Ils ont votre âge n°2 : Arnaud et Pierre (1981)

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Titre :
Ils ont votre âge n°2 : Arnaud et Pierre
Series :
Year of production :
Country of production :
Director(s) :
Duration :
20 minutes
Length :
22 metres
Format :
speaking film - Color - 16 mm
Original languages :
Subtitles and transcription :
Production companies :
Archive holder(s) :
Corpus :

Main credits

(français)

(Générique de début) Le SCEREN - [CNDP - CRDP] et l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 présentent : / Un film de la cinémathèque centrale de l’enseignement public, principal distributeur de documentaires de 1920 à 1996 dans les établissements scolaires de la maternelle à l’université. / Ils ont votre âge n°2 Arnaud et Pierre.

(français)

(Générique de fin) "dans la série animée par France NGO-KIM / C'était une émission de Janine CODOU / image : Philippe CARRE - cadre : Roger PERREAU / son : Albert VINCENT - assisté de : Olivier VARENNE / mixage : Claude ORHON / électricien : Jean-Paul FAURE - machiniste : Claude RIDEREAU / montage : Josette JOURDAN / chef de production : Raymonde TENDRON / assistant de réalisation : Jean-Claude RABODON / réalisation : Jacqueline MARGUERITTE

Content

Theme

(français)

Immersion dans la vie d'Arnaud et Pierre, deux enfants atteints d’une déficience visuelle, s’intégrant dans une société partiellement adaptée.

Main genre

Documentary

Synopsis

(français)

Exemples d'intégration réussie d'Arnaud et Pierre, deux enfants déficients visuels, parmi leurs camarades, en famille, à l'école. Pourtant, un contraste saisissant apparaît dans leur vie quotidienne, où l'environnement extérieur reste peu adapté à leurs besoins.

Context

(français)

Le braille, une méthode révolutionnaire

En 1825, Louis Braille met au point un système méthodique utilisant des points saillants pour matérialiser tactilement les lettres de l'alphabet. Ce code portant désormais son nom est formé d'une combinaison de 1 à 6 points, représentatitifs d'une lettre. Cette avancée fit de la sensibilité tactile plus développée des personnes malvoyantes une force pour décrypter les informations. Ce fut donc un tournant majeur pour ces personnes qui purent ainsi accéder à la culture, à la lecture et à l'écriture dont ils étaient auparavant privés. Ce fut donc le premier et unique outil d'adaptation de l'apprentissage pour les personnes malvoyantes au 19ème siècle, ce qui leur permit de rejoindre les bancs de l'école.
De plus, le braille ne se limite pas à l'alphabet mais permet aussi le déchiffrage des cartes de géographie, des figures de géométrie, des caractères de musique, etc. Loin de s'arrêter aux frontière française cette méthode va par la suite s'étendre et devenir universelle.

Un pas vers une école plus inclusive

Premièrement, en 1975, une loi intitulée “loi de la solidarité” va marquer un tournant majeur dans la prise en compte du handicap. Cette loi est une démarche pionnière en France, reconnaît le droit à l'intégration en permettant à ce public, jusqu’alors peu considéré et relégué au second plan, de s’intégrer en milieu ordinaire. Elle défend ainsi un droit à l’éducation pour tous.

Une progression dynamique de l’égalité des chances

Ensuite, les circulaires de 1982 et 1983 vont proposer une nouvelle mesure : la création du “Projet Educatif Personnalisé”. Ces mesures sont destinées à prévoir les aménagements nécessaires à la scolarité et à favoriser les partenariats entre les différents accompagnateurs de l’enfant nécessitant. Ces lois reconnaissent également le besoin d'intervention de professionnels de santé extérieurs pour soutenir la scolarité des jeunes touchés par le handicap. Cependant, en France une majorité des enseignants, pas encore prêts, avançaient des prétextes pour refuser l’intégration de ces élèves (diminuer le nombre d’élèves par classe, ne pas médicaliser l’école…).

