Vieillesse et fin de vie

From Medfilm
Jump to: navigation, search

Titre

vieillesse et fin de vie

Descriptif

La vieillesse, par la dépendance physique qu'elle entraîne, requiert des soins et une prise en charge appropriées. De ce fait, l'institution sanitaire est appelée à l'inclure dans le ressort de son action. Le cours propose de revenir sur les représentations successives de la vieillesse dans l'Histoire : rappeler qu'elle a été longtemps montrée comme une échéance redoutable, apportant l'affaiblissement du corps et de l'esprit, montrer ensuite que le grand âge a renouvelé son image sociale, davantage présentéecomme une nouvelle étape de la vie avec ses activités et ses responsabilités. Enfin, le cours propose une réflexion sur les nouvelles structures d'accompagnement collectif de la vieillesse, dans le champ médical ou culturel, qui visent à réinscrire le grand âge dans la société.

Mots clés

vieillesse - fin de vie - euthanasie - soins palliatifs

Conducteur

Définition

Définition administrative prédominante :

– catégorie des âgés de 60 ans et plus

– Âge d’éligibilité pour la retraite= âge d’entrée dans la vieillesse

Subdivision sur une base chronologique et sociale : 3ème, 4ème âge.

Hétérogénéité socio-éco-démographique de la population âgée : disparités considérables entre membres(histoire et parcours de vie), représentations de la vieillesse ont varié avec le temps et lieux.

Evolution avec l'âge :

- Progression avec l ’âge des maladies cardiovasculaires

- Les maladies ostéo-articulaires n’augmente pas après 80 ans

- Le taux des maladies endocriniennes diminue

- Les maladies digestives progressent

– Les troubles mentaux et du sommeil augmentent chez les 80+ ans (ORL aussi)


Rappel historique

Selon Patrice Bourdelais dans L'âge de la vieillesse (Paris, 1993), la proportion des personnes âgées dans la population française n'a cessé de grandir. Les hommes ayant célébré leur soixantième anniversaire représentent :

- 8 % de la population globale à la fin du XVIIIe siècle : baisse de la mortalité infantile qui entraîne un rajeunissement puis un vieillissement de la population. Le recul de la mortalité entraîne un recul de la fécondité

- 12 % à la veille de la Première Guerre Mondiale (13, 5% pour les femmes)

- 15 % à la fin du XXe siècle (21 % pour les femmes) : les déclins de la mortalité bénéficient aux adultes d’âge avancé. Parallèlement le niveau de fécondité diminue considérablement

L'idée de "vieillissement de la population française", comme considération scientifique, est apparue en 1928, avec les études du démographe Alfred Sauvy. Essentiellement attribuée à la limitation volontaire des naissances, elle est liée à l'inquiétude qui naît à la fin du XIXe siècle "quant à l'avenir de la population française, à sa capacité faire face à la concurrence des voisins.(...) L'effet de la réduction de la natalité est souligné, et la charge des personnes âgées redoutée." (Bourdelais, p.382). La gériatrie, dont la notion naît au début du XXe siècle, connaît un développement lent pendant le XIXe siècle jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale. La priorité est donnée aux soins des mères et des enfants, lesquels représentent l'avenir de la nation. Selon Bourdelais, par les différentes publications dont elle est responsable, "la gériatrie naissante participe au XIXe siècle à la dégradation de la perception du vieillard parmi les élites (...) La gériatrie subit le contre-coup de cette description dégradée qu'elle a contribué à diffuser ; seules les jeunes mères et leurs enfants sont dignes des efforts financiers des pouvoirs publics." (Bourdelais,pp. 352-353).

