Nube en el cielo (1940)

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Nube en el cielo


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Title Nube en el cielo
Year of production 1940
Country of production États-Unis
Director(s) Edgar Ulmer
Scientific advisor(s) H. E. Kleinschmidt
Actor(s) Rosario de la Vega
R. C. Ortega
F. L. Tafolla
Frederick J. Mann
R. Trevino
Duration 19 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) English
Subtitles and transcription SpanishFrench
Commissioning body National Tuberculosis Association
Archive holder(s) Internet Archive

Main credits

(français)
LA NATIONAL TUBERCULOSIS ASSOCIATION Presenta
“NUBE EN EL CIELO”

Dirigida por EDGAR G. ULMER
Director de fotografía J. BURGI CONTNER
Sonorizada por DEAN COLE
Editada por MARC S. ASCH

PROPIEDAD REGISTRADA MCMXXXIX POR LA NATIONAL TUBERCULOSIS ASSOCIATION

Content

Medical themes

Theme

(français)
Prévention de la tuberculose et mode de prise en charge des malades dans la population hispanophone des États-Unis.


Note : ce film est la version espagnole de Cloud in the sky.

Main genre

Fiction

Synopsis

(français)
Dans une communauté hispanique des États-Unis. Une famille est frappée par la tuberculose, emportant la mère, menaçant la fille Consuelo. Avec son père, et au mépris des préjugés entretenus par leur culture, elle décide de prendre conseil chez le médecin.

Context

(français)
L'immigration mexicaine à destination des États-Unis a fortement augmenté dans la première moitié du XXe siècle, passant de 105 200 personnes en 1900 à 624 400 immigrants en 1930. L'Immigration Act de 1924 établit un quota de 150 000 personnes autorisées à immigrer en Amérique par an.

Les raisons de cette vague d'immigration étaient multiples. Le immigrants mexicains étaient attirés par les opportunités d'emploi dans le domaine privé ou de l'agriculture, La révolution mexicaine (1910-1920) ainsi que la violence et les difficultés économiques qu'elle a générées, ont également poussé les gens à quitter leur pays.

Une forte ségrégation raciale et sociale avait cours dans les sanatoriums des années 1930.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film emploie le registre de la fiction pour édifier les spectateurs ciblés : la communauté hispanique. Les personnages qui en sont issus et la mise en scène de ses traditions montrent qu'elle est approchée avec respect, bien qu'elle soit abordée avec paternalisme. En contrepoint, le récit est déterminé par la double intervention de l'institution sanitaire. C'est d'une part un médecin de famille qui examine Consuelo, l'héroïne, au moment où elle se sent malade et, d'autre part, par le biais d'un sanatorium où elle est prise en charge.
Pour encourager la communauté hispanique à se tourner vers la médecine, le film fait appel à leur foi chrétienne. C’est le prêtre qui convainc la patiente de se rendre chez le médecin et il explique que cela correspond à la volonté divine.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La médecine est incarnée par un personnage de médecin volontaire, autoritaire et pédagogue. C’est également un homme qui sait s’adapter à la culture de ses patients, ici d'origine hispanique. Il agit en bonne entente avec leur curé pour ne pas heurter leurs croyances. Il implique le père dans la prise en charge de la jeune fille tuberculeuse afin de se faire un allié de ce personnage influent. La santé, c’est aussi l’infirmière dont les visites régulières au domicile ont pour objectif de guetter le progrès de la contamination en son sein : une surveillance intrusive sous des dehors sympathiques. Enfin, la santé est représentée par le sanatorium, lieu de soins efficace et hospitalier.
Le réalisateur met en scène sa propre vision de la médecine : des soins médicaux ouverts à tous, sans distinction de classe sociale ou de niveau de richesse.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Cette version espagnole a été projetée dans des salles de cinéma et des églises catholiques.

