Léon Dérobert

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Avec Eugène Aujaleu, et Georges Pequignot, Léon Dérobert mène une « Enquête sur l’évolution et le coût de l’alcoolisme en France de 1938 à 1948 » dont les résultats ont été publiés dans la revue Population (n°5).
Chef de la section de l'alcoolisme à l'Institut national d'hygiène, il publie en 1953 la monographie L'économie de l'alcoolisme (Paris, 232 p). Selon lui, trois causes principales à l'alcoolisme en France : production importante de vin et d'alcool;c législation soucieuse d en faciliter le marché ; enfin, certaines croyances individuelles (l'alcool considéré comme médicament). Parmi les conséquences, viennent en premier lieu les décès caractéristiques par cirrhose du foie et par alcoolisme chronique ou aigu. "Mais le domaine Santé publique n'est pas le seul atteint par l'alcoolisme. Il faut y joindre celui de la criminalité, des accidents de la circulation et des accidents du travail. Dérobert précise la responsabilité des institutions dans le développement de l'alcoolisation de la population française. Il rappelle la charge considérable de l'alcoolisme sur l'économie, évaluée l'an dernier, par M. Brunaud, dans un rapport de la Commission d'enquête sur le coût et rendement des services publics, et dénonce la responsabilité de l'alcoolisme dans la morbidité hospitalière.
Viennent, enfin, les devoirs de l'Etat vis-à-vis de la production de vin et d'alcool, des circuits de distribution, et de l'éducation sociale en matière d'alcoolisme. En France, plus qu'ailleurs, le problème dépasse le simple conflit de l'individu et du toxique. Qu'il s'agisse des pommes, des betteraves, du vin, des bouilleurs de cru, des débits de boisson, des apéritifs à base d'alcool, de la publicité, la responsabilité de l'Etat, par carence, apparaît considérable : seules les guerres ont eu temporairement raison de l'alcool. Le Cahier se termine sur un jugement sévère qui s'appuie, malheureusement, sur des bases incontestables : « La responsabilité de l'Etat se trouve engagée de la façon la plus grave et la plus lourde, parce que, guidé par les considérations d'urgence budgétaires les plus terre à terre, il ne s'est jamais préoccupé que d'un seul élément du problème, sans se pencher sur les conséquences individuelles et collectives, dont l'objet représentait pourtant son plus bel idéal. L'Etat a failli à ses devoirs de la façon la plus flagrante et la plus grave, en ignorant l'individu et la race, dont il est, cependant, de la volonté des hommes eux-mêmes, le garant temporel. ». D'après : L S. Derobert L - L'économie de l'alcoolisme. In: Population, 8ᵉ année, n°4, 1953. pp. 803-804.

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