Dance, little children (1961)

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Dance, little children

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Title Dance, little children
Year of production 1961
Country of production États-Unis
Director(s) Herk Harvey
Actor(s) Leonard Belove
Maurice Copeland
Herk Harvey
Duration 24 minutes
Format Parlant - Couleur - 35 mm
Original language(s) English
Subtitles and transcription EnglishFrench
Production companies Centron corporation
Commissioning body Kansas State Board of HealthU.S. Public Health Service
Archive holder(s) National Library of Medicine

Main credits

(français)
Générique de fin


Producteurs : Russell A. Mosser et Arthur H. Wolf

Scénariste : Margaret Travis

Directeur de la photographie : Norman Stuewe

Monteur : Chuck Lacey

Content

Medical themes

Theme

(français)
Présentation de la procédure de recherche de contacts lors d'une épidémie de syphilis

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Une épidémie de syphilis se déclenche dans la population adolescente d’une petite ville fictionnelle des États-Unis. L’ampleur de l’épidémie est telle que le service de santé local n’y suffit pas et fait appel au Département de santé de l’état. Un délégué du Département est dépêché sur place pour interroger tous les jeunes contaminés et essayer de retrouver tous leurs partenaires sexuels dans l’objectif d’enrayer l’épidémie.

Context

(français)
Contexte médical : Aux États-Unis, à la fin des années 1940 et jusqu'au milieu des années 1950, le nombre de personnes chez qui la syphilis est diagnostiquée baisse considérablement, suite à l’introduction de la pénicilline et la mise en place de programmes de dépistage de grande ampleur (dépistage systématique avant le mariage, pendant la grossesse, avant une embauche, chez les donneurs de sang, les personnes hospitalisées ou incarcérées et les immigrants). Les chiffres atteignent un minimum historique en 1955, si bien que l'on imagine que la syphilis est en voie d'éradication et que les mesures mises en place sont partiellement levées car les crédits fédéraux diminuent. Dans les années 1960, le nombre de personnes contaminées remonte rapidement. (Source :Green T., Talbot M. D., Morson R. S., The control of syphilis, a contemporary problem: a historical perspective, BMJ Sexually Transmitted Infections, 2001, 77:214-217, consulté le 4 décembre 2017).
Contexte social : Ce film a été tourné quelques années avant le début du mouvement de libération sexuelle (milieu des années 1960). L’évocation de la sexualité (a fortiori la sexualité des adolescents) dans un film utilitaire s’adressant à un public tout-venant est encore particulièrement taboue. Le fait que le sujet soit abordé ici malgré tout montre combien il a de l’importance pour le commanditaire (en l’occurrence, le Kansas Board of Health et le US Public Health Service).

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Ce film joue beaucoup sur les émotions suscitées chez le spectateur. La petite jeune fille timide qui n’a pas su se refuser au jeune homme riche dont elle est éperdument amoureuse éveille la pitié, le jeune Dom Juan arrogant dont elle est victime, la colère. Les jeunes et les parents reçus par le délégué régional déploient une gamme d’émotions et de comportements si large (honte, effroi, fierté, fanfaronnade, dénégation, etc.) que chaque spectateur doit pouvoir s’identifier à au moins l’un d’entre eux. Quant aux délégués régionaux du Département de santé de l’état, ils sont présentés comme des personnages à la fois si sérieux, minutieux, compréhensifs et bienveillants qu’il semble qu’on ne puisse que leur faire confiance et soutenir leur travail (c’est-à-dire accepter de collaborer avec eux si la situation devait se présenter).

Un soin particulier a été apporté à l'apparence physique des personnages féminins importants de ce film. Lynn Corwin est vêtue d'une robe droite et élégante qui descend sous le genou. Son tissu est foncé et son décolleté est sage. Lynn porte un collier de perles et pas une mèche de sa coiffure ne bouge. Ces différents éléments signalent une jeune fille sage et bien éduquée. Elle est à la fois une victime innocente et la preuve que même une jeune fille convenable peut attraper la syphilis.

