Behavior patterns at one year (1935)

De Medfilm



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Titre :
Behavior patterns at one year
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Durée :
10 minutes
Format :
Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :

Générique principal

Yale film of child development- Behavior patterns at one year- Wide Range Recording- Western Electric Sound System- Copyright MCMXXXIV- Erpi Picture Consultants. Inc.

From the Photographic Library of the Yale Clinic of Child Development- Narration by Arnold Gesell, M.D.

Produced by Yale Clinic of Child Development- Arnold Gesell, M.D. Director- In cooperation with Erpi Picture Consultants Inc.

Contenus

Sujet

Etude des comportements chez un enfant âgé d’un an : séries de tests.

Genre dominant

Film de recherche

Résumé

Cette série de quatorze tests standardisés, qui mobilise différents objets usuels, vise à montrer les réactions comportementales d’un individu enfant âgé d’un an.

Contexte

Qui est Gesell : Enseignant, psychologue et pédiatre, Arnold Gesell (1880-1961) s'intéresse au développement normal de l'enfant à partir de 1921, après avoir travaillé essentiellement avec des enfants et adolescents déficients intellectuels.

Une oeuvre scientifique et cinématographique : Son œuvre écrite se double d'une œuvre cinématographique. Il tourne environ 110 000 mètres de pellicule dont il extrait un Atlas du Comportement de l'Enfant en 1934 et une vingtaine de films muets ou parlants dont la première série est éditée en 1934-1935 et la seconde série en 1947.

Un pionnier de la cinémanalyse : René Zazzo, psychologue clinicien et universitaire français, spécialiste du développement de l’enfant (confère sur Medfilm : c’est moi quand même), rend hommage à Arnold Gesell en 1962 en soulignant que : "L'analyse cinématographique, qu'il appelle [...] cinémanalyse, constitue son arme principale d'observation” Sans doute, l'enregistrement cinématographique répond-il d'abord chez Gesell à sa scrupuleuse minutie, en même temps qu'à son exigence de dynamisme, et aussi à son idéal d'objectivité visuelle : s'il n'a utilisé cette technique systématiquement qu'à partir de 1924, il faut rappeler que pour ses tout premiers essais de psychologue, en 1906, il était déjà armé d'une caméra.

Quel usage du cinéma : Il y aurait peut-être à faire une psychanalyse de la cinémanalyse... Mais l'important n'est pas là, et pour Gesell l'intérêt profond de l'analyse cinématographique n'est pas non plus dans ses incontestables qualités techniques. Le cinéma est l'instrument qui correspond le mieux à la conception moniste et morphologique de Gesell. 'L’énigme scientifique fondamentale, écrit-il, est toujours celle d'un pattern ou d'une forme... D'un point de vue moniste (où est dépassée la fallacieuse opposition du corps et de l'esprit) les problèmes principaux de la psychologie du développement sont morphologiques. Or, le cinéma par lui-même n'est pas une nourriture scientifique mais il nous aide à capturer cette forme et à définir sa loi en termes de (dynamique).'

Exploitation et conservation des données : L'oeuvre cinématographique de Gesell ne s'est pas seulement traduite par l'édition d'Atlas photographiques et de films commerciaux. Sous la direction de Louise AMES, psychologue américaine ayant introduit la théorie des stades de développement de l’enfant dans le discours populaire, les 110 kilomètres de film, leurs séquences, leurs images, ont été mis en fiches, catalogués. La collection complète a été acquise récemment par la bibliothèque de l’École de Médecine de Yale. Les documents sont à la disposition des étudiants et des chercheurs qui peuvent en permanence les visionner."

A. Gesell lui-même disait que la caméra enregistre les comportements avec une précision si cohérente, si authentique et si mesurable que les schémas réactionnels du bébé et de l'enfant en deviennent presque aussi tangibles que du tissu (in such coherent, authentic and measurable detail that [...] the reaction patterns of infant and child become almost as tangible as tissue.)

Pour plus d'informations à son sujet, cf. Arnold_Gesell

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Non.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Oui.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Oui.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Oui.
  • Interview : Non.
  • Musique et bruitages : Non.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

Les choix de mise en scène amènent le spectateur à se focaliser presque exclusivement sur l’enfant et ses actions. Premièrement, au début du film, les plans d’ensemble de la salle d’expérience montrent un environnement neutre et sombre, dépourvu de distractions : seuls apparaissent le lit du bébé et quelques objets utilisés pour les tests, en plus du bébé et de deux personnes en blouse blanche. Cette simplicité visuelle empêche toute dispersion de l’attention et renforce la focalisation sur l’enfant que l’on voit apparaître. Par ailleurs, pendant la grande majorité du film (plus de 7 minutes sur 9 minutes 35), le bébé est placé au centre de l’image et filmé en plan rapproché, en plongée. Le regard du spectateur est ainsi fortement dirigé et contraint, l’amenant à se concentrer sur les mouvements et les réactions de l’enfant. La chronologie des plans joue également un rôle essentiel : le film présente d’abord le bébé, puis introduit progressivement les objets avec lesquels il interagit, tandis que la voix-off accompagne et explicite ses actions. Cette progression guide efficacement le regard et la compréhension du spectateur. Sous cette forme, on a l’impression que le film est construit sous la forme d’un élément pouvant appuyer un cours. La fin du film marque une rupture intéressante. Les plans deviennent plus larges, sortent du cadre clinique, et montrent le bébé dans un environnement quotidien, non plus neutre mais réaliste. Le regard du spectateur est alors moins contraint et devient plus libre. Le bébé n’apparaît plus uniquement comme un objet d’étude, mais comme un enfant évoluant dans son cadre de vie.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Dans ce film, la médecine est présentée d’une part sous un angle clinique et expérimental avec un environnement plutôt froid et aseptisé. Tout au long du visionnage, le spectateur assiste à des expériences menées sur un enfant d’un an. Ainsi, il a un aperçu des recherches et des expérimentations qui peuvent être menées dans un contexte de recherche. D’autre part, la médecine est présentée comme support d’enseignement. En effet, ce film apporte des explications claires et descriptives à l’intention des personnes s’intéressant au développement de l’enfant. Les plans sont bruts et détaillés : les images sont présentées telles qu’elles ont été filmées par le docteur Gesell, sans travail de montage superficiel qui viendrait empêcher ou gêner l’évolution du film. Ainsi, la rigueur médicale est mise en avant, avec une recherche d’authenticité, de précision et de clarté. Enfin, le mot “normal” peut attirer l’attention : « enfant normal âgé d’un an ». Actuellement, on n’entend que très peu la qualification d’enfant “normal”, on choisirait plutôt de parler d’un enfant sans trouble diagnostiqué, par exemple, car nous pourrions nous demander ce qui est sous-entendu derrière le terme“normal”, ce qui lui est associé.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Nous n’avons trouvé aucune information sûre en ce qui concerne les endroits où le film a été projeté mais nous supposons que Gesell l’a présenté à ses élèves pour illustrer ses propos (contexte pédagogique).

Communications et événements associés au film

Nous n'avons pas trouvé d'informations sur les communications et évènements associés au film.

Public

Nous supposons que le public visé par ce film est pluriel. D’une part, il concerne les étudiants qui visionnent ce film dans le cadre d’un cours. D’autre part, il s’adresse à des chercheurs qui mènent des expériences sur l’évolution de l’enfant. L’utilisation d’un vocabulaire scientifique tel que « évolution cognitive » ou « schémas comportementaux », ainsi qu’un ton très descriptif suggèrent que le film s’adresse à un public d’étudiants ou de professionnels de santé. Enfin, toute autre personne intéressée par le sujet est susceptible de faire partie du public cible de ce film.

