Autofolies, panique dans la ville (1990)

De Medfilm



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Titre :
Autofolies, panique dans la ville
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Durée :
20 minutes
Format :
Parlant - Couleur - VHS
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :

Générique principal

Une émission co-produite par CANAL + et INTERSCOOP / Avec la participation du Centre National de la Cinématographie / et de la Sécurité Routière / AUTOFOLIES Panique dans la ville / Un film de Frédéric LAFFONT et Christophe de PONFILLY / Montage Jean-François GIRÉ.

Contenus

Sujet

Nuisances, stress psychologique, dangers provoqués par les comportements au volant et l'augmentation de la circulation urbaine.

Genre dominant

Documentaire

Résumé

Ce film montre, à l’aide d’interviews et d’images de reportages, les comportements et les réactions du quotidien des gens directement aux prises avec les embouteillages, qu’ils soient automobilistes, machinistes, éboueurs, coursier ou ambulancier.

Contexte

La crise du trafic urbain

En 1989, la ville de Paris est saturée d’automobiles au quotidien. Elle n’arrive pas à digérer les 1,5 millions de véhicules qui tentent de circuler chaque jour. Le périphérique inauguré le 25 avril 1973 devait aider à désengorger les rues de la capitale mais ce projet pharaonique de 35 kilomètres d’autoroutes en pleine ville se heurte rapidement à un trafic saturé. Dès 1973 on se demande même comment se débarrasser de ces embouteillages alors qu’il devait lui-même servir à fluidifier le trafic. Le problème est tenace et ne date pas de 1989, mais c’est bien à la fin des années 1980 qu’il est le plus encombrant : en l’espace de 10 ans, le nombre de bouchons a été multiplié par quatre dans la capitale. Des mesures sont bien prises, surtout dans le but de dissuader les automobilistes de prendre leur voiture pour se déplacer : interdiction de stationner sur certains grands axes ou dans certains quartiers, extension du stationnement payant (l’apparition du parcmètre à Paris datant de 1971), augmentation de ses tarifs, ou encore priorité aux autobus. Mais ces derniers, comme les transports en commun en général, souffrent encore d’une sorte de mépris des automobilistes qui préfèrent être bouchés dans les rues parisiennes plutôt que s’entasser dans les transports en commun. Aucune mesure ne permet de fluidifier la circulation, et ce n’est qu’à partir des années 2000 que des plans encourageant des moyens de déplacement différents voient le jour dans la capitale (cf. plan vélo en 2001 par exemple). Témoignage de cette impuissance face à l’ampleur des embouteillages, le projet fou de Jacques Chirac, alors maire de Paris, de construire un réseau autoroutier souterrain d’une cinquantaine de kilomètres allant de l’Est à l’Ouest et desservant le centre-ville. Mais ce projet de création d’un nouvel axe autoroutier qui, à l’image du périphérique, jouerait plutôt le rôle d’aspirateur à voitures que de fluidifiant du trafic, est beaucoup trop coûteuse et ne verra pas le jour. C’est cette résignation et les situations ubuesques qui découlent des dizaines de kilomètres d’embouteillages parisiens que Frédéric Laffont et Christophe de Ponfilly montrent à travers le montage de leurs 191 caméras postées sur les toits de Paris pour capter au mieux l’atmosphère et les tracas quotidiens qui règnent dans les bouchons de la capitale.

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Non.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Non.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Oui.
  • Interview : Oui.
  • Musique et bruitages : Oui.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

La réalisation alterne courts entretiens avec des scènes d’embouteillages. Elle montre des embouteillages incessants et les automobilistes entrés en guerre.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Diffusion sur Canal + le 26 janvier 1990, rediffusion sur La Cinquième en 1999.

Communications et événements associés au film

Le film est projeté lors du Festival International de la ville de Créteil de 1999.

Public

Tout public

Audience

Descriptif libre

Avant le générique de début, un carton : « Je construirai une auto pour la masse, d’un prix si bas que tout homme ayant un bon salaire pourra la posséder. Lui et sa femme béniront Dieu de leur avoir donné accès dans la joie, aux grands espaces vert ». Henri Ford.

Scène d'embouteillage

Gros plans sur des automobilistes. L’un fume, un autre écoute de la musique avec ses écouteurs, tous sont à l’arrêt alors que les coups de klaxon se succèdent. Des automobilistes parlementent, l’un tente de faire la circulation, les autres se tiennent debout immobiles à côté de leur voiture. Enchainement rapide entre différentes images de conducteurs résignés, « otages d’une situation qu’ils ont eux-mêmes créé ». Images de trafic extrêmement dense, panoramique sur Paris avec des bruits de klaxon en fond sonore.

