Mongolisme et chromosomes (1959)

From Medfilm



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Titre :
Mongolisme et chromosomes
Year of production :
Country of production :
Scientific advisor(s) :
Duration :
4 minutes
Format :
speaking film - Black and white -
Original languages :
Subtitles and transcription :
Production companies :
Archive holder(s) :
Corpus :

Main credits

(français)

Ministère de l'Éducation Nationale - Institut Pédagogique National - Cinémathèque de l'Enseignement Public

Ce film a reçu le visa du Ministère de l'Éducation nationale après examen par la commission du Cinéma d'Enseignement

Musée Pédagogique Sapience - Institut Pédagogique National - Présente

Actualités Scientifiques et Techniques - Production : les films du cyprès

Mongolisme et chromosomes - Hôpital Trousseau - Pr. Turpin, Drs Gauthier et Lejeune

Content

Theme

(français)

Ce documentaire de 1959 présente la découverte de l'origine biologique du mongolisme par l’évolution des techniques scientifiques, en France.

Main genre

Documentary

Synopsis

(français)

Ce documentaire présente la découverte de l'origine biologique du mongolisme à travers l'étude des chromosomes. Un spécialiste définit le rôle des chromosomes, expliquant que chaque espèce se distingue par leur nombre et qu'ils définissent chaque espèce. Il aborde le rôle des chromosomes dans l'hérédité, notamment la transmission de l'héritage physique, et précise également que les maladies se transmettent de parents à enfants par ce même biais. Le documentaire détaille également les nouvelles techniques de laboratoire d'observation et de classification permettant d'analyser ces chromosomes et donc de découvrir que cette pathologie est causée par un quarante-septième chromosome surnuméraire.

Context

(français)

Le film s'inscrit dans une période majeure de la recherche médicale française. La découverte de l'origine génétique de la trisomie 21 est publiée officiellement en janvier 1959, ce qui révolutionne la biologie en prouvant qu'un handicap peut venir d'une anomalie biologique liée au nombre de chromosomes.

Le travail présenté dans ce film repose sur la collaboration de trois spécialistes de l’Hôpital Trousseau. Le Professeur Raymond Turpin, qui dirigeait le service de pédiatrie et de génétique, est le premier à s'être interrogé sur le « mongolisme », et que cela n'était pas qu’un trouble mental mais bien une maladie inscrite dans les cellules. Pour confirmer cette hypothèse, il s'est entouré de personnes compétentes en la matière.

Parmi eux, Marthe Gautier est une médecin chercheuse. C'est elle qui a introduit en France les méthodes modernes de culture cellulaire après un séjour aux États-Unis. Grâce à ses recherches et expériences, elle a réussi à faire se multiplier des morceaux infimes de tissus humains dans des tubes à essai, permettant ainsi de rendre les chromosomes enfin observables au microscope.

Jérôme Lejeune travaillait alors comme jeune chercheur, encadré par le Professeur Turpin. Sa mission a consisté à analyser les cultures préparées en laboratoire pour y compter les chromosomes. C'est lors de ces observations qu'il a pu identifier la présence d'un 47ème élément. Au-delà de cette carrière scientifique, Jérôme Lejeune est resté comme une figure marquante pour son opposition ferme à l'avortement. Son engagement militant est d'ailleurs documenté dans d'autres œuvres audiovisuelles de l'époque, comme le film « Y a qu'à pas baiser », où il exprime ses convictions morales et religieuses face aux évolutions de la société.