Audience

Descriptif libre

Partie 1 : Préparation de l’expérience et présentation de l’objectif du film [0 à 1,24 min]

Le film commence par un plan sur fond noir et un bruit de grésillement, possiblement le bruit de la bande image, qui se met en route, situant déjà le film dans son époque (années 1930). Avec ce fond noir et les grésillements, le spectateur est laissé dans le flou durant les premières secondes de film, permettant peut être de capter l’attention du spectateur en lui indiquant que le film commence. Deux points à noter : le premier plan qui s'arrête sur le bébé et la personne en blouse montre un bébé très vigoureux contrairement à la personne qui semble statique. On se demande même si les mouvements du bébé n’ont pas été accélérés. Si cela s’avérait ne pas être naturel, on pourrait émettre l’hypothèse que les mouvements du bébé ont été accélérés pour montrer que l’enfant, pris comme « objet d’étude », est en bonne santé ou alors pour attirer l’attention du spectateur vers le bébé. Deuxièmement, lorsque le professeur présente l’objectif du film, un fond noir apparaît accompagné d’écritures. Peut-être qu’aucun plan du bébé ou de la préparation de l’expérience n’est présenté afin que le spectateur écoute attentivement l’objectif de ce film pédagogique. Nous pouvons même penser que cela est fait pour laisser le temps aux spectateurs de noter l’objectif du film.

Partie 2 : Tests standardisés [1,25 à 8,58 min]

Tout au long du film, la voix-off de l’enseignant, Arnold Gesell, décrit précisément les actions du bébé et les met en relation avec des concepts théoriques, en s’appuyant directement sur les mouvements observés. Au total, quatorze tests sont réalisés à l’aide de quatorze objets différents, présentés successivement à l’enfant. La séquence est filmée de manière légèrement plongée, avec le bébé au centre du plan, afin de concentrer l’attention du spectateur sur ce dernier. Ce choix indique bien que le bébé doit être le seul élément dont le spectateur doit s’intéresser.


Expérience du cube [1,25 à 3,20 min]

La main de l’expérimentateur, qui apparaîtra à de multiples reprises dans le champ par le bord cadre droit tout au long des expériences, place un cube sur la table, marquant ainsi le début de la phase expérimentale. L’image se fixe alors sur le bébé : c’est la première fois que le spectateur le rencontre à l’image. Il s’agit d’un bébé d’un an, placé au centre du cadre, filmé de face en plan fixe, qui joue avec le cube et porte son regard hors-champ vers la personne qui s’y trouve.

Il est à noter qu’il y a un décalage entre ce que décrit avec précision l’enseignant (“l’enfant saisit le cube [...], elle le lève, le baisse, […]”) et ce que le bébé fait à l’image. De multiples actions avec le cube sont présentées à l’image, monopolisant toutes l’attention du bébé.

On lui place un second cube sur la table. Cet ajout entraîne une modification de ses réactions : il met les cubes en relation et fait une construction avec ces deux cubes. Il agite alors les bras en signe de contentement et de satisfaction.

L’expérience se poursuit avec l’ajout d’un troisième cube. Le bébé semble perplexe et exprime cet état en regardant l’expérimentateur, toujours en hors-champ. Il va alors réaliser ce que l'enseignant nomme le “schéma un à un”: il met les cubes un à un sur la base du lit et les replace un à un sur la table.

Enfin, l’expérience du cube atteint son point culminant lorsqu’est placée face au bébé une construction de neuf cubes sur la table, cachée d’abord par une feuille afin que le bébé ne voit pas comment elle a été formée. Le bébé va encore une fois répéter le schéma un à un en jetant les trois premiers cubes de la construction sur la base. Il va alors se désintéresser des cubes restants sur la table au profit de ceux qu’il vient de jeter. Il tente de les attraper en se retournant, révélant alors au spectateur son corps dans son entièreté. Le spectateur découvre alors que le bébé est nu, élément important qu’il ignorait jusqu’à présent, n’ayant qu’un visuel de son torse qui était déjà nu. Se pose alors la question de la nudité de cet enfant qui apparaît à l’image: pourquoi cela ? Ce choix pourrait s’interpréter comme une volonté de présenter l’« objet d’étude » dans sa forme la plus neutre possible, sans éléments extérieurs, comme les vêtements, susceptibles de détourner l’attention du bébé, de gêner ses mouvements ou d’influencer l’interprétation de ses comportements. L’expérimentateur peut avoir souhaité que le bébé soit totalement libre pour qu’il ne se concentre que sur ce qu’on lui présente.

La séquence des cubes se termine sur le replacement du bébé face caméra. Il y a une coupure de l’image pour que la séquence suivante démarre.

Expérience de la tasse [3,20 à 4,37 min]

L’expérience suivante est celle de la tasse : une tasse ainsi qu’une cuillère sont placées face au bébé. Ce dernier a déjà acquis le fait que la tasse peut contenir des objets car, d’emblée, il réalise diverses actions avec la tasse: il met la cuillère dedans, l’enlève, met sa main dedans, … Il teste l’objet et le manipule de toutes les manières qu’il connaît.

L’expérimentateur intervient pour lui montrer comment remuer la cuillère dans la tasse, et en l’observant attentivement, le bébé est capable d’imiter son geste.

L'enseignant s’adresse directement au spectateur, appuyant l’hypothèse initiale d’un cours donné à des étudiants, en demandant d’observer la réponse du bébé lorsqu’on lui présente à nouveau les cubes en association avec la tasse. Le bébé réalise alors une succession d’actions avec les objets, en combinant les schémas comportementaux qu’il avait adoptés lors des deux expériences précédentes. Enfin, l’expérimentateur va indiquer au bébé de mettre les cubes dans la tasse en la pointant. Le bébé va vérifier que son comportement répond aux attentes en regardant en hors-champ l’expérimentateur. Ainsi, il adapte sa conduite en réponse à une stimulation d’autrui.

Expérience de la pastille en sucre [4,37 à 5,39 min]

Il s’agit d’un test visant à évaluer la motricité fine du bébé. On place sur la table une pastille en sucre afin d'observer la préhension du bébé. Ce test démontre également la dualité entre les envies du bébé, à savoir mettre la pastille en bouche pour en apprécier le goût sucré, et la reproduction de ce qu’on lui montre, mettre la pastille dans le flacon, afin d’obéir à ce qui lui est indiqué.

Expérience de la cloche [ 5,40 à 6,16 min]

Dans l’expérience suivante, celle de la cloche, le bébé examine attentivement la cloche qui a été posée face à lui. Il tente d’en comprendre le mécanisme et l’observe avant d’agir, en l’agitant. Ainsi se produit une association de gestes, entre l’imitation de ce que lui a montré l’expérimentateur, c’est-à-dire agiter la cloche, et l’observation active de l’objet, traduisant son intérêt pour la compréhension de l’utilité de la cloche.

Expérience de l’anneau [6,17 à 7,11 min]

Un anneau relié à un fil est présenté au bébé sur la table, sans indication d’action. Le bébé va adopter la conduite du bâton en utilisant un support, le fil, pour atteindre l’objet convoité, l’anneau. Il va tirer sur le fil pour parvenir à se saisir de l’anneau. Il s’agit d’un comportement habituel pour un enfant de cet âge, de même que le jeu combiné qui est illustré par la suite. En effet, face aux deux objets qui lui sont présentés, l’anneau et la cloche, le bébé refuse de choisir un des deux objets au détriment de l’autre. Il préfère jouer avec les deux simultanément en les associant.

