Le médecin (1965)

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Le médecin


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Title Le médecin
Series Recherches des aptitudes
Year of production 1965
Country of production France
Director(s) Philippe Haudiquet
André Teisseire
Scientific advisor(s) René Girard
Louis Thériat
Duration 25 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Sponsor(s) CNDP
Archive holder(s) CNDP

Main credits

(français)
(Générique de fin)

DANS LA SÉRIE ANIMÉE PAR PHILIPPE PILARD ASSISTÉ DE RICHARD GUILLON

C'ÉTAIT UNE ÉMISSION DE PHILIPPE HAUDIQUET

AVEC LA PARTICIPATION DES DOCTEURS RENÉ GIRARD ET LOUIS THERIAT

RÉALISATION ANDRÉ TEISSEIRE

Contents

Theme

(français)
Présentation du métier de médecin, sa fonction et ses compétences traditionnelles dans un cabinet ou dans l’hôpital, et le nouveau rôle qu’il est appelé à jouer au sein d’équipes d’assistance sociale dans les nouvelles cités.

Main genre

Documentaire

Abstract

(français)
Le programme articule séquences sur le plateau et reportages tournés à l’extérieur pour présenter les différentes dimensions du métier de médecin. Si son rôle préventif et curatif, sa place à l’école ou à l’hôpital sont rappelés, le film insiste sur les nouvelles responsabilités qu’il acquiert au sein des nouvelles zones urbaines, davantage orientées vers l’action sociale.

Context

(français)
ContexteRéférences à la Sécurité Sociale, univers technologique de l'hôpital. D’un point de vue social, émergence des cités de logements qui refaçonnent le visage des banlieues, favorisées par la politique de logement d’urgence à l’usage des familles populaires. Surtout, l'idée que le médecin peut s'orienter dans le travail social, ne plus être une figure isolée à l'aura providentielle, mais le membre d'une équipe pluridisciplinaire aux avant postes de la modernisation des modes de vie : c'est l'apparition de la barre de banlieue, avec son fonctionnement social spécifique qui re-détermine les contenus de son poste.

Structuring elements of the film

  • Reporting images  : Yes.
  • Studio pictures  : Yes.
  • Archive footage  : Yes.
  • Animation sequences  : No.
  • Inter-titles  : Yes.
  • Animator  : Yes.
  • Voice over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the movie direct the spectator's view?

(français)
Le film vise à mettre en évidence les nouvelles attentes sociales auxquelles le médecin doit répondre : contribuer à l’insertion sociale des familles installées dans les cités qui se développent à la périphérie de la ville.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Les médecins sont de jeunes personnes au discours volontiers réflexif, le personnel infirmier est montré de façon plus traditionnelle (efficacité et sollicitude mêlées).

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Télévision scolaire. L'émission a été diffusé le 30 mars 1965; 14h05-14h30

Communications and events associated with the movie

(français)
dossier pédagogique CNDP (cf. documents joints)

Audience

(français)
Elèves de l’école élémentaire (cf. dossier pédagogique CNDP)