La jeune fille que Hal Grover rencontre "dans une autre ville de l'état" (6') et dont le film sous-entend que c'est elle qui lui transmet la syphilis, porte un chemisier rouge (une couleur qui évoque la prostitution ?) et un pantalon à grands carreaux dont les lignes claires soulignent ses formes. Ses cheveux mi-longs sont lâchés et volent au vent. La féminité qu'elle dégage est très différente de celle de Lynn. Elle est perçue comme plus libre, moins retenue, plus provocante. Ces éléments la désignent comme quelqu'un qui a de mauvaises mœurs et par qui il n'arrivera rien de bon. Enfin, la jeune fille anonyme que John Camp essaie d'identifier (17'40) a la particularité d'être très grande et d'avoir les épaules larges et carrées, ce qui ne semble pas correspondre à l'idéal "classique" de la féminité (femme plus petite que l'homme, svelte et avec des formes arrondies). Un projecteur doit être braqué sur elle car les boutons de son chemisier brillent. Cela a pour effet de rendre son chemisier blanc légèrement fluorescent et de faire apparaître autour d'elle une sorte de halo qui lui donne un air un peu malfaisant. En plus de ce message tacite transmis visuellement, elle est désignée par la voix off comme "une source potentielle de syphilis" (a potential source of syphilis).

How are health and medicine portrayed?

(français)
Contrairement aux films de prévention des infections sexuellement transmissibles, Dance, little children reste vague sur les symptômes de la syphilis, même si certaines de ces conséquences à long terme sont évoquées, notamment celles qui affectent des "victimes innocentes" (les bébés de mères syphilitiques). En outre, il ne donne absolument aucune consigne de prévention (ou alors seulement en creux si l’on imagine que le spectateur prenne les réactions de certains personnages comme des exemples de ce qu’il ne faut pas faire). Il n'évoque pas non plus les modalités de traitement de la maladie.
Ce film est davantage un film de présentation et d’information sur l’efficacité du procédé de contact tracing (recherche de contact) et sur le dévouement et le sérieux des délégués régionaux des Départements de la Santé des États américains pour éradiquer une épidémie de syphilis.

Le délégué régional du Département de santé est le héros (presque le super-héros !) auquel on fait appel lorsque le service de santé local est dépassé par l'épidémie de syphilis. Il est attendu avec impatience et les membres du service de santé local poussent un soupir de soulagement en le voyant arriver. C'est quelqu'un de sérieux, consciencieux, minutieux, persévérant et méthodique qui ne recule devant aucune difficulté. Il sait s'y prendre avec les adolescents et leurs parents pour obtenir les informations dont il a besoin. Si sa mission n'est pas entièrement couronnée de succès, ce n'est pas en raison d'une défaillance de sa part mais parce que "quelqu'un a été oublié" (one who was forgotten).

Néanmoins, on relèvera que le contact tracing n’est pas expliqué jusqu’au bout puisque le film ne mentionne jamais ce que les délégués régionaux vont faire des noms des partenaires sexuels des jeunes qu’ils ont vus en entretien. Que va-t-il arriver aux personnes dont les noms ont été donnés ? Vont-elles être convoquées à leur tour pour un entretien ? Leur entourage sera-t-il mis au courant ? Va-t-on leur proposer des examens ou un traitement ? C'est là l'un des points faibles de ce film. Le flou et l'incertitude qui subsistent pourraient remettre en cause la collaboration éventuelle de certains spectateurs s'ils étaient contactés par un délégué régional chargé de faire du contact tracing.
Les médecins sont présentés avant tout comme des professionnels qui accomplissent leur devoir, notamment en signalant au Service local de santé les cas de syphilis qu'ils diagnostiquent, comme la loi les y oblige, et ceci malgré les pressions ou les reproches éventuels des notables locaux (ici, le père d'Hal Grover) qui veulent préserver la réputation de leur famille.

