Vivre le SIDA (1990)
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Sommaire
Générique principal
Gén. début : Commentaires : Jean Materne Ndi - Moustapha Ali / Montage : Pierre Mandrin / Réalisation : Romuald B. Banack Gén. fin : musique : Armand Fydman / Phototèque : Institut Pasteur / Remerciements : Ministère français de la coopération - Institut Pasteur - Hôpital Bichat - Association Aides / INA-CRTT-RTV 1990
Contenus
Thèmes médicaux
- Pathologie du système uro-génital. Affections urinaires et génitales
- Maladies infectieuses et contagieuses, fièvres
Sujet
Genre dominant
Résumé
Le SIDA aujourd'hui : les peurs que la maladie génère dans la population, le travail scientifique pour étudier le virus, l'action associative pour prévenir et accompagner les malades.
Contexte
Dans les années 1990 plusieurs films concernent la prévention contre le SIDA en Afrique, avec la coopération de la France pour leur production : Timya de Gilles Le Mao (1998, France-Mali), Le truc de Konaté (1998, France-Burkina Faso). D'autres films, dans ces mêmes années 90, orientent la prévention vers les populations issues de l'immigration d'Afrique Noire : SIDA, sauf votre respect (1995), Pour une prévention au féminin, Une contamination secrète(1997).
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Oui.
- Images en plateau : Oui.
- Images d'archives : Oui.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Oui.
- Voix off : Non.
- Interview : Oui.
- Musique et bruitages : Non.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Le titre "Vivre le SIDA" exprime l'intention de l'émission : il s'agit autant d'expliquer la maladie que la manière dont elle est vécue par celles et ceux qui en sont atteints. Le film combine dans cette perspective des témoignages de malades avec ceux de scientifiques et de médecins. D'où l'importance de la séquence consacrée à l'action d'AIDES, aussi grande que celle qui explique les recherches des laboratoires, d'où le long témoignage d'un patient qui exprime sa désespérance et son incapacité à mettre sa famille au courant sur sa situation, d'où des plans "de compassion" comme celui sur un lit vide dans une chambre d'hôpital pour évoquer la disparition récente d'un malade. L'émission cherche cependant à situer le cas de l'Afrique dans la conjoncture mondiale de la pandémie.
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
A la mise en scène de la santé et la médecine, représentées notamment par des médecins de l'Hôpital Bichat, est associée celles d'une association de prévention et d'accompagnement (AIDES) et celle de laboratoires de recherche (l'Institut Pasteur) : pour aboutir la prise en charge, le corps médical doit compter avec ces structures aux ressorts et aux compétences complémentaires.
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
programme télévisé CRTS-radio television Cameroon, magazine mensuel diffusé en soirée.
Communications et événements associés au film
Public
Tout public adulte
Audience
Descriptif libre
Musique mélancolique jouée au synthétiseur. Jean Materne Ndi en plateau regarde la caméra. Il présente l'édition présente de l'émission "Solidarités" : "tournée dans la région parisienne", elle nous porte à la rencontre des actrices et acteurs de la lutte contre le SIDA : "les médecins dans leurs laboratoires et les malades qui nous ont fait découvrir l'apprentissage de la mort."
"Une hantise"
La séquence consiste en un micro-trottoir place de la République. Il s'agit de répondre à la question : "Avez-vous peur du SIDA?". Une jeune homme : "Oui, quand même pas mal." Une jeune femme répond que la peur du SIDA l'a amené à fuir les sollicitations des inconnus. Un homme répond que cette maladie est "une hantise". Une jeune femme répond qu'il faut s'informer et ne pas avoir peur. Un homme répond qu'il se limite désormais à un unique partenaire.