Les prémices d'un aménagement de l'espace public pour les personnes handicapées

Il faut attendre 1975 pour que le gouvernement en place prenne conscience de la nécessité de faciliter le quotidien des personnes handicapées dans les lieux de vie publique. Pour satisfaire cet objectif, leur premier projet était de rendre plus accessibles les installations ouvertes au public, comme les locaux scolaires, universitaires et de formation. Le second projet, était d'adapter les services de transport collectif par la mise en place de normes de construction des véhicules de transport collectif et des conditions d’accès à ces véhicules. Les lois sur l'accessibilité vont par la suite lentement évoluer avançant d'un pas à chaque décennie.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage : Yes.
  • Set footage : No.
  • Archival footage : No.
  • Animated sequences : No.
  • Intertitles : Yes.
  • Host : No.
  • Voix off : Yes.
  • Interview : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)

Une liberté d'interprétation
Ce reportage a visée pédagogique utilise un point de vue externe. La voix off a ici pour seul usage d’éclairer le spectateur dans la contextualisation. Aucune remarque et aucun commentaire n’est formulé. Le spectateur doit se faire son propre point de vue sur le handicap. Une certaine neutralité et sobriété sont recherchées pour que le jugement du spectateur ne soit pas parasité par des préjugés ou stéréotypes.

Comparaison subtile : entre différence et ordinaire

Les personnages sont introduits lors de scènes banales de vie quotidienne (balade lors d’un marché, trajets du quotidien jusqu’à l'école…). La réalisatrice alterne les portraits d’Arnaud et de Pierre entre aptitudes comparables à la majorité des enfants du même âge et difficultés particulières. Elle insiste néanmoins sur la quantité de points en commun de ces jeunes garçons avec les enfants sans handicap. Le film focalise très souvent les plans sur Pierre et Arnaud. Les séquences commencent généralement par un plan large montrant l’ensemble de la classe ou du lieu de travail. Ensuite, la caméra se rapproche progressivement grâce à un travelling ou à un zoom, jusqu’à un plan focus sur Pierre et Arnaud, sur leurs visages ou sur leurs mains comme lorsqu'ils lisent le braille. La réalisatrice permet au spectateur d’évaluer les difficultés rencontrées quotidiennement par les protagonistes. Pour cela, elle utilise des plans neutres transmettant des messages implicites. Ce style de production est typique de la réalisatrice. Cette succession de plans permet au spectateur de voir à la fois le groupe et la place de Pierre et Arnaud à l’intérieur de celui-ci. On observe qu’ils travaillent avec leurs camarades, qu’ils participent aux activités, qu’ils jouent avec les enfants de leur âge et qu’ils prennent parfois la parole dans leur groupe. Le film montre ainsi qu’ils ne sont pas mis à l’écart, mais intégrés dans la vie de la classe.

Un message engagé

Le film déconstruit le stéréotype selon lequel le handicap entraîne souvent une exclusion sociale. Ici, bien au contraire, les jeunes garçons sont parfaitement intégrés dans la vie de la classe. Néanmoins, une fois sortis de cet environnement aménagé, ils sont livrés à eux-mêmes, seuls dans un monde inadapté à la cécité, et donc source de dangers. En effet, à cette époque, l’accessibilité n’est pas encore un sujet démocratisé. Ce qui se manifeste par le fait que les informations visuelles ne sont pas encore disponibles dans une autre modalité sensorielle. La réalisatrice, par le biais de ce documentaire, souligne ainsi le chemin parcouru (scolaire, social...) pour aider à l'intégration des personnes porteuses de handicap, mais insiste sur le fait que le combat n'est pas terminé. De nombreux progrès restent à faire pour offrir aux personnes touchées par la cécité les mêmes chances.

How are health and medicine portrayed?

(français)

