American Social Hygiene Association
Espaces de noms
Plus
- Plus
Actions de la page
A Journey through ASHA History. Dernière mise à jour le 7 novembre 2025. (Consulté le 22 avril 2026.)
New-York, 1914 : Création de l’American Social Hygiene Association (ASHA)
L’ASHA est créée en 1914 à New-York, à partir de mouvements de réforme sociale datant du début du XXe siècle axés sur le combat contre les infections sexuellement transmissibles (ou IST, appelées maladies vénériennes à l'époque) et la prostitution. L’ASHA est le résultat de la fusion de deux organisations : l’American Federation for Sex Hygiene, principalement engagée dans le combat contre les maladies vénériennes, et l’American Vigilance Association, qui lutte contre la prostitution.

1914-1918 : L’ASHA rejoint l’effort de guerre
Durant la guerre, l’ASHA est chargée de produire des posters, des pamphlets et des conférences pour "vendre" le concept de conduite appropriée. Le pamphlet le plus diffusé est Keeping Fit to Fight (ci-contre). Il délivre un message non-moralisateur typique selon lequel, pour gagner la guerre, il faut des soldats sains.
1914-1918 : Le combat contre la prostitution
L’un des axes prioritaires en temps de guerre est le combat contre la prostitution, considérée comme la cause principale de la propagation des maladies vénériennes au sein de l’armée. L’ASHA réussit à faire démanteler bon nombre de réseaux de prostitution présents autour des bases militaires.
1920-1929 : Les quatre volets du plan américain
Dans l’après-guerre, l’ASHA se concentre sur quatre axes clés : promouvoir les tests et le traitement contre les maladies sexuellement transmissibles (spécifiquement la gonorrhée et la syphilis), lutter contre la prostitution, favoriser l’éducation sexuelle dans les écoles publiques et sensibiliser la population.
1920-1929 : Le Journal of Social Hygiene
Parmi les publications produites par l'ASHA à cette époque figure le Journal of Social Hygiene ("Bulletin d'hygiène sociale") qui permet à l'ASHA de s'imposer comme une référence dans le domaine des maladies vénériennes. L'ASHA mène également des études sur la prévalence de la syphilis, les "vices de la communauté" (prostitution, délinquance, alcoolisme, etc.) et les maladies vénériennes. Elle publie également des résumés des lois relatives à la prostitution et soutient la législation imposant un dépistage de la syphilis avant le mariage.
1922-1929 : Promotion de l’activité physique
Au cours de cette même période, l’ASHA, en collaboration avec le United States Public Health Service (Service de santé publique des États-Unis), conçoit deux séries d’affiches à destination des adolescentes et jeunes adultes afin de les mettre en garde contre la promiscuité sexuelle tout en vantant les mérites d’une bonne santé physique et morale. Ces affiches sont placardées dans les écoles, les bibliothèques et les Young Women Christian’s Associations (ou UCJF, Union Chrétienne de Jeunes Filles) dans tout le pays.
1928-1940 : Dénonciation du « charlatanisme »
Tandis que les campagnes d’éducation permettent de sensibiliser la population aux risques de la syphilis, elles dénoncent aussi le « charlatanisme » - des « charlatans » sans diplômes ni qualifications promettent de faux remèdes contre de l’argent qui lui, est bien réel. L’ASHA mène diverses études à travers tout le pays entre 1920 et 1930 pour se faire une idée de l'ampleur du problème et promouvoir l’importance d’un diagnostic et d’un traitement contre la syphilis mis en œuvre par des professionnels diplômés. Comme le dit le Major Bascom Johnson, directeur adjoint de l’ASHA : « Le charlatanisme est sans aucun doute l’un des plus grands obstacles à l’éradication de la syphilis ».
1937 : La journée nationale d’hygiène sociale
À partir de 1937, l’ASHA sponsorise une journée annuelle d’hygiène sociale pour attirer l’attention sur son programme. Chaque année, l'organisation sélectionne un sujet et conçoit une série de documents dans le but d’encourager la population locale et les groupes à soutenir ce type d’événements et les actions de communication.
1938 : Loi sur le contrôle des maladies vénériennes
Durant des années, l’ASHA a milité pour que les maladies vénériennes soient reconnues comme un problème de santé publique. Ces efforts contribuent à l’adoption de la Venereal Disease Control Act (Loi sur le contrôle des maladies vénériennes) de 1938, qui octroie aux États américains 15 millions de dollars, sur trois ans, pour la mise en place de structures de diagnostic et de traitement des maladies vénériennes, pour la recherche et la formation du personnel. Cela conduit finalement à la mise en place de programmes de lutte contre les IST au niveau local et au niveau des États dans tout le pays.
