Dans le jardin (1980)
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Sommaire
Générique principal
"Ministère de la santé - Comité d'Education pour la santé".
Contenus
Sujet
Promotion de l'APS (Activité Physique et Sportive) pour prévenir les MCV (maladies cardio-vasculaires).
Genre dominant
Résumé
Pique-nique entre amis dans un jardin. Autour de la table, les adultes unis dans une même fatigue d'avoir trop bu, trop fumé, trop mangé, et de na pas avoir assez bougé. Un enfant les observe avec consternation. Il propose au chien qui l'accompagne de l'emmener en vélo dans les bois. "On peut venir avec vous?", lui demande un des convives. L'initiative de l'enfant mobilise finalement tous les adultes : chacun a pris un vélo pour suivre l'enfant.
Contexte
La promotion des APS contre les MCV : émergence d'une cause
Dès 1960, la sphère de l’éducation à la santé, par l’intermédiaire du CNESDS (Centre National d’Éducation Sanitaire Démographique et Sociale, ancêtre du CFES), fait de la prévention des maladies chroniques et notamment des affections cardiovasculaires un de ses objectifs prioritaires. Son organe de diffusion, la revue La santé de l’Homme multiplie ainsi dès les années 1960 et de manière exponentielle le nombre d’articles et numéros spéciaux, amenant à considérer une prévalence importante d’un certain nombre de maladies dites de « civilisation », c’est-à-dire liées au style de vie moderne, dont l’ensemble des pathologies cardiaques sont les plus manifestes, et qui en 1964 représentent 44 % de l’ensemble des causes de décès en France (Aujoulat, 1964). Ce chiffre ne fera que progresser amenant, entre autres, les membres de l’Académie de médecine à porter ce problème sur le devant de la scène et faire pression auprès des pouvoirs publics afin de voir ces pathologies, notamment l’athérosclérose, reconnues comme un véritable « problème public » nécessitant une attention prioritaire de l’État. L’argumentaire s’appuie ainsi sur une montée statistique des taux de mortalité et de morbidité mais également sur des préoccupations économiques dans la mesure où ces affections impactent la collectivité par un coût important. Ainsi, la lutte contre les affections cardiovasculaires est définitivement mise à l’agenda politique français à partir de 1970 dans les principales options du sixième plan de Santé (Journal officiel du 10 juillet 1970). Au niveau international, l’OMS fait par exemple de l’année 1972 « l’année du cœur ». Le CNESDS puis le CFES s'appuient sur les études statistiques opérées aux Etats-Unis (US Public Health Service - USPHS) et en Europe pour mettre en avant le rôle néfaste de certains facteurs quant à la probabilité de développer l’athérosclérose : le tabac, l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, la sédentarité… C’est en s’appuyant sur le cadrage du problème des MCV sur la base d’un paradigme épidémiologique en termes de facteurs de risque, que la sphère médicale construit, tout en se l’appropriant, l’idée selon laquelle la pratique des AP est indispensable pour lutter contre ces maladies.
Les recommandations, les campagnes préventives
Dans l’espace que représente le domaine du sport-santé naissant au début des années 1970, un protagoniste, la FFC, va devenir omniprésent et s’installer comme l’acteur central et légitime portant cette cause. Les médecins-cardiologues imposent un discours qui tend à faire une distinction entre le sport entendu comme activité de compétition où « le dépassement de soi » est recherché et l’AP, où « la juste mesure » fait référence. Sur la base de ce paradigme de la modération, les médecins-cardiologues recommandent de manière unanime des efforts « d’endurance » (exercices longs et peu intenses par opposition aux efforts dits de « résistance » dont les exercices sont brefs et intensifs), susceptibles d’avoir un rôle préventif quant aux MCV. Certaines activités dites « d’endurance » ou « d’entretien » vont alors être particulièrement recommandées (marche, vélo, natation, course, jogging, ski de fond) à la fois chez l’enfant et l’adulte. Par ailleurs, que ce soit en prévention primaire et surtout en prévention tertiaire, la gymnastique d’entretien est très valorisée notamment pour les patients atteints de maladies coronariennes en réadaptation. De plus, des recommandations en termes de durée et de fréquence d’exercice sont également délivrées par la FFC. Par exemple, dans le « Guide du cœur et de l’effort physique », il est recommandé de pratiquer trois fois par semaine pendant des séances de trente minutes en recherchant des efforts en endurance. Ce discours à orientation médicale va être très largement diffusé dans l’espace public, les cardiologues s’imposant alors comme une corporation centrale concernant cette thématique à partir du milieu des années 1970 multipliant dans cette perspective les campagnes visant la promotion de l’APS auprès du grand public comme la semaine du cœur en 1974 ou les parcours du cœur en 1976. S’associant au secrétariat d’État à la Santé et au ministère du temps libre, de la jeunesse et des sports ainsi qu’au CFES, la FFC va également produire en 1985 la brochure « Sport-Cœur-Santé » largement diffusée et en collaboration avec le CFES, lancer en 1985 la campagne d’information sur les MCV « Bouge ton cœur » pour notamment véhiculer l’utilisation de l’APS comme facteur de santé publique (Cf. La santé de l’Homme, n° 259, 1985).