Dans ce film, l’introduction du handicap est progressive. Initialement, le spectateur ignore la situation des jeunes garçons. Il va devoir porter une grande attention aux détails au départ insignifiants, puis progressivement plus visibles, en identifiant des différences dans leur mode de vie. Par cette introduction subtile qui place le spectateur dans la peau des personnages, un objectif central est révélé : sensibiliser au quotidien des personnes atteintes de déficience visuelle. Ainsi, la santé et la médecine ne sont pas présentées de manière très explicite et détaillée, afin de rester accessible au grand public. D’une part, les aspects médicaux de leur déficience visuelle sont très peu évoqués. En effet, le spectateur ne connaît pas le suivi médical dont ces enfants pourraient bénéficier ni même si un processus de rééducation pourrait ou est mis en place. Le film choisit donc de ne pas insister sur la dimension médicale du handicap. D’autre part, la santé apparaît de manière indirecte, notamment à travers les outils et les adaptations qui permettent à Pierre et Arnaud d’apprendre et de s'intégrer (utilisation d’une loupe, machine Perkins, canne blanche…). Elle est également abordée à travers la représentation des émotions que peuvent ressentir les garçons. Ceux-ci étant présentés comme des jeunes épanouis, ce qui montre que leur pathologie n’affecte pas particulièrement leur santé mentale. Dans ce film, leur pathologie n’est pas présentée comme une maladie à soigner, mais plutôt comme une situation de handicap à compenser grâce à des outils, de l’aide humaine et des adaptations scolaires permettant à Pierre de s’intégrer dans la société. Cependant, la réalisatrice n’idéalise pas non plus le handicap, et expose certains aspects contraignants, comme un déménagement nécessaire afin d’améliorer le quotidien. Elle ne cache pas non plus le manque d’adaptations dans le monde extérieur, en dehors des établissements spécialisés comme l’école, où les obstacles restent nombreux pour les personnes atteintes de cécité. Néanmoins, le film laisse entrevoir une forme d’espoir, en montrant que, malgré ces difficultés, ces enfants développent des capacités d’adaptation et pourront trouver leur place dans la société.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Télévision scolaire

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)

Public scolaire, grand public

Local, national, or international audience

Description

(français)

Déambulation d’Arnaud au coeur d’un marché animé

Au beau milieu d’un marché de producteurs en pleine effervescence, un travelling met en lumière un jeune garçon à l’attitude tout à fait ordinaire. Sa déambulation, suivie par la caméra, se fait dans une ambiance animée et où les sens sont tous mis à contribution : la vue avec d’alléchantes pommes de toutes les couleurs, l’ouïe avec le brouhaha des commerçants et clients... Pour autant, l’atmosphère est apaisée par un morceau de piano plongeant ainsi le spectateur dans une bulle en osmose avec le rythme du personnage au centre de l‘objectif. Afin de se familiariser avec le jeune garçon, s'ensuit une série de gros plans. Tout d’abord sur ses jambes, toniques et assurées. Ce plan atteste de son autonomie au milieu de cet environnement foisonnant, puis sur son profil. Cela confirme son rôle central et permet au spectateur de se centrer sur lui. Son prénom est alors révélé en surimpression : Arnaud. Celui-ci semble flâner au milieu des étals sans but particulier. Le fond musical s’efface progressivement pour laisser la place à une voix off, celle-ci présente le jeune garçon “Arnaud, 10 ans”. A cela, un détail est ajouté : la scène se déroule un mercredi durant lequel la matinée rime avec liberté.(01:01)

La montre, une difficulté quotidienne

Arnaud regarde la montre à son poignet, mais son attitude est inhabituelle. Il semble avoir une difficulté à lire l’heure qu’il pallie en approchant son visage très près du cadran. Le zoom avant souligne l’importance de cette conduite. Rien n’est dit, mais le spectateur peut émettre ses premières suppositions sur la cause de ce comportement. Ce procédé, qui consiste à laisser le spectateur se forger son propre opinion sans expliquer immédiatement, s’inscrit dans une logique proche de celle de L’Enfant aveugle de Johan van der Keuken sorti en 1964. Dans ce film documentaire, le spectateur est amené à ressentir et interpréter avant de comprendre. Il est d'ailleurs très probable que la réalisatrice s'en soit grandement inspiré.. (01:05)

Matchs de football entre copains

Arrivé au parc, Arnaud est accueilli chaleureusement par ses amis qui crient son nom. La réponse est immédiate, un grand sourire s’installe sur son visage et le jeune garçon imite ses amis en criant : “Victor, Pablo”. Ses amis accourent vers lui et lui sautent tous deux dans les bras. Ils l’invitent ensuite à jouer avec eux au football. La voix off reprend en soulignant la simplicité de la scène : “des copains et un ballon”. Arnaud semble être très intégré. Le ballon au pied, en pleine action, Arnaud est encouragé par ses coéquipiers, comme le souligne le hors champ. Un changement de décor entraîne le spectateur dans un nouveau match de football cette fois-ci dans la cour de récréation. La caméra est au début éloignée et n’impacte en rien le jeu montrant l’aspect ordinaire de la scène. Au milieu de l’agitation générale, Arnaud porte un tee-shirt vert, maillot de son équipe soulignant son appartenance au groupe. Les travellings insistent sur son implication pour atteindre la victoire. Un plan rapproché est fait sur son visage. Ensuite un point de vue extérieur est pris lors du tir au but d’Arnaud. Ses partenaires lui font confiance. Ce dernier marque adroitement et provoque la joie générale de son équipe. (01:52)

