Dyslexie, dyspraxie, ces mystérieux troubles de l'apprentissage

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Titre :
Dyslexie, dyspraxie, ces mystérieux troubles de l'apprentissage
Série :
Pays de production :
Année de diffusion :
2012
Réalisation :
Intervenants :
Durée :
26 minutes
Format :
Parlant - Couleur - Digital Video
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :

Générique principal

Générique de début

« Une émission proposée par Fred Courant, Jamy Gourmaud, Bernard Gonner »
« Une coproduction France Télévisions, Multimédia France Productions, France télévisions Distribution »
« Réalisation Lorraine Subra-Moreau, Une émission Préparée par Marianne Cramer »

Générique de fin

“Une émission présentée par Frédéric COURANT, Jamy GOURMAUD / Rédacteurs en chef Frédéric COURANT, Bruno BUCHER / Chef d’édition Emmanuel PERNOUD / Journaliste Marianne CRAMER / Documentaliste Laurence LEBOV / Voix Valérie Guerlain / Images Thomas BONNE, Richard CLOUE, Thierry FESSARD, André LAFFONT / Son Jean-Christaghe DIRARD / Lumière Stéphane PRUVOT / Maquillage Aurélie PAYEN / Maquettes David MAHE / Accessoires Patrick MOULIN Quentin MOLLIN / Conception artistique MAGASIN N, Juliette NIORÉ, Stéphane JOBERT / Montage Louis GOLDSCHMIDT, Carole CHEVALLEREAU / Infographie VNBC, Olivier BARNOIN / Etalonnage Alexandre GUILLORIT / Habillage MAGASIN N / Directrice de production Elsa MOKRANI / Assistants de production Aude BRISSET, Benoit CANON / Fred et Jamy sont habillés par Timberland, Unity ”

Images d'archives tous droits réservés
"Imagerie Cerveau en 3D-
© XD Productions
"Mouvements oculaires durant la lecture*
© Jacques Chartier, INSERM
Dr Sabine Delfort-Dhellemmes, CHRU Lille
Mitrovision 2011

Remerciements Quentin Delblouwe
Vincent, Manon et Julie Mousseau
Chloe Surin
Denis Lebihan, Ghistaine Dehaene, Caroline Huron Karla Monzalvo, Yann Gorin, Denis Fournier Lionel Allirol, Régine Trebossen, Coline Verneau Stanislas Dehaene - CEA / NEUROSPIN
Alain Pouhet, Catherine Billard, Marie Launay Corine Richard, Valérie Perrin, Odile
Nicolas Thouvenel
Association FFDys. Apeda - France Claudie Soubieux, Pascale Mary et les enfants - Centre Scolaire de la Feuillarde de Gif sur Yvette Sylvie Sasson, Audrey Tousaint, Elise Martin Stéphanie Leroux, Olivia Daniel, Louis Damecour Alexandre Guion - et toute l'équipe du CERENE Et aussi Baptiste, Doriane, Nahel, Naim, Martin, Franck Beverly, David, Léo, Paul, Nathan, Victor, Alexandre
Café - La Maison
Mairie de Paris
Cité des sciences et de l'Industrie, un lieu Universcience, Architecte, Adrien FAINSILBER

“Réalisation Lorraine SUBRA-MOREAU / Produit par Philippe MOLINS / Une coproduction / France Télévisions Multimédia France Productions France Télévisions Distribution / M.F.P Martin AJDARI Sylvie FAIDERBE / Avec la participation du CNC / Attachée de presse Ines CHAPARD / Unité Magazines France 3 Muriel ROSE William CHIFLET Fabienne BOREL Thibault ROMAIN / Administrateur de production Franck KHAKFA / assisté de Fatima ZANDOUCHE”
© France Télévisions - F.T.D.
M.F.P - 2011

Contenus

Thèmes médicaux

Sujet

Ce documentaire tout public présente différents "troubles dys", en particulier la dyslexie et la dyspraxie, et explique leurs origines.

Genre dominant

Documentaire

Résumé

L'émission de télévision "Dyslexie, dyspraxie, ces mystérieux troubles de l'apprentissage" nous plonge dans le quotidien d'enfants et d'adolescents confrontés à des troubles comme la dyslexie, la dyspraxie et la dysphasie. À travers leurs témoignages et ceux de leurs proches, on découvre les défis qu'ils rencontrent, notamment à l'école, et l'impact que ces troubles peuvent avoir sur leur vie de tous les jours et sur leurs apprentissages.
Ce documentaire aide aussi à mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau de ces enfants et pourquoi certaines tâches, qui paraissent simples pour d’autres, sont compliquées pour eux. Il met en avant différentes solutions pour les accompagner, comme l'orthophonie ou des approches pédagogiques adaptées.
Enfin, l'émission montre que, malgré les difficultés, ces enfants peuvent progresser et réussir s'ils acceptent leurs difficultés et qu'on leur donne les bons outils pour les contourner.

Contexte

Société française :

Des tendances lourdes internes à la société française – très largement communes d’ailleurs à l’ensemble des pays d’Europe occidentale - sont en particulier soulignées l’émergence d’un nouveau paradigme technico-économique et les conséquences qui s’ensuivent pour l’appareil de production, ainsi que la nature et l’ampleur de la crise du système de protection et de régulation sociales. https://www.futuribles.com/la-societe-francaise-a-lhorizon-2010-quelques-elem/ (consulté le 27/03)
En France comme dans les autres pays développés, les années 2010 ont été marquées par les secousses de la crise financière de 2008. Dans l’Hexagone, croissance faible et chômage persistant ont marqué cette décennie.
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/croissance-chomage-les-annees-2010-ont-elles-profite-a-la-france-20191231 (consulté le 27/03)
Avec 621 200 candidats et 531 800 lauréats, le taux de réussite à la session 2010 s'élève à 85,6%. https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/content_migration/document/DEPP-NI-2011-07-resultats-definitifs-baccalaureat-session-2010_172452.pdf (consulté le 27/03)
Nous avons décidé de parler des taux de réussite du baccalauréat pour regarder l’évolution jusqu’en 2010, date à laquelle l’émission a été produite. Malgré l’accroissement de cas de troubles DYS diagnostiqués, les résultats augmentent ce qui nous permet de dire que le suivi paramédical de ces personnes et leur prise en général sont efficaces.
2010 : 87,3%
2005 : 84,1%
2000 : 79,9%
1995 : 75,1%
fr.statista.com

Les troubles "dys", fait de société et sujet audiovisuel
Une recherche rapide sur le site de l'INA fait apparaître que des sujets de reportage et des émissions de télévision sont consacrés à la dyslexie au moins depuis le début des années 1960. À l'époque, les enfants sont déjà décrits comme ayant une intelligence normale avec une difficulté spécifique à décoder l'écrit et à associer les lettres aux sons. On attribue son origine à un trouble de la communication (terme vague) et à un problème d'intégration auditive (Alfred Tomatis).