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Public communautaire

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Préambule : l’intégration des populations hispanophones
Musique de grand orchestre aux accents hispaniques, jouée par le Típica Orchestra. Le générique se déroule sur fond de ciel nuageux en référence au titre du film. Il se termine par l’apparition du symbole (logo) de la National Tuberculosis Association (NTA), une croix à double traverse, avec les angles biseautés. Panoramiques vertical et horizontal sur un paysage désertique. Succession de plans pour attester l’intégration des populations hispanophones dans la société des États-Unis : paysans travaillant la terre, ouvriers aux ateliers d’usine, soldats défilant sous le drapeau américain. Le commentaire rappelle que ces populations sont particulièrement exposées à la menace de la tuberculose. Ce film leur est dédié ainsi qu'à l'ensemble de la population hispanophone. La voix off exprime l'espoir que l'humanité toute entière puisse un jour être libérée de la tuberculose. (01.18)

Ouverture : les traditions à l’honneur
Danses traditionnelles par des hommes et femmes costumés pour animer un banquet. Les danseurs, munis de cordes, jettent leur chapeau au sol. Les danseuses les ramassent et les lancent dans leur direction. Fondu enchaîné rapide sur l’orchestre et les spectateurs. En plan poitrine, deux hommes regardent le spectacle depuis une table. Leur allure les distingue des autres : ils sont blancs, l’un, homme d’âge mûr, est habillé d’une veste noire, d’une chemise blanche et d’une cravate, l’autre, homme plus jeune, porte une soutane. Ce dernier parle : « Voyez-vous, docteur, ce peuple est très joyeux. Leurs vieilles traditions, leur langue, tout cela compte beaucoup pour eux. » (Ve este, doctor, esta gente es muy alegre. Sus antiguas costumbres, su idioma, eso significa mucho para ellos). Le médecin approuve, surveille sa montre, annonce qu’il doit partir. La caméra revient aux danseurs, resserre sur un couple en particulier. Visages d’amoureux, souriants et recueillis. Une petite fille s’approche et murmure quelque chose au prêtre.

Drames à répétition : la mère est morte, la fille est malade
Int. Cage d’escalier, deux enfants et un homme, attitudes prostrées. La femme qui dansait apparaît. L’homme, son père, lui apprend la mort de sa mère à la suite d'une violente quinte de toux. La conversation nous apprend que la jeune femme se prénomme Consuelo, qui signifie consolation en espagnol. On peut s'interroger sur le choix du prénom : est-ce un hasard ou a-t-il été choisi pour renforcer le message du film ?
En musique de fond à l’orgue, la cantate BWV 147 10 de Jean Sébastien Bach (Jesus bleibet meine Freunde), qui exprime la foi du chrétien face à l’adversité. Sur un plan de façade d’église se superposent une succession de mots représentant le passage des mois.
À la table familiale, Consuelo picore dans son assiette. Le père s’en inquiète : « Tu ne cesses de tousser. Tu ne manges plus, tu es fatiguée. » (Has estado tosiendo. No comes, te sientes cansada). Sa fille a pris le chemin de son épouse emportée par la maladie. Consuelo cherche à le rassurer mais, en parlant, se met à tousser. Elle prétexte la poussière sur la route qui, en l’absence de pluie, a irrité sa gorge. Une fois seul, le père s’adresse au portrait de sa femme pendu au mur de sa chambre pour exprimer à voix haute ses préoccupations. (05.39)

Conseils du jeune prêtre
Intérieur de l’église dont la façade a été montrée précédemment (celle où s’est tenue la cérémonie religieuse de l’enterrement de la mère). Consuelo, la tête enveloppée d’une mantille, agenouillée sur les marches du chœur, prie intensément. Le jeune prêtre que nous avons vu au banquet, avise sa présence. Elle va le voir et lui explique ses soucis de santé qui s’apparentent à ceux de sa mère. « Aidez-moi, mon Père. » (¡Ayúdame Padre!). Le prêtre répond qu'il lui donnera toute la consolation de la foi et lui accordera une guérison spirituelle. Il ajoute cependant : « Mais suis mon conseil. Va immédiatement consulter un médecin. Il pourra t'aider et te guérir. » (Pero toma mi consejo: usted tiene de ir a un doctor inmediatamente. Él puede ayudar y curar.). En espagnol, le prêtre tutoie Consuelo mais, quand il lui enjoint d'aller consulter un médecin, il la vouvoie, peut-être pour insister ?
Comme dans la scène du banquet à l’ouverture du récit, celle-ci met en scène l’alliance de la science et de l’Église. « Le Seigneur a créé l'Homme à son image, ce qui signifie qu'il l'a doté de connaissances. Dieu nous a fait don de la médecine pour que nous y recourions. » (El Señor ha creado al hombre a su imagen, es decir, lo ha dotado de conocimientos. La ciencia medica fue dada por Dios, para que hagamos uso de ella), ajoute le prêtre. Il souligne que le fait de se soigner correspond à la volonté divine : « Le Seigneur est venu dans le monde pour nous libérer et guérir nos maux. Il nous a fait don des sciences. Nous avons le devoir d'utiliser les dons du Ciel. » (El Señor vino al mundo a redimirnos y sanar nuestras enfermedades. Y nos dio todas las ciencias. Es un deber, tenemos que usar los dones del cielo). À noter que cette alliance entre l'ecclésiastique et le médecin était déjà mise en scène dans un autre film "ethnique" qu'Edgar George Ulmer avait réalisé en 1938 à l'intention de la communauté noire, Let my people live. (06.59)

