Emmanuelle Laborit : interview du 5 septembre 2000 (2000)
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Sommaire
Générique principal
Pas de générique. Cette archive est un extrait d'émission de France 2 du 5 septembre 2000, par conséquent, la séquence démarre sans introduction.
Contenus
Sujet
Extrait de l'interview d'Emmanuelle LABORIT sur France 2 pour la sortie du long-métrage "Retour à la vie" de Pascal BAEUMLER.
Genre dominant
Résumé
Emmanuelle LABORIT est l'invitée du journal de 13 heures pour une interview tournée autour de la sortie du film de Pascal BAEUMLER "Retour à la vie" où elle joue le rôle de Louise, une femme sourde et muette. Les questions et les réponses de ce dialogue sont exprimées en langage des signes dans un médaillon incrusté par l'interprète, Jérôme HORRY et permettent une dérive sur les conditions des personnes sourdes et muettes en France.
Contexte
Cette interview s’organise autour de la sortie du long-métrage « Retour à la vie » de Pascal BAEUMLER où Emmanuelle Laborit interprète le rôle de Louise. Elle-même sourde et muette, son jeu est centré autour de la détresse mentale de son personnage, une actrice récemment révélée et maltraitée par son mari. Louise est coincée dans une réalité cauchemardesque et sa propre rêverie et naïveté.
Le rôle de Louise n’était pas destiné à une comédienne sourde et muette mais l’interprétation de Emmanuelle Laborit amplifie cette séparation entre le monde des autres et le sien. Celle-ci a permis la mise en place d’une communication différente et d’un angle de vue différent. Marisa Berenson, l’actrice de Stéphanie, la meilleure amie de Louise a, par exemple, appris les dialogues de son rôle en langue des signes.
Ces ajustements pour un rôle, à l’origine verbal permet alors le questionnement sur la place des sourds et muets dans notre société, ainsi que celle de la langue des signes. Dans cette interview, Emmanuelle Laborit expose une absence d’inclusivité des personnes sourdes autant dans la culture que dans la Loi. En effet, la mention de ce handicap n’est faite que dans un article en 2002 : Article L.112-2-2 – permet aux parents de choisir une éducation oralisée ou bilingue signée pour leur enfant. Cette autorisation est entravée par le manque de structure pour encadrer cet apprentissage d’autant plus qu’à l’époque, la langue des signes n’est pas reconnue en France.
C’est le 5 février 2005, que l’article de loi L. 312-9-1. – reconnait officiellement la LSF « comme une langue à part entière » et établit que tout élève concerné doit pouvoir recevoir un enseignement de la langue des signes s’il le souhaite. Dans une interview, 20 ans plus tard, Emmanuelle Laborit ainsi que Jennifer Lesage-David, une metteuse en scène sourde et muette, émettent un avis sur les changements institutionnels et culturels de la société vis-à-vis des personnes sourdes. Emmanuelle Laborit explique que cette nouvelle reconnaissance a permis un développement de la culture sourde mais que l’intégration de celle-ci dans la société « n’est qu’un simulacre » et ne constitue en rien une libération et une massification de la langue des signes. Elle exprime tout de même une évolution de l’art sourd : « : depuis l’ouverture d’IVT, la production de spectacles en langue des signes mettant en scène des artistes Sourds a entraîné une reconnaissance significative de cette langue, ainsi qu’une valorisation de la place des artistes Sourds dans le domaine culturel ».
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Non.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Oui.
- Voix off : Non.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Non.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Cette interview alterne l'image entre animateurs et intervenants. La caméra suit le rythme particulier de la comédienne. Celle-ci cherche à capter les échanges verbalisés comme signés : le plan suit Emmanuelle Laborit lors de l'énonciation de la question, son visage est impassible, puis son regard se porte sur son interprète. Ses expressions faciales anticipent ses réponses, elle grimace, plisse les yeux ou balance son buste. Cette interview est donc rythmée par le décalage entre verbalisation et compréhension, décodage. On observe une passation de l'information qui peut surprendre et interloquer le spectateur.
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
La médecine n'est pas représentée ici. Cette interview met néanmoins en avant les difficultés sociales que rencontrent les personnes sourdes par l'intervention de Emmanuelle Laborit, elle-même sourde-muette. Elle y évoque, par le biais de son interprète Jérôme Horry les inégalités sociales, le manque d'accès à l'information et à la cinématographie qu'elle a pu subir par manque d'inclusion. Ces thématiques ne relèvent pas directement de la santé mais s'inscrivent dans l'idée de prévention par l'information
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Cette interview est projeté sur la chaine de télévision France 2, le 5 septembre 2000 à 13 heures.
