L'alcoolisme (1960)

From Medfilm
Jump to: navigation, search

 

L'alcoolisme


Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.

Title L'alcoolisme
Year of production 1960
Country of production France
Director(s) Henri Nozet
Scientific advisor(s)
Duration 25 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16mm
Original language(s) French
Production companies Les Productions Cinématographiques Intercontinentales
Sponsor(s) Ministère de l'Education Nationale
Archive holder(s) CNDPUniversité Paris 3

Main credits

(français)
Ministère de l'Education Nationale / Institut Pédagogique National / Cinémathèque de l'Enseignement Public/ Ce film a reçu le visa du Ministère de l'Education Nationale après examen par al Commission du Cinéma d'Enseignement / Institut Pédagogique Nationale présente / Conseiller pédagogique : Henri Nozet.

Contents

Medical themes

Theme

(français)
L'alcoolisme en France : ses causes, ses nuisances sur la santé, ses modes de prise en charge.

Main genre

Documentaire

Abstract

(français)
Après avoir ouvert sur une saynète illustrant les conséquences de l'éthylisme parmi la population ouvrière, le film met en cause les modes de vie modernes qui favorisent la prise d'alcool, puis il en expose les effets sur la santé et la sociabilité, enfin il rappelle les coûts de la prise en charge pour indiquer que ces investissements pourraient être mis à profit dans d'autres secteurs utiles au développement de la nation.

Context

(français)
Alcool :

Aux XIXe et début XXe siècles, place de choix de l'alcool dans le quotidien des classes laborieuses. Le vin, présent à table, était considéré comme une boisson vitalisante dans les sociétés rurales traditionnelles. Cet usage du vin se retrouve dans les modes de vie du prolétariat urbain. D'après Georges Vigarello, "le mot alcoolisme est nouveau après 1850. Il définit une maladie, celle qui ajoute à l'ivrognerie séculaire un ensemble de symptômes très circonscrits : atteinte du foie, atteinte des vaisseaux, catharre chronique, tremblements et troubles nerveux, delirium tremens..." (VIGARELLO Georges, Histoire des pratiques de santé, Paris, 1993, p. 222). Il est vrai que la consommation d'alcool a nettement grandi pendant le XIXe siècle, laissant planer la menace de la dégénérescence des hommes, "forces vives" des nations.

La lutte antialcoolique est impulsée par la création de la Société française de tempérance en 1873. Plusieurs mesures sont prises : répression de l'ivresse publique par la loi du 13 février 1873, interdiction de l'absinthe juste avant le début de la guerre de 1914, obligation de l'enseignement "sur les dangers de l'alcool au point de vue de l'hygiène, de la morale et de l'économie sociale et politique". Le cinéma participe rapidement aux campagnes de prévention, cf. les films de Comandon et O' Galop, Petites causes, grands effets ou L'oubli par l'alcool réalisés en 1918.


A partir de 1954, sous l'impulsion du gouvernement Mendès-France, développement de l'action publique contre l'alcoolisme :

- fermeture des débits de boissons et réglementation des points de vente (sur les lieux de travail notamment : les employeurs doivent désormais mettre de l'eau potable à disposition de leurs salariés)

- développement de la prévention routière et prévention scolaire

- lancement de campagnes publicitaires anti-alcool

- réglementation de la publicité avc interdiction d'associer l'alcool au sport et à la conduite en automobile.

En 1954, le Haut Comité d'Etudes et d'Informations sur l'Alcoolisme est créé.

Le film met l'accent sur les ravages de l'alcool chez les populations ouvrières. Il se place dans un débat qui se poursuit depuis le milieu du XIXe siècle. Un mouvement d'"hygiène industrielle" nait à la fin du XIXe siècle qui contrebalance les discours moralisateurs, culpabilisant les ouvriers, par un regard plus égalitaire. Il est le fait de médecins et responsables politiques qui "interprètent 'l'alcool du pauvre' comme une conséquence de la misère et non l'inverse." (VIGARELLO,op. cit. p. 246). Il apporte le souci de protéger les ouvriers des accidents et intoxications auxquels les exposent leurs conditions de travail.

Structuring elements of the film

  • Reporting images  : Yes.
  • Studio pictures  : No.
  • Archive footage  : Yes.
  • Animation sequences  : No.
  • Inter-titles  : Yes.
  • Animator  : No.
  • Voice over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the movie direct the spectator's view?

