - voix off - phrases clés - informations sur : nombre ortho (13 000 orthos), lieux de travail, coût des séances (11-38eur), diplôme (certificat de capacité), 4 ans, d’études, concours d’entrée/admissions de taux de réussite (5 à 10%), nombre de places (524 en 2001) Béatrice S. - stage une fois par mois - pièce de théâtre avec observations et regard ortho sur les enfants - écrire lettres avec le corps, gestion attention, séances en groupe, organisation avec activités que les enfants apprécient - exercices mimes, théâtre qui s’adressent à l’enfant : point de vue de l’enfant important (comment il appréhende, qu’est-ce qu’il comprend sur lui, comment il se qualifie…) - définition dyslexie
Des questions : (9:33 à 11:06)
Alain Bentolila, professeur de linguistique, spécialiste du langage, de l’apprentissage, et de la lecture, s’intéresse depuis longtemps aux difficultés que rencontrent les enfants dans le système scolaire, et intervient régulièrement dans les débats éducatifs pour discuter des conséquences sur leur réussite à l’école. Selon lui, la maîtrise du langage est essentielle pour comprendre le monde, et apprendre à l’école : par exemple, il explique que certains enfants arrivent dans le système scolaire avec un vocabulaire très limiter, qui peut ainsi les mettre en difficulté dans les apprentissages. Il souligne donc l’importance d’une organisation plus flexible de l’école, qui permettrait aux enseignants d’adapter leurs pratiques aux besoins des élèves. D’après le linguiste, un enseignant devrait pouvoir travailler parfois avec toute la classe lorsque l’activité s’y prête, mais aussi avec de petits groupes d’élèves lorsqu’un accompagnement plus individualisé est nécessaire. Cette flexibilité pédagogique (10:10) permettrait de mieux prendre en compte l’hétérogénéité des classes et la « singularité » de chaque enfant. En effet, tous les élèves ont des parcours, des expériences et des difficultés différentes, parfois liées à des situations familiales ou psychologiques. L’école ne doit donc pas exclure les enfants qui rencontrent des difficultés, mais au contraire adapter son fonctionnement pour les accompagner et favoriser leur réussite. Cette réflexion permet de remettre en cause le suivi des enfants en difficulté : certains sont orientés vers des professionnels comme les orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens, tandis que d’autres pensent que c’est à l’école de s’adapter davantage aux méthodes pédagogiques.
Dialogue : (11:06 à la fin)
L’orthophoniste Béatrice Sauvageot, elle, propose une approche différente de la prise en charge des troubles DYS notamment, mais également pour tous les problèmes dans l’apprentissage de la lecture et l’écriture. Découvrant la dyslexie avec son baby-sitter burkinabé, qui ne parvient ni à lire, ni à écrire, elle se tourne vers des études d’orthophonie étant attirée par les sons, langues et musiques. Voyant aussi que les méthodes classiques de rééducation fonctionnent mal, elle fonde son association, après avoir eu un déclic grâce à une collègue : « au lieu de changer de métier, change le métier ». Grâce à Puissance Dys, association fondée avec l’écrivain, neurologue, linguiste et poète Jean Metellus, elle aide les enfants et leurs familles à travers une méthode ludique : mêler musique, chant, danse et rire ; ainsi qu’un aspect primordial dans un parcours de rééducation : le dialogue avec les parents. Des temps d’échange pour parler des difficultés de leur enfants, de leurs progrès, de leurs retours sont organisés : les parents sont inclus dans le parcours de leur enfant, et impliqués dans leur accompagnement. Ils signifient même avoir envie d’en rire, à tel point qu’ils sont soulagés (11:32). Beaucoup de familles témoignent d’ailleurs venir parfois de très loin pour rencontrer Béatrice Sauvageot pour être écoutés et surtout compris. L’approche de l’orthophoniste consiste à valoriser les capacités des enfants, plutôt que de faire ressortir leurs difficultés, le tout, basé sur un travail en collaboration avec des scientifiques, artistes, enseignants, thérapeutes…. Elle utilise l’idée que « l’art mature devient une armature », ce qui signifie que lorsqu’un enfant ayant de grandes difficultés dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, découvre ses talents et les développe, cela peut lui servir de force et de soutien pour surmonter ses difficultés. Elle affirme « quand les DYS arrivent chez moi, je ne pointe pas leurs défaillance, mais je leur fait un bilan de leurs compétences et de leurs points forts, sur lesquelles la la rééducation va s’appuyer ». En effet, chaque thérapie est adaptée à la personnalité de l’enfant et à ses besoin. L’objectif est donc de dédramatiser sur les troubles, d’aider l’enfant à reprendre confiance en lui, savoir qu’il n’est pas seul (« j’ai vu des gamins, ils étaient tous comme moi », 12:00), et surtout, prendre des informations de la vie pour lui permettre d’évoluer et de faire ce qu’il aime. Grâce à l’alphabet et langue neurologique créé par Béatrice, permettant aux enfants dyslexiques de lire correctement, les enfants prennent pleinement conscience de leurs potentialités et de la richesse de leur personnalité. Sa méthode est aujourd’hui déclinée dans une version digitale (DysPlay), pour diagnostiquer et rééduquer les DYS au plus tôt. Le dépistage est gratuit, sérieux et rapide, à travers une centaine de questions, pour ne plus trier les enfants en retard et les enfants DYS. Il est aussi important de noter qu’aujourd’hui, l’école a évolué : elle est désormais en lien avec les professionnels de santé, dont les orthophonistes, et s’adapte à l’hétérogénéité des élèves au sein des établissements scolaires. Des classes spécialisées pour ces enfants en difficulté ont été créées, plus connues sous le nom des classes « ULIS » (Unités Localisées pour L’Inclusion Scolaire) ; mais l’adaptation de l’école s’est également faite par la création des systèmes et protocoles d’accompagnement nommés PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Éducative), PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé), PAI (Projet d’Accueil Individualisé) ou encore le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation).
Conclusion
Ce court documentaire résume assez bien en quoi consiste le métier d'orthophoniste : écoute, conseil, prise en charge, créativité et patiente.
Notes complémentaires
Références et documents externes
https://ora-visio.fr/orthophonie-la-methode-beatrice-sauvageot/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Bentolila
https://www.youtube.com/watch?v=27EWTQ1e7Ew
Source des citations du texte : https://madame.lefigaro.fr/business/beatrice-sauvageot-lorthophoniste-qui-revolutionne-traitement-dyslexie-220119-163260
https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/langage/trouble-primaire-langage-dysphasie/
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Sohanne Robillard, Pauline Zanin, Julie Jakobi

