École Joffre pour la rééducation des mutilés de guerre (1916)

De Medfilm



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Titre :
École Joffre pour la rééducation des mutilés de guerre
Année de production :
Pays de production :
Durée :
22 minutes
Format :
Muet - Noir et blanc - 35 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :

Générique principal

"Guerre 1914 - 15 - 16. Édition de la Chambre Syndicale Française de la Cinématographie. Vues prises avec l'autorisation militaire".

Contenus

Sujet

École Joffre pour la rééducation des mutilés de guerre (1916)

Genre dominant

Documentaire

Résumé

Cette archive nous présente l'École Joffre pour la rééducation des mutilés de guerre à travers la prise en charge et la réinsertion progressive de soldats blessés convertis à différents corps de métiers tels que des dactylographes, des cordonniers, des tailleurs, des relieurs, des agriculteurs, des fabricants de jouets... Le maire de Lyon, M. Henriot, rend visite à cette école.

Contexte

Le film a été tourné en 1916, soit en pleine Première Guerre mondiale. En plus des morts, les mutilés sont très nombreux et sont accueillis dans des centres de soins et de réadaptation. Leur réinsertion, utile pour la société, l'est surtout pour l'effort de guerre...

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Oui.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Oui.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Non.
  • Interview : Non.
  • Musique et bruitages : Non.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

Le film nous présente une École de rééducation sous un angle bienveillant. Malgré les traumatismes de guerre, les mutilés sont encouragés à exercer différentes activités afin de faciliter leur réinsertion dans la vie active. L'ambiance y est studieuse mais fraternelle, comme nous montre le passage où le maire offre une cigarette à un convalescent. Ce document insiste particulièrement sur le thème de la stimulation créative des mutilés de guerre, notamment à travers la confection de jouets pour enfants. Le film souligne l'aspect ludique des travaux des mutilés, et les intérêts dans l'effort de guerre d'alors.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Les thèmes de la santé et de la médecine sont particulièrement présents. Le film nous montre des mutilés et des amputés, on y voit directement l'impact de la guerre sur le corps. Par ailleurs, le défi médical ici et de rééduquer ces hommes blessés en leur proposant des activités manuelles diverses.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Le film est sûrement projeté dans les salles de cinéma d'époque où sont diffusés les journaux officiels. Il peut être également projeté dans d'autres hôpitaux militaires français.

Communications et événements associés au film

Public

Audience

Descriptif libre

[CARTON 00:13] Service de santé - École Joffre pour la rééducation des mutilés de guerre.Par ce carton, l'enjeu du film est posé : il s'agit de documenter la prise en charge des soldats mutilés pendant la guerre. En guise d'introduction, la première séquence montre la façade de l'École vue de l'extérieur. Des hommes mutilés descendent marche après marche un escalier ; certains sont décorés de médailles militaires. Cette image peut illustrer un rapport de réciprocité entre les mutilés et la Patrie : ils prennent soin l'un de l'autre. Ils sourient, fument et s'échangent des cigarettes.
[CARTON 01:09] M. Henriot, Maire de Lyon, sénateur du Rhône, promoteur de cette École.Ce carton indique la visite au chevet des blessés d'une figure politique importante : le maire de Lyon, ville dans laquelle sur trouve ladite École. On le voit offrir une cigarette à un mutilé tout en engageant la conversation. Cette image met en lumière l'aspect paternaliste de la présence du maire au sein de l'École, le fait de le filmer ici n'a donc rien de hasardeux.
[CARTON 01:45] Un amputé du bras droit parvient au bout de quelque temps à écrire de la main gauche.On y voit, dans un cadre bucolique, un mutilé écrivant lentement de la main gauche. La caméra s'arrête sur le cahier du blessé pour montrer les évidents progrès de ce dernier.
[CARTON 02:30] Un mutilé dont la main ne compte plus que le pouce et le petit doigt arrive à écrire parfaitement.Dans le même cadre que la séquence précédente (un petit bois en arrière-fond), un homme ayant perdu la totalité de sa main gauche et trois doigts de sa main droite, parvient à écrire et souligner marré son handicap.
[CARTON 03:15] Le même est devenu est excellent dactylographe au bout de quelques mois.Ce même mutilé est filmé faisant usage à une main d'un dactylographe. Il visse ensuite sa prothèse au moignon de sa main gauche.
[CARTON 04:32] Les cordonniers.Plusieurs mutilés, dans un cadre paisible d'extérieur, s'adonnent à la cordonnerie autour d'une table de travail. La plupart sont amputés d'une jambe.
[CARTON 05:14] Les tailleurs de l'École fournissent plusieurs magasins de confection de Lyon.Cette séquence, qui filme des mutilés de guerre travaillant à la confection de tissus, met en lumière le fait que ces anciens soldats blessés à vie peuvent être utiles à la société.
[CARTON 06:27] L'atelier de reliure. Dans une atmosphère légère quoique studieuse, les mutilés travaillent des reliures sous l'oeil attentif d'un contremaître. Sur le mur, n aperçoit un écriteau avec comme contenu "Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place", avec à côté un portrait d'une figure illustre (peut être le maire de Lyon) surplombant la pièce. Ce film, réalisé en pleine Première Guerre mondiale, nous montre ainsi des éléments intrinsèquement liés au collectif et à la discipline.
[CARTON 09:48] Une large place est réservée à la T.S.F.. Les mutilés font de rapides progrès. Le meilleur élève est un cultivateur qui n'avait pas son certificat d'Études.On y voit des soldats dans une salle de classe assister à la leçon d'un maître (ou peut-être est-ce le meilleur élève coté dans le carton) sur la télégraphie sans fil, qui est alors une invention relativement récente (la première conférence radiotélégraphiste internationale est organisée à Berlin en 1903). Cette séquence nous montre aussi deux mutilés communicant grâce à la l'alphabet morse.
[CARTON 11:44] M. Henriot, Maire de Lyon, au milieu des élèves agriculteurs.Cette courte séquence insiste sur la présence du maire, soucieux de la santé de ses citoyens.
[CARTON 12:16] Section du Jouet Français. Cette section est des plus intéressantes. Elle fournit aux mutilés une profession rémunératrice où peuvent s'exercer leurs goûts et leur imagination.Ici, des anciens soldats conçoivent, fabriquent et peignent des jouets dans un atelier.
[CARTON 12:56] En travaillant à la résurrection du jouet français, les mutilés de cette section continueront après la guerre le bon combat contre la production allemande.En effet, ce carton et plus largement ce film, s'inscrivent pleinement dans le cadre de la Première Guerre mondiale où s'affrontent en premier chef la France et l'Allemagne. Même la guerre gagnée, et même mutilés, ces hommes continuent le "bon combat" contre la production ennemie, dans un cadre de propagande affirmée. (Suite du carton précédent :) [CARTON] Le découpage des jouets par des mutilés amputés du bas gauche et de la main droite. Une autre séquence ici insiste sur la reconversion du soldat mutilé : il ne participe plus à la guerre militaire, sur le front, mais à la guerre économique, à l'arrière.
[CARTON 14:48] Le tour (mutilé amputé du bras gauche).Le mutilé s'adonne à une tâche particulièrement méticuleuse. On insiste sur la capacité physique de ces blessés lourds.
[CARTON 16:06] Le moulage.Un mutilé travaille un moulage des jouets. La conception de ceux-ci admet plusieurs maillons de fabrication ; le film souligne que tous les mutilés peuvent s'y insérer et y prendre part.
[CARTON 17:52] La peinture.Des mutilés peinent des bateaux et des avions de guerre. En 1916, c'est toute la société française qui revêt un aspect militaire, jusque dans les jouets d'enfants. Tout est prétexte pour exalter les forces armées, l'amour de la patrie, le courage des combattants...
[CARTON 19:25] Fabrication des articles en carton-pâte pour les confiseurs.Ici, une note plus légère : les mutilés travaillent pur les confiseries. Le soldat français sait aussi faire preuve de légèreté...
[CARTON 21:12] Quelques jouets originaux fabriqués par les mutilés.Le film s'achève en montant des mutilés présentant le résultat de leurs travaux : des animaux, mais surtout des soldats allemands (reconnaissables par leurs casques à pointe), une ambulance, un navire de guerre, et même le général Philippe Pétain. Finalement, la guerre continue pour ces mutilés : blessés sur le front, ils participent maintenant activement à la propagande et à l'économie de guerre contre l'Allemagne das un centre de rééducation à l'arrière.
[CARTON 21:57] Tous les mutilés de l'École Joffre ont appris un métier différent de celui qu'ils professaient avant la guerre. On en voit le merveilleux résultat.Enfin, ce carton final vante la reconversion de ces mutilés dans l'effort de guerre. Même lourdement amputés, ces anciens soldats sont utiles tant à la société qu'à la bataille mortelle contre l'Allemagne.

Notes complémentaires

Références et documents externes

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Antoine Comiti