La situation du transport à Paris

Images d’archives avec le témoignage d’un vieil homme qui a vécu les premières heures de l’automobile à Paris : le trafic était déjà dense, avec des voitures bien différentes, c’est une autre époque. Avenue des Champs-Elysées déserte, panorama de Paris au petit matin, trafic fluide, oiseaux qui chantent. Un bus quitte son dépôt, un éboueur entre dans son camion, un coursier prépare sa journée sur sa vespa. La caméra filme la routine d’un habitant de la banlieue parisienne : il sort de sa maison, entre dans sa voiture, et explique sur le trajet à quel point les embouteillages ont rallongé son temps de trajet. Il entre dans les bouchons, le petit matin paisible est supplanté par le stress et le vacarme des véhicules. Le coursier nettoie sa vespa sur une musique entrainante en fond, il est ensuite interviewé : adossé sur son engin, en contre-plongée, Tour-Eiffel en arrière-plan, il explique que la circulation est devenue comme une drogue douce pour lui. La caméra est dans la cabine avec un éboueur à l’arrêt : « Voilà à quoi j’ai droit ce matin ». Briefing matinal dans un commissariat, on tente d’organiser les effectifs pour pouvoir canaliser la circulation de la journée. Une femme explique qu’en 1960, la circulation était pire qu’aujourd’hui, mais que les gens étaient sympathiques.

La voiture, moyen de transport privilégié

Le coursier explique que les gens préfèrent être seuls dans leur voiture dans les bouchons qu’entassés dans un métro. Le métro « c’est la folie » selon lui. Un salarié explique qu’il préfère avoir son univers dans sa voiture, et que ce temps passé seul devient presque une drogue pour lui. Une femme essaie de manœuvrer pour se sortir de l’embouteillage, elle explique que c’est ce qu’elle adore dans ces situations, et que les bus « c’est monstrueux ». La caméra aux côtés de la chauffeuse de bus constate justement qu’une camionnette de police est mal garée en double file alors qu’il y a de la place juste à côté, « un rien nous bloque », retard qui exaspère les usagers. Un éboueur doit pousser lui-même manu militari une voiture mal garée pour pouvoir faire son travail, pourtant il sourit et blague sur la situation. Image d’un piéton bloqué au milieu de la route entre toutes les automobiles qui ne le laissent pas passer et le klaxonnent.

Attitudes vis-à-vis du code de la route

Au volant, un chauffeur poids lourds explique comment il faut griller les feux et couper des voies pour faire son travail. Selon lui, il faudrait être sur la route toute la journée pour comprendre cette nécessité : on le voit supprimer une voie sans hésiter pour pouvoir travailler. La caméra suit en plongée le coursier dans ses zigzags au milieu des embouteillages, il prend ça comme un jeu amusant, il grille « 100 à 200 feux par jour ». « La ville ne devient-elle pas un asile de fous ? »

Caméra dans une voiture, radio allumée qui annonce les ralentissements dans la ville. Embouteillage dans une petite ruelle, l’éboueur se fait klaxonner, il en a l’habitude, une voiture tente de le doubler par le trottoir. Un homme en train de doubler un bus puis plusieurs voitures raconte comment il se prend « pour Prost en plein Paris » : il nous dit aussi qu’il serait bouleversé de renverser un enfant mignon, mais renverser un vieillard « Bon… La vie est plutôt à 20 ans qu’à 70 ans ». Un homme boitant traverse au milieu des voitures. Caméra fixée sur le toit d’un véhicule du SAMU gyrophare allumé, témoignage d’un soignant qui explique l’indifférence des automobilistes dans les embouteillages, même en situation d’urgence. Ils secourent un arrêt cardiaque sur le trottoir, les klaxons redoublent d’intensité, « jour de folie très ordinaire, une femme meurt sur le trottoir, tout le monde s’indigne du ralentissement ».

"Inverser le rapport de chacun aux embouteillages"

Des jeunes en rollers proposent une alternative à la voiture, ils représentent la liberté. Même s’ils sont peu prudents, ils sont en bande et quittent les embouteillages en musique dès qu’ils le veulent. A la sortie d’un bus, une personne âgée agacée dit à la conductrice « On va pas dormir là ». Un homme lit dans les bouchons, plan en contre-plongée. Il explique que "la lecture inverse son rapport à l’embouteillage". Vue du périphérique depuis un pont, travelling vertical vers le bas pour découvrir un couple qui, dans sa voiture à l’arrêt, s’embrasse sur la banquette arrière. Courtes séquences successives sur les embouteillages, tantôt en panoramique, tantôt en gros plan sur un automobiliste. Le film se termine sur l’image d’une voiture à contresens sur le périphérique parisien.

Notes complémentaires

Références et documents externes

Contributeurs