Let my people live (1938)

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Let my people live

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Title Let my people live
Year of production 1938
Country of production États-Unis
Director(s) Edgar Ulmer
Actor(s) Rex Ingram
Peggy Howard
Merritt Smith
Duration 13 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) English
Subtitles and transcription EnglishFrench
Production companies Motion Picture Service Corporation
Commissioning body National Tuberculosis Association
Archive holder(s) United States National Library of Medicine

Main credits

(français)
The National Tuberculosis Association cooperating with Tuskegee Institute ; National Urban League ; Work Progress Administration ; U.S. Veterans Administration presents / Produced by Motion Picture Service Corporation / Directed by Edgar Ulmer / camera, William Miller / sound, Nelson Minnerly

Content

Medical themes

Theme

(français)
la lutte contre la tuberculose menée au sein d'une communauté noire des Etats-Unis

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Le film vise à sensibiliser les populations qui négligent de traiter médicalement la tuberculose. Il met en scène une famille afro-américaine dans laquelle une mère superstitieuse, qui préfère se soigner elle-même que s'en remettre à un médecin, finit par succomber à la maladie. Ses deux enfants, atteints à leur tour, sont sauvés grâce à une prise en charge médicale. (fiche NLM)

Context

(français)
Les dialogues du film sont marqués par les habitudes de langage de l'époque, y compris en ce qui concerne les relations entre des personnes issus de différentes ethnies. Ici, "negro" n’est pas péjoratif, (au contraire de "nigger", terme qui n’apparaît pas dans le film, non plus que "black" ou "colored").Pour la traduction, nous avons tenté de respecter les usages du temps, traduisant "negro" par "nègre" et le mot "race" par leur équivalent français exact.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Let my people live est un exemple de la filmographie "communautaire" du cinéaste Ulmer, par ailleurs réputé pour ses réalisation dans le genre du film noir.. A chaque fois, il s'agit de sensibiliser à un message médical les membres d'une communauté (les Hispaniques dans Cloud in the sky, les Amérindiens dans Another to conquer). Par le récit et la mise en scène, ces films cherchent à montrer que ces différentes communautés peuvent intégrer les pratiques de la médecine moderne sans avoir à renoncer à leurs fondements identitaires.
Le fait que le héros soit un étudiant du Tuskegee Institute n’est certainement pas anodin. Le rayonnement de cet établissement universitaire est tel que ce qui s’y passe a certainement valeur d’exemple pour le spectateur.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La médecine est montrée comme l'institution qui garantit une prise en charge réussie de la tuberculose. Il lui est opposé la tradition des guérisseurs, mais le personnage principal ne leur donne aucun crédit. Par ailleurs, nous remarquons que dans Let my people go, l'ecclésiastique agit comme le partenaire du médecin : il aiguille les malades vers son cabinet quand ils se confient à lui.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Cinéma itinérant dans le cadre de campagnes sanitaires

