And so they live (1939)

De Medfilm



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Titre :
And so they live
Année de production :
Pays de production :
Réalisation :
Durée :
25 minutes
Format :
Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Langues d'origine :
Sous-titrage et transcription :
Sociétés de production :
Commanditaires :
Archives détentrices :
Corpus :

Générique principal

A film by John Ferno and Julian Roffman / Commentary revised by Edwin Locke / Narration by Storrs Haynes / Music by Lee Grön / Produced by the Educational Film Institute of New York University in cooperation with University of Kentucky / this film is an authentic record of real people living their usual life. It documents one of several expremiments carried on by State Universities – experiments sponsored by Alfred P. Sloan Foudation Incorporated - to discover what schools can to raise the level of living in the communities they serve…

Contenus

Sujet

L’instruction des enfants dans le rural profond et désolé des Appalaches.

Genre dominant

Documentaire

Résumé

Le départ vers l’école des enfants d’une famille de fermiers. Séance de lecture en classe. Évocation d’une région pauvre et isolée, exploitée par des pionniers qui souffrent d’un manque d’expérience et de connaissances. L’instruction des enfants à l’école vise aussi à mieux les préparer à cette exploitation.

Contexte

Éléments structurants du film

  • Images de reportage : Oui.
  • Images en plateau : Non.
  • Images d'archives : Non.
  • Séquences d'animation : Non.
  • Cartons : Non.
  • Animateur : Non.
  • Voix off : Non.
  • Interview : Oui.
  • Musique et bruitages : Oui.
  • Images communes avec d'autres films : Non.

Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?

Le souci de réalisme du film, son parti pris documentaire, le texte qui le rappelle en préambule visent à convaincre le spectateur de l'authenticité des faits montrés. En même temps, la mise en scène évite le misérabilisme dans son évocation en liant le constat de grande pauvreté à l'horizon d'un avenir meilleur grâce aux efforts d'instruction menés par l'école.

Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?

Ici, ce n’est pas la médecine qui est représentée mais l’institution scolaire qui tient lieu de représentation de l’État. Son instruction se fait avec les moyens du bord et la rigueur fervente des enseignants.

Diffusion et réception

Où le film est-il projeté ?

Projections dans les différentes salles d'exploitants pendant le préprogramme. L'objectif de ce type de documentaires, dans un esprit rooseveltien d'union nationale, était d'informer les citoyens des États-Unis sur les conditions de vie de leurs compatriotes qui vivent dans d'autres états que le leur, en particulier des états plus profondément touchés que d'autres par la crise de la fin des années vingt dans les secteurs industriel et agricole.