Local, national, or international audience

National

Free-form description

(français)
Générique du programme : l'annonce de son principe d'interactivité
Gén. Succession de plans moyens d’enfants vus de dos ou de profil qui dessinent ou peignent des maisons. Le lettrage est apposé en transparence : “recherché des aptitudes – travaux dirigés” puis “Le médecin” (avec la même typo que le titre de Localisations cérébrales). La mention “travaux dirigés” n’est pas anodine : le film repose sur un principe d’inter activité où la participation de l’élève est escomptée.
Définitions classiques du médecin
Campagne enneigée que traverse une automobile ordinaire. Un homme en sort avec une mallette, il se rend dans une ferme isolée. Commentaire : “Qu’est-ce qu’un médecin dans la vie courante? La première image, la plus simple et la plus familière qui se présente est celle du médecin de famille. Une personne est malade, on va chercher le médecin.” Il semble que cette séquence, ainsi que toutes les séquences illustratives de la première partie du film lui ont préexisté comme des stock shots. L’homme se rend au chevet d’une vieille femme alitée, filmée en plongée (pour composer avec l’étroitesse de la pièce, comme il sera de même pour certaines séquences tournées à l’hôpital : à chaque fois, les scènes sont tournées in situ). GP de la main qui rédige l’ordonnance, expliqué par le commentaire. Apparition du présentateur, filmé devant un fond noir sur une chaise pivotante. Il semble mal à l’aise dans son rôle. “Dans ce cas précis, le médecin donne des soins, son rôle est essentiellement curatif.” Sur fond noir les mots “rôle curatif” apparaissent. Le présentateur a pris soin de détacher chaque mot de ses dernières phrases pour que les élèves qui assistent à l’émission puissant les prendre en notes.
Le médecin scolaire
PG cour de récréation vue en plongée. “L’autre image pas moins familière que la première est celle du médecin scolaire. A l’école, tous les élèves passent une visite médicale par classe. On surveille l’état de santé des enfants. On organise une séance de vaccination destinée à les prémunir de certaines maladies. La diphtérie, par exemple.” Des enfants font la queue, vêtus de leurs seules culottes, dans un couloir. Musique champêtre pour euphémiser l’image de l’infirmière qui prépare sa seringue. “Le médecin contrôle l’état de santé des enfants, son rôle est essentiellement préventif.”
Premières paroles d'experts et premiers exercices interactifs
Retour sur le plateau, PM sur le présentateur et deux hommes installés devant une curieuse tenture montrant une composition abstraite faite de cylindres tronçonnés aux surfaces granuleuses. Le présentateur se tourne vers eux : “Messieurs, ces images décrivant l’activité du médecin vous paraissent-elles suffisantes?” L’un d’eux, répondant en PR, insiste sur la complexité de l’acte médical, rappelle qu’il “comporte aussi l’interrogatoire du malade, lequel est confidentiel et engage le secret professionnel”. Le second médecin rappelle qu’il existe des spécialistes à côté des généralistes, évoque la mise ne place de la sécurité sociale. Le présentateur face à la camera : “Pouvez-vous, à l’aide des images, nous préciser : 1° le rôle du médecin de famille 2° le rôle du médecin scolaire”. Les questions apparaissent en toutes lettres à l’écran, dans une démarche interactive qui incite les élèves à se concentrer sur les contenus du programme. Manière de résister à “l’enchantement des images qui bougent”, comme devait l'écrire trois ans plus tard l’Inspecteur Général de l’Instruction Publique : « Le risque est de couper l’élève du monde réel, de l’introduire dans un univers où les images et les sons jouent selon leurs déterminations propres, ou au gré de l’imagination et des rêveries [1]. »
Retour sur le terrain : le médecin et le système hospitalier
PG sur une cour d’hôpital où circulent des ambulances. PE bloc opératoire où des infirmières manoeuvrent un lit sur roues. “Il arrive que le médecin dirige le patient vers un hôpital dans un cas d’urgence, par exemple lorsqu’il se déclare une crise d’appendicite aigüe.” PA sur un médecin qui pratique une incision puis scène d’opération avec toute l’équipe. Un des deux médecins invités (aucun des deux n’a été nommé) estime qu’on a “trop tendance à assimiler chirurgie et urgence.” Il donne l’exemple de crises cardiaques ou d’asthme qui peuvent justifier des interventions à domicile avec administration de médicaments. Le présentateur, sur les images d’une femme pénétrant dans un hall en tenant deux enfants par la main, indique que ce séjour à l’hôpital peut aussi être justifié par la contraction d’une maladie contagieuse qui nécessite un isolement. Images d’un médecin qui examine l’enfant. A noter que depuis le début du film, aucun son "in" n’intervient dans la bande son. “Il est nourri, loge à l’hôpital”. PM sur l’enfant alité auquel l’infirmière prodigue des gestes à la fois utiles et affectueux, pano sur un autre enfant qui prend son repas au lit, dispose sur un plateau, sur un fond de musique jazz qui conviendrait mieux à l’ambiance d’un restaurant de luxe. GP sur les mains des infirmières qui administrent des gestes techniques, piqûres ou auscultation. “Le médecin ne peut tout assurer seul.” Il est aide par des infirmiers et des infirmières.” Le commentaire indique que l’hôpital concentre un matériel performant et complexe qu’un médecin seul ne pourrait posséder. Vues de labo, éprouvettes en batterie, un bébé passé une RG sur un lit dressé à la verticale auquel il est retenu par des sangles, séance de “bombe au cobalt” sur un patient dont on ne voit que les jambes. PG sur une sale de rééducation, puis travelling dans les cuisines. “Il apparaît que l’hôpital est un vaste complexe médical qui comprend des annexes comme la cuisine, la buanderie, services nécessaires à son fonctionnement. “ Visite d’un patron accompagné de ses stagiaires : “un autre aspect de l’hôpital est la formation pratique qui complète l’enseignement théorique en faculté de médecine.” Au chevet d’un malade, le groupe en colloque autour d’une planche radiographique. Nouvelle “question quiz” posée par le présentateur : “Pouvez-vous citer trois cas pour lesquels on doit aller à l’hôpital ?” (la question est écrite à l’écran, elle tient pendant quinze secondes).