Expérience du dessin [7,12 à 7,30 min]

Cette expérience ne présente pas le même schéma de réussite que les précédentes, dans la mesure où le spectateur assiste à une contradiction évidente entre les propos du commentateur et ce qui est montré à l’image. Le bébé n’agit pas de la manière qui est décrite par le commentaire. En effet, l’enfant ne réalise pas un “dessin primitif”, comme annoncé mais saisit plutôt le crayon et l’agite dans tous les sens. Il ne “gribouille” pas “spontanément et sur demande”, mais préfère davantage détourner le crayon en le portant à sa bouche. L’expérimentateur est contraint de suivre les mouvements du bébé avec la feuille pour que le bébé “dessine” sur celle-ci.

Cela montre que cette compétence n’est pas encore acquise ou qu’elle ne fait pas partie de ses schémas comportementaux quotidiens, même si sa motricité fine semble correcte. Il s’agit d’un aspect qui n’est pas dit de manière explicite par le commentateur, mais qui peut être compris par le spectateur étant donné que les images diffèrent de ce qui est dit. D’ailleurs, la séquence est assez rapide et peut-être coupée de manière brutale pour passer à la séquence suivante, ce qui laisse le spectateur dans une sorte d’incompréhension, car le commentaire paraît optimiste vis-à-vis de la réalité de l’expérience qui n’est pas très concluante.

Expérience de la boîte à performance [ 7,31 à 8,15 min]

Un changement de plan intervient ensuite à ce stade du film : le bébé n’est plus filmé en plongée de face, mais en plongée de profil et en retrait. Ce nouveau point de vue permet au spectateur de voir à la fois les objets disposés sur la table et les actions du bébé, en adoptant une perspective proche de celle de l’enfant. Là encore, l’adulte reste partiellement hors champ. Ce changement est notamment justifié par l’introduction d’un objet plus volumineux, la boîte à performance, nécessitant un cadrage plus large pour rendre visibles les interactions entre le bébé et l’objet.

Le bébé ne parvient pas instinctivement, contrairement aux expériences précédentes, à saisir ce qu’il doit faire : mettre le bâton dans l’un des trois trous correspondant de la boîte. Le bébé se trouve en difficulté, malgré les aides et indications de la main, traduisant un manque de précision motrice. Néanmoins, il parvient à contrer la difficulté lorsque la boîte est de biais, ce qui est une “performance typique pour un enfant âgé d’un an”.

Expérience de la planche à formes [ 8,16 à 8,58 min]

Le film se poursuit avec un retour au cadrage initial pour la présentation du dernier objet : la planche à formes géométriques. Le bébé détourne dans un premier temps l’objet, en le portant à sa bouche, ce qui indique un manque d’intérêt initial pour les formes géométriques. Cet intérêt ne se développera que lorsque l’examinateur lui montrera comment placer les formes dans les trous, donc quand il bénéficiera d’une aide extérieure.

L'enseignant souligne le fait que dans cette séquence, mais manifestement dans les précédentes également, le bébé utilise de manière récurrente sa bouche comme un moyen d’explorer son environnement. Tout au long des expériences, il a tendance à porter à sa bouche les objets qui lui sont présentés, ce qui est typique pour un enfant de cet âge.

Partie 3 : Le bébé dans son environnement quotidien : une fin contrastée [8,59 à 9,35 min]