(français)
Le film combine saynètes et présentation chiffrées. Ce sont deux manières de rappeler le spectateur que ce sujet concerne la collectivité dont il fait partie. La succession des saynètes mettent en jeu des jeunes et des plus âgés, des ouvriers et des cadres pour établir que la population est concernée dans sa diversité ; les données quantitatives qui suivent englobent cette diversité dans le tout que constitue l’ensemble d’une population solidarisée.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La santé et la médecine sont présenté comme des institutions efficaces. Il reste que l'investissement dans le curatif que requiert le comportement alcoolique pourrait profiter à d'autres types d'actions publiques.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Entreprises, établissements scolaires

Communications and events associated with the movie

(français)

Audience

(français)
Elèves de secondaire, travailleurs

Local, national, or international audience

National

Free-form description

(français)
L'alcool au travail

[00'00"]

Plan général de chantier. Un cri, une planche tombe. « Naturellement, c’est Leblanc ! » en voix off. Un ouvrier se fait engueuler par le chef de chantier dans son bureau : c’est Leblanc. Ce n’est pas la première faute qu’il commet. Heureusement qu’il est père de famille, sinon, il serait déjà viré. Il ferait quand même bien d’aller consulter un médecin. Celui-ci est installé dans un bureau exigu, il ne s’agit sans doute pas d’un décor parce qu’il impose un recul limité pour la caméra. Le médecin s’enquiert de la consommation d’alcool de Leblanc. « Je sais bien que beaucoup de personnes oublient que le vin est une boisson fortement alcoolisée » ajoute t-il quand Leblanc, en amorce de l’image, lui a répondu qu’il buvait deux litres de pif en plus du remontant du matin et de l’apéro du soir. Graphique animé comparant la consommation d’alcool par habitant de différents pays : la France est vainqueur. Le médecin est un homme réaliste et simple, il parle directement, sans chercher à moraliser. « Boire du vin n’est pas dangereux, à condition d’en boire modérément : 1 litre par jour pour un ouvrier, trois quarts pour un métier itinérant, encore moins pour un travailleur sédentaire. » Leblanc fait boire à ses enfants du vin coupé d’eau ? Il doit cesser immédiatement.

[05'30"]


l'alcool : un danger pour toute la société

[05'30"]

Le commentaire enchaîne : « L’alcool ne touche pas qu’une couche sociale ». Inventaire des situations éthyliques. Petites habitudes d’amis dans un café, mondanités dans un riche appartement. Un homme dans l’obscurité de son salon se remplit un nouveau verre devant la télévision montrant une mire détraquée. « On prétend même que l’alcool fait oublier la solitude… » Séquence d’alcool au volant, avec un homme qui prend la voiture après s’être attardé au restaurant. Il dénoue sa cravate et jette un œil vague vers le paysage englouti par la nuit. « Cette route, on la connaît par cœur, la voiture semble rouler toute seule. » Sur un fond de roulements de tambour aux échos funèbres, succession de vues sur des articles de journaux qui relatent des accidents de la route.

[09'33"]


le poison des familles

[09'33"]

Après une composition chorégraphique dans laquelle des verres se mettent à tourner en envoyant des reflets, nouveaux graphiques animés indiquant la courbe des tuberculoses liées à l’alcool, celle des hommes croissant plus vite que celle des femmes parce qu’elles boivent moins. De manière générale dans le film, l’alcoolisme féminin n'est pas traité. La femme est davantage montrée comme une victime du vice éthylique des hommes, au même titre que les enfants, comme l’illustre la séquence suivante qui montre la visite d’un médecin auprès d’un enfant malade, « nerveusement instable ». Dans l’appartement noyé d’ombre, le médecin s’enquiert de la santé du mari, façon de mettre à jour son problème d’alcoolisme. « Je crains que votre fils ne paye l’intempérance de son père » ajoute -t-il après avoir examiné l’enfant. Le visage de la femme est marqué par une souffrance patiente. Sa voix est blanche, presque un souffle quand elle apprend au médecin que son mari a perdu sa place parce qu’il boit et que ses dépenses à l’estaminet privent le foyer de l’argent nécessaire.

[14'18"]


L'alcoolisme a un coût

[14'18"]

Quelques nouvelles données, jetées dans un pêle-mêle sinistre. Pourcentage des enfants de parents alcooliques dans les établissements surveillés ou à l'Assistance Publique. La toge d’un avocat dont on ne voit pas le visage, comme si son anonymat suggérait le caractère général de sa plaidoirie : « Le criminel, ce n’est pas juste cet homme, c’est l’alcool, ce poison qu’on délivre sans ordonnance. » Schéma animé qui rappelle le montant des dépenses de prises en charge des malades de l’alcool, et celui de leurs dépenses pour le consommer. « Avec tout l’argent économisé, on pourrait acheter… » … certes, des écoles, des logements sociaux, mais aussi et surtout, des autoroutes!