Les explications du Pr. Luc Montagnier à l'Institut Pasteur
La voix du présentateur en off sur la photo d'un jeune homme : "6 octobre 1980, la chambre 616 de l'hôpital de Los Angeles aux Etats-unis. Un jeune homme de 27 ans, Dan Peters, présente des symptômes absolument incompréhensibles. Il n'a plus aucune défense immunitaire et présente des maladies étranges. C'est le SIDA, le plus terrible fléau de cette fin-de-siècle". Image numérique et dessin légendé du virus. Le commentaire ajoute que celui-ci tue des milliers de personnes par an, "bientôt des millions". Image en contreplongée de la façade de l'Institut Pasteur, puis travelling avant dans ses couloirs protocolaires, avec buste, lambris et tapis rouge. "Après des années de recherche, l'équipe française de Luc Montagnier et l'Institut Pasteur de Paris réussit, en 1983, à démasquer ce terrible virus". Entretien dans une salle de laboratoire avec le Pr. Luc Montagnier, désigné par une incrustation infographique comme "Chef de l'Unité d'Oncologie virale" : "l'Institut Pasteur a joué un rôle important dans l'identification du virus du SIDA. C'est dans ce laboratoire que le premier virus a été isolé". Selon le Pr. Montagnier, le SIDA est une "maladie complexe" qui nécessite la collaboration de virologistes, épidémiologistes, cliniciens et médecins. Il ajoute que des laboratoires travaillent sur les mécanismes de défense contre le virus par la combinaison d'anticorps et de cellules tueuses, d'autres travaillent sur la "grande variabilité génétique des virus" ou les "mécanismes de l'activation du virus" ou "la lutte contre sa réplicabilité". Plans de laborantins à l'oeuvre dans leurs locaux avec divers équipements, travellings dans les couloirs pour montrer l'activité de recherche comme une ruche. L'espoir reste "d'aboutir à de nouvelles thérapeutiques et éventuellement un vaccin". Les objectifs immédiats sont d'empêcher les personnes infectées de tomber malades, ou de ralentir la contamination. (06:31)
Prévenir, accompagner : l'action associative
Sur une affiche de prévention, puis sur une carte montrant les pays impliqués dans la lutte contre le SIDA, le commentaire de Jean Materne Dni reprend : "Peu importe que le virus soit d'origine française ou américaine, une mobilisation mondiale s'impose. Aujourd'hui plus de 150 pays ont leur programme de lutte contre le SIDA." Evocation de AIDES, association de solidarité née en France en 1984. Interview de Daniel Defert qu'une incrustation infographique présente comme "Fondateur Associations AIDES". Se tenant devant des affiches de prévention de l'association, il rappelle qu'à l'époque de sa fondation, "les gens atteints du SIDA étaient très peu nombreux", et que "la notion de séropositivité n'était pratiquement pas connue". Les malades connaissaient un "grand dénuement social, une grande solitude". Le corps médical qui "découvrait la maladie ne savait pas très bien prendre en charge leur soutien, et les familles et l'entourage des malades étaient tout à fait démunis." Ce constat a poussé Daniel Defert à "créer un mouvement qui permettrait aux malades d'avoir une solidarité extérieure à leur entourage immédiat". Il fallait susciter une solidarité à un moment où les malades n'osaient pas "dire leur diagnostic". A l'image, plaquettes et posters qui communiquent l'action d'AIDES. Selon Defert, "cette maladie concerne notre vie privée ; on est toujours mal à l'aise pour parler de notre vie sexuelle et pour parler de la prévention." Parlant au nom de l'association il ajoute : "Nous pensons que la vie privée n'est pas seulement du ressort de l'Etat, elle est du ressort des gens eux-mêmes. La prévention est de la responsabilité de chacun." Affiches de prévention qui encouragent l'usage du préservatif en insistant sur l'importance de l'initiative personnelle pour le promouvoir. Pour Defert, exclure le malade est aujourd'hui une conduite inadmissible. "Aucune conduite de peur n'est adaptée, il n'y a aucune transmission par le hasard, par la boisson, par les postillons, par les moustiques : la transmission, elle est sous notre responsabilité, sous celle des deux personnes engagées dans une relation amoureuse." (09:23)
Local de la permanence téléphonique d'AIDES qui permet de réduire les effets de la discrimination envers les malades. Alfred Tue, qu'une incrustation infographique désigne comme "volontaire" dans AIDES catégorise les personnes qui y ont recours. Le premier groupe rassemble les personnes atteintes par le virus et chez qui la maladie ne se manifeste pas : elles expriment surtout la crainte devant l'échéance de cette activation. Le second groupe concerne les personnes également atteintes chez qui la maladie se manifeste : à la fois elles expriment leur angoisse et demandent des précisions sur les résultats de leurs examens. Alfred Tue poursuit : "bien que nous ne soyons pas médecins, nous avons quand même une certaine connaissance de la maladie et nous leur parlons avec franchise - notre but n'est pas du tout de rassurer les appelants." (12:13)