Examen chez le médecin
Dans le cabinet du médecin. Nous reconnaissons celui qui figurait dans la scène du banquet, en compagnie de Consuelo et de son père. Il leur montre une feuille d’examen, avec différentes rubriques remplies par son écriture : fatigue, perte de poids, toux, fièvre, douleur au niveau du torse, état de la gorge normal, perte d’appétit… Le médecin enjoint à Consuelo de faire une radiographie. Il lui en explique le principe. « Les rayons X permettent de détecter précocement la tuberculose, avant l'apparition de symptômes. » (Con los rayos X, podemos descubrir la tuberculosis cuando apenas comienza, y antes que aparezcan los síntomas). Extrayant l’épreuve photographique de l’appareil, il ajoute que si cela ne tenait qu’à lui, il soumettrait tous les jeunes gens et jeunes filles au même examen. (08.49)
Ext. Jour, le père discute avec l’homme que nous avons vu danser avec Consuelo. Leurs échanges nous apprennent que cet homme s’appelle Pedro. Le père de Consuelo lui explique qu’il faut dépasser les préjugés et s’en remettre davantage à la science des médecins. Nous voyons que contrairement à Another to conquer, film de prévention contre la tuberculose qu’Edgar Ulmer a tourné à l’intention des populations amérindiennes, l’aîné est ici un allié de la médecine moderne. Consuelo survient. Elle plaisante avec son fiancé à propos de leur futur mariage. Le père se réjouit : « Tu as bonne mine. Je pense que la consultation t'a fait du bien. Mais n'oublie pas que le docteur me dira demain comment vont tes poumons. » (Oh, te ves bien. Yo creo que la visita al doctor fue para tu bien. Pero no olvides que mañana me dirá cómo se ven tus pulmones).
Retour dans le cabinet du médecin, plongé dans l’obscurité pour pouvoir examiner le cliché radiographique. Le médecin s’adresse au père en pointant avec son stylo la partie supérieure des poumons : « Ici, il y a une tache, comme un petit nuage dans le ciel. C'est la maladie qui débute dans le poumon. » (Aquí, una sombra, como una nubecilla en el cielo. Es el mal que principia en el pulmón). Le titre du film provient de ce passage où la tuberculose est décrite comme un petit nuage dans le ciel (nubecilla en el cielo). Le père se désespère : telle mère, telle fille. Le médecin le rassure, dissipant le préjugé selon lequel la tuberculose est héréditaire. Il lui montre un livret pour lui expliquer les voies de contamination. C’est le troisième exposé médical du film. Le médecin insiste sur l'importance des traitements médicaux dans le processus de guérison : « Les traitements modernes de la tuberculose permettent aux poumons de guérir. » (Los tratamientos modernos de la tuberculosis dan a los pulmones oportunidad de sanar).
Le médecin conclut que Consuelo doit se rendre dans un sanatorium pour se rétablir. Le père répond qu'il a déjà vu des sanatoriums : « Ils sont très beaux. Mais nous sommes pauvres. » (Son muy hermosos, pero nosotros somos pobres). Le médecin répond que, de même que la maladie touche toutes les personnes de la société, chacune peut se rendre au sanatorium pour préserver la santé des siens. Il ajoute qu’il enverra une infirmière du Département de santé pour préparer le départ de Consuelo. Enfin, il explique au père que ses deux autres enfants doivent absolument être examinés. (13.43)