Les médecins sont également présentés non pas comme des blocs de savoir monolithiques et froids mais comme des personnages très humains : "Dr Sam", aveuglé par de fausses représentations sur sa patiente, commence par se tromper de diagnostic (ce qui peut être mis en lien avec le surnom de "grande dissimulatrice" qui désigne parfois la syphilis). Cependant, après un temps de réflexion et une plongée dans ses livres, il reprend ses esprits, envisage le bon diagnostic et rappelle la patiente pour prendre les mesures nécessaires. Quant au médecin de famille des Grover, bien qu’il subisse les foudres du père de Hal et soit obligé de lui rappeler la loi, il fait ensuite preuve de compréhension et de bon sens devant son désarroi.

On remarquera la présence d'une infirmière dans le bureau du Service de santé local mais elle ne dit pas un mot (c'est le responsable du service qui donne son nom et explique qu'elle a d'autres tâches à accomplir que de retrouver tous les partenaires sexuels des personnes malades). L'infirmière en question a l'air particulièrement mal à l'aise ou peut-être est-ce simplement la personne qui joue ce rôle qui ne sait pas quelle contenance adopter ?

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
L’oie blanche
Ext. nuit. Un jeune homme, Hal Grover, raccompagne chez elle une jeune fille, Lynn Corwin. Ils s’embrassent mais on sent une gêne entre eux. Hal fait un compliment maladroit à Lynn (You’re alright/Tu es une chic fille). Il reste très vague sur la date de leur prochain rendez-vous.
Lynn rentre chez elle. Sa mère est restée debout à l’attendre. Pendant tout leur échange, Lynn essaie de cacher son désarroi et de raconter sa soirée avec entrain. Le spectateur comprend que la famille de Lynn est plus modeste que celle d’Hal (la mère d’Hal fait faire ses vêtements sur mesure par Mme Corwin). Lynn remercie sa mère de lui avoir cousu une robe élégante grâce à laquelle elle est certaine d’avoir d’impressionné Hal (ou bien essaie-t-elle de s’en convaincre ?). Sa mère lui répond qu’alors cette dépense en valait la peine. Cette réponse met le spectateur de 2018 mal à l’aise car elle sonne comme la réflexion de quelqu’un qui se féliciterait d’avoir fait un bon investissement (en l’occurrence, cette dépense aura permis d’attirer un bon parti). Elle transforme Lynn en objet.
Une voix off évoque un prix à payer bien plus élevé que celui de la robe elle-même. (3'58)
C'est la faute à l’érotisme ambiant
Succession rapide de plans montrant des publicités pour de la lingerie et du parfum, des couvertures de romans de gare, des magazines de charme et des magazines féminins, des affiches de cinéma où des couples s’embrassent ainsi que des photos plus ou moins suggestives d’actrices (dont Brigitte Bardot). Musique forte et très rythmée voire trépidante. La voix off condamne le culte que la société voue au sex appeal « comme si c’était l’essence de la personnalité ». D’après ce commentaire, les jeunes ne font que reproduire dans leur comportement ce qu’ils voient en permanence tout autour d’eux.
Alors qu’en tout début de film, la musique était instrumentale (et très proche de la musique d’ambiance d’un épisode de série américaine de la même époque), quelqu’un met en marche un jukebox Seeburg HF 100G qui diffuse une chanson de style rockabilly, Dance little children. Alternance de plans sur le bassin de jeunes filles en train de danser le twist (qui vient juste d’apparaître au moment où ce film sort), sur des jeunes gens en train de se réjouir de ce spectacle et sur des couples. (5'30)
La fille par qui la syphilis arrive