Dyslexie, le mal des mots, un documentaire de Jean Vercoutère (Mosaïque Films) réalisé en 2004 est diffusé sur France 5 les 3 et 10 mars 2005. Son résumé est le suivant : "Élève de CE2, Dylan éprouve de très grosses difficultés à lire et à écrire. Or, c'est un garçon intelligent. Le corps médical suspecte un trouble d'origine neurologique. Son nom ? La dyslexie. Contrairement au sens commun, ce trouble de l'accès à l'écrit n'est pas qu'une simple inversion de lettres ou une confusion de la droite avec la gauche. C'est un handicap qui peut être lourd, selon les formes et les degrés qui le caractérisent et dont l'origine pourrait être génétique selon les scientifiques. Jadis apparentée à de la "bêtise" ou à de la "mauvaise volonté", la dyslexie est aujourd'hui reconnue comme un handicap sérieux et traité comme tel. Dans ce contexte, les médecins, psychologues, enseignants et parents tentent de la repérer, de l'identifier et, grâce à l'assiduité de l'enfant, de la dépasser, permettant ainsi à des jeunes au futur autrefois hypothéqué, d'avoir une perspective scolaire et professionnelle normale.
Âgé de 8 ans, Louis est ainsi pris en charge par le Centre de Référence du Langage de l'hôpital Bicêtre. Objectif : son retour rapide à l'école ordinaire. Le père de Louis, qui en a également souffert, se dit joliment "daltonien du son".
En recourant à une animation 3D ludique et pédagogique, ce documentaire nous permet de suivre les étapes de Dylan sur le chemin du diagnostic et la prise en charge scolaire et médicale de Louis. Il évoque le mécanisme complexe de la lecture et ses différentes déficiences, le système de dépistage et les thérapies possibles pour contourner le handicap de la dyslexie."

De nombreux ouvrages sont également publiés sur ce sujet depuis plusieurs dizaines d'années. En 2012, année de diffusion de cet épisode de C'est pas sorcier parait Le don de dyslexie de Ronald D. Davis et Eldon M. Braun (Desclée de Brouwer). Ronald D. Davis, ancien dyslexique y raconte qu'il a découvert que l’on pouvait inverser le processus et prendre le contre-pied de ce handicap pour le transformer en moteur de réussite.

La dysphasie apparaît à la télévision au début des années 1990, d'abord à l'occasion d'un congrès sur la dysphasie qui a eu lieu en 1992. Quant aux troubles "dys" en général, on ne les retrouve à la télévision qu'à partir du milieu des années 2000.

La Fédération française des Dys est créée en 1998 sous le nom de Fédération française des troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Elle prend son nom actuel (acronyme : FfDys) en mai 2009. Une journée nationale des troubles dys (JNDys) est créée en 2007. C'est une forme de reconnaissance de ces troubles qui touchent 6 à 8 % des personnes.

Le terme dysphasie nous vient des recherches menées par Julian de Ajuriagerra, neuropsychiatre et psychanalyste, et l’équipe d’Henri Rousselle (1958, 1965). (La dysphasie par Veronika Taly) https://doi.org/10.3917/dunod.chagn.2014.01.0063 (consulté le 12/04)
L'échelle de dysgraphie d’Ajuriaguerra est conçue en 1960, et à partir de 1989, elle permet d’établir un diagnostic.
L'échelle BHK créée en 2004, se base sur les critères de l'échelle d’Ajuriaguerra.
https://www.researchgate.net/profile/Jonathan-Enguta/publication/368245915_QUALITE_DE_L'ECRITURE_ET_REUSSITE_SCOLAIRE_DES_ELEVES/links/63dde84e64fc86063815ac51/QUALITE-DE-LECRITURE-ET-REUSSITE-SCOLAIRE-DES-ELEVES.pdf (consulté le 12/04)
En août 2004, l’article R4341-1 du Code de la santé publique précise le champ d’intervention de l’orthophoniste. “L'orthophonie consiste à prévenir, à évaluer et à prendre en charge, aussi précocement que possible, par des actes de rééducation constituant un traitement, les troubles de la voix, de l'articulation, de la parole, ainsi que les troubles associés à la compréhension du langage oral et écrit et à son expression…”
La loi du 11 février 2005 permet notamment la reconnaissance des troubles du langage et des apprentissages en tant que handicap cognitif.
Depuis 2017, le terme dysphasie a été remplacé par l’appellation “Trouble Développemental du Langage (TDL)”.


Ecole CERENE :

Fondateur et directeur : Hervé Glasel, neuropsychologue.
Hervé Glasel a créé le Cerene en 2008 et ouvert sa première école en septembre 2010. Dans toutes les écoles CERENE les enseignants sont des professionnels de la pédagogie aux parcours variés et qui ont tous bénéficié d’une formation interne au CERENE sur la connaissance et la compréhension des troubles des apprentissages et leurs impacts scolaires, les outils de contournement, l’individualisation pédagogique et la gestion de classe. Dans un environnement bienveillant et des classes à effectif réduit (12 élèves en primaire, 15 en collège) les écoles CERENE garantissent un rythme conçu pour s’adapter aux besoins spécifiques d’enfants présentant des troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, …) quelles qu’en soient la diversité, la sévérité et l’intrication.
Chaque classe dispose d’une salle de cours attitrée.
Chaque cours est calibré sur une durée de 1h15, intégrant des rituels d’ouverture et clôture de séquence, la prise en main des outils de compensation, des temps d’utilisation de fiches méthode, de mise à la tâche et d’étayage selon les besoins.
Leurs écoles et collèges dys sont spécialisés pour les enfants dyslexiques, dyspraxiques et bien d’autres troubles.
https://cerene-education.fr/presentation-des-ecoles-dys-2/ (consulté le 27/03) Lorsque l'émission est diffusée, la première école CERENE et première école consacrée aux enfants Dys à Paris a à peine deux ans. Le premier livre d'Hervé Glasel est prêt d'être publié (2013).
On remarquera que le site internet de CERENE indique comme membre de l'équipe, outre Hervé Glasel erst deux autres personnes, Guislaine Dehaene-Lambertz, directrice de recherche au CNRS et responsable de l'équipe de neuroimagerie du développement dans l'unité INSERM U562 situé au NeuroSpin au centre CEA de Saclay. On peut y voir une explication du choix de NeuroSin comme décor pour les interventions de Jamy Gourmaud.