Communications et événements associés au film
Public
Public national
Audience
Descriptif libre
Introduite comme l'actrice sourde et muette de Louise dans le nouveau long-métrage "Retour à la vie" de Pascal BAEUMLER, Emmanuelle LABORIT est déjà détentrice d'un Molière pour son jeu dans la pièce de Mark MEDOFF, "Les enfants du silence.
Dialogue autour de "Retour à la vie" :
L'émission débute par le questionnement de l'animatrice sur le ressenti de l'actrice vis à vis de son rôle de femme tourmentée. Elle répond alors que son intérêt et ses recherches se portaient d'avantage sur le double jeu paradoxal dans lequel Louise oscille entre la réalité et son imaginaire. Ce personnage n'était initialement pas dédié à une actrice sourde et muette mais Emmanuelle LABORIT insiste sur le fait que cela ne change en rien son développement ou sa personnalité mais simplement sa manière de communiquer.
La condition des sourd et muets en France :
L'animatrice ouvre alors le débat sur la condition de sourds et muets, elle rappelle aux téléspectateurs que quatre millions de personnes sont concernées en France et interroge la comédienne sur la place qu'ils occupent dans le cinéma et leurs moyens d'accès à la culture. Emmanuelle LABORIT répond ironiquement que sur ce plateau-même, aucune émission est traduite en langue des signes ce que corrige immédiatement l'animatrice en affirmant que la session de 10 heures est équipée d'un interprète en médaillon. La comédienne poursuit en expliquant que les possibilités de s'informer, de s'instruire et de se cultiver en tant que sourd muets sont entravées par le manque, voire l'absence de dispositifs. Internet est proposé comme une solution, Emmanuelle LABORIT grimace, selon elle, c'est une "petite chose" qui ne permet pas le rééquilibre des forces : la culture, les informations communes sont ce qui permet aux populations de faire société, de construire une communauté. La population sourde-muette est exclue de ce processus social. Elle insiste sur le fait qu'un médaillon incrusté dans les émissions de télé-information et le sous-titrage de film et DVD permettrait d'intégrer plus largement les personnes sourdes et muettes.
La place des sourds et muets dans l'éducation en France :
En abordant le sujet de l'éducation, Emmanuelle LABORIT rappelle que des classes bilingues pour les sourds et muets existent à Toulouse ou Champs-sur-Marne mais que ces structures scolaires sont rares puisque non subventionnés par l'Etat français. Elle précise également que la langue des signe n'est pas reconnue par celui-ci et qu'une des seules lois existantes concernant les sourds est celle de 1991 qui autorise les parents à choisir entre une éducation oralisée et une éducation en langue des signes pour leurs enfants mais ce choix est restreint par le manque de moyen mis en place pour permettre un apprentissage bilingue.
Retour au long-métrage :
Le débat est finalement fermé par l'évocation du partenaire de jeu de Emmanuelle LABORIT, Alain BASHUNG dont elle dira qu'ils proviennent de "deux mondes opposés" : l'un est chanteur et l'autre, comédienne sourde. Cette interview évoque les conditions des sourd muets en France mais reste superficielle et centrée sur la sortie du long-métrage. Ce changement de sujet parait brusque et semble interloquer la comédienne lancée dans ses prises de positions.
Références et documents externes
la pièce de théâtre américaine de Mark MEDOFF publiée en 1980 est introduite dans le descriptif cinématographique et théâtral de Emmanuelle LABORIT puisque son interprétation du personnage de Sarah Norman lui a permis l'obtention de son Molière en 1993.
Emmanuelle LABORIT bénéficie également d'une page Internet sur le site Sourds.net, "Les Grands sourds : Emmanuelle Laborit" :https://www.sourds.net/2009/08/13/les-grands-sourds-emmanuelle-laborit/ .
Pour le contexte, je me suis appuyer sur les pages suivantes : https://www.languesetcite.fr/733 https://www.languesetcite.fr/683 https://www.franceinfo.fr/replay-radio/femmes-d-exception/emmanuelle-laborit-la-langue-des-signes-est-de-toute-beaute_1759997.html https://www.hearview.ai/fr/blogs/knowledge/deaf-actress-marlee-matlin
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Sacha Estienne