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
public communautaire

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Plan d’ensemble, intérieur d’église, un chœur de personnes noires, probablement le Tuskegee Institute Choir dirigée par William L. Dawson chante un negro spiritual. Générique sur fond d’un bâtiment d’église montrée par différents angles, raccord son avec le chœur qui continue de chanter.
Un médecin parle pendant l’office
Int. Plan moyen, un homme derrière un pupitre évoque la tuberculose qui sévit particulièrement dans la communauté noire. « La raison est que la majorité d’entre nous est pauvre et travaille dur. » Il ajoute que si quelqu’un dans l’assemblée se met à tousser, se sent particulièrement fatigué, perd du poids, il serait avisé d’aller se faire examiner. « La tuberculose peut être guérie si elle est repérée à temps. » Le pasteur le rejoint et le remercie pour son intervention en l’appelant « docteur ». Cette collaboration du médecin et de l’ecclésiastique devant la menace la tuberculose s’observe aussi dans Cloud in the sky qu’Ulmer réalise deux ans plus tard à l’intention de la communauté hispanique.choristes, un homme se lève, se rend dans un coin retiré de l’église. Il saisit un combiné téléphonique : nous comprenons que cet appel vient de lui être signalé. Le chœur, invisible, commence à chanter Let my people go. Plan d’une femme qui tient aussi un combiné, debout devant les rayonnages d’une épicerie. Elle dit son nom, Mary, et confirme qu’elle est la sœur de l’homme qui vient d’être appelé. « Georges, maman est très malade ! » dit-elle d’une voix alarmée. Georges raccroche le combiné. Celui qui l’a interpelé pendant l’office lui demande ce qui se passe. Georges lui répond que sa mère est atteinte de la tuberculose et qu’elle n’a jamais été examinée par un médecin. Son interlocuteur lui donne un peu d’argent pour l’aider à payer son voyage. Il quitte l’église en courant. Le chœur chante les dernières mesures de Let my people go. (03.38)
Le pasteur, partenaire du médecin
Georges a pris le bus de campagne. Quand il rejoint sa maison, une valise à la main, sa sœur en sort pour tomber dans ses bras. Comme ils s’interpellent l’un l’autre, nous apprenons que la sœur de Georges s’appelle Mary. Le chœur d’église se fait de nouveau entendre pendant qu’ils avancent, serrés l’un contre l’autre, vers la maison, une bâtisse faite de planches, avec un porche qui court tout son long. Cut. Une silhouette d’homme fait sonner une cloche fixée à un châssis. Un attroupement s’est formé devant l’entrée d’une église en bois, avec bord cadre la silhouette de la partie arrière d’un fourgon. En off, toujours les chœurs d’église, puis la voix d’un homme récitant une prière. On devine qu’il s’agit de la cérémonie d’enterrement de la mère de Mary et Georges. Mary se présente dans le bureau du pasteur. Elle est inquiète : elle se demande si, après sa mère, elle n’a pas contracté elle-même la tuberculose. « La tuberculose n’est pas héréditaire ! » répond le pasteur. « J’ai lu à ce sujet. Elle vient d’un germe. Elle se transmet par le contact d’une personne malade à une personne saine ». Mary insiste : elle se sent fatiguée, elle tousse. Le pasteur l’enjoint d’aller se faire examiner par un médecin pour vérifier si elle malade ou non. « S’il répond oui, fais exactement ce qu’il te dit. » Cette scène est tout à fait comparable à celle, dans Cloud in the sky, où Consuelo, au désespoir de se sentir malade, va voir le prêtre qui lui recommande d’aller voir le médecin. L’ecclésiastique joue ici le rôle de référent public pour les personnes qui ont besoin d’une conversation intime. Il n’est en rien rival du médecin ; au contraire, il le seconde en aiguillant les malades vers son cabinet. Mary approuve la décision du pasteur. Noir. (07.06)
Se faire soigner à temps et en toute confiance
Dans une rue, Mary en route vers le cabinet du médecin. Elle rencontre une amie, noire, habillée avec élégance, qui lui recommande d’aller plutôt s’adresser à sa grand-mère : elle sait préparer des tisanes qui guérissent. Mary répond avec une fermeté irritée : « Je vais voir le médecin ! », ce qui pourrait être compris comme : « il est temps que nous cessions de nous influencer mutuellement par des croyances impuissantes à enrayer la maladie qui nous décime ». Elle a tiré les leçons des erreurs de sa mère qui elle, ne se soignait qu’avec des tisanes. Un noir qui tient lieu d’ellipse conséquente : nous retrouvons Mary alitée dans un hôpital, Georges se tenant à son chevet pendant qu’une infirmière vient déposer un plateau sur sa table de nuit. Mary : « Je vais mieux, Georges ! » Le médecin est satisfait parce que sa tuberculose a été identifiée à temps. Elle fronce des sourcils. « Et toi, Georges ? » Nouvelle ellipse. Dans une salle de soins, le médecin, noir, ausculte Georges. « Je n’entends rien ! » dit-il. Mais il lui fait une injection un test à la tuberculine pour vérifier si la tuberculose ne l’a pas atteint. Georges garde le sourire : « Ça ne fait pas mal, docteur ! » Noir qui évoque le laps de temps entre le test et sa vérification. Gros plan sur l’avant- bras de Georges sur lequel une tache brune est apparue. Le test est positif mais cela ne signifie pas forcément que Georges a la tuberculose. Le médecin veut procéder à des prises de vues radiographiques. Noir. Le médecin et Georges devant la planche radiographique. Le médecin lui fait remarquer une tache sur la radio du poumon qui est le signe d’une primo-infection. Cela signifie que les microbes de la tuberculose sont entrés dans ses poumons longtemps auparavant mais que son corps a réussi à s’en débarasser. « Je suis heureux d’entendre ça ! » dit Georges, soulagé. Le médecin lui prescrit du repos et lui donne quelques recommandations diététiques. « Nous devons dire aux gens que la tuberculose peut être traitée et que toute personne atteinte constitue une menace pour sa famille si elle ne va pas voir un médecin au moins une fois ! » « Merci docteur, répond Georges en lui serrant la main. Vous me faites voir les choses sous un autre jour ! » (11.51)
Ext. Jour, le porche d’une belle bâtisse aux proportions imposantes, orné d’une colonnade en pierre blanche. Il s’agit du bâtiment du sanatorium. Le chœur chante l’Alleluia de Haendel. Int., assises devant un poste radio qui diffuse la musique du chœur, Mary et �la jeune femme qui lui recommandait de s’adresser à une guérisseuse �. C’est le jour de remise de diplôme pour Georges mais Mary n’a pas pu y aller car elle n’est pas encore suffisamment rétablie. Néanmoins, elle a de quoi se réjouir. « Quelle chance tu as ! s’écrie cette dernière son amie. Tu parais en bonne forme et tu as un bon travail. » Une expression de mélancolie se lit sur le visage en gros plan de Mary : elle regrette que sa mère ne soit plus parmi eux. « Je m’imagine toujours que j’entends sa voix J’ai l’impression d’entendre sa voix! » dit-elle en se tournant vers le poste radio (elle parle de son frère qui fait partie de la chorale). Cut. Le chœur de Tuskegee en plan général, achève entonne Alleluia du Messie de Haendel. Panneau « The end ».
A propos de la musique dans Let my people live
Les chants (tous religieux) qui composent la bande originale de ce film sont extrêmement présents dans les premières séquences du film puis tout à la fin. Ils contribuent à enraciner le message médical porté par le film dans une tradition culturelle et religieuse forte.Le film commence dès le générique par l’expression d’une confiance en Dieu : I know the Lord has laid his hands on me (Je sais que le Seigneur a posé ses mains sur moi). Son texte est légèrement différent de la version la plus connue (telle qu'elle a été publiée par exemple dans The Second Book of Negro Spirituals compiled by James Weldon Johnson and J. Rosamund Johnson, 1926). Il s'agit peut-être d'une version modifiée par William L. Dawson.
Let my people go (Laisse partir mon peuple) constitue le fond sonore de toute la séquence où le héros apprend que sa mère est sur le point de mourir de la tuberculose. Ce chant reprend les paroles que Dieu ordonne à Moïse de dire au pharaon qui retient en esclavage le peuple hébreu (Exode 8 : 1) Particulièrement symbolique pour la communauté noire à l’époque de l’esclavage, il est réactualisé ici pour évoquer un autre type d’emprisonnement. Le spectateur comprend que les Afro-américains sont prisonniers de la tuberculose et qu’ils prient pour en être délivrés.Le negro spiritual suivant, Swing low, sweet chariot, parle d’un retour à la maison (Coming for to carry me home, toi qui viens me chercher pour me ramener à la maison). Il correspond à la séquence où le héros rentre chez lui pour voir sa mère une dernière fois.Le décès de la mère des deux héros n’est pas montré mais uniquement suggéré, notamment par le chant Nearer, my God, to Thee (Plus près de toi, mon Dieu).Ensuite, la musique s’interrompt (5’32), le décor est planté, le récit peut véritablement commencer.À 11’41, reprise de la musique. Cette fois-ci, c’est l’Alleluia du Messie de Haendel, explosion de joie devant la Résurrection et l’espérance qu’elle suscite. Pour les héros, la joie aussi est immense : l’héroïne est guérie, son frère reçoit son diplôme, l’avenir s’ouvre devant eux. C’est également un avenir plein d’espoir qui s’ouvre devant toute la communauté afro-américaine qui, grâce aux conseils donnés dans le film, va enfin pouvoir se libérer de la tuberculose.

Supplementary notes

(français)
La musique du film est interprétée par le réputé Choeur de Tuskegee, fondé en 1881. Le titre du film, Let my people live, parait être inspiré par celui du grand classique de negro spiritual : Let my people go.

References and external documents

(français)
Sur le site du NIH-U.S. National Library of Medicine, Let my people live fait partie des 8 films d'Edgar Ulmer analysés par Devin Orgeron, PhD (North Carolina State University) dans l'article : Edgar Ulmer, the NTA and the power of sermonic medicine. https://www.nlm.nih.gov/hmd/collections/films/medicalmoviesontheweb/orgeron-ulmer-essay.html (consulté le 6 septembre 2017)


Lowy Vincent & Cantor David, Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s in Health Education Films in the Twentieth Century, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.


Contributors

  • Record written by : Joël Danet, Élisabeth Fuchs