D'après : Favier-Ambrosini, B. (2016). Socio-histoire du lien entre activité physique et santé de 1960 à 1980. Santé Publique, S1(HS), 13-24. https://doi.org/10.3917/spub.160.0013.
Éléments structurants du film
- Images de reportage : Non.
- Images en plateau : Non.
- Images d'archives : Non.
- Séquences d'animation : Non.
- Cartons : Non.
- Animateur : Non.
- Voix off : Oui.
- Interview : Non.
- Musique et bruitages : Oui.
- Images communes avec d'autres films : Non.
Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?
Les saynètes de la campagne mettent en scène un enfant, "Pierrot la forme" (ainsi qu'il est désigné par l'inscription sur son sweat-shirt). Celui-ci observe la façon dont les adultes qui l'entourent sont tantôt enclins à négliger leur santé par un comportement sédentaire et par des excès d'alcool, de tabac, de médicaments et d'alimentation non diététique, tantôt soucieux, par la pratique du sport et le choix de la sobriété, de maintenir leur forme et prévenir les maladies auxquelles ils sont exposés. Que le point de vue soit celui de l'enfant permet de le poser en tiers entre l'instance qui produit le message et le public qui en est le destinataire. L'enfant, symbole de l'avenir, dresse au quotidien, par le regard qu'il pose sur son entourage adulte, l'inventaire des bonnes et mauvaises en conduites en matière de santé. Lui-même, par sa pratique de la course ou du vélo, se pose comme un adepte des APS (Activités Physiques et Sportives).
Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?
Pas de représentation.
Diffusion et réception
Où le film est-il projeté ?
Télévision
Communications et événements associés au film
Public
Tout public
Audience
Descriptif libre
Plan général sur un garçon dans un coin de nature, assis sur son vélo, adossé à un arbre. Un chien est dans le panier attaché à son porte bagages. L'enfant s'adresse à lui : "Quel dimanche mon Kitty!" Panoramique qui part de l'enfant pour rejoindre un groupe d'adultes réunis autour d'une table dressée dans un jardin. Voix de l'enfant en off : "Regarde-les! Ramolli- ramollo..." Zoom sur les visages des convives qui soupirent, somnolent, exprimant ennui et mal-être physique. "Et on boit, et on mange, et on fume, et on tousse bien sûr!" Gros plan sur les mots "Pierrot la forme" écrits sur le sweat shirt de l'enfant. Panoramique vertical pour atteindre son visage jovial alors qu'il continue de s'adresser au chien : "Pour nous, ça va, hein? Pas d'excès!" Gros plan sur l'un des convives qui fumait une cigarette : à présent, il s'éponge le front, en proie à un malaise. Plan large sur la tablée, avec au premier plan, un landau orienté vers elle. Retour sur Pierrot la forme qui démarre sa bicyclette : "Allez Kiki, nous on va bouger un peu!" Contrechamp sur l'homme qui fumait. Il interpelle Pierrot d'un air inquiet : "Dis, on peut venir avec vous?" Les rôles se sont inversés : l'enfant donne l'exemple, les adultes lui demandent s'ils peuvent le suivre. Voix de femme en off : "Et oui, votre santé dépend aussi de vous". La phrase s'affiche en lettres blanches au bas du champ. Musique entraînante, dernier plan dans la forêt : guidé par Pierrot, les adultes font une balade à vélo dans la forêt. Au bas du champ, intervention graphique : "Ministère de la santé - Comité d'Education pour la santé".
Références et documents externes
Contributeurs
- Auteurs de la fiche : Joël Danet