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Oui.
  • Images d'archives : Oui.
  • Séquences d'animation : Oui.
  • Cartons : Oui.
  • Animateur : Oui.
  • Voix off : Oui.
  • Interview : Oui.
  • Musique et bruitages : Oui.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

Comme son titre l'indique, cette émission sélectionne deux "troubles dys" parmi la gamme de difficultés de ce type : la dyslexie et la dyspraxie. La dysphasie et la dysorthographie sont évoquées très brièvement. Il n'est pas question du tout de dysgraphie ni de dyscalculie.

Le film s’adresse à tout public. Il met en avant des rencontres entre Frédéric COURANT et des personnes qui ont un trouble de l’apprentissage (dyslexie, dyspraxie). Il va à la rencontre d’experts dans leur domaine (orthophoniste, professeur des écoles) appuyées par des explications scientifiques et théoriques données par Jamy GOURMAUD. Ces rencontres marquent un point central sur le déroulement général du documentaire. Elles permettent aux spectateurs d’adopter un point de vue concret sur les différents troubles de l'apprentissage explicités, notamment grâce à une présentation de la vie quotidienne des personnes. Enfin, le documentaire propose aux auditeurs une approche transversale de l’évolution des troubles de l’apprentissage au cours de la vie, même si le choix de réalisation est principalement accès sur les enfants.


Utilisation de maquettes avec animations superposées.

Dans les interviews qu'il réalise, Fred Courant se fait souvent le porte-parole d'un spectateur lambda qui se poserait des questions assez simples sur le sujet du jour. Les personnes interviewées sont là pour donner un témoignage personnel ou une première série d'informations tandis que Jamy approfondit la question avec des explications scientifiques, toujours avec le souci de faire de la vulgarisation. Ainsi, Certains mots, peut-être considérés comme trop spécialisés, sont remplacés par des termes plus simples (ex.: aire est remplacé par zone à (03:35)) et omis (occipitale à (03:50)). En revanche, d'autres termes échappent à cette sorte de filtre alors qu'on pourrait estimer qu'ils sont tout aussi difficiles pour un public d'enfants et d'adolescents (cortex (04:15)). + détailler les maquettes. Toujours filmé de très près, on est assis au même bureau, on lit les émotions sur le visage des protagonistes.

on ne parle ni de dyscalculie ni de dysgraphie.

Temps très court consacré à la scolarisation en école ordinaire.

Le recours à l’animation pour représenter la difficulté d’attention ou de traitement de l’information est très parlant pour le spectateur. Cela permet une vulgarisation efficace, comme le font souvent les orthophonistes auprès des familles : rendre visible l’invisible. L’utilisation de la technologie (ordinateur, calculatrice) est ici montrée comme une solution concrète, pratique, et non comme une béquille.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

La médecine est présentée ici comme une aide, pour comprendre ce qui se passe dans le cerveau de ces enfants, et l’impact que cela peut avoir sur leur vie. Cela permet ainsi de trouver des solutions pour les accompagner. Le documentaire insiste également sur l’importance d’un diagnostic dès le plus jeune âge, ainsi que le rôle crucial des parents et des professionnels entourant l’enfant, afin de progresser du mieux possible. Toutes ces informations semblent aboutir au “but” de toutes ces préconisations, en montrant que malgré ces troubles, certaines personnes sont capables de vivre de manière autonome.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Diffusion le dimanche 24 juin 2012, à 10h50.

Communications et événements associés au film

La Fédération Française des DYS a relayé l'information sur son site https://www.ffdys.com/sante/cest-pas-sorcier-emission-speciale-dys/ (consulté le 27/03)

Public

Télévisuel

Tout public : accessible dès la primaire jusqu’à l’âge adulte.

Audience

Descriptif libre

Introduction

Présentation du sujet de l'émission
Les tout premiers plans qui s’enchaînent montrent les différentes catégories d’âge qui peuvent être touchées par les troubles de l’apprentissage et présentent déjà, au moins visuellement, les enfants autour desquels l'émission est construite. Les plans sont très rapprochés et présentent les enfants dans un cadre scolaire, c'est-à-dire en train de jouer dans la cour de récréation ou d'écrire dans la classe. Fred Courant est présent sur certains de ces plans, ils discute avec les enfants. La voix off ("la p'tite voix" de la série C'est pas sorcier) commence la présentation du sujet avec des mots très simples : "Pour eux, lire, écrire, compter, coordonner leurs gestes ou s'exprimer clairement n'est pas chose facile. Ce sont les enfants atteints de ces handicaps invisibles que l'on appelle les "troubles dys.""
Un panneau bleu portant les mots "CEA – NeuroSpin – Direction des sciences du vivant" apparaît. Il s'agit d'une grande infrastructure de recherche visant à innover dans le domaine de l'imagerie cérébrale située à Paris-Saclay. Jamy pousse un grand coffre à roulettes portant l'inscription C'est pas sorcier ; il s'installe au NeuroSpin pour le temps de l'émission. (00:24)

Générique de début

Une image animée du camion de C'est pas sorcier roule dans un paysage montagneux puis dans un pont couvert. L'ensemble est probablement une animation créée par ordinateur. L'apparence du camion se modifie à la façon d'un jouet Transformer de la marque Hasbro. (Au moment où cette émission est diffusée (2012), les trois premiers films de la franchise Transformers ont déjà été produits et diffusés par Paramount Pictures et Dreamworks SKG en 2007, 2009 et 2011.) Les trois grands coffres qui résultent de cette transformation roulent jusqu'à Jamy Gourmaud. Un écran apparaît sur l'un des coffres. Jamy le touche pour le mettre en marche. Fred apparait, souriant et l'air dynamique, fidèle à l’esprit chaleureux de l’émission. (00:47=