Séjour au sanatorium.
Une automobile se gare devant le perron d’un bâtiment. Consuelo sort du véhicule, accompagnée d’une infirmière.
Sa famille est réunie sur le porche devant leur maison. Un homme vient les voir, exprime ses réticences devant la prise en charge de Consuelo. « Tu es l’homme le plus ignorant que je connaisse. » (Tú eres el hombre más ignorante que he conocido), lui répond le père. L’homme se défend. Comme il crache par terre, le père le reprend, appliquant la leçon préventive du médecin : « J'ai un livre, je veux que tu le regardes. » (Tengo el libro que quiero que tu veas por ti mismo). À présent, il se charge de relayer le message de celui-ci : le savoir n’est pas la propriété exclusive des médecins. Le père, après avoir été formé aux caractéristiques de la maladie, devient un missionnaire de l’institution de santé, ce que la NTA, qui a commandité le film, promouvait à l’époque. (15.13)
L’infirmière se présente à la famille pour la rassurer sur la santé de Consuelo. « C’est vraiment très gentil de venir tous les jours. » (Ha sido usted muy buena con venir todos los días), lui dit le père en ôtant son chapeau. Elle avoue que ses visites fréquentes visent aussi à surveiller l’état de santé de chacun.
Consuelo est alitée dans le sanatorium. Harmonie de blancs : draps blancs, tête de lit en métal blanc, fleurs blanches sur la table de chevet, blouse blanche de l’infirmière qui se tient à ses côtés. « Tu pourras bientôt rentrer » (Pronto quedas a tu casa), la rassure-t-elle. « Je ne sais pas comment tous vous remercier. » (No sé cómo expresarlos mi agradecimiento), répond Consuelo. L’infirmière qui contrôle la température de Consuelo utilise un ton moins paternaliste que dans la version anglaise : « Bravo, jeune fille » (¡Qué buena muchachita!).
Une sérénade se fait entendre de l’extérieur, la chanson mexicaine Cielito lindo qui signifie ‘joli petit ciel’, autre jeu de mot renvoyant au titre. Raccord, ext. Jour, Pedro joue de la guitare et chante en regardant vers un point du hors champ que nous devinons être la fenêtre de la chambre de Consuelo. Un employé du sanatorium vient pour le chasser, en vain. Il parle en anglais. Gros plan sur le visage souriant de Consuelo qui écoute la musique, promesse d’un retour à la vie normale, au mariage espéré.

Mariage et célébrations
Noir. Le médecin se trouve avec Pedro et Consuelo, il félicite celle-ci pour son rétablissement et lui promet qu’ils pourront se marier. Alors qu'il vouvoie sa patiente lors de la première consultation, le médecin tutoie ici Consuelo.

Brève évocation de la cérémonie dans l’église. Le plan, avec les mariés de dos et le prêtre face au spectateur donne l'impression qu'il bénit ce dernier en même temps que les mariés. La scène de banquet boucle le film avec un rappel du début de celui-ci. De nouveau, le prêtre et le médecin sont réunis à la même table. « Vous rappelez-vous, docteur, ce que je vous ai dit lors de notre dernière visite ici ? Ce peuple est très joyeux. J'ajouterais désormais que c'est un peuple en bonne santé. » (¿Recuerdas doctor lo que te dije la última vez que estuvimos aquí? Esta gente es muy alegre, y ahora diré, por añadidura, gente sana). La musique jouée par l’orchestre lors du banquet reprend la ballade La Adelita, une chanson datant de la révolution mexicaine.

Supplementary notes

(français)
Le film Nube en el cielo a également été tourné en version anglaise, sous le titre Cloud in the sky.

Si les acteurs, les scènes et le message du film sont identiques, quelques différences sont à souligner.

Tout d’abord, lors de deux scènes, les personnages prenant la parole sont différents. Dans la version en anglais, c’est le jeune frère, et non le père, qui annonce à Consuelo comment sa mère est décédée. (03.10 – 03.26) La raison de ce changement de personnage est inconnue, s’agit-il d’une question de connaissances linguistiques ou de culture ?