[18'54"]

Notes complémentaires

(français)

Références et documents externes

(français)

  • RadioTelevisionScolaire n°3 p8 (24/02-07/03/1965)
    L’article présente une émission sur l’alcoolisme où un alcoolique anonyme livre son témoignage à des élèves auditeurs de la Radio-Télévision Scolaire. Des extraits du contenu de l’émission sont suivis d’une suggestion d’utilisation de celle-ci et d’un tableau comparant la consommation d’alcool en France avec celle d’autres pays.
  • RadioTelevisionScolaire n°20 p12 (1er-13/02/1965)
    L’article présente la même émission sur l’alcoolisme qu’à la page 8 du Bulletin de la RTS n°3 (24 février -07 mars 1964). Le tableau en est cependant absent et l’introduction précise que la diffusion à lieu à l’occasion de la journée d’information sur l’alcoolisme.


Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet

<translate>Enquête sur l'alcoolisme, ses méfaits sur la santé, sa présence diffuse dans la société</translate><translate>Multipliant les fautes sur le chantier, lesquelles mettent en danger ses collègues, un ouvrier est incité à se faire examiner par un médecin. Celui-ci lui révèle qu'il souffre d'alcoolisme. Le film tente ensuite une géographie et une sociologie de la France éthylique, afin de montrer que les ravages de l'alcool concernent l'ensemble de la population (masculine) française, rendant les femmes et les enfants victimes de la conduite inconséquente des hommes qu'elle met sous emprise.</translate><translate>Cinéma :

Développement dans les années cinquante de la production de films d’entreprise visant à prévenir les travailleurs contre les dangers qui se présentent dans leur environnement et leurs comportements professionnels. Cf. les études de Gérard Leblanc.

Alcool :

Aux XIXe et début XXe siècles, place de choix de l'alcool dans le quotidien des classes laborieuses. Le vin, présent à table, était considéré comme une boisson vitalisante dans les sociétés rurales traditionnelles. Cet usage du vin se retrouve dans les modes de vie du prolétariat urbain. D'après Georges Vigarello, "le mot alcoolisme est nouveau après 1850. Il définit une maladie, celle qui ajoute à l'ivrognerie séculaire un ensemble de symptômes très circonscrits : atteinte du foie, atteinte des vaisseaux, catharre chronique, tremblements et troubles nerveux, delirium tremens..." (VIGARELLO Georges, Histoire des pratiques de santé, Paris, 1993, p. 222). Il est vrai que la consommation d'alcool a nettement grandi pendant le XIXe siècle, laissant planer la menace de la dégénérescence des hommes, "forces vives" des nations.

La lutte antialcoolique est impulsée par la création de la Société française de tempérance en 1873. Plusieurs mesures sont prises : répression de l'ivresse publique par la loi du 13 février 1873, interdiction de l'absinthe juste avant le début de la guerre de 1914, obligation de l'enseignement "sur les dangers de l'alcool au point de vue de l'hygiène, de la morale et de l'économie sociale et politique". Le cinéma participe rapidement aux campagnes de prévention, cf. les films de Comandon et O' Galop, Petites causes, grands effets ou L'oubli par l'alcool réalisés en 1918.


A partir de 1954, sous l'impulsion du gouvernement Mendès-France, développement de l'action publique contre l'alcoolisme :

- fermeture des débits de boissons et réglementation des points de vente (sur les lieux de travail notamment : les employeurs doivent désormais mettre de l'eau potable à disposition de leurs salariés)

- développement de la prévention routière et prévention scolaire

- lancement de campagnes publicitaires anti-alcool

- réglementation de la publicité avc interdiction d'associer l'alcool au sport et à la conduite en automobile.

En 1954, le Haut Comité d'Etudes et d'Informations sur l'Alcoolisme est créé.

Le film met l'accent sur les ravages de l'alcool chez les populations ouvrières. Il se place dans un débat qui se poursuit depuis le milieu du XIXe siècle. Un mouvement d'"hygiène industrielle" nait à la fin du XIXe siècle qui contrebalance les discours moralisateurs, culpabilisant les uvriers, par un regard plus égalitaire. Il est le fait de médecins et responsables politiques qui "interprètent 'l'alcool du pauvre' comme une conséquence de la misère et non l'inverse." (VIGARELLO,op. cit. p. 246). Il apporte le souci de protéger les ouvriers des accidents et intoxications auxquels les exposent leurs conditions de travail.

</translate><translate></translate><translate>Elèves de lycée, professionnels</translate><translate>Introduction : petite fiction édifiante : l'ouvrier que l'alcool rend inconséquent

Plan général de chantier. Un cri, une planche tombe. « Naturellement, c’est Leblanc ! » en voix off. Un ouvrier se fait engueuler par le chef de chantier dans son bureau : c’est Leblanc. Ce n’est pas la première faute qu’il commet. Heureusement qu’il est père de famille, sinon, il serait déjà viré. Il ferait quand même bien d’aller consulter un médecin. Celui-ci est installé dans un bureau exiguë, il ne s’agit sans doutes pas d’un décor parce qu’il impose un recul limité pour la caméra. Le médecin s’enquiert de la consommation d’alcool de Leblanc. « Je sais bien que beaucoup de personnes oublient que le vin est une boisson fortement alcoolisée » ajoute t-il quand Leblanc, en amorce de l’image, lui a répondu qu’il buvait deux litres de pif en plus du remontant du matin et de l’apéro du soir. Graphique aimé comparant la consommation d’alcool par habitant de différents pays : la France est vainqueur. Le médecin est un homme réaliste et simple, il parle directement, sans chercher à moraliser. « Boire du vin n’est pas dangereux, à condition d’en boire modérément : 1 litre par jour pour un ouvrier, trois quarts pour un métier itinérant, encore moins pour un travailleur sédentaire. » Leblanc fait boire à ses enfants du vin coupé d’eau ? Il doit cesser immédiatement.

l'alcool : un danger pour toute la société

Le commentaire enchaîne : « L’alcool ne touche pas qu’une couche sociale ». Inventaire des situations éthyliques. Petites habitudes d’amis dans un café, mondanités dans un riche appartement. Un homme dans l’obscurité de son salon se remplit un nouveau verre devant la télévision montrant une mire détraquée. « On prétend même que l’alcool fait oublier la solitude… » Séquence d’alcool au volant, avec un homme qui prend la voiture après s’être attardé au restaurant. Il dénoue sa cravate et jette un œil vague vers le paysage englouti par la nuit. « Cette route, on la connaît par cœur, la voiture semble rouler toute seule. » Sur un fond de roulements de tambour aux échos funèbres, succession de vues sur des articles de journaux qui relatent des accidents de la route.


le poison des familles

Après une composition chorégraphique dans laquelle des verres se mettent à tourner en envoyant des reflets, nouveaux graphiques animés indiquant la courbe des tuberculoses liées à l’alcool, celle des hommes croissant plus vite que celle des femmes parce qu’elles boivent moins. De manière générale dans le film, l’alcoolisme féminin n'est pas traité. La femme est davantage montrée comme une victime du vice éthylique des hommes, au même titre que les enfants, comme l’illustre la séquence suivante qui montre la visite d’un médecin auprès d’un enfant malade, « nerveusement instable ». Dans l’appartement noyé d’ombre, le médecin s’enquiert de la santé du mari, façon de mettre à jour son problème d’alcoolisme. « Je crains que votre fils ne paye l’intempérance de son père » ajoute -t-il après avoir examiné l’enfant. Le visage de la femme est marqué par une souffrance patiente. Sa voix est blanche, presque un souffle quand elle apprend au médecin que son mari a perdu sa place parce qu’il boit et que ses dépenses à l’estaminet privent le foyer de l’argent nécessaire.

L'alcoolisme a un coût

Quelques nouvelles données, jetées dans un pêle-mêle sinistre. Pourcentage des enfants de parents alcooliques dans les établissements surveillés ou à l'Assistance Publique. La toge d’un avocat dont on ne voit pas le visage, comme si son anonymat suggérait le caractère général de sa plaidoirie : « Le criminel, ce n’est pas juste cet homme, c’est l’alcool, ce poison qu’on délivre sans ordonnance. » Schéma animé qui rappelle le montant des dépenses de prises en charge des malades de l’alcool, et celui de leurs dépenses pour le consommer. « Avec tout l’argent économisé, on pourrait acheter… » … certes, des écoles, des logements sociaux, mais aussi et surtout, des autoroutes!</translate><translate></translate>