Présentation du plan de l'émission
Sur un enchainement de gros plans sur certains des enfants concernés, la p'tite voix donne le sommaire de l'émission. Ses grands chapitres s'intitulent : "La dyslexie, le cerveau en toutes lettres", "La dyspraxie, “je suis maladroit”" puis "Grandir avec une DYS". La p'tite voix annonce ensuite le premier chapitre, "Des mots sur les maux", dont l'objectif est d'expliquer ce que sont les troubles "dys". (01:03)

1. Des mots sur les maux

Immersion dans le quotidien scolaire d’élèves DYS
Fred se dirige vers l'entrée d'un bâtiment dont la façade est partiellement carrelée et qui porte l'inscription : "ECOLE DU CERENE - LA JOIE D'APPRENDRE". Des enfants enlèvent leur veste dans un couloir étroit puis entrent dans une classe. En voix off, une enseignante explique qu'ils ont 5 collégiens et 9 enfants en primaire. Fred est assis sur un coin de table, à l'entrée de la classe. Un jeune garçon souriant vient lui dire bonjour. Fred lui serre la main. Le court dialogue qui suit permet au spectateur de se rendre compte des difficultés de l'enfant que l'enseignante explicite : "Baptiste souffre d'une dysphasie expressive. Ça veut dire qu'il comprend tout ce qu'on lui dit, il entend très bien mais il a des problèmes pour s'exprimer avec aisance. [...] Par contre, il cherche toujours à entrer en contact avec les gens et [...], il est impressionnant en calcul mental." Baptiste et Fred vont prendre chacun un ordinateur dans une armoire puis entrent dans la classe. Quelques gros plans sur des enfants dans la classe.
Fred s'accroupit près de la table d'une fillette nommée Doriane qui a 10 ans. Il discute avec elle, ce qui lui permet de constater qu'elle n'a aucune difficulté pour s'exprimer. En revanche, elle lui explique qu'elle est dyslexique : "On arrive pas bien à lire et à écrire." Fred lui demande une petite démonstration de sa lecture. Elle prend son agenda pour lire une consigne concernant les devoirs mais bute sur une phrase qu'elle a écrite et où il manque manifestement un mot. En arrière-plan, l'enseignante passe d'un élève à l'autre.
Fred va avoir un autre élève qui est en train d'essayer de copier une figure géométrique. Il explique à Fred qu'il a une /disprasi/ (dyspraxie), c'est-à-dire qu'il a "des difficultés dans l'espace et dans les centimètres". Fred reformule : "Tu as des problèmes de coordination de gestes et de mouvements."
Gros plan sur Fred, face caméra, qui s'adresse directement à Jamy. Il résume ce qui vient d'être illustré par ses petites conversations avec des élèves : "Nous sommes dans une école spécialisée qui accueille des enfants qui souffrent de dysphasie, de dyspraxie, de dyslexie. Ces handicaps peuvent être plus ou moins graves. En tout cas, on les regroupe tous sous le nom de "troubles dys"." Le plan s'est élargi un instant puis s'est de nouveau resserré pour s'insérer dans l'écran qui est placé à côté de Jamy, ce qui est une façon originale de raccorder deux plans et de "transmettre le micro" d'un animateur à l'autre.

Jamy explique l'organisation du cerveau et l'origine des troubles dys
Jamy regarde l'écran sur lequel Fred est apparu, puis se tourne vers la caméra, attirant ainsi l'attention du téléspectateur sur sa personne sans dire un mot. Plan d’ensemble dans l'un des halls du bâtiment du NeuroSpin où un studio improvisé a été installé pour Jamy : à gauche, une maquette d'Iseult, l'IRM doté d'un super aimant qui est hébergé au NeuroSpin, au centre, l'un des coffres ouvert de Jamy sur lequel sont posées un écran et des maquettes de cerveau, et à droite un écran sur lequel est projeté l'image d'un cerveau dont les différentes aires sont colorées.
Jamy s'avance lentement vers son dispositif. L’ambiance visuelle évoque l’univers scientifique propre à l’émission. Jamy rebondit sur le dernier mot prononcé par Fred et commence son explication : "Dys. D-Y-S. Une contraction de dysfonctionnement. Des dysfonctionnements qui surviennent dans le cerveau." Une vidéo suggérant des neurones est diffusée sur l'écran placé à la gauche de Jamy qui rappelle que tous nos faits et gestes partent du cerveau, non seulement les mouvements mais aussi la parole, l'écoute, le dessin et l'écriture. Il explique ensuite la division du cerveau en différentes aires à l'aide d'une maquette de cerveau en relief collée sur une silhouette de tête en carton. Cependant, il remplace le mot aire (peut-être considéré comme trop spécialisé pour le grand public) par le mot zone : la zone frontale gère l'attention, la motivation et la planification des gestes ; la zone située à l'arrière (Jamy ne prononce pas le mot occipitale) est consacrée à la vision. Dans la suite de son explication, il ne donne plus du tout de nom aux aires. Elles sont simplement matérialisées par des couleurs sur la maquette : une petite zone "juste en dessous" de la zone de la vision sert à reconnaître les paysages, les visages, les objets et les lettres ; la zone des chiffres et du calcul se trouve au dessus. Les zones respectivement consacrées au mouvement et au toucher sont localisées dans la partie supérieure du cortex (on notera que le mot cortex apparaît dans la bouche de Jamy sans aucune explication alors qu'il peut également être considéré comme assez spécialisé) puis des taches de couleur correspondant à l'odorat, au goût, à l'audition, à la compréhension du langage oral et à l'articulation apparaissent sur la maquette.
Ensuite, Jamy définit un trouble dys comme un dysfonctionnement survenant "à un endroit dans une zone du du cerveau", puis explique très brièvement ce que sont une dysphasie réceptive et une dyscalculie en les associant aux zones colorées la maquette de cerveau placée en surimpression à sa droite. Cette localisation très précise de certaines compétences permet au téléspectateur de comprendre pourquoi certains enfants présentent des troubles isolées (atteinte de la compréhension orale sans atteinte du calcul par exemple). Jamy rappelle qu'un enfant atteint d'un trouble dys possède une intelligence normale. Le plan s'élargit pour montrer de nouveau la profondeur du hall où est installé le studio improvisé de Jamy. (05:25)