Arnaud et la vie de classe

Alors que la maîtresse annonce les consignes, Arnaud est observé par la caméra. Un travelling arrière dévoile sa place au premier rang dans la classe, à côté d’une écolière, tout à fait intégré. Pour effectuer le travail demandé, Arnaud prend l’initiative inhabituelle de se lever sans aucune désapprobation de la part de la maîtresse. La voix off dévoile la cause de son autorisation spéciale : “Arnaud est amblyope, un mot qui signifie qu’il voit très peu”. Un plan panoramique illustre son déplacement contraignant, alternant entre son bureau et le tableau. Entre chaque apprentissage phrase par phrase, le jeune garçon retourne rapidement à son siège, de façon similaire aux autres écoliers. Plusieurs gros plans insistent sur les méthodes adaptatives qu’Arnaud a développées. Il agite les lèvres afin de répéter intérieurement la phrase retenue et suit linéairement par un mouvement de la tête les phrases inscrites sur le tableau. La faible oculomotricité de ses yeux, dévoilée lors de ce plan et ensuite complétée par le gros plan sur son attitude au moment d’écrire. Arnaud est penché sur son cahier dans une proximité extrême. Le spectateur peut ainsi par lui-même se faire une idée des impacts et symptômes du trouble qui touche le jeune garçon. Extrêmement vif, Arnaud paraît accoutumé à ce fonctionnement. Autonome, il jongle entre son cahier et son dictionnaire en s’aidant d’une loupe. Un plan plongé, par-dessus son épaule, nous invite à nous mettre à sa place. Un zoom avant nous fait découvrir sa copie manuscrite où les mots semblent respecter les dimensions exigées par les lignes. (04:05)

La première interaction entre Arnaud et la maîtresse nous montre l’accompagnement et l’importance qu'elle accorde au jeune garçon. Cette dernière commence par dire “ C’est très bien...” valorisant avec bienveillance les efforts d’Arnaud. Elle n’accuse pas son écriture mais soulève un problème de discernement des lettres. Son handicap est pris en compte. Arnaud n’est pas jugé par rapport à sa particularité. Chose étonnante, la maîtresse utilise la technique du pointage pour localiser l’erreur sur la copie. Cela porte à réflexion, sachant que le jeune garçon a des difficultés de visualisation. Aucun repère oral pour lui faciliter la tâche n’est donné. 4,20 De retour à son bureau, Arnaud entreprend la relecture de sa copie, le visage quasiment collé à sa feuille tenue de façon inhabituelle, en position verticale. Le plan statique contraste avec les torsions et changements de points de vue qu’Arnaud adopte afin de décrypter et discerner son écriture. La durée de réalisation de la tâche et les méthodes variées pour analyser sa copie traduisent la difficulté que représente pour lui la lecture. Absorbé par son travail d’écriture, Arnaud s’applique. Sa loupe, outil clé pour lui, est en évidence sur son bureau. Un zoom arrière illustre l’attitude presque couchée d’Arnaud sur son bureau, au milieu d’élèves à la posture droite. La voix off reprend et dévoile un peu plus du contexte scolaire d’Arnaud : “Une école, un cours moyen dans une ville de banlieue parisienne, Arnaud a fait ici toutes ses classes après sa sœur aînée Caroline.” (05:05)

Une fratrie bien différente

Dans une chambre calme, Caroline, une jeune fille, parcourt un livre sur son lit. Par une contre-plongée, nous pouvons comprendre implicitement sa position d’aînée, mais aussi constater qu’aucune déficience oculaire ne semble handicaper sa lecture. En effet, elle se tient éloignée du livre, détendue et ne semble pas forcer. Sa position délicate semble la présenter comme un modèle. (05:13)