Ainsi, l'idée de vieillissement de la population correspond à une perception pessimiste de l'évolution démographique. Elle est nourrie depuis longtemps par la hantise de voir la nation épuiser sa vitalité. Pourtant cette perspective "néglige un phénomène essentiel. Le sexagénaire des années 1980 ne ressemble guère à celui de l'entre-deux guerres et encore moins à son ancêtre au début du XIXe siècle. Son espérance de vie en bonne santé s'est prodigieusement accrue, pour ne rien dire de sa place dans la succession des générations. Notre contemporain, jeune retraité, manifeste une telle vitalité qu'il anime de façon décisive des secteurs économiques et sociaux importants."(Bourdelais, p.7) Selon le Pr. Claude Jeandel du Pôle gérontologie CHRU de Montpellier, il est nécessaire de rappeler que la vieillesse s'inscrit dans le continuum de la vie. il faut lutter contre les stéréotypes entretenus dans notre société qui véhiculent une image négative qui associe le vieillissement à la notion de perte ou de déficit. Ces stéréotypes participent à établir un cloisonnment des générations. Il faut reconnaître une solidarité intergénérationnelle : "C'set ainsi que chaque génération pourra reconnaître dans l'autre un moment évolutuf et fondateur de sa propre existence." (Mutuelles et santé, sept. 2015, "pourquoi et comment identifier les sujets âgés fragiles?"pII). Il ajoute : "Touet action de prévention visant à maintenir un niveau suffisant de capacités fonctionnelles doit être associée, ou miieux, inétgrée au développment de relations familiales ou amicales. Elle doit en outre être reliée à l'objectif de maintenir ou redonner un rôel social et participatif à la personne vieillissante".


Les représentations traditionnelles du vieillir

« La vieillesse est un naufrage » : cette considération par le Général de Gaulle, à l'origine pour caractériser le comportement politique du Maréchal Pétain sous le régime de Vichy, est devenue une sentence qui synthétise le stéréotype sur le grand âge. De nombreuses productions culturelles ont contribué à le façonner :

Dans la littérature :

Le Cid de Corneille (1637) : colère de Don Diègue (acte I, sc. IV) qui exprime son désespoir devant son impuissance à répondre à l'insulte, la nécessité de passer le témoin en prenant acte de sa vulnérabilité nouvelle (symbolisée par la transmission de l'épée)

Les fenêtres de Mallarmé (1866, p. 10), poème qui met en scène des personnes âgées dans une pension, exprimant le statisme et l'étrécissement d'un monde personnel qui se crispe sur son passé, mais aussi la survivance d'un besoin d'idéal. Le poète se compare à eux, mû par le besoin impérieux de transcender coûte que coûte la médiocrité de l'existence.

Au bout du rouleau de J. Conrad (1902), comme le titre l'indique, raconte la vieillesse d'un loup de mer qui bascule dans un « naufrage » intime, précipité par sa cécité (le vieux qui porte encore beau, p. 46, le vieux aux abois par sa déchéance physique p. 198)


Dans la chanson :

la chanson de caf' conc' au début du XXe siècle qui fait du « vieux marcheur » la figure de « l'identité masculine en crise » (Anne Higonnet) dans un monde qui va de plus en plus vite;

Les vieux de Jacques Brel (1963) : moins sur « les vieux », finalement, que sur la hantise de vieillir. C'est aussi le portrait du grand âge aujourd'hui.

Le cinéma institutionnel, par la propagande qu'il orchestre, contribue à donner une image négative de la vieillesse. Le mauvais rôle est donné à la personne âgée dans les fictions qui mettent en scène la leçon à transmettre. Nous l'observons en particulier dans les années après guerre qui promeuvent les nouvelles méthodes agricoles, les nouvelles thérapeutiques, ou la mécanisation de l'équipement dans les différents secteurs économiques. Dans les différentes mini fictions mises en scène, la personne âgée est celle qui se méfie des innovations, s'en tient à la tradition en refusant de s'adapter au temps. Elle personnifie la part réactionnaire de l'opinion, rétive à la modernisation en marche, que les films cherchent à convaincre sans la heurter par un discours frontal.

Bunker hill de Kent MacKenzie (1961) : documentaire tourné dans le quartier de Bunker hill à Los Angeles. Personnes âgées entre elles, dans un quartier de maisons victoriennes vétustes.


Vieillir aujourd'hui : nouveaux modes de vie, nouvelle prise en charge

Nouvelles représentations collectives :

Dans la publicité :

mamie Nova, campagne pour produits laitiers dans les années quatre-vingt, a perpétué l'image de la grand-mère confiture du XIX e siècle,

virgin joue sur la confusion des âges : mise en scène de la vieillesse qui prend le masque (et les atours) de la jeunesse, motif qui reprend le