Une innovation dans la profession : la responsabilité de médiation sociale
PM sur le présentateur qui fait face aux deux médecins ainsi que deux femmes. “Ces images ont insisté sur l’aspect technique, en existe t-il d’autres ?” Le premier médecin insiste sur le “facteur humain” que comporte la pratique. Une des deux femmes prend la parole pour décrire une “réalisation qui a été créée il y a cinq ans dans un grand ensemble de la banlieue parisienne.” Dès lors, le programme prend une nouvelle tournure. Il semble qu’il aborde seulement son véritable sujet, non pas le médecin en général, mais l’évolution récente du métier selon une acception strictement sociale. La séquence se déroule dans "un grand ensemble de la région parisienne" (qui n'est pas nommé). Panoramique vertical sur une barre d’immeuble fraîchement construite, Plan moyen sur une porte d’entrée que franchissent un homme et une femme. Int. pano en plongée dans le hall de l’immeuble, pris depuis le premier palier de l’escalier : mouvements soigneux de camera qui valorisent la complexité nouvelle des espaces propres aux architectures modernes. Quand l’homme et la femme gravissent les escaliers, on reconnaît le présentateur de l’émission et la femme qu’il a interrogée. Celle-ci présente “le centre”, fondé en 1964, qui mobilise deux appartements jumelés. “C’est bien!” concède le présentateur, pas davantage à l’aise en situation de reportage, ne sachant où poser son écharpe. Vues sur des moulages d’animaux de ferme poses sur une table à côté de cahiers titres “l’école des parents”. La femme explique au présentateur que le centre en question est un centre social et éducatif. « C’est un travail éducatif. Je suis là toute la semaine, les autres membres de l’équipe ne sont là qu’un jour ou deux. Le travail se situe sur deux plans : auprès des familles et dans la cité. Nous faisons de l’aide éducative, nous donnons le maximum de réconfort aux parents qui ont des difficultés scolaires et familiales avec leurs enfants. Pour la cité, nous essayons de la rendre plus accueillante, parfois nous créons des clubs de loisirs pour les jeunes, clubs discothèques et photos. » Déjà émerge le souci d’occuper les jeunes dans un contexte d’anonymat et de relégation urbaine.
L'intégration d'une équipe pluridisciplinaire : en finir avec l'image élitiste du médecin
L’équipe comporte, outre deux assistantes sociales, un psychologue et un médecin. L’assistante sociale interrogée décrit son travail qui consiste à informer les familles nouvellement arrivées des services sociaux et médicaux dont elles disposent, notamment des « placements sanitaires nécessaires pour des enfants fatigués et pour des vacances ». Elle est interrompue par des coups sur la porte. Une femme entre et témoigne : son enfant ne voulait plus se rendre à l’école « parce qu’il n’en voyait plus l’utilité. » Le médecin lui a répondu que l’école restait nécessaire pour acquérir une solide culture générale avant la spécialisation professionnelle. Au fond, on se demande en quoi le médecin agit comme tel lorsqu’il répond ainsi. L’assistante sociale explique qu’en plus de ses compétences spécifiques, le médecin est un simple membre d’une équipe dont la mission première est sociale. « Il est conseiller comme les autres ! » insiste-t-elle, soucieuse de niveler son rang dans l’organigramme. Retour sur le plateau où l’un des médecins prend la parole : « Je suis ce médecin. » Le téléspectateur peut dès lors se demander pourquoi il ne l’a pas vu dans le reportage tourné sur place. « Je n’examine pas le malade, je ne fais pas d’ordonnance, je viens conseiller les familles ». Bon élève, il rappelle qu’il agit au sein d’une équipe. « Nous sommes sur un pan d’égalité, j’utilise ma profession comme un instrument. » Pour la psychologue invitée, qui parle pour la première fois, il n’y a pas de hiérarchie, tous les membres sont à la disposition des familles. C’est bien là-dessus qu’insistent chaque interlocuteur depuis cinq minutes : nous en avons fini avec l’approche élitiste de la profession de médecin. L’autre médecin invité conclut dans le même sens : « Nous avons vu les aspects traditionnels du médecin, le médecin technicien soignant. Avec l’équipe réunie ici, nous voyons son rôle éducatif. On pourrait croire qu’il existe deux sortes de médecins : les uns techniciens, les autres éducateurs. Il n’en est rien, ce sont deux aspects différents d’un même rôle. Le médecin de famille établit des diagnostics, c’est aussi l’ami, l’enseignant, le confident. » Dernier quizz, cette fois pour sonder le sentiment de l’élève-spectateur : « Le médecin vous paraît-il sympathique, impressionnant ou enviable ? » Comme si ces trois qualificatifs devaient s’exclure les uns les autres…

Notes complémentaires

(français)
André Teisseire a réalisé le film officiel du tour de France de 1949 à 1952 puis les fictions suivantes : Les déracinés (1972, d’ap. Richard Marillier), La dévoreuse (1973), En grandes pompes (1974, av. Roger Pierre)
L'émission a été diffusé le 30 mars 1965; 14h05-14h30

Références et documents externes

(français)


Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet
  1. J. LEIF, Inspecteur Général de l’Instruction Publique, dans son avant-propos à M. FAUQUET et S. STRASFOGEK, L’audio-visuel au service de la formation des enseignants – le circuit fermé de la télévision, Vesoul, 1972