Un jeu entre amis chez Arnaud

Pour naviguer à travers le couloir et changer de chambre, un panoramique est employé. L’ambiance est tout autre, Arnaud joue dans sa chambre en compagnie d’un ami. Il vise à travers son pistolet en plastique. Sa cible, une bouteille éloignée, vacille sous l’effet de son tir. Sa grande précision peut surprendre en raison des difficultés de lecture qu’il avait présentées plus tôt. En pleine partie de jeu, Arnaud et son ami quittent l’étage en dévalant à toute vitesse les escaliers. L’environnement quotidien du jeune garçon ne semble pas être source de difficulté ou de danger. Arnaud joue comme les enfants de son âge. (05:32)

Entretien explicatif avec la mère d’Arnaud sur les raisons de son handicap

Pour compléter le portrait familial, la caméra se tourne à présent sur la mère d’Arnaud installée dans le salon. L’entrevue débute par une question posée en hors champ : “Arnaud voit très mal, que lui est-il arrivé ?”. La réponse est inattendue. Prématuré, Arnaud a dû être placé dans une couveuse alimentée en oxygène. Cet oxygène lui a causé un décollement des rétines.(5:50)


Arnaud, un pianiste doué

Un nouveau talent d’Arnaud est dévoilé : son habileté au piano. Le morceau joué est celui entendu au début du reportage. Un zoom sur les mains d’Arnaud met en valeur sa dextérité. Il joue avec les deux mains désynchronisées sans difficulté. Une main disparaît alors, arrêtant son jeu. La caméra alors centrée sur le clavier du piano suit le trajet de la main restante à l’image. Une pause est imposée par son handicap. Il doit prendre la partition pour la rapprocher juste devant ses yeux. Cela crée une rupture brusque de la mélodie. Rapidement, Arnaud repose la partition. Il marque une hésitation et préfère confirmer sa bonne interprétation des prochaines notes à jouer. Il reprend alors la partition entre ses mains pour la placer très proche de ses yeux. Le rythme du morceau est entrecoupé par des silences illustrant les particularités de son quotidien. (06:21)

Une enfance ponctuée par de multiples activités, notamment le piano : l’expression de la curiosité d’Arnaud.

La caméra zoom sur le visage neutre d’Arnaud alors qu’il joue une mélodie lente et triste au piano. Cela peut induire chez le spectateur une interrogation sur le ressenti du garçon quant à son handicap. En parallèle, un hors champ de sa mère dévoile le paradoxe de sa déficience visuelle. Elle explique : “Il y a des petites choses qu’il va voir avec précision et des grosses choses auxquelles il va passer à côté...”. La mère d’Arnaud insiste sur son mode de vie et son enfance ordinaire. Elle présente une vision positive et décomplexée du handicap en démontrant par de multiples photographies en plan rapproché la grande quantité d’activités sportives pratiquées par Arnaud : équitation, voile, natation, vélo, etc... Cela manifeste sa curiosité et son ouverture au monde. En fond sonore, on entend la Sonate n°14 « Moonlight » de Beethoven (1er mouvement, Opus 27 n°2). Cela permet de mettre en contexte la suite du témoignage de la mère qui présente la passion d’Arnaud pour le piano. L’image change pour nous laisser découvrir Arnaud qui est en train de s’entraîner au piano. La voix off s’interrompt alors, laissant place à un plan fixe sur l’enfant qui joue. La caméra reste discrète : le garçon ne regarde pas l'objectif, ce qui nous plonge réellement dans l’instant présent. (07:34)