De même, lorsque le père, le fiancé et Consuelo sont réunis sous le porche de la maison, le fiancé ne prend pas la parole, contrairement à la version espagnole. (10.34 – 11.13) La scène est d’ailleurs plus compréhensible et amusante en espagnol (car il manque une réplique dans la version anglaise). Est-ce le signe d'un montage hâtif, reflet de contraintes budgétaires serrées, ou de contraintes de durée des scènes ?

Par ailleurs, le film en espagnol a un but plus ambitieux : il s’adresse à l’ensemble de la population hispanophone (et pas seulement aux malades) et souhaite que tout le monde soit débarrassé de la tuberculose : « C'est à eux qui endurent une part de l'écrasant fardeau de la tuberculose, et à tous les hispanophones, que cette histoire est dédiée. Nous espérons voir le jour où l'Homme sera libéré de cet ennemi redoutable et séculaire : la tuberculose» (A ellos, que sufren y soportan su parte en la carga brumadora de la tuberculosis, y a toda la gente de habla española, se les dedica esta historia, en la esperanza de que llegue el día en que toda las gentes se vean libres del más temible y antiguo enemigo del hombre: la tuberculosis). La version anglaise s'adresse, quant à elle, aux hispanophones américains et recherche la libération des États-Unis : « Cette histoire leur est dédiée, dans l'espoir qu'elle hâtera l'arrivée du jour où toute notre nation sera libérée du plus ancien ennemi de l'homme : la tuberculose. » (This story is dedicated to them in the hope that it will speed the day when our whole nation shall be freed of man's ancient enemy: tuberculosis). (01.15 – 01.36)

Lors du discours du prêtre, deux éléments ressortent. Une emphase plus importante est faite sur le verbe ‘guérir’, guérison spirituelle (ensalmar) et physique (curar, sanar) en espagnol. Le discours est également davantage religieux et le prêtre insiste sur le fait que faire appel à la médecine est une obligation qui correspond à la volonté divine. Cette scène est tournée selon un angle légèrement différent en anglais, ce qui confirme que le film a été tourné dans les deux langues et non pas doublé.

Lors de l’échange entre le médecin et le père, la phrase concernant les traitements modernes n'apparait pas en anglais : « Les traitements modernes de la tuberculose permettent aux poumons de guérir. » (Los tratamientos modernos de la tuberculosis dan a los pulmones oportunidad de sanar). (11.50 – 13.17) La version espagnole insiste donc davantage sur la possibilité de rétablissement grâce à la médecine.

Une chose est surprenante : lorsque l’employé du sanatorium vient chasser Pedro, il s’exprime également en anglais dans cette version. (18.13 – 18.55)
Pour finir, le ton du médecin et de l’infirmière sont davantage paternalistes dans la version en anglais que dans la version en espagnol, sans doute pour ne pas heurter le public : « Brave fille » (That’s a good girl!), « Vous avez été bien sage » (You’ve been a good girl).

References and external documents

(français)
Sur le site du NIH-U.S. National Library of Medicine, Cloud in the sky fait partie des 8 films d'Edgar Ulmer analysés par Devin Orgeron, PhD (North Carolina State University) dans l'article : Edgar Ulmer, the NTA and the power of sermonic medicine. https://www.nlm.nih.gov/hmd/collections/films/medicalmoviesontheweb/orgeron-ulmer-essay.html (consulté le 6 septembre 2017)


Lowy Vincent & Cantor David, Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s in Health Education Films in the Twentieth Century, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.

McWhinney Margaret. Communication contagion: director Edgar G. Ulmer's National Tuberculosis films of 1939, 2014, Montana State University, [consulté le 17 mai 2017], disponible à l'adresse suivante : https://scholarworks.montana.edu/xmlui/bitstream/handle/1/3609/McWhinneyM1214.pdf;sequence=1.

Zong, J. et Batalova, J., Mexican Immigrants in the United States", 2014, Migration Policy Institute [consulté le 26/06/2018], disponible à l'adresse suivante : https://www.migrationpolicy.org/article/mexican-immigrants-united-states-0


Contributors

  • Record written by : Joël Danet, Séverine George