Solitude, pensées suicidaires
Retour de la musique jouée au synthétiseur. Sur une succession de photos où nous reconnaissons notamment Willy Rozenbaum, de coupures de presse, d'images numériques du virus, une voix off, aux intonations africaines, décrit l'état d'esprit de la personne atteinte du SIDA, isolée par une société "choquée par la brutalité de la maladie et l'impuissance de la médecine". Elle ajoute que l'impuissance de l'institution est en même temps l'occasion "d'une belle leçon de modestie". Les malades, eux, sont susceptibles de penser au suicide "et aussi à la vengeance contre une injustice qui les accable et une société qui les refoule". Retour sur le plateau. Jean Materne Ndi, assis devant deux affiches de l'association AIDES, fait face à un homme qui tourne le dos à la caméra, ou bien, quand il est filmé de face, a le visage masqué par une incrustation. C'est un malade qui veut garder son anonymat. Ndi le présente : il a 21 ans, il est homosexuel, séropositif. Il lui demande ensuite comment il a réagi quand il a appris sa séropositivité : "On a les larmes aux yeux. Je me suis dit : 'ça y est, j'ai la maladie'. Je n'ai même pas pensé que j'étais séropo, je me suis dit : 'je suis malade, j'ai le SIDA'". Il poursuit en affirmant qu'il a songé au suicide à plusieurs reprises. Il na pas osé en parler à ses parents : "On sait jamais comment ils peuvent réagir, en plus mes parents sont des africains d'origine et ils ont leur caractère..." Il garde l'espoir dans la guérison, il a vu d'autres malades dont la santé s'est améliorée grâce à l'AZT.(18:14)
A propos des traitements et de leurs applications en Afrique
Dans un laboratoire, des scientifiques au travail. Entretien, d'abord en off, avec le Pr. Jean-louis Vilde de l'Hôpital Bichat, qui explique que le traitement a deux composantes : "il y a d'abord le traitement des conséquences de l'infection, c'est-à-dire des infections opportunistes, par exemple la toxoplasmose cérébrale, ou la cryptococcose : là, nous avons des médicaments qui sont des antibiotiques (plus loin, Vilde citera la sulfamide contre la toxoplasmose et le fluconazole contre la cryptococcose)." A présent en in, il poursuit : "Certaines infections, comme le cytomégalovirus, qui peut donner des infections de l'oeil, sont plus difficiles à soigner, mais on peut le faire également." Il évoque ensuite des traitements pour limiter l'amaigrissement, la dénutrition. Second entretien avec la Dr. Dominique Salmon, également de l'Hôpital Bichat, qui est intervenue en Afrique. Elle explique que les traitements en cours en Afrique sont de deux ordres : contre les maladies opportunes et contre le virus lui-même. Il en existe contre les premières (elle insiste sur la tuberculose), mais pas contre le virus. L'AZT ralentit certes la progression du SIDA, mais étant très couteux, il est peu disponible en Afrique. Interrogé sur les progrès de la recherche en Afrique, le Pr. Vilde répond que les essais concernant la recherche clinique et thérapeutique "demandent du temps et de la patience..." Pour ce qui concerne le traitement contre le virus, il ajoute que celui-ci est "très compliqué" et qu'il se décline en sous-types. Il espère néanmoins en la mise au point d'un vaccin "dans les trois-quatre-cinq ans..." (25:53)
"J'ai envie de vivre"
Plans de soins donnés à l'hôpital, plan d'un lit vide dans une chambre qui évoque la disparition récente d'un malade. L'entretien avec le Pr. Vilde et la Dr. Salmon se poursuit. Ils décrivent les dernières étapes de la vie du malade avant "l'issue fatale" : "la médecine devient de moins en moins active... On peut apporter des éléments d'ordre médical pour empêcher la souffrance ou la limiter, et puis le réconfort de l'entourage, de la famille, du corps hospitalier et du soignant." Reprise du motif mélancolique joué au synthétiseur. Longs plans sur le malade anonyme qui a été interrogé. Il erre d'un pas lent dans les couloirs du métro : "J'ai envie de vivre, comme tout le monde. Quand je pense que j'ai cette saloperie... Je suis le fils unique à ma mère et j'aurai bien voulu laisser quelque chose derrière." Dernier plan sur Jean Materne Ndi sur le plateau de l'émission : "C'est sur ces mots poignants que s'achève cette émission de témoignages sur les malades du SIDA ; des malades pour qui nous sommes à la fois une source de réconfort et d'espoir". Le présentateur remercie son équipe et l'INA "pour son encadrement et pour sa collaboration technique".
Notes complémentaires
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Joël Danet