Une famille aux petits soins dans un cadre bienveillant

Comme il s’agit d’un entraînement, il s’arrête à plusieurs reprises et n’hésite pas à demander de l’aide à sa sœur pour le corriger, ce qui montre son besoin d’un entourage disponible. Sa sœur entre immédiatement dans le champ, démontrant l’investissement de la famille pour l’aider. Le garçon reprend ensuite son entraînement, se trompe, mais continue malgré tout, illustrant sa persévérance. Un plan rapproché se fait alors sur le visage du garçon, en rythme avec la musique, ce qui dynamise la prise de vue. Le cadre glisse ensuite vers le visage de la sœur puis vers les mains du garçon. Lorsqu’une faute d’accord se produit, il y a un changement d’image avec un plan rapproché sur la partition que l’enfant pointe du doigt en demandant une note. De nombreuses hésitations apparaissent, et un plan rapproché sur le visage de la sœur permet de se concentrer sur ses sentiments qui ne trahissent aucun jugement ou énervement. Elle propose alors de changer de morceau, proposition que le garçon accepte. Un dézoom très lent et progressif du visage de la sœur permet la réapparition du petit garçon dans le cadre. La sœur quitte ensuite la scène : il redevient autonome. La vidéo revient alors à un plan fixe sur l’enfant. Un changement de plan propose un point de vue à travers la fenêtre, avec un zoom sur les mains du garçon visibles à travers le grillage. La vision devient plus ouverte, incluant la fenêtre et une partie de la façade de la maison tandis que nous pouvons entendre les oiseaux en fond sonore. Une vue panoramique du jardin est proposée tout en continuant le dézoom. Le spectateur peut alors découvrir le cadre chaleureux et serein dans lequel Arnaud a grandi. La mère en voix off intervient ensuite pendant ce plan. Elle fait alors l’éloge du comportement et du caractère de son fils, ce qui crée un attachement du spectateur pour le garçon. Elle nous partage notamment que “ il est ouvert à tous, il est plein d’humour [...], d’emblée il est d’accord” Pendant ce temps, la caméra propose un plan rapproché sur les animaux du jardin : un lapin filmé en travelling d’accompagnement, puis un chien filmé avec un plan non fixe. La voix off continue et introduit l’intérêt du garçon pour le braille qu’il pratique une heure par jour à l'école. (09:49)

Le braille, un apprentissage essentiel

Le spectateur découvre alors Arnaud, très concentré, qui utilise une machine à braille. La musique de fond, déjà de moins en moins forte, s’arrête complètement. La voix off s’interrompt. Un plan sur les mains du garçon utilisant la machine braille permet d’éduquer le spectateur à cet appareil peu connu. Cette scène montre à la fois la dextérité de l’enfant et ses hésitations. Un plan plus large nous permet de découvrir qu’il est accompagné d’un homme que l’on comprend être son professeur puisqu’il prend la parole pour poser des questions scolaires sur les familles de mots. Il s’agit là d’un cours particulier, ce qui montre la chance qu’Arnaud a d’accéder à ces cours. Mais il est également important de souligner l’investissement demandé au garçon pour suivre des cours particuliers en plus de ses activités quotidiennes. Un plan rapproché sur un cahier de braille permet de faire découvrir cette forme de communication peu présentée au grand public. Le cadrage est ensuite modifié afin de focaliser l’attention du spectateur sur les interactions des deux personnages. Elles sont caractérisées par une atmosphère positive et légère car Arnaud et son professeur semblent entretenir une bonne relation, marquée par un véritable échange et une transmission de savoirs du professeur vers Arnaud. Un changement d’exercice a lieu : il s’agit désormais de lecture de braille. Un plan rapproché montre les mains du petit garçon qui lisent le braille. La lecture est encore en apprentissage : elle est difficile, les hésitations sont nombreuses, mais l’enfant y parvient. (11:18)

Arnaud, un petit garçon parmi les autres

Une autre scène montre la sortie d’école d’Arnaud, avec un zoom sur le garçon parmi les autres élèves. Un changement d’angle de prise de vue montre ensuite l’arrivée de la mère qui interpelle son fils. La voix off revient et aborde un sujet plus large : l’impact des parents, des enseignants, des camarades et la volonté d’Arnaud dans la réussite de sa vie d’écolier et de son intégration. Le discours souligne l’importance de l’environnement dans lequel un enfant évolue et la différence que cela peut engendrer au niveau de la réussite d’un enfant face à ses difficultés. Arnaud et sa mère s’éloignent progressivement de l’école, suivis par un travelling d’accompagnement de la caméra. Parallèlement, la voix off introduit une réflexion sur l’avenir, en écho à l’image du jeune garçon qui s’éloigne et semble symboliquement se diriger vers son futur. (11:47)