Communications et événements associés au film

Public

tout public

Audience

Descriptif libre

Matin d'hiver dans une ferme isolée
Panoramique sur un champ enneigé. Au loin, une maison faite en planches. En plongée, une jeune femme portant deux seaux gravit la pente d’une forêt. La neige qui a recouvert le paysage continue de tomber en un épais floconnement oblique. Musique lyrique pour ajouter grandeur et gravité aux plans. La jeune femme marche avec peine jusqu’à la maison aperçue au premier plan. Elle pénètre dans un intérieur sombre où une table a été installée, préparée pour un repas. Plans sur des enfants qui se restaurent avec avidité, puis sur une femme qui, portant un autre en bas âge, les observe. Des coups se font entendre, elle tourne la tête pour regarder par la fenêtre. Ex., devant la maison, silhouette d’un homme occupé à abattre du bois. Retour à l’intérieur, la jeune fille recueille la nourriture laissée dans une boîte. Gros plan sur ses gestes attentifs à ne rien laisser. Le commentaire se fait entendre pour la première fois, énumérant les aliments épargnés. Les enfants se lèvent de table, « ready for school ». Raccord en ext., ils s’éloignent de la maison, croisant leur père qui a fini de couper le bois. Le commentaire rappelle que tous les enfants en Amérique se rendent à l’école pour se rendre familiers des mots et des chiffres et les employer dans leur vie quotidienne. Dans le paysage enneigé, les silhouettes sont de plus en plus nombreuses. Elles croisent une bête menée par un fermier. Un bruit marqué de cloche surgit dans la bande-son, dont la source est hors champ. Au plan suivant, nous voyons une femme qui l’agite sous le porche d’un bâtiment où les enfants entrent tour à tour. (04.06)
Jour d’école
Les enfants se débarrassent de leurs par-dessus et de leurs couvre-chefs, bondissent pour pouvoir les suspendre aux patères qui dépassent d’un mur fait de lattes de bois. Retour au dehors, un garçon s’éloigne dans le vallonnement enneigé, un seau à la main. Sa course éloigne deux chevaux qui paissent non loin d’un bosquet : dans le champ, ce sont de petites silhouettes noires qui s’agitent sur la neige, comme de vifs traits de pinceau sur un fond blanc. Chœur d’enfants dans la bande-son. Le spectateur comprend que la classe continue pendant qu’un des élèves est allé chercher l’eau nécessaire. En panoramique, son retour trébuchant vers la silhouette blanche de la bâtisse dont il ouvre et ferme la porte d’un geste rapide : la chaleur y est comptée. Gros plan sur des carottes de glace qui pendent du toit, puis sur la cheminée qui fume. Intérieur de la salle de classe, la femme qui agitait la cloche est maintenant assise devant un grand tableau noir, face aux élèves. Elle se lève en tenant un livre ouvert, indique un numéro de page. Elle demande à une élève de se lever pour faire la lecture. Celle-ci s’exécute avec une relative aisance. Nous n’avons pas affaire à une classe d’enfants illettrés, irrémédiablement pénalisés par leur isolement dans un coin reculé de campagne. La jeune fille se rassoit, passe le volume à sa voisine qui se lève à son tour et lit la suite. Gros plan sur la page : il s’agit d’un poème où il est question de riches personnes, roi et abbé qui rivalisent en biens et effets personnels. La lecture continue, le livre passe de mains en mains parmi les filles et les garçons formant la classe. Nous reconnaissons parmi eux la jeune fille qui portait des seaux au début du film. Les élèves qui ne lisent pas écrivent sous la dictée. Gros plans sur leurs visages concentrés, inclinés sur les pupitres. Gros plans sur les mains munies de crayons qui s’efforcent d’écrire assez vite. Gros plans sous les pupitres pour saisir une jambe enveloppée de tissus sanglés en guise de chaussure. La pauvreté, la précarité se déclarent furtivement, dans une séquence qui insiste sur l’ambiance studieuse de la classe. Ce plan rappelle ceux de Terre sans pain (1937) tournés dans une école semblable, à ceci près qu’ils étaient insistants et dénonciateurs à ce titre. Deux ans après Buñuel, Ferno cherche à ancrer la réalité de l’enfance miséreuse dans une dynamique d’apprentissage que permet l’instruction qui se mène coûte que coûte. Ceux qui lui succèdent montrent d’autres élèves lisant avec concentration. L’institutrice va afficher une grande planche d’illustration au-dessus du rayonnage installé à côté du tableau noir. Gros plan sur des détails de la planche que désigne la baguette de l’institutrice, un jeune homme vêtu de pantalons bouffants et d’une écharpe, puis un moulin : impressions de Hollande. Contrechamp sur les élèves qui se sont rapprochés pour mieux regarder. Expression tendue des visages de gosses qui cherchent à comprendre, puis plongée en pano sur leurs chaussures usées, trouées, « broken shoes ». Là encore, un montage dialectique qui inscrit le signe de pauvreté dans une situation d’apprentissage. (09.44)
Une région rude : sol infertile, bêtes affamées, maisons incendiées
