From Creeping to Walking (1935)

De Medfilm



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Titre :
From Creeping to Walking
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Durée :
11 minutes
Format :
Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Archives détentrices :
Corpus :

Générique principal

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE Centre National de Documentation Pédagogique CINÉMATHÈQUE DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC

Ce film a reçu le visa du MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE après examen par la Commission du Cinéma d’Enseignement

YALE FILMS of CHILD DEVELOPMENT FROM CREEPING TO WALKING - WIDE RANGE RECORDING Western Electric SOUND SYSTEM - Copyright MCMXXXIV - by Erpi Picture Consultants, Inc.

From the Photographic Library of the YALE CLINIC of CHILD DEVELOPMENT Narration by ARNOLD GESELL, M.D.

Produced by YALE CLINIC of CHILD DEVELOPMENT ARNOLD GESELL, M.D. - DIRECTOR ALICE KELLHER - ASSOCIATE EDITOR In cooperation with Erpi Picture Consultants, Inc.

ENCYCLOPEDIA BRITANNICA FILMS INC. BRING THE WORLD TO THE CLASSROOM

Contenus

Thèmes médicaux

Sujet

Analyse du développement normal des différents stades jusqu’à la marche de deux nourrissons, une fille et un garçon à 36, 44, 48, 52 et 68 semaines.

Genre dominant

Film de recherche

Résumé

En tant que réalisateur et voix off du film, Arnold Gesell présente en 1935 un documentaire en noir et blanc de dix minutes et 18 secondes comparant l’évolution entre deux nourrissons, une fille et un garçon, à différents stades de leur vie. Ce pédiatre, psychologue et psychiatre retrace ce chemin de 36 semaines à 68 semaines: le nourrisson rampe, se positionne à quatre pattes, se redresse, tient debout, et enfin effectue ses premiers pas vers la marche autonome. Les diverses mises en scène minutieusement choisies mettent en lumière la progression plus ou moins facile de l’apprentissage de la marche.

Contexte

Arnold Lucius Gesell (1880-1961), psychologue, psychiatre et enseignant américain, est célèbre pour ses nombreux travaux sur le développement de l’enfant. C’est dans le cadre de la “Clinic of Child Development”, qu’il rejoint en 1930 à l’université de Yale, qu’il enregistre ces images. La création du “Gesell Observation Dome” portant le nom d’Arnold Gesell, a permis d’enregistrer des vidéos de nourrisson dans un rayon de 360° autour du sujet préservant au mieux les mouvements naturels de ce dernier. La démarche de Gesell est doublement révolutionnaire de part l’intérêt porté au développement normal de la petite enfance et de part l’usage de la vidéo. En revanche, Arnold Gesell n’est pas le premier psychologue a filmé ses sujets : Ovide Decroly, médecin et pédagogue belge (1871-1932) a déjà fait usage de la caméra dans le cadre des ses recherches: “Le cinéma fut [...] dès le début de sa carrière, un outil pour ses expérimentations psychologiques et pédagogiques.” Wagnon, S. (2013). Ovide Decroly : le cinéma au service de la psychologie de l'enfant ? Le Télémaque, 44(2), 99-112. https://doi.org/10.3917/tele.044.0099. Dans ce même article, S. Wagnon explique ainsi : “Arnold Gesell, médecin et directeur de la clinique du développement de l’enfant de l’université de Yale, s’il ne fut pas le premier, fut celui qui eut les moyens techniques et financiers d’étudier de façon plus systématique, par le film, le développement de l’enfant, de la naissance à l’adolescence. Comme Decroly, dès 1906, il entreprend d’utiliser la caméra ; mais c’est à partir de 1924 qu’il emploie le film de façon systématique et commence à mettre au point un studio adéquat, où l’opérateur ainsi que les caméras peuvent être soustraits à la vue de l’enfant. À partir de cette date, ses films lui ont permis d’améliorer ses travaux antérieurs sur la mise en relation des comportements qu’il observait avec le degré de maturation du système nerveux central [25]. Comme Decroly, Gesell s’est attaché à suivre l’évolution des réactions du nouveau-né à plat ventre et dans toute une série de situations. Gesell a pu ainsi établir un inventaire du développement, le « baby test », dont les implications éducatives furent constamment améliorées et enrichies.” Ce documentaire s’inscrit également dans le prolongement du début du cinéma parlant (1927), ce qui souligne d’autant plus l’approche avant-gardiste d’Arnold Gesell.

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Non.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Non.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Oui.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Oui.
  • Interview : Non.
  • Musique et bruitages : Non.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

Le film dirige le regard du spectateur en le plaçant dans la posture d’un observateur scientifique, en montrant les enfants comme sujets d’étude. La majorité des plans sont moyens, ce qui permet de voir un décor neutre et de focaliser notre attention sur le corps et les mouvements des enfants plutôt que sur leur environnement familial. De plus, de nombreux plans sont des plongées, plaçant le spectateur dans une position dominante et accentuant la distance entre nous, la médecine et les sujets. Les enfants apparaissent alors comme des objets d’étude, et nous, comme des scientifiques détachés et déshumanisés. Les plans sont également des panoramiques pour suivre les sujets dans leur développement.

Le documentaire guide aussi notre regard pour suivre l’évolution des enfants. Les différents split screens et l’apparition du calendrier permettent la comparaison directe entre les eux, le repérage dans le temps et le suivi de leur progression. Le film a pour intention de montrer que chaque enfant évolue à son rythme et qu’un retard n’est pas forcément définitif. De plus, il nous montre également que le développement moteur suit un ordre biologique avec des étapes communes.

Malgré l’apparente neutralité du film, des émotions se construisent tout au long du visionnage. Le spectateur ressent une certaine curiosité face à la comparaison entre la fille et le garçon, et l’incertitude sur la façon dont la fille va rattraper son retard. On ressent ensuite de la joie et de la fierté, car nous avons pu observer les enfants progresser jusqu’à atteindre l’objectif de la marche, donnant l’impression de les avoir vus grandir. Cependant, le film peut aussi provoquer un sentiment de tristesse ou de malaise, car les enfants sont traités comme des sujets d’expérience. La partie la plus émotionnelle se situe à la fin : la fille marche dans un jardin bucolique, un environnement plus intime et naturel. La caméra en contre-plongée fixe traduit un changement de perspective : alors qu’au début, c’est le docteur qui observe et domine l’enfant, à la fin, c’est lui qui admire sa progression. Le plan large montre qu’elle se déplace librement, sans avoir besoin d’être suivie par la caméra, soulignant son autonomie. Lorsqu’elle se retourne et regarde la caméra, cela marque qu’elle a atteint son objectif.

Enfin, le film reste centré sur l’observation scientifique et déshumanise les enfants : il manque des informations sur leur environnement, leur famille ou leur prénom, ainsi que d’autres points de vue professionnels. Plusieurs questions restent sans réponse, comme : les différences entre filles et garçons sont-elles récurrentes? Tous les retards se rattrapent-ils? Comment différencier un retard d’une pathologie?

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Dès les premières images du documentaire, le spectateur est plongé dans un environnement médical, suggérant une approche scientifique du développement de l’enfant. En effet, dès le début, nous pouvons voir deux scientifiques en blouse blanche, bien qu’ils ne parlent pas. L’observation des enfants se déroule d’abord dans la Gesell Observation Dome, au sein du laboratoire d’Arnold Gesell. Par la suite, le documentaire semble se situer dans une clinique ou dans des pièces d’une maison. Le décor du film est neutre et épuré. Ce cadre renforce le sérieux de la médecine et du documentaire tout en permettant d’isoler les sujets observés.

Les deux enfants filmés sont, en effet, isolés de leur environnement : on ne les voit pas avec leur famille et leur identité n’est pas précisée. Le garçon est souvent placé sur un tapis en forme de cible, ce qui peut donner l’impression que son corps est étudié comme un objet d’observation et peut donner une impression de déshumanisation.

Enfin, l’analyse des images repose sur une voix off, assurée par Arnold Gesell, pédiatre. Celle-ci décrit les comportements des enfants sans proposer d’explications détaillées ou d’interprétation approfondie. Cette approche renforce l’idée d’une médecine fondée sur l’observation et suggère une certaine confiance dans le développement naturel de l’enfant, laissant celui-ci évoluer à son propre rythme.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Le film a possiblement été projeté dans des facultés de médecine, dans des écoles du domaine médical et paramédical. Nous pouvons également émettre l'hypothèse qu’il a été présenté lors de congrès internationaux de psychologie, Arnold Gesell ayant participé à celui de Yale en 1929

Par ailleurs, le générique finale du film indique “ENCYCLOPEDIA BRITANNICA FILMS INC. BRING THE WORLD TO THE CLASSROOM”. Un article publié dans le Times https://time.com/archive/6774551/education-britannica-films/ indique à propos de ce label ’“All told, Britannica can distribute about 500 films, graded from primary schools to teachers’ colleges”. Le film a donc été visionné par une large audience.

Communications et événements associés au film

Aucunes communications et aucuns événements associés au film n’ont été trouvés malgré nos recherches.

Public

Le générique du début et de fin du film révèle la visée pédagogique du film. En effet, ce film a reçu le visa du ministère de l’éducation nationale après examen par la Commission du Cinéma d’Enseignement. Toutefois, un doute persiste quant au public visé précisément. Ce film pourrait peut-être s’adresser à des étudiants en médecine, en pédiatrie, en kinésithérapie, en psychomotricité ou même en orthophonie aujourd’hui.

Audience

Descriptif libre

Références et documents externes

https://www.gesell-yale.org/pages/the-research https://www.gesell-yale.org/ Zazzo René. Hommage à Arnold Gesell. In: Enfance, tome 15, n°2, 1962. pp. 97-107. DOI : https://doi.org/10.3406/enfan.1962.2284 www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1962_num_15_2_2284

  • "Tangible as Tissue"
    Curtis, Scott, "Tangible as Tissue", Arnold Gesell, Infant Behavior, and Film Analysis, Science in Context, Vol. 24, Issue 3: Cinematography, Seriality and the Sciences, September 2011, pp. 417-442.
  • The Photographic Dome
    Ossmer, Carola, Normal Development: The Photographic Dome and the Children of the Yale Psycho-Clinic, ISIS, Vol. 111, Number 3. The History of Science Society, 2020, pp. 515-541.

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Adèle Bousser, Camille Richeux
  • Transcription Anglais : Loïse Poinsot
  • Sous-titres Français : Loïse Poinsot