Another to conquer (1941)

From Medfilm
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Another to conquer
Title Another to conquer
Year of production 1941
Country of production États-Unis
Director(s) Edgar Ulmer
Scientific advisor(s) Ruth Underhill
Actor(s) Howard Gorman
Sammy Day
Duration 22 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) English
Translated French
Subtitles and transcription EnglishFrench
Production companies RCA
Sponsor(s) National Tuberculosis Association
Archive holder(s) National Library of Medicine

Main credits

(français)
Christmas Seals fight TUBERCULOSIS

The NATIONAL TUBERCULOSIS ASSOCIATION in cooperation with the UNITED STATES OFFICE OF INDIAN AFFAIRS Presents

ANOTHER TO CONQUER
COPYRIGHT 1941, NATIONAL TUBERCULOSIS ASSOCIATION

The Cast
Slow-Talker...HOWARD GORMAN
Don, his grandson...SAMMY DAY
Nema, his granddaughter...GERALDINE H. BIRDSBILL
Robert, a friend...RICHARD HOGNER
Doctor...W.W. Peter, MD

Director EDGAR G. ULMER
Camera ROBERT CLINE
Sound CLARENCE TOWNSEND
Consultant RUTH UNDERHILL, PhD
Editor H.E. MANDL
RCA SPRINGER PICTURES, INC

THE GENEROUS ASSISTANCE OF THE NAVAJO SERVICE IS GRATEFULLY ACKNOWLDEGED

Contents

Medical themes

Theme

(français)
Sensibilisation de la communauté amérindienne Navajo à la menace de tuberculose à laquelle ses membres sont exposés.

Main genre

Documentaire

Abstract

(français)
Fiction mettant en scène des membres de la communauté des Indiens Navajos, frappés tour à tour par la tuberculose. Certains s'en tiennent à leurs croyances, d'autres optent pour les apports de la médecine occidentale.

Context

(français)

Structuring elements of the film

  • Reporting images  : Yes.
  • Studio pictures  : No.
  • Archive footage  : No.
  • Animation sequences  : No.
  • Inter-titles  : Yes.
  • Animator  : No.
  • Voice over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the movie direct the spectator's view?

(français)
La NTA cherche à sensibiliser une communauté ethnique sur une menace sanitaire à laquelle elle est exposée. Il s'agit d'adapter un discours de médecine occidentale à un public pourvu d'autres repères culturels. Le film emploie une forme fictionnelle pour l'édifier ; par ailleurs, son préambule sert à gagner sa confiance par des marques de considération envers son histoire et ses qualités morales. Qu'Edgar Ulmer soit impliqué dans la réalisation n'est pas anodin : après avoir émigré aux Etats-Unis, il est réputé pour ses films à caractère ethnique destinés aux communautés juives, noires et ukrainiennes.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Santé et médecine sont présentées comme des institutions qui détiennent incontestablement les voies de la prise en charge mais, confrontées à la différence des cultures, peinent à pouvoir en faire bénéficier les membres de la communauté amérindienne.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
salle communautaire ; cinéma itinérant

Communications and events associated with the movie

(français)
Vente du timbre antituberculeux pour contribuer au financement de la campagne.