Pierre, autonome et courageux malgré des obstacles invisibles

Un changement de plan introduit une nouvelle scène : une rue avec un petit garçon qui marche. Tout semble habituel et rien ne laisse penser que Pierre est atteint d’un handicap. Cependant quelques secondes plus tard, il sort une canne blanche ce qui révèle sa déficience visuelle. Un carton apparaît avec le prénom Pierre sur fond rouge, ce qui constitue la présentation du personnage. Les bruits de fond continuent pendant ce temps. La vidéo revient ensuite à un plan rapproché en travelling d’accompagnement sur Pierre qui marche dans la rue. La voix off du reporter intervient pour présenter l’enfant et préciser qu’il est déjà en classe de sixième. Un plan plus rapproché montre ses pieds et sa canne afin de présenter de manière plus précise la réalisation de ce déplacement inhabituel pour le grand public. Le cadrage évolue vers un plan fixe frontal. Pierre entre alors brusquement en collision avec un panneau de chantier avant de le contourner. Cette situation crée un effet de surprise chez le spectateur et met en évidence le manque d’aménagements adaptés en dehors de certains espaces spécifiques. En effet, la totalité des informations liées à l’environnement — comme celles des commerces ou de la signalisation routière — repose uniquement sur des supports visuels. Cette situation est également évoquée dans le film documentaire L'enfant aveugle ce qui montre que c'est une difficulté avérée qui n'a pas été résolue depuis. Cette scène introduit ainsi les premières difficultés auxquelles Pierre est confronté. Un second plan en travelling d’accompagnement montre une autre difficulté : traverser la route. Le garçon doit faire face à plusieurs obstacles : descendre le trottoir, traverser la route en sécurité puis remonter sur le trottoir. Une voiture passe juste derrière lui, ce qui suscite une interrogation chez le spectateur sur le danger potentiel de ce mode de déplacement et du manque d’aide pour Pierre. Malgré cela, il réussit la traversée. Un autre plan nous permet de voir son arrivée a destination en sécurité : un soulagement pour le spectateur. Pierre range alors sa canne et redevient un enfant comme les autres. Il sort finalement du champ lorsqu’il arrive à destination. (12:59)

Le braille au coeur du quotidien de pierre

Apparition d’un gros plan sur une machine à écrire en braille, une Perkins Brailler. Le seul son perceptible sur ce plan est celui, sec et perçant, des touches frappant le papier. Ce choix sonore n’est pas anodin : il installe immédiatement l’importance de cet outil dans la vie de Pierre. Le spectateur comprend que son rapport au monde passe en partie par le toucher et par cet instrument mécanique. Un travelling avant s’approche lentement pour révéler les mains de Pierre glissant sur des feuilles couvertes de braille. En arrière-plan, on l’entend lire à voix haute. Cette superposition entre la lecture tactile et l’oralisation souligne la complexité cognitive de l’acte. La caméra insiste sur la précision de ses doigts, sur leur rapidité, mettant en lumière la multitude de compétences mobilisées simultanément. La voix off intervient : « Tous les soirs au collège, 2 heures d’études Pierre dans une salle spécialement aménagée. » Cette information contextualise immédiatement les images. L’intégration de Pierre dans une scolarité ordinaire ne repose pas uniquement sur sa présence en classe, mais sur un investissement personnel conséquent. Un plan panoramique élargit alors le cadre : on découvre un professeur d’étude dictant un texte à une femme aveugle qui le retranscrit elle aussi à la machine Perkins. Les deux adultes semblent en étroite collaboration. La voix off suggère une chaîne de transmission : la voix de Mr Noël, les doigts de Madame Ferret, le papier, puis les mains de Pierre.(14.10)

Le travail scolaire, une coopération invisible

Un travelling latéral dévoile ensuite un impressionnant alignement de volumes : un dictionnaire en braille composé de dix-huit tomes. La voix off précise qu’un dictionnaire normal tient en un seul “petit” volume. L’image frappe par son ampleur : ces livres massifs symbolisent la charge supplémentaire que Pierre doit assumer pour accéder au même savoir que les autres. Retour sur Pierre : plan rapproché, concentration intense. Il lit le braille, puis le retranscrit à la Perkins. Un travelling arrière montre l’ensemble de la scène : Pierre doit être multitâche, capable de décoder, comprendre, et taper simultanément. Le montage met en évidence l’effort permanent exigé par sa déficience visuelle. La caméra se détourne un instant pour révéler les adultes à l’œuvre. Focus sur des doigts expérimentés lisant le braille : ceux de Christiane. Puis sur Jean-Noël, retranscrivant le braille en texte écrit manuscritement. Peut-être retranscrit-il un devoir de Pierre pour qu’il puisse être corrigé par la maîtresse ne lisant probablement pas le braille. La voix off insiste : « Les yeux de Jean-Noël et les doigts de Christiane créent un lien entre Pierre et ses professeurs. » Elle mentionne également la création d’un lien amical entre Pierre et ses aidants. Ce terme fort humanise la relation : il ne s’agit pas seulement d’assistance technique et pédagogique mais d’un véritable accompagnement affectif. Dans le champ, Pierre s’approche pour solliciter leur aide. L’échange est naturel, presque complice. Le film montre ainsi que l’intégration repose sur un réseau de solidarité discret mais essentiel. Moments de vie : le jeu et l’intégration sociale 15.30 Changement de décor. Un travelling d’accompagnement suit Pierre en train de faire du roller dans la rue, aux côtés d’une jeune fille. Cette activité, généralement associée à la maîtrise visuelle de l’espace, prend ici une dimension particulière. Pierre rit, échange, se déplace avec aisance. Le film insiste sur son intégration parmi les jeunes de son âge. Un bref focus sur un vieil homme poussant un enfant à vélo introduit une scène de quotidien banal, presque universel. Pierre s’inscrit dans cette normalité. Sa déficience n’est pas niée, mais elle n’est pas mise au premier plan : il est d’abord un enfant parmi d’autres. (16:03)