1939 : With These Weapons
Produit par le National Syphilis Committee (Comité National contre la Syphilis) de l’ASHA, le court-métrage intitulé With These Weapons : The Story of Syphilis est une ressource utilisée par les départements sanitaires régionaux et locaux, les organisations sociales et sanitaires locales, les écoles et les universités. Comme l'annonce le matériel promotionnel qui l'accompagne, le film « ne cherche pas à inspirer de la peur ni à mettre en scène la maladie, mais il explique clairement des faits simples et encourageants à propos de la syphilis : ses causes, ses modes de propagation et son traitement. »
1940 : L’ASHA part en guerre, 2e partie
Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l’ASHA est de nouveau impliquée dans des campagnes d'éducation sur les maladies vénériennes au sein des forces armées. En 1940, une réunion conjointe entre l’ASHA, le Public Health Service et le service médical de l’armée américaine mène à un accord dans le but de produire des efforts coordonnés pour contrôler la propagation des maladies vénériennes grâce à l’éducation, à la répression de la prostitution et au traitement médical des personnes infectées.
1946 : En finir avec les maladies vénériennes
Le 7 octobre 1946, l’ASHA lance une campagne intitulée Stamp Out VD ("en finir avec les maladies vénériennes")sur les marches de l’hôtel de ville de New-York. Durant l’événement, le maire, William O’Dwyer, prononce un discours dans lequel il déclare que le mois suivant sera « le mois de l’élimination des maladies vénériennes » dans la ville de New-York. Le champion de boxe poids lourd, Joe Louis, est présent également pour "mettre KO" les maladies vénériennes.
1948 : Le rapport Kinsey
À la suite de la publication de l’étude emblématique Sexual Behavior in the Human Male ("Le comportement sexuel chez l’homme") de l’institut Kinsey, l’ASHA choisit de consacrer son congrès annuel des associations régionales et locales d'hygiène sociale à la discussion du rapport. Ces travaux (parallèlement à Sexual Behavior in Human Female, "Le comportement sexuel chez la femme", publié en 1953, l'ensemble constituant Les Rapports Kinsey) déclenche des controverses. Cependant, l’ASHA cherche à prendre en compte ces rapports comme des données scientifiques et non en tant que contenu pornographique.
1948 : Le rapport Kinsey (suite)
Dans ses commentaires du rapport pour le congrès, le directeur général de l’ASHA, Walter Clarke, déclare : "Nous ne concevons pas la santé sexuelle comme un phénomène isolé, mais comme une partie intégrante de l’expression de chaque individu, influencée par différents facteurs liés aux expériences passées et à l'environnement des êtres humains... Indubitablement, cette étude, dans son entièreté, dans son contexte, influencera la stratégie et les efforts consacrés à l'amélioration de notre bien-être, pour lequel les comportements sexuels jouent un rôle majeur."
1954-1975 : La surveillance d'un problème national
En 1954, l’ASHA commence à surveiller les taux des maladies sexuellement transmissibles en distribuant des questionnaires dans tous les États et dans les villes dont la population dépasse les 100 000 habitants. Les réponses sont analysées par les Centers for Disease Control (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) et diffusées annuellement par l’ASHA sous le titre Today’s VD Control Problem ("Le problème du contrôle des maladies vénériennes aujourd'hui »). Ces rapports fournissent à l’ASHA des données qu'elle présente au Congrès américain afin de plaider en faveur d'un financement adéquat des programmes de lutte contre les MST. Bien que l’ASHA ait cessé de publier ces rapports en 1975, elle continue à ce jour de mener des actions dans ce sens à Washington.
1956-1961 : Travaux sur le comportement des adolescents
Après avoir obtenu un financement pour étudier l’augmentation des taux de maladies vénériennes chez les adolescents, l’ASHA crée le Research Committee on Adolescent Behavior (Comité de recherche sur la santé de l’adolescent). Ses objectifs sont énoncés dans un rapport sur le programme datant de 1956 : "Nous avons l’intention de profiter de cette opportunité pour vérifier l’hypothèse selon laquelle les actes menant les adolescents à contracter des maladies vénériennes sont l’une des conséquences directes de l’instabilité familiale, et que l’utilisation de la pénicilline pour soigner ces maladies chez les adolescents est inutile tant qu’aucune mesure préventive ne sera prise au sein de la famille pour remédier aux conditions qui y prédisposent. »
1960 : De l’hygiène à la santé
En 1960, l’organisation change de nom et devient l’American Social Health Association. "Le passage de l’hygiène à la santé, déclare le directeur général de l’ASHA, Conrad Van Hyning, souligne le fait que nous avançons avec notre temps. L’ASHA a toujours été une agence nationale pionnière s’engageant dans des causes nouvelles, impopulaires voire incomprises."
Liens externes
For a complete history of ASHA, see A Journey through ASHA History. (Last updated on November 7th, 2025.)
Liens externes
Sur MedFilm
Contributeurs : Alexia Choron