Ext. jour. Hal et ses deux copains vont voir des courses de dragsters dans une autre partie de l’État. Ils se déplacent dans la voiture de sport d’Hal, une Chevrolet Impala rouge, signe à la fois de l’aisance financière de sa famille et de l’envie de sa génération de vivre à 100 à l’heure. Après les courses, ils vont s’amuser en ville. Le « divertissement » se présente sous la forme d’une jeune fille qui porte un pantalon à grands carreaux particulièrement voyant et qui marche nonchalamment dans la rue. Ils l’abordent, elle monte en voiture avec eux.
Ext. nuit. Les copains d’Hal, le collectionneur de conquêtes féminines, l’attendent dans sa voiture devant la chambre de motel où il se trouve avec la jeune fille. Finalement, elle s’en va. L’un des copains d’Hal s’étonne qu’il ne la raccompagne pas. Hal répond qu’elle n’habite pas loin et que de toute façon, ses parents lui interdisent de fréquenter des garçons. Cette réponse déclenche l’hilarité des trois compagnons. Plan sur la jeune fille de dos qui s’éloigne d’une démarche nonchalante. (7'55)
Épidémie de syphilis à Oakdale
Discussion entre l’un des médecins d’Oakdale et le responsable du service de santé local en présence de l’infirmière du service. Le médecin et ses confrères ont signalé l’apparition soudaine de plusieurs cas de syphilis. Une épidémie vient de commencer chez les adolescents entre 12 et 19 ans. Comme ce petit service de santé n’a pas les moyens de s’en occuper, ils ont fait appel au Service de santé de l’État qui leur envoie un délégué régional formé à ce genre de situation : John Camp.(9'24)
De fausses représentations aveuglent le médecin
Le Dr Sam Holdeene reçoit en consultation Lynn qu’il connaît depuis toujours. Elle se plaint d’une éruption cutanée sur tout le corps. Après l’avoir examinée, il conclut à une allergie alimentaire et lui prescrit un traitement. Lynn s’en va.
Gros plan sur le visage soucieux du médecin. La voix off se confond avec une voix intérieure qui lui suggère qu’il s’agit peut-être de la syphilis. Sam n’arrive pas à croire que quelqu’un comme Lynn pourrait attraper une maladie vénérienne. Est-ce parce qu’il imagine qu’une jeune fille aussi bien élevée que Lynn ne pourrait pas avoir de relations sexuelles hors mariage ?
Néanmoins, le médecin étant un homme de science, il fait fi de ses émotions et consulte un livre sur la syphilis. Ses conclusions tirées, il téléphone à Lynn pour lui demander de revenir le voir. Entre temps, la voix off a mentionné les ravages de la syphilis, affirmé clairement qu'elle se soigne et insisté sur la nécessité de soigner Lynn. (12'55)
Le contact tracing :
John Camp reçoit des jeunes gens et jeunes filles chez qui les médecins d’Oakdale ont diagnostiqué la syphilis. Il leur demande à tous le nom de tous leur partenaires sexuels (avec l’accord de leur médecin traitant mais en dehors de la présence de leurs parents car l’entretien est confidentiel).
La plupart des parents réagissent de façon véhémente. Un père désavoue sa fille. Les termes qu’il emploie (You’re welcome to her, « Je vous la laisse ») suggèrent même qu’il autorise John Camp à avoir des relations sexuelles avec elle. Une mère accuse les cours d’éducation sexuelle d’avoir éveillé la curiosité de son fils pour ces « saletés » (filthy things) et d’être ainsi à l’origine de sa maladie. Un autre père se dit surpris que son fils ait eu le courage d’avoir des relations sexuelles. Il est manifestement fier de ses exploits mais utilise un terme particulièrement méprisant voire grossier pour le désigner (pantywaist, qui désigne un short boutonné à la taille pour petit garçon, et par extension un lâche, ou panty waste, qui désigne un dépôt de sécrétions vaginales dans un sous-vêtement féminin et a le même sens figuré que son homophone). Il précise cependant qu’il ne sermonnera pas son fils parce que c’est à l’Église de le faire. Cette réflexion sous-entend que pour ce père, l’abstinence est la seule façon d’éviter la syphilis. Le film ne fait jamais référence ni même allusion au préservatif.
D’autres parents sont convaincus que ce n’est pas la faute de leur fils s’il est tombé malade. La dernière mère dit le contraire.