La parole familiale et le choix de la scolarité

Interview de la mère de Pierre. Plan d’ensemble, atmosphère sobre. Elle explique qu’il a effectué toute son école primaire dans un établissement ordinaire, avant que la famille ne déménage pour qu’il puisse intégrer le Collège Secondaire d’Enseignement en externat de Rambouillet. Laissant sous-entendre que ce collège dispose des ressources nécessaires pour accompagner un élève déficient visuel. Ce choix révèle les difficultés rencontrées par les familles d’enfants en situation de handicap : trouver une structure réellement inclusive implique parfois des sacrifices importants. Ensuite, une scène familiale montre Pierre réalisant un câblage avec son père, sa sœur et son frère. Il demande qu’on le laisse faire seul. Cette insistance sur son autonomie déconstruit le stéréotype de dépendance souvent associé à la cécité. Le cadre scolaire : adaptation et différence 17.05 Un travelling balaie la salle de classe. La maîtresse distribue un questionnaire. Lorsqu’elle arrive à la table de Pierre, elle lui remet une version en braille. Ce geste simple symbolise l’adaptation de l’institution scolaire. Contrairement à l’idée d’une intégration à sens unique, le film montre que l’école fait aussi un pas vers lui. Plan alterné : un élève écrit à la main, Pierre tape à la Perkins. Le contraste visuel met en évidence l’écart matériel entre leurs méthodes de travail. Pourtant, dans la scène suivante, on entend Pierre prendre la parole, diriger son groupe, proposer des réponses. Sa déficience n’entrave donc pas sa participation active. Lors de la réponse à une question nécessitant l’observation d’images, ses camarades feuillettent des livres illustrés. Pierre ne peut les voir ; il demande alors qu’on lui décrive les images. Les élèves s’exécutent avec sérieux, engagement et implication. Cette coopération spontanée souligne une intégration sociale réussie, fondée en partie sur l’entraide. (19:34)

Conclusion

Dans la séquence finale de “Ils ont votre âge n°2”, Pierre et Arnaud apparaissent comme des enfants ordinaires : ils rient, échangent, participent à la vie sociale. La voix off les décrit comme « des élèves comme les autres… ou presque », formule qui résume l’intention du film. Le documentaire cherche avant tout à déconstruire les préjugés liés à la cécité en montrant que le handicap n’empêche ni la réussite scolaire, ni l’intégration sociale. Toutefois, les images précédentes, les volumes de braille, heures de travail supplémentaires, aide constante des adultes…rappellent que cette normalité repose sur des efforts importants. Ainsi, le film délivre un message clair aux spectateurs de leur âge : ils partagent les mêmes capacités et les mêmes aspirations, même si les moyens pour y parvenir sont différents.

References and external documents

(français)

Baroukh, Fanny, "L'Inclusion des élèves porteurs de handicap à l'école", 11 février 2019, L'Inclusion des élèves porteurs de handicap à l'école.html (Consulté le 8 juillet 2024.)

La Rédaction, "Chronologie : Évolution du regard sur les personnes handicapés", 30 janvier 1924, Chronologie de l'évolution du regard sur les personnes handicapées (consulté le 8 juillet 2024.)

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  • Record written by : Pauline Berg, Clémence Libert, Flora Bandon