Rencontre avec Hervé Glasel, directeur de l’école du CERENE et neuropsychologue
Dans un bureau. Au premier plan, on voit une table sur laquelle sont posées trois livres de neurologie dont Netter's Neurology et un autre ouvrage intitulé Clinical Neuropsychology (le nom de l'auteur est invisible). Derrière les livres, sur la gauche, se trouve un jeu de réflexion : la tour de Hanoï (conçue par le mathématicien français Édouard Lucas). Celle-ci est utilisée comme test cognitif notamment par des neuropsychologues. Il s’agit d’une planche rectangulaire horizontale avec trois piquets alignés sur la longueur. Cinq disques, de diamètre et de couleurs différentes (dégradé de bleu), sont insérés sur le piquet de gauche. Dans le fond encore flou pour le moment, Fred est assis à un bureau en face à un homme. Au vu de sa posture, on le sent attentif aux dires de son interlocuteur pour l’instant anonyme.
Un changement de focale floute le premier plan et rend l'arrière-plan net au moment où Fred commence l'interview de son interlocuteur : Hervé Glasel, directeur de l’école de CERENE qui accueille des enfants dys et neuropsychologue (d'où la présence des ouvrages de neuropsychologie et de la tour de Hanoï). "On a l'impression que les maladies dys ne sont pas très bien connues (...)" M. Glasel explique que c'est pourtant une situation courante et que les troubles dys sont responsables de la moitié des échecs scolaires. Les enfants concernés sont en grande souffrance et considérés comme rêveurs et pas intéressés dans les écoles "traditionnelles". Ce terme confirme une information que l'émission ne donne jamais : l'école du CERENE est une école privée hors contrat. (C'est encore le cas au moment de la rédaction de cette fiche.) À la question de la fiabilité du diagnostic, M. Glasel répond que, grâce à la recherche, on possède désormais "des outils qui nous permettent de mettre au jour à la fois les compétences et aussi leurs fragilités". Pendant toute la conversation, une alternance de champ/contre-champ dynamise la séquence. (06:13)

Présentation des outils d’évaluation du neuropsychologue
En gros plan, les mains d’un enfant manipulent les disques de la tour de Hanoï puis les cubes de Kohs tandis que Hervé Glasel (dont on ne voit également que les mains) prend des notes. Il explique que les tests pour faire un diagnostic de dyspraxie ou de dyslexie peuvent durer longtemps, entre 6h et 9h mais que les exercices sont présentés de manière ludique, ce qui évite qu'ils soient pénibles pour l'enfant. Ces tests approfondis sont nécessaires pour pouvoir un diagnostic précis et mettre en place des stratégies de remédiation. Un plan similaire à l'un de ceux de la séquence précédente montre en grand plan la première ou la deuxième édition d'un livre intitulé Neuropsychologie et troubles des apprentissages de Michèle Mazeau (médecin de rééducation, neuropsychologue infantile et membre, avec Hervé Glasel et deux autres personnes, du Groupe de réflexion des écoles CERENE). Comme les livres de neuropsychologie américains posés sur une table dans la séquence précédente, cet ouvrage scientifique vient appuyer et donner du crédit à la démarche d'Hervé Glaser et de son école. (06:43)

2. La dyslexie, le cerveau en toutes lettres

Transition avec l'insertion du titre du chapitre suivant, "La dyslexie, le cerveau en toutes lettres” sur un fond constitué d'un traveling sur les feuilles et les branches d’un arbre.

Rencontre avec Quentin, jeune dyslexique
Très gros plan rapide sur le visage constellé de taches de rousseur d'un jeune adolescent. La p'tite voix nous présente Quentin, 12 ans et demi, dyslexique. Elle précise que la dyslexie est le trouble dys le plus répandu et qu'elle toucherait entre 6 et 8 % des jeunes enfants. Fred arrive vers l’enfant et lui sert la main, c’est lui qui vient à sa rencontre, comme les spectateurs. La séquence se déroule en plein air, dans un parc. Fred et Quentin s'assoient sur un banc pour une petite conversation informelle. Le jeune garçon explique qu'il a du mal à lire, à écrire et à comprendre et qu'il a présenté un "recul" dès qu'il a commencé à parler. Il a actuellement deux séances d'orthophonie par semaine. Fred lui demande s’il peut l'accompagner à son rendez-vous chez l’orthophoniste, avec les caméras, ce que Quentin accepte. C’est Fred qui rythme le moment où ils se lèvent (comme précédemment, lorsqu'ils se sont assis sur le banc et ils sont bien synchronisés.)
Fred et Quentin se dirigent vers un bâtiment. Quentin entre mais Fred reste en arrière. Il a commencé à parler face caméra pour passer le relais à Jamy. Il explique pour certaines personnes la lecture n'est pas automatique et qu'il ne leur suffit de poser les yeux sur des mots écrits pour réussir à les lire. (07:48)

Jamy explique la dyslexie
Plan large sur le "laboratoire" entier de Jamy dans un hall du NeuroSpin. Il commence son explication par les mécanismes de la lecture en explicitant le fonctionnement de l'œil. Tout en parlant, il fait des va-et-vient avec à son regard entre l'écran où est projetée l'animation et la caméra pour maintenir le contact avec les téléspectateurs, ce qui soutient leur attention pendant cette partie plus scientifique. Des gros plans sur l’animation qu’il présente permettent également de rester concentré sur le sujet. Son visage est expressif et il utilise un vocabulaire précis. Jamy se déplace ensuite vers une autre animation représentant une tête humaine avec, en transparence, le contenu de la boîte crânienne. Il détaille la complexité de la reconnaissance des lettres lorsque la police et la taille des lettres varient ou lorsque deux lettres sont très proches du point de vue graphique ("o" et "e" ; "p" et "b", etc.) Il décrit une stratégie de décodage des mots écrits de bas en haut, c'est-à-dire qu'elle passe d'abord par la reconnaissance des lettres puis des syllabes puis des mots entiers. Ensuite, pour qu'on puisse trouver le sens du mot, ce dernier passe par la voie phonologique ou la voie lexicale. La voie phonologique est comparée à une petite voix qui prononcerait le mot puis irait chercher son sens dans "une bibliothèque sonore". La voie lexicale travaille, elle, à partir de la photographie du mot et se refaire à un "dictionnaire visuel" pour lui associer un sens.
Cette séquence termine sur un gros plan rapide sur la maquette du super scanner IRM Iseult dans lequel est couché un patient, avec un homme en blouse blanche debout devant l'appareil. Le reste de l'émission ne montrant aucune autre partie du NeuroSpin et ne faisant intervenir aucun spécialiste employé à cet endroit, on est en droit de se demander à quoi sert la présence de Jamy dans ce hall qui n'a rien de particulièrement intéressant. Il aurait pu faire ses présentations n'importe où. On ne comprend ce choix de décor qu'en se souvenant des liens de Michèle Mazeau, membre du Groupe de réflexion de CERENE, avec le NeuroSpin (voir plus haut). (10:09)

Rendez-vous chez l’orthophoniste avec Quentin
On retrouve Quentin durant son rendez-vous chez l’orthophoniste, Marie-Emmanuelle Idiart, accompagné de Fred. La caméra fait une mise en lumière sur le texte lu qu’on voit de manière distincte, en premier plan, contrairement à l’enfant qui lui est flouté. Il s’agit pour le téléspectateur de se concentrer sur le texte, sur les difficultés auxquelles peut faire face Quentin. A travers cette lecture, l’enfant travaille sa fluence. Fred est assis à côté de l’enfant tandis que l’orthophoniste est placée en face de lui. Ils sont tous deux attentifs à la lecture de Quentin qui a les yeux rivés sur sa feuille. Au bout de quelques mots, le garçon commence à rencontrer des difficultés dans sa lecture qui devient moins fluide, plus saccadée. Fred est attentif à la lecture de l'enfant mais il jette aussi quelques regards vers l’orthophoniste.
Quentin a terminé sa lecture. L’orthophoniste le félicite puis le questionne sur les passages qui ont été faciles pour lui et ceux qui lui ont posé problème. Fred demande à Mme Idiart pourquoi le début du texte était plus facile à lire pour Quentin que le début. Pour elle, c'est parce qu'ils ont déjà beaucoup travaillé la première partie du texte. Elle remarque que dans la suite, Quentin est obligé de se concentrer énormément sur le décodage phonologique, ce qui rend l'accès au sens de plus en plus difficile. À la question de Fred sur d'éventuelles difficultés orthographiques, elle répond que la dyslexie et la dysorthographie vont généralement de pair et que la dysorthographie reste souvent très sévère, même lorsque la lecture s'est bien améliorée.
Pendant une grande partie de cette séquence, Quentin appuie sa tête sur sa main droite, c'est-à-dire la direction où est placée au moins l'une des caméras. Il cache une partie de son visage avec cette main comme si, malgré son acquiescement, il se sentait un peu vulnérable dans cette situation. (11:34)

Jamy explique ce qui se passe dans la tête d’un enfant comme Quentin
Cette fois, il n'y a ni transition ni passage de témoin entre Fred à Jamy. Le changement de séquence est très abrupt. Jamy pose une question face caméra : "Que se passe-t-il dans la tête d'un enfant comme Quentin ?" Il s'assied sur l'un de ses coffres déployés et désigne différentes parties du schéma animé qui a déjà été montré lorsqu'il parlait du mécanisme de la lecture pour différencier quatre types de dyslexie : - le problème de reconnaissance visuelle : l'enfant a du mal à différencier les lettres (notamment les "lettres-miroir", ce qui l'empêche d'associer lettres et sons.
- la voie phonologique est touchée (c'est le cas le plus fréquent) : la fusion syllabique (b-a = ba) ne se fait pas. La lecture est possible mais uniquement par la voix lexicale.
- la voix lexicale est touchée : l'enfant doit prononcer intérieurement le mot pour accéder au sens mais les mots qui ne s'écrivent pas comme ils se prononcent (fréquent en français) sont difficiles à lire.

Retour dans le bureau de l’orthophoniste Mme Diart et Quentin travaillent des mots dont la dernière lettre est muette comme le mot "galop". Elle fait verbaliser à son patient la présence d'un "piège" (le "p" muet) et lui fait trouver une stratégie pour s'en souvenir (on dit que le cheval "galope").
Fred intervient en demandant si la dyslexie se soigne. Elle lui répond qu'on reste dyslexique toute sa vie mais qu'on peut récupérer une lecture partiellement fonctionnelle grâce à de nombreux efforts. Elle ponctue sa phrase d'un petit geste d'encouragement sur la main de Quentin.
Fred s’adresse ensuite à Quentin en lui demandant s’il a l’impression d’avoir progressé. L'enfant répond qu’il lit et écrit de façon plus fluide. À la demande de l'animateur, il sort de son sac de classe les livres qu'il doit lire pour l'école. dans la petite pile de livres de poche, on distingue L'Omelette au sucre de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Quentin affirme l'avoir lu en trois semaines. Durant la prise de parole de Quentin, l’orthophoniste est filmée en gros plan. Elle porte sur l'enfant un regard bienveillant et assez fier. Elle se rappelle que quand elle l'a connu, deux ans auparavant, il lisait à grand peine quelques syllabes et quelques petites phrases uniquement. Sa compréhension d'un texte écrit n'atteignait pas le niveau de fin de CP. Fred et elle insiste sur le fait que, pour Quentin et les autres enfants dans son cas, la lecture est un effort permanent.
La discussion s’achève avec les trois personnes filmées dans le bureau depuis une fenêtre extérieure en plan moyen : on s’éloigne d'eux, c’est la fin de cette séquence et de tout le chapitre sur la dyslexie. (14:20)

3. La dyspraxie, "je suis maladroit"

Mise en place du sujet
Une petite fille, Manon (9 ans) et son père qui reviennent peut-être de l'école rencontrent Fred. Ce dernier serre la main du papa et fait la bise à la petite fille tandis que la caméra s’abaisse avec lui. Cela permet au téléspectateur de poser son regard au bon moment sur les bonnes personnes.
La p'tite voix donne une définition de la dyspraxie : c'est un défaut de coordination des gestes. Il toucherait 5 % des enfants.