Audience

(français)
public communautaire, ici les Indiens Navajos

Local, national, or international audience

National

Free-form description

(français)
Sur une musique lyrique, en animation, les différents éléments du timbre antituberculeux : d’abord la croix symbole du National Tuberculosis Association, avec sa double traverse et ses angles biseautés, puis le slogan : « Contre la tuberculose, avec les timbres caritatifs de noël ». Générique sur fond de paysages désertiques ou de surface de bois équarrie.
Préambule : une adresse aux spectateurs Navajos
Ext. Nuit. Autour d’un feu, des silhouettes se mettent à danser, certaines munies de torches (la danse exécutée s'appelle Fire dance ou Corral dance). Gros plans sur des profils d’Indiens, cheveux tenus, visage ridé, regard fixant le lointain, qui font songer aux portraits photographiques pris par Edward S. Curtis au début du XXe siècle, lesquels étaient réputés pour valoriser la dignité des Amérindiens. Scène de chasse parmi les rocs du désert, où ils figurent vêtus d’un unique pagne. Le commentaire rappelle que les Amérindiens étaient les premiers occupants du territoire des Etats-Unis. Dans le dernier plan, un fondu enchaîné montre l’un d’eux soudain vêtu à la cow-boy, avec un pantalon, une chemise et un gilet. Dès lors, les Indiens que nous voyons ne s’adonnent plus à la chasse mais à des activités d’élevage et d’agriculture. « Leurs ennemis naturels étaient nombreux. » Aujourd’hui, ils doivent affronter de nouveaux types d’ennemis, « l’un d’eux est une maladie cruelle : la tuberculose ». Cependant, « la génération actuelle n’a rien perdu du courage de ses pères. »
Int. Nuit, des Indiens assis en rangs, attentifs à un événement laissé hors champ : on devine que c’est une conférence sanitaire. « Cet ennemi aussi, ils le vaincront. » Fin du préambule par un fondu au noir. Il est visiblement caractérisé par des marques de respect envers la nation indienne : rappel historique du commentaire qui les positionne comme les premiers occupants de l’Amérique, considérations sur leur esprit de combat qui s’applique aussi à la survenue du fléau sanitaire, enfin prises de vues qui exaltent leur habileté aux gestes de la chasse et leur aura physique demeurée intacte malgré la sédentarisation de leur mode de vie et l’occidentalisation de leur apparence.
Une famille en proie à la maladie
Une charrette chemine dans la campagne. Un homme, un enfant et une femme : elle est la mère de l’enfant, celui-ci est le petit-fils de l’homme. Par les paroles de ce dernier, nous comprenons que le père de l’enfant vient de mourir. « Selon nos coutumes, il faut le laisser en paix » (plan de coupe d’un feu de bois consumant sans doute le corps du père). L’enfant demande : est-ce que sa mère qui tousse va mourir à son tour ? « Who knows ? » répond l’homme, exprimant son fatalisme. Long carton pour expliquer la suite de l’histoire : la mère va en effet mourir à son tour ; le grand-père, nommé Slow Talker (Celui-qui-parle-lentement) s’occupe des enfants, Don et Nema ; Robert, leur nouveau voisin, est devenu un ami. Ils vivent « dans le respect des traditions ». Autour d’un grand feu marchent des hommes et femmes qui chantent un chant rituel. Slow Talker, qui assiste à la scène, entame un monologue en amérindien (probablement du navajo authentique puisque le comédien est navajo lui-même : le navajo est la plus vigoureuse des langues amérindiennes, ce choix de la faire entendre dans le film est sans doute déterminé par le fait qu'il est orienté vers un public amérindien). Derrière lui sont assis une jeune fille et deux jeunes garçons. Nous devinons que la jeune fille est Nema, l’un des deux garçons est son frère, Don, l’autre est Robert. C’est l’autre qui prend la parole, reprenant le discours de Slow Talker en anglais : jusqu’à présent, les Navajos ont toujours su se battre, « mais maintenant nous mourons. » Allusion à un adversaire différent, contre lequel les guerriers sont devenus impuissants. « C’est vrai, ajoute-t-il. Tes deux parents sont morts de tuberculose. » Slow Talker met en cause le manque de respect envers les traditions, le jeune homme émet un doute : « les armes de nos ancêtres ne peuvent pas vaincre la tuberculose. » La jeune fille demande : « Devrions-nos écouter les médecins blancs ? ». Don s’y refuse, il préfère rester dans la voie de son grand-père. Robert explique à Nema que s’il respecte son peuple, il estime que « les Blancs savent beaucoup de choses. » Il quitte la tribu pour aller dans un pensionnat. (05.01)
Robert et la science des Blancs
Jour du départ de Robert. Le regardant s’éloigner à grande chevauchée, Slow Talker dit à Nema : « Il trahit les coutumes de son peuple. » La mise en scène le montre pourtant comme un cavalier alerte, qui dévale les pentes du désert rocailleux dans la plus belle tradition western. Ulmer prend soin d'en imprégner son film, notamment par la place qu'il donne au ciel dans ses plans larges, aux nuages qui s'étalent majestueusement et dont la forme accidentée réplique celle des rocs du désert américain. « Très vite, il devient bon élève », précise le commentaire sur un plan de Robert absorbé par l’étude, un autre où il taille du métal devant un four, un troisième où il se lave soigneusement les mains. Ce qui s’acquiert : la théorie, le savoir-faire technique, l’hygiène. « Il intègre l’ordre et la propreté dans son quotidien. » Un médecin en visite dans son école l’interpelle, ainsi que ses camarades : « Vous semblez robustes, mais un mal invisible