Dans la dernière partie du film, une série de plans montre le bébé dans des situations de la vie quotidienne, marquant une rupture avec le cadre expérimental précédent. L’image apparaît progressivement sur un plan fixe où le bébé, debout dans son lit à barreaux, regarde la caméra en souriant, ce qui peut suggérer qu’il est en bonne santé et épanoui, ça peut permettre aux spectateurs d’avoir une impression que l’enfant n’a pas été perturbé par les précédentes expériences. Une nouvelle transition amène ensuite une scène de bain : le bébé est filmé en plan rapproché en train d’attraper un objet, tandis qu’une présence adulte reste en arrière-plan mais partiellement hors champ, ce qui recentre l’attention sur l’enfant tout en suggérant un environnement familial. Un plan en plongée montre ensuite la même action sous un autre angle, permettant d’observer plus précisément les gestes du bébé et de guider encore davantage le regard du spectateur sur son comportement. La séquence se poursuit avec un plan fixe de profil où le bébé est assis dans une chaise haute en train de manger, illustrant une autre activité quotidienne. Enfin, le film se termine par un gros plan sur le visage de l’enfant qui sourit, offrant une image positive et rassurante. La voix-off s’achève ensuite sur un écran noir, concluant le film sur une impression d’enfant épanoui et en bonne santé, tout en renforçant la dimension humaine après l’observation scientifique. La dernière phrase de l’enseignant montre quelque chose d’unique et de beau : l’individu enfant s’exprime à travers sa capacité à évoluer dans le temps. Cela marque un respect de sa personnalité, on le laisse être comme il le souhaite, être libre.


Éléments complémentaires

Des éléments généraux sont à relever. En effet, d’une part, l’importance des mains est à souligner. Elles interviennent tel un guide à des moments opportuns du film. Elles sont précises et efficaces: elles opèrent avec parcimonie, seulement pour guider le bébé lorsque l’expérimentateur perçoit sa confusion ou pour vérifier ses capacités, le recentrer sur l’expérience. Cet effacement de l’expérimentateur permet de mettre toute la lumière sur le bébé. Ce dernier est le seul élément qui doit faire l’objet de l’attention du spectateur, c’est pourquoi on n’aperçoit plus que les mains de l’expérimentateur.

D’autre part, le bébé apparaît comme un enfant joyeux et souriant lors des expériences. Il ne semble pas perturbé par ce qu’on lui demande de faire et paraît volontaire et coopératif. Aussi, il porte à de nombreuses reprises son regard en hors-champ vers l’expérimentateur. Nous pouvons alors nous demander si ce dernier est tout à fait neutre, dans la mesure ou dès que le bébé le regarde, il a un regain d’intérêt pour les tâches. Peut-être fait-il des mimiques ou des gestes invitant le bébé à manipuler les objets, ce qui pourrait représenter une sorte de biais à l’expérience et aux conclusions citées par le commentateur.

Aussi, plusieurs coupures interviennent lors du visionnage, ce qui pourrait correspondre à l’élimination de moments jugés non pertinents pour l’analyse, ou à une volonté de dynamiser le film en ne conservant que les séquences significatives. Il est également possible que certaines actions du bébé soient volontairement écartées si elles ne correspondent pas directement aux objectifs de l’étude. Les mouvements du bébé peuvent parfois sembler très rapides, ce qui peut donner l’impression d’une accélération. On peut émettre l’hypothèse d’une volonté d’éviter les temps morts dans un film à visée pédagogique, afin d’aller à l’essentiel, ou alors de mettre en valeur l’agilité et la vivacité de l’enfant.

Références et documents externes

Dôme d'observation de Gesell à l'Université de Yale
  • "Tangible as Tissue"
    Curtis, Scott, "Tangible as Tissue", Arnold Gesell, Infant Behavior, and Film Analysis, Science in Context, Vol. 24, Issue 3: Cinematography, Seriality and the Sciences, September 2011, pp. 417-442.
  • The Photographic Dome
    Ossmer, Carola, Normal Development: The Photographic Dome and the Children of the Yale Psycho-Clinic, ISIS, Vol. 111, Number 3. The History of Science Society, 2020, pp. 515-541.
  • The Developmental Morphology of Infant Behavior Pattern
    Gesell, Arnorld, "The Developmental Morphology of Infant Behavior Pattern (with a Demonstration of Methods of Systematic Cinematography)", Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol. 18, Nr. 2, February 15, 1932, pp.139-143. Read before the Academy November 17, 1931.

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Lucie Muller, Pauline Masnou
  • Transcription Anglais : Harry Freyburger
  • Sous-titres Français : Harry Freyburger