La vie quotidienne d’une petite fille dyspraxique
Une fois que Fred, Manon et son père sont installés dans le confortable salon de la famille, l'animateur demande à la fillette sa propre définition de la dyspraxie. Elle répond : "c'est les mains surtout, l'écriture et les gestes." Elle explique, geste à l'appui, que si elle n'est pas attentive en permanence, elle risque de se cogner à chaque instant et de se faire mal. Cette nécessité constante de rester concentrée et attentive est très fatigante pour elle. Allongée sur un canapé en arrière plan, une fille plus âgée (la sœur de Manon ?) lit un livre de poche.
Fred demande ensuite une explication au père de Manon. Ce dernier donne des exemples de gestes quotidien qui posent problème à sa fille : enfiler des chaussettes, se brosser les dents et, en définitive, tous les gestes fins de la vie courante. Pendant qu'il parle, un plan sur la main droite de Manon en train d'écrire montre qu'elle tient son crayon à trois doigts et écrit de grosses lettres légèrement anguleuses. Fred désigne un cahier avec un exercice d'association entre des objets. Le processus d'association lui-même n'a pas posé de problème à Manon mais on voit bien qu'elle a eu beaucoup de mal à tracer les traits qui devaient relier les objets.
La dyspraxie de Manon a été diagnostiquée quand elle avait 4 ans et son père raconte qu'ils ont d'abord répondu à ce diagnostic par le déni, d'autant plus qu'il ne leur a pas été expliqué. Une petite musique de fond accompagne la fin de séquence en même temps que la voix du père diminue.
Une courte séquence de jeu de ballon dans le jardin permet au téléspectateur de constater la maladresse de Manon quand elle veut attraper ou lancer le ballon. En guise de transition, Fred demande à Manon de lancer le ballon en direction de la caméra. (16:27)

Jamy explique la dyspraxie
Jamy part du bout du hall où est installé son matériel et s'avance vers la caméra en tenant un ballon identique à celui que Manon a lancé. Ce raccord donne l'illusion qu'il a effectivement attrapé le ballon de la fillette. Il reprend l'énumération commencée précédemment par le père de Manon concernant les actions très quotidiennes qui sont difficiles à réaliser quand on présente une dyspraxie : "Lancer un ballon, enfiler une paire de chaussettes, verser de l'eau dans un verre, découper sa viande, ranger un livre." Tous ces gestes complexes nécessitent "l'intervention ordonnée de plusieurs zones du cerveau et une répartition des tâches digne d'un équipage de voilier". Le modèle d'une tête avec cerveau apparent est de nouveau incrusté à côté de Jamy. Les différentes aires du cerveau se colorent au fur et à mesure que Jamy les désigne et explique leur rôle dans la réalisation d'un geste complexe en filant la métaphore de l'équipage d'un voilier :
1. Le lobe frontal (le poste de commande) fixe l'objectif (comme lancer un ballon).
2. Des "vigies" dans le lobe pariétal informent le lobe frontal de la position du corps et des membres dans l'espace, ainsi que de la position de la cible.
3. Le lobe frontal envoie ses ordres à ses "seconds" dans la zone pariétale. Ces derniers choisissent les muscles à mettre en jeu pour lancer le ballon.
4. L'ordre passe par des quartiers-maîtres (les ganglions de la base et le cervelet) qui déterminent avec précision la position du bras, la durée de la flexion, la vivacité du geste. 5. L'ordre revient aux matelots (lobe pariétal) qui l'envoie aux différents muscles par l'intermédiaire de la moelle épinière pour que l'avant-bras et le bras entrent en action tandis que le reste du corps ajuste sa position et reste en équilibre.
Jamy lance le ballon vers la caméra et conclut en disant qu'un minuscule grain de sable suffit à perturber ce mécanisme et que c'est ça, la dyspraxie.

La dyspraxie de Manon au quotidien
Fred est assis à table avec Manon, son père et sa sœur. Ils partagent un goûter. Manon saisit la bouteille de lait qui est presque pleine pour se servir sous l’œil attentif de Fred. Sa main tremble mais elle ne renverse pas. Son père lui indique le moment où il faut qu'elle s'arrête de verser. En effet, il ne suffit pas de programmer la réalisation d'un geste comme Jamy vient de l'expliquer, il faut aussi prévoir son arrêt. Manon boit mais du lait coule à côté de sa bouche. Son père explique qu'une rééducation partielle est possible, sans donner de détail à ce sujet, mais qu'il faut surtout développer des stratégies : utiliser un set de table anti-dérapant, une assiette creuse, choisir des pantalons à taille élastique, des chaussures à scratch, accrocher un pom-pom à la fermeture éclair de sa veste, etc. Pendant qu'il parle, il éloigne le verre de lait de Manon du bord de la table car elle s'est levée sur sa chaise et risque de la renverser. Tous ces ajustements rendent la fillette plus autonome.
La séquence se termine par une balade à vélo. Manon possède un grand tricycle. Cette autre adaptation à ses capacités lui procure manifestement beaucoup de plaisir. Petit détail amusant : elle transporte ses peluches à l'arrière de son tricycle. Les trois cyclistes s'éloignent, dos à la caméra, et l'image devient floue. (19:49)

4. Grandir avec une "dys"

Manon entre dans une salle de classe en tenant la main de son père. Elle s'installe et son père allume pour elle un ordinateur portable. Elle est scolarisée dans une école ordinaire. Comme d'autres enfants dyspraxiques, elle bénéficie de certains aménagements (ordinateur et/ou temps supplémentaire) en vertu du Projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour éviter de se retrouver en échec scolaire et en grande souffrance psychologique. On voit Manon au travail sur son ordinateur et l’institutrice qui passe la voir s'exclame "très bien !" Elle va chercher l'exercice qu'elle vient d'imprimer et le range dans une bannette, ce qui illustre son autonomie dans la classe. (20:20)

Retour à l’école CERENE
Des enfants avancent en rang à la fin d'une récréation. On reconnaît certains des élèves de l'école CERENE présentés en début d'émission. Fred les suit en expliquant que les enfants qui présentent des troubles trop handicapants peuvent être scolarisés dans une école spécialisée. Ensuite, il donne des précisions sur l'école CERENE qu'il a visitée en début d'émission. Elle a été créée en 2010 (soit deux ans avant la diffusion de l'émission, ce qui signifie qu'elle a été tournée quasiment dans la première année de fonctionnement de l'école). Les élèves y passent entre un et quatre ans pour reprendre confiance en eux avant de retourner en classe ordinaire. Zoom sur l’entrée de l'école qui a déjà été montrée en tout début d'émission.
Plan rapide sur Doriane qui saisit un casque audio rose puis plan plus large dans une petite salle de classe aux murs nus. L'enseignante explique à Fred qu'il s'agit de ne pas déconcentrer les enfants. Ensuite, elle indique qu'un dispositif pédagogique particulier est créée pour chaque enfant en fonction de ses difficultés et besoins spécifiques. Par exemple, Doriane (voir plus haut) a besoin de l'ordinateur pour la reconnaissance vocale. C'est l'ordinateur qui lui lit les consignes et les phrases de son exercice. De même, pour les enfants qui ont du mal à écrire (dysgraphie), l'utilisation d'un clavier est plus facile. Le principe est toujours de contourner le handicap pour favoriser les apprentissages malgré tout.
Pendant toute cette séquence, la caméra fait des allers-retours entre les outils (casques, ordinateurs) et les visages concentrés des enfants pour illustrer cette pédagogie basée sur l’adaptation à chaque élève. (21:59)

Jamy explique le concept de "jauge d’attention"
Jamy est toujours dans le hall du NeuroSpin mais on voit à travers les parois vitrées que la nuit est tombée. En incrustation sur l'image, deux garçons semblent faire leurs devoirs (les silhouettes sont l'image en miroir l'une de l'autre, seule la couleur de leur tee-shirt change).
Jamy explique que les aménagements qui sont faits visent à soulager l'enfant de certaines tâches qui accaparent son attention. Il s'approche de l'enfant au tee-shirt bleu à gauche duquel apparaît une jauge d'attention dont le niveau s'élève plus ou moins en fonction de la tâche réalisée par l'élève. Les tâches (telle l'écriture) qui sont devenues automatique ne demandent plus que peu d'attention à l'enfant qui peut se concentrer sur d'autres consignes simultanées.
Ensuite, Jamy s'approche de la silhouette au tee-shirt rouge qui représente un enfant dyspraxique. Le tracé des lettres requiert toute son attention, ce qui l'empêche de se concentrer sur une consigne supplémentaire. Jamy renforce cette explication par une comparaison : "C'est un petit peu comme si on vous demandait de chanter la Marseillaise et, en même temps, de faire une multiplication à trois chiffres. Essayez ! Vous verrez, c'est impossible." Il donne ensuite des exemples d'outils qui peuvent aider les enfants dys : un ordinateur portable pour ceux qui ont du mal à tracer les lettres ou peinent en orthographe, et une calculatrice à ceux qui ont du mal à calculer car, précise-t-il, ils "ont une intelligence tout à fait normale". (23:50)

Parcours de réussite : Chloé, adulte et dyslexique
Dans un parc, Fred s'avance vers la caméra. Il propose une ouverture optimiste sur l'avenir : "(...) un enfant qui souffre d'un trouble dys ne s'en séparera jamais. Mais s'il bénéficie d'un bon encadrement, s'il accepte son handicap et s'il arrive à le contourner, il pourra parfaitement bien réussir ses études et trouver un travail qui lui plaît." Fred a rendez-vous dans un café avec Chloé, jeune adulte dyslexique qui travaille dans une agence immobilière. Chloé explique qu'au départ, elle a mal pris le diagnostic de dyslexie parce que cela la rendait différente des autres. Elle a raté son bac une première fois puis l'a réussi après l'avoir passé en candidate libre. Cette réussite l'a aidée à la fois à accepter son handicap et se dire qu'elle y arrivait quand même. Sans donner davantage de détails, elle explique que sa responsable RH s'est engagée à lui donner les outils dont elle a besoin pour mener à bien ses missions. Son conseil aux enfants porteurs de troubles dys est de ne pas baisser les bras et de s'appuyer sur leurs forces : voir et interpréter les choses différemment. (25:35)

Générique de fin

La moitié droite de l’image est occupée par un cadre qui contient le générique. L’autre moitié de l’image montre en gros plan le visage souriant ou serein de chacun des témoins porteurs d'un trouble dys avec qui Fred a eu un échange : Chloé (23 ans, dyslexique), Quentin (12 ans et demi, dyslexique), Manon (9 ans, dyspraxique), Doriane (10 ans), quelques garçons anonymes, et Baptiste (élève de CM1, dysphasie expressive). Le documentaire s’achève sur un gros plan sur la feuille de Manon en train d'écrire c’est pas sorcier.
L’ensemble de ce générique est accompagné de l'emblématique musique de l’émission.

Références et documents externes

19e journée nationale des Dys, Fédération française des Dys. (Consulté le 27 février 2026).
Au coeur du CEA de Saclay / Épisode 2 : Iseult, le super aimant qui va aider à mieux comprendre le cerveau humain, Le Républicain de l'Essonne, 29 décembre 2020.
Fédération française des Dys (Consulté le 27 février 2026.)
PPS : Projet personnalisé de scolarisation, Mon Parcours handicap, République française. (Consulté le 26 février 2026.)
Troubles dys : journée nationale de sensibilisation le 11 octobre 2025, Mon Parcours handicap, République française. (Consulté le 27 février 2026.)
Ajuriaguerra de, Julian (et al.), L'écriture de l'enfant (2 volumes), Paris, Delachaux et Niestlé, 1964.
Chagnon, Jean-Yves (dir.), Approche clinique des troubles instrumentaux (dysphasie, dyslexie, dyspraxie), Malakoff, Dunod, 2018.
Charles, M. Soppelsa, R., Albaret, J.-M., BHK enfant - Échelle d'évaluation rapide de l'écriture chez l'enfant du CP au CM2. Aide à la mise en évidence précoce de la dysgraphie chez l'enfant (Adaptation française). Pearson Clinical, 2004.
Glasel, Hervé, Une école sans échec. L'enfant en difficulté et les sciences cognitives. Paris, Odile Jacob, 2013.
Glasel, Hervé, Mazeau, Michèle, Conduite du bilan neuropsychologique chez l'enfant, Elsevier Masson, 2017.
Lange, Robin, Première mondiale ; le cerveau dévoilé comme jamais grâce à l'IRM le plus puissant du monde, 2 avril 2024. (Consulté le 25.02.2026.)
Mazeau, Michèle, Pouhet, Alain, Plois Maes Emmanuelle, Neuropsychologie et troubles de l'apprentissage chez l'enfant, 3e édition, Elsevier Masson, 2021.

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Emma Defer, Laurine Girou, Louise Guillebert, Jasmine Hervé, Clément Kandel, Élisabeth Fischer