vous guette, ce sont les germes. » Le personnage joue ici son propre rôle, désigné Doctor W. W. Peter dans le générique.Examen de Robert dans le dispensaire. Le médecin pratique des percussions. « Nous mettons l’oreille au sol pour entendre l’ennemi approcher. – Ah oui ? Nous appliquons le même principe. Les poumons émettent un son différent s’ils sont sains ou malades. » Le film poursuit un même principe de rapprochement entre conceptions indienne et occidentale des mêmes réalités pour préparer le spectateur à l’évolution intérieure de Robert, de plus en plus ouvert à la science des Blancs sans renoncer aux principes de son ethnie. Quand Robert passe une radiographie, le médecin lui en explique le principe. Il commente l’épreuve devant lui. « Tout est sain, sauf cette tâche. Tu la vois ? » Le médecin l’enjoint de se faire traiter dans un sanatorium. (09.53)
Robert, émissaire indien du savoir médical moderne
Robert au sanatorium. Le plan dure quelques secondes, éludant la durée du séjour. Une infirmière apporte un plateau repas à son chevet. Le commentaire continue d’appliquer au registre guerrier son récit de prise en charge : « He learns to fight his enemy… in bed. » Pendant ce temps, Don rapporte des nouvelles de Robert au village. « Il est fainéant, il se laisse aller », juge Slow Talker. « Nos ancêtres combattaient l’ennemi debout, jusqu’à tomber. » Don l’écoute en toussant. « Tu devrais aller voir le médecin », suggère Nema. Don refuse, il se sent fort.Robert, lisant sur un banc baigné de soleil. Le médecin s’assoit à côté de lui. Il souhaiterait lui décrire cette maladie auquel son peuple est particulièrement exposé. Il l’instruit pour en faire son émissaire. « Tu pourras, mieux que moi, aider ton peuple à comprendre ». Croquis du médecin sur un bloc-notes. Large crayonnage à l’intérieur du contour du poumon pour montrer l’étendue de la maladie. « Le malade perd l'appétit, il maigrit, s’affaiblit. Enfin, il meurt. » Il n’existe pas de remède, mas c’est à la nature de guérir de la tuberculose, pourvu qu’on lui permette d’agir. « On peut mettre le poumon au repos en restant tranquillement au lit ». Le médecin explique ensuite à Don le principe du pneumothorax à l’aide d’un manuel, puis la nature des germes en l’entraînant dans son laboratoire, toujours dans l’idée que Don puisse transmettre à son peuple cette explication. Plan sur Robert allongé dans son lit, les yeux au plafond, intériorisant le discours du médecin à l’usage des siens. (16.38)
La conversion de Slow Talker
Don dans un ranch, entouré de cow-boys, employé à diriger les agneaux dans une cuve remplie d’eau. Il s’affaisse sur la barrière, pris de douleurs. Accouru auprès de lui, Slow Talker s’inquiète. Don se met à cracher abondamment. Il est acheminé dans une automobile. A la porte du dispensaire, Slow Talker et Nema attendent. Le médecin vient les voir : « Don a contracté la tuberculose, explique-t-il. Il a excessivement travaillé avec les bêtes. Ses poumons saignent. » Retour au village. Robert explique à Nema qu’elle doit se faire examiner à son tour. Slow Talker hoche de la tête. Il veut accompagner Nema et se faire examiner lui-même. Slow Talker et le médecin devant l’épreuve radiographique de ses poumons. « Voyez ces taches. Vous avez contracté la tuberculose mais vous lui avez résisté. » Dans l’ombre relative de la chambre noire, le visage de Slow Talker s’anime d’un infime sourire. « J’ai donné cette maladie aux miens », ajoute-t-il. Le médecin hoche la tête pour dire oui. Celle de Slow Talker s’incline, il admet la vérité et son entêtement à ne pas lui faire face. Il se rappelle de la parole de son petit-fils : « ma mère va-t-elle mourir aussi ? », fondu enchaîné avec le plan du début du film pour indiquer le flash-back. « Now, I know the enemy » dit résolument Slow Talker. A Robert et Nema qui l’attendent devant le dispensaire, il dit qu’il va rester pour se faire traiter. Le plan est joli parce qu’il réunit les différents protagonistes de la séquence dans une composition signifiante : côte à côte Nema et Robert de dos, Slow Talker qui leur fait face et à ses côtés le médecin, mais celui-ci se tenant derrière la porte vitrée comme s’il voulait se positionner dans un léger retrait.
Epilogue. Au village, dans la maison de la famille de SlowTalker : un bébé est né, s’agitant dans son berceau. Une enquêtrice médicale est là pour l’examiner. « Son grand-père sera fier ! » Nema le lui amène au sanatorium. Slow Talker, assis sur une chaise roulante, le salue à distance. Gros plan sur son visage empreint de douleur quand il se renverse sur sa chaise. Le commentaire lui adresse ses derniers mots : « Slow Talker, nous te saluons. Par ton exemple, les tiens sauront vaincre ! »

Notes complémentaires

(français)

Références et documents externes

Référence primaire

(français)
Sur le site Medical Movies on the Web, Another to conquer fait partie des 8 films analysés par Devin Orgeron, PhD (North Carolina State University). Titre de l'article : Edgar Ulmer, the NTA and the Power of sermonic medicine. https://www.nlm.nih.gov/hmd/collections/films/medicalmoviesontheweb/orgeron-ulmer-essay.html (consulté le 6 septembre 2017)


Lowy Vincent & Cantor David, Conversion Narratives, Health Films, and Hollywood Filmmakers of the 1930s and 1940s in Health Education Films in the Twentieth Century, edited by Christian Bonah, David Cantor and Anja Laukötter, University of Rochester Press, Rochester, 2018.


Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet