Roger Louis

De Medfilm


Roger Louis a été journaliste de télévision après avoir exercé comme professeur des écoles et initié un téléclub rural.

Dans les années 1950, alors qu'il enseigne à Château-Thierry, Roger Louis fonde dans l'Aisne, à Nogentel, le premier « télé-club » rural. Sur le principe du ciné-club, on installe dans une salle communale un téléviseur auquel on adjoint parfois un projecteur spécial qui permet d'agrandir l'image qui est alors diffusée sur un écran de 120 cm. Les habitants peuvent lors de soirées spécialement organisées venir voir les émissions proposées par la télévision, puis il s'ensuit un débat sur l'émission présentée. En 1962, il y a plus de 200 télé-clubs, mais ceux-ci disparaîtront au fur et à mesure que les Français s'équiperont de téléviseurs.

Jean d'Arcy lui propose de produire une émission hebdomadaire sur l'agriculture avec un budget de 5 000 francs pour une demi-heure. Sa première émission passe à la télévision en juillet 1950. Il devient, en 1960, grand reporter à Cinq colonnes à la une. Il assure pour cette émission de nombreux reportages difficiles ou périlleux : l'explosion de la première bombe atomique française à Reggane (Algérie), la catastrophe d'Agadir (1960), en Guyane à la recherche de Raymond Maufrais, dans une léproserie, au Congo et en Algérie pendant « les événements » et notamment le putsch des généraux, dans les camps des Baluba.
Il devient aussi producteur de l'émission scientifique Visa pour l'avenir. Il fonde, notamment avec Marcel Trillat, le CREPAC (Centre de recherche sur l'éducation permanente et l'action culturelle), Scopcolor, société de production de tournages documentaires et d'information comme Certifié Exact, sorte de contre-pouvoir des informations officielles d'alors. Moyennant un abonnement annuel, ces documentaires ou magazines, comme il se plaisait de le souligner, étaient distribués via des associations ou des syndicats, aux mouvements culturels ou aux comités d'entreprise et aux lycées.
Joffre Dumazedier a écrit à son sujet : "Roger Louis connaissait les résultats des sciences de la communication. Il savait que l'action directe des médias sur la population est faible et que l'influence réelle des télécommunications passe le plus souvent dans chaque milieu par des intermédiaires en chair et en os, souvent groupés dans des associations et qui ont été appelés par les sociologues « des guides d'opinion ». Il ne considérait pas l'observation sociologique comme inutile, banale ou « ennuyeuse ». Il savait toutes les illusions qui se cachent souvent dans la représentation que les producteurs et réalisateurs se font de « leur » public." (Joffre Dumazedier, "L'exemple de Roger Louis" dans Raison présente, Année 1982, 64, pp. 87-88.)

Bibliographie :
Roger Louis, L'O.R.T.F. un combat, Editions du Seuil (Collection L'Histoire immédiate), Paris, 1968, 190 p. Roger Louis, " Le témoin est obligé d'opérer des choix qui impliquent un engagement", Téléciné no 151-152, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), mars-avril 1969, p. 3, (ISSN 0049-3287).

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