La musique reprend, jouée par une flûte mélancolique. Plan général sur les planches disjointes et les outils rouillés d’une scierie abandonnée, puis sur la forêt alentour. Le commentaire précise qu’il fut un temps où cette forêt était dense. Elle est à présent clairsemée, composée d’arbres au tronc étique, au branchage rare. Nouveau plan général sur les pierres tombales d'un cimetière qui émergent de la calotte de neige qui a recouvert toute sa surface. Gros plans sur des visages d’hommes et de femmes, ceux qui sont venus habiter le pays. « Ils étaient écossais, irlandais, allemands et néerlandais. Ils étaient venus pour la liberté, l’aventure et la terre ». Les plans de paysages désolés se succèdent, champs aux plants brisés, arbres nus, prés enneigés… « Et le sol n’a rien donné ». La musique s’intensifie en une longue plainte. Retour dans la salle de classe. L’institutrice devant une nouvelle planche de dessins, cette fois pour évoquer les reliefs prospères et verdoyants de la Suisse. La vache grasse dessinée se fond en la silhouette maigre d’une vache en prise de vue réelle, dont le « pis donne peu de lait ». Scène d’incendie, fréquent dans les habitations de bois où le feu est employé pour la cuisine et le chauffage. Devant la maison défaite, les membres de la famille se tiennent, le visage impassible. « Ils devront construire une autre maison. S’ils parviennent à se fournir en bois d’œuvre. »Retour dans l’école. Un garçon en sort pour se rendre dans un cabanon installé à l’écart. On devine que c’est le lieu d’aisance. Il retourne au pas de course dans la grande bâtisse. Là, il partage son goûter avec les autres enfants. On reconnaît dans ses mains la boîte ronde où, au début du film, sa sœur avait entreposé les restes du petit-déjeuner. Le commentaire énumère : pain, biscuits, baies sauvages. Les enfants mangent avec concentration. Gros plans sur leurs visages soucieux et las. La caméra glisse depuis l’épaule de l’un d’eux jusqu’à son genou bandé. Elle panote sur le dessin affiché sur le mur, montrant une famille réunie autour d’une nappe recouverte d’une nappe blanche, chargée de victuailles, dans un intérieur meublé avec soin, dont la fenêtre donne sur un paisible vallonnement : impression de Suisse, représentation d’une vie que les pionniers sont venus chercher ici, en pure perte ? (15.57)
L’horizon : la formation par l’école aux nouvelles techniques d’exploitation
Retour à la ferme montrée au début du film. Sur une musique suspensive, faite de glissements de cordes, la mère prépare le repas en épluchant des patates et en faisant une pâte. Plan de champ enneigé où un fermier donne des réponses à des questions posées hors champ à propos des récentes récoltes. Muni d’une binette, il fauche les plants exsangues qui émergent de la couche de neige. En cause, le manque d’instruction des premières générations d’habitants. Retour à l’école où les enfants étudient des manuels illustrés qui expliquent les méthodes de plantation et d’élevage. « Ils sauront comment mieux entretenir le sol. » Dans l’intérieur de la ferme, les patates continuent de cuire dans une marmite recouverte par un couvercle dont le bouton a sauté. Quand elle est posée sur la table pour le repas, les dents d’une fourchette s’introduisent dans l’orifice du couvercle pour le soulever. La caméra est attentive à ces détails des objets quotidiens comme les photographies de Walker Evans dans Louons maintenant les grands hommes. (19.29)
La soirée dans la ferme : repas et veillée
Scène de repas. Là aussi, nous retrouvons Evans dans la manière dont Ferno la représente : les cuillères plongent dans la marmite, les mains déchirent le pain et pèlent les patates. Les visages sont graves, la musique est discrète et recueillie. C’est un repas conquis sur la pauvreté. Les visages marqués, loin d’être avilis par le besoin, sont empreints de dignité. On peut aussi penser à la façon dont Ivens (avec lequel Ferno a collaboré) et Storck ont filmé les ouvriers, sept ans plus tôt dans Misère au Borinage. Un des enfants sert le café, la mère nourrit le plus petit. Un sourire s’esquisse sur le visage du père, sans doute à la vue de sa famille rassemblée. « Nothing but… » le commentaire énumère à nouveau les aliments qui reviennent à tout repas dans l’assiette : pommes de terre, biscuit, pain de maïs… Après le repas, le père décroche le banjo suspendu au-dessus de la tête de lit. La famille se rassemble autour du poêle quand le père commence à jouer. La musique d’orchestre cède au son des cordes qu’il pince. Pour la suite de la séquence, il semble que le son ait été enregistré en direct. Un des garçons se met à danser. « Come on, boy ! » lance le père avec un sourire heureux. Le père s’arrête un instant, sort une cigarette de la poche de sa salopette. Il la passe son fils qui l’allume et commence à fumer. Le père se remet à jouer et chante par-dessus. Le fils ne danse plus, il s’est assis au pied du lit pour l’écouter et le regarder. Gros plan sur les visages des autres enfants. Une des filles regarde le sol, un sourire rêveur aux lèvres. Dernier plan en extérieur sur la maison aux fenêtres allumées, un filet sombre de fumée s’extrait de la cheminée pour se dissiper dans le ciel du soir. La musique orchestrée revient, panneau « End ».

Notes complémentaires

Références et documents externes

Contributeurs

  • Auteurs de la fiche : Joël Danet


  Cette fiche a été rédigée et/ou traduite dans le cadre du projet BodyCapital, financé par l'European Research Council (ERC) et le programme de l'Union européenne pour la recherche et l'innovation Horizon 2020 (grant agreement No 694817).