À l'époque de la production du film, le terme "mongolisme" était le seul vocabulaire médical employé. Il vient du XIXe siècle et repose sur une comparaison physique fausse avec les populations de Mongolie. Ce n'est qu'après ces travaux de 1959 que le nom "trisomie 21" s'est imposé. En effet le terme représente davantage la réalité lié à la présence d'un troisième chromosome sur la paire 21. Le changement de nom a permis d'abandonner ce terme aux connotations raciales. Aujourd'hui cela est jugé inacceptable, à juste titre, pour laisser place à une description purement scientifique et nettement moins péjorative.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage : Yes.
  • Set footage : No.
  • Archival footage : No.
  • Animated sequences : Yes.
  • Intertitles : Yes.
  • Host : No.
  • Voix off : Yes.
  • Interview : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)

La réalisation utilise une progression qui part du dessin pour aller vers une documentation filmée en laboratoire. Le film commence par une animation simple qui explique le sujet, puis utilise des schémas de plus en plus précis pour imager et donc visualiser le fonctionnement des cellules. Une fois que la théorie est posée, les séquences montrent de vrais gestes médicaux en gros plan, comme les mains de scientifiques qui manipulent des tubes ou découpent les chromosomes d’une image imprimée provenant d’un microscope. Ce passage de l'image dessinée à l'image réelle permet au spectateur de comprendre les explications théoriques puis avoir une preuve concrète et visible au microscope.

How are health and medicine portrayed?

(français)

Le film montre la médecine comme une activité de recherche technique. Aucun patient n'est filmé en consultation et l'action se déroule uniquement dans un laboratoire. La santé est traitée sous l'angle biologique. La maladie n'est plus un mystère mais devient une anomalie de nombre dans les chromosomes. Le documentaire expose des étapes précises comme la mise en culture des cellules, leur éclatement et la coloration. La preuve médicale repose sur la capacité technique à photographier et à classer le matériel génétique sur papier pour rendre l'anomalie visible.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Le film est un outil pédagogique distribué par la Cinémathèque centrale de l'enseignement public. Il a sûrement été projeté dans les établissements scolaires et peut-être les facultés de médecine pour illustrer les cours de biologie.

Presentations and events associated with the film

(français)

Le contenu est validé officiellement par le Ministère de l'Éducation nationale. Le visa de la Commission du Cinéma d'Enseignement visible au début du film confirme son usage comme document de formation certifié.

Audience

(français)

Le film est destiné aux milieux scolaires et universitaires à travers le réseau de la Cinémathèque centrale de l’enseignement public. On peut supposer que l'audience visée est composée de personnes qui découvrent ces notions pour la première fois. Cette hypothèse s'appuie sur le vocabulaire utilisé par le narrateur qui reste volontairement simple et pédagogique. L'utilisation récurrente de schémas et d'animations pour expliquer des concepts complexes comme la division cellulaire ou l'hérédité renforce cette idée d'un support conçu pour la vulgarisation et l'apprentissage de base.

Local, national, or international audience

Description

(français)

Introduction et générique 0 min 00 s - 0 min 47 s

Le film s'ouvre sur les cartons de présentation de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et du Réseau Canopé. Produit par la Cinémathèque centrale de l’enseignement public avec l’Institut Pédagogique National, le générique précise que l'œuvre a été réalisée à l’hôpital Trousseau. Les travaux sont placés sous la direction du Professeur Turpin et des Docteurs Gautier et Lejeune. Le film dispose d’un visa du Ministère de l’Éducation nationale, après validation par la commission du Cinéma d’Enseignement. Cette séquence initiale établit l'autorité scientifique et institutionnelle du document.

Séquence d'animation initiale 0 min 47 s - 0 min 55 s

Cette séquence utilise un film d'animation en noir et blanc, rappelle des éléments découpés. Un enfant est représenté avec un filet à papillons à la main. La silhouette de l'enfant, bien que stylisée, met en avant des joues pleines avec un grand sourire et une morphologie trapue. Il tente à deux reprises d'attraper un papillon posé sur une fleur. Tous deux sont disproportionnés par rapport à l'enfant. À chaque tentative, l'enfant bascule ou tombe tandis que l'insecte s'envole. L'animation se termine sur l'enfant au sol avant qu'il ne se relève pour une nouvelle tentative.

La structure cellulaire 0 min 55 s - 2 min 10 s

Cette séquence a pour but d'expliquer que tous les êtres vivants sont formés de cellules, qui sont les "briques" invisibles constituant notre corps. Pour illustrer cela, il montre des cellules de différentes origines : des cellules nerveuses (les neurones qui transportent les messages dans notre cerveau), des protistes (de minuscules êtres vivants formés d'une seule cellule qui vit de manière autonome) et des cellules végétales (qui forment les plantes). À l'intérieur de chaque cellule, on trouve un noyau contenant des chromosomes. Le narrateur explique que chaque être (végétal, animal ou humain) est constitué de cellules invisibles à l'œil nu. Chaque cellule contient deux parties, soit le protoplasme (le corps de la cellule) et le noyau, où se trouvent les chromosomes. Pour illustrer la spécificité de chaque espèce, une comparaison est faite entre le patrimoine génétique et des jeux de société; Chaque espèce se distingue donc par son nombre et la forme des chromosomes, à l'image de la distinction entre le jeu de dames, d'échecs ou de jacquet par leurs plateaux respectifs. Une animation montre ensuite la transmission de ces chromosomes des parents vers l'enfant, soulignant que les maladies héréditaires suivent ce même chemin biologique.

L'étude des chromosomes 2 min 10 s - 2 min 30 s

Cette séquence montre l'ouverture d'un ouvrage médical ancien, dictionnaire ou encyclopédie spécialisée du XIXe siècle. Un portrait dessiné présente les caractéristiques physiques d'un enfant atteint de ce qui est nommé alors le "mongolisme". Les traits relevés sont un visage arrondi, des yeux bridés avec un repli de peau (épicanthus), un front large et une bouche entrouverte laissant apparaître la langue. Le narrateur précise que cette affection touche un enfant sur huit cents en France. Il conclut que l'origine de cette maladie, longtemps restée inconnue, a été identifiée grâce à l'étude au microscope des chromosomes.

La division cellulaire 2 min 30 s - 3 min 05 s

Le film explique que les chromosomes sont habituellement emmêlés dans le noyau sous forme de pelote. Ils ne deviennent observables que durant la mitose (phase de reproduction de la cellule). C'est durant ce bref instant qu'ils sont dits individualisés, c'est-à-dire qu'ils prennent une forme de bâtonnet ou de croix permettant de les distinguer. Des schémas montrent la cellule de profil avec son fuseau et une coupe transversale (nommée "coupe selon AB") montrant la plaque équatoriale. Cette organisation permet de s'assurer que chaque nouvelle cellule reçoit la même quantité d'informations génétiques lors de la division.

La méthode du caryotype 3 min 05 s - 4 min 19 s

Des images documentaires montrent les manipulations en laboratoire. Il est montré une culture de cellules, avec une utilisation de pipettes en la passant au-dessus d'une flamme puis quelques gouttes déposées dans un tube à essai. La séquence filmée détaille la méthode permettant de compter les chromosomes. Les cellules sont éclatées, photographiées, puis les chercheurs découpent chaque chromosome sur papier imprimé pour les classer par paires numérotées sur une feuille. Cette méthode, appelée aujourd'hui caryotype, a permis de mettre en évidence que l'être humain possède 46 chromosomes. La séquence se termine par la mise en relief d'un 47ème chromosome (chromosome surnuméraire) chez les enfants atteints de trisomie 21, confirmant l'origine génétique de la pathologie.

References and external documents

(français)

Film d'archive Mongolisme et chromosomes, Medfilm, Université Paris Cité / Sorbonne Nouvelle.

Lejeune J., Gautier M., Turpin R., Les chromosomes humains en culture de tissus, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 1959.

Gautier M., Cinquantenaire de la trisomie 21. Retour sur une découverte, Médecine/Sciences, 2009.

Documentaire Y a qu'à pas baiser, réalisé par Carole Roussopoulos, 1971.

Dr V. Kemmel, UE 2.1 Biologie cellulaire et moléculaire, Les molécules Organiques et Inorganiques, Les bases moléculaires.

Amelia-Naomi Sabo, UE 2.1 Biologie cellulaire et moléculaire, La multiplication cellulaire.

Contributors

  • Record written by : Célestine Osio