De façon générale, les réflexions de tous les parents mettent en évidence à la fois une grande raideur, un grand désarroi, une absence totale de communication entre parents et enfants et une totale ignorance de la part des parents, de ce que vivent leurs enfants. Si, comme on peut le supposer, ce film était destiné à des parents d’adolescents, il est possible que cette séquence ait été conçue comme un miroir visant à faire prendre conscience aux spectateurs de l’impact de la rigidité de leurs propres attitudes sur le comportement de leurs enfants. Cette stratégie a-t-elle porté ces fruits ? Elle peut aussi bien avoir conforté certains parents dans les fausses représentations qu’ils avaient de leurs enfants.
Les réactions tout aussi diverses des adolescents et adolescentes reçus par John Camp (honte, défiance, agressivité, indifférence apparente, tentative « chevaleresque » de protéger l’honneur de sa partenaire en refusant de donner son nom, etc.) sont aussi l’occasion pour le film de dissiper quelques idées fausses et de faire passer quelques messages. Exemples : La syphilis ne s’attrape pas sur le siège des toilettes mais par un rapport sexuel avec une personne contaminée ; Refuser de donner le nom de ses partenaires équivaut à les condamner à mort ; Le délégué régional agit pour le bien de la communauté et son unique objectif est de stopper la transmission de la maladie. (16'38)
La partenaire anonyme
Le film s’attarde sur une situation particulière : la relation d’un soir (a pick-up) avec une partenaire qui n’a pas donné son nom. John Camp sort de son bureau pour aller enquêter sur les lieux de la rencontre simplement muni d’une description très vague. Malgré cela et en dépit de la foule, il réussit à identifier cette « source potentielle de syphilis ». Pourquoi serait-elle davantage une source potentielle de syphilis que les autres personnes touchées par l’épidémie ? Le film ne le dit pas mais la grande taille de cette jeune fille, ses épaules carrés, son sourire énigmatique et la musique dramatique qui accompagne son apparition à l’écran lui donnent une allure vaguement malfaisante. Le film garde le silence sur ce que va faire John Camp après l’avoir si brillamment identifiée. Va-t-il aller lui parler ? Et si oui, que va-t-il lui dire ? Ce silence est l’un des points faibles du film. Le flou et l’incertitude qui planent ici pourrait faire douter le spectateur de la réponse à apporter s’il était contacté lors d’une procédure de contact tracing. (18'50)
La syphilis ne respecte pas les frontières
Autre complication : l’un des partenaires cité vit dans un autre État. John Camp alerte le Département de santé de cet autre État. C’est l’un de ses collègues qui va essayer de retrouver la trace du jeune homme. Comme celui-ci a déménagé, il doit faire une enquête de voisinage pour découvrir où il vit désormais. (Comment se présente-t-il aux voisins ? Comment explique-t-il pourquoi il recherche telle ou telle personne ?) Ses recherches sont couronnées de succès mais une fois encore, le film ne dit pas ce qu'il va faire après avoir obtenu les coordonnées de celui qu’il cherchait.
L’épidémie d’Oakdale s’étend à l’ensemble du pays et au-delà (Mexique). (18'58)
Colère et désarroi d’un père fortuné
Le père d’Hal Grover fait de vifs reproches à leur médecin de famille. Il lui reproche d’avoir enfreint le secret médical en signalant la maladie d’Hal au Département de santé et le menace de poursuites judiciaires. Le médecin lui rappelle que la loi l’oblige à signaler toutes les maladies vénériennes qu’il diagnostique. M. Grover exprime sa honte et celle de sa femme de façon véhémente. Cependant, il perd de sa superbe quand il explique qu’il a dit à Hal qu’il ne voulait plus le considérer comme son fils et qu’Hal lui a répondu qu’il ne l’avait jamais fait. (Violons.) M. Grover a pourtant satisfait tous les souhaits matériels de son fils depuis sa plus tendre enfance et s’est toujours montré financièrement très généreux avec lui. Que pourrait-il vouloir de plus ?
Le médecin hasarde une réponse : le comportement de Hal et ses multiples conquêtes féminines indiquent peut-être qu’il recherche quelqu’un qui se soucie de lui et l’aime. (21'05)
Bienveillance et compréhension de la part des parents aux revenus modestes
Le docteur Sam reçoit Lynn Corwin et ses parents. Il vient manifestement de leur annoncer le diagnostic. Mme Corwin essuie quelques larmes. M. Corwin irait bien donner une bonne raclée à Hal mais le médecin l’en dissuade. Lynn explique qu’elle est tout aussi fautive que le jeune homme, qu’elle a trahi la confiance de ses parents. Elle a accepté une relation sexuelle parce qu’elle voulait qu'Hal l’apprécie. Elle fond en larmes, sa mère la console, tandis que le docteur Sam discute avec M. Corwin (peut-être des modalités du traitement). On observe ici des comportements parentaux très stéréotypés en fonction du genre avec une mère qui exprime son émotion et répond à celle de sa fille tandis que le père réagit d’abord en protecteur (et vengeur de l’honneur de sa fille) puis en être rationnel concentré sur sa discussion avec le médecin.
La voix off explique que Lynn a plus de chance que les autres jeunes car ses parents à elle, sont compréhensifs. Elle guérira de la maladie physique mais peut-être pas de ses conséquences émotionnelles (Lesquelles ? Le regret d’avoir cédé à un Dom Juan ? La honte d’avoir perdu sa virginité avant le mariage ? La tristesse de ne pas avoir été aimée en retour ?) (22'11)
Coup de tonnerre final
Tous les malades vont être traités, l’épidémie de syphilis à Oakdale va s’arrêter. La tension retombe. Mais comme dans certains thrillers ou films d'horreur, il y a un coup de tonnerre à la toute dernière minute. Quelqu’un a été oublié. Plan de dos sur la jeune fille au pantalon à grands carreaux que Hal et ses copains avaient rencontrée le jour des courses de dragsters et qui s'éloigne de façon nonchalante suivie par un jeune homme irrésistiblement attiré. Le film se termine sur trois questions : Est-ce votre ville ? Est-ce votre fille ? Est-ce votre fils ? Reprise de la chanson Dance, little children.
Tout en ayant manifestement comme objectif de présenter le contact tracing et d’obtenir l’adhésion des spectateurs à cette procédure en les convaincant de son efficacité et en les informant sur son cadre légal (obligation pour les médecins de déclarer les maladies vénériennes, secret médical, confidentialité des entretiens avec le délégué du service de santé), ce film ébauche également une critique sociale (le fils des nantis se comporte comme un Dom Juan, son père est démuni par rapport à lui, les parents d’origine modeste sont bien plus compréhensifs, leur relation avec leur fille est plus proche) et une analyse psychologique en mettant en évidence les difficiles relations parents-enfants à l’adolescence. Est-ce délibéré ? Il est difficile de répondre à cette question en l’absence d’éléments complémentaires.
Enfin, l’un des points faibles de ce film réside très certainement dans la mise en cause assez unilatérale de jeunes filles comme « points de départ » de l’épidémie de syphilis (the tall aggressive blonde, a potential source of syphilis, pour la jeune fille anonyme du stade, et la jeune fille au pantalon à grands carreaux voyant « à cause de qui » la menace de la maladie plane toujours à la fin du film). Après tout, Hal Grover, le séducteur impénitent, a bien dû propager un certain nombre de germes également !

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
Orgeron Devin, Orgeron Marsha, Streible Dan, Learning with the lights off: Educational film in the United States, Oxford University Press, 2012


Contributors

  • Record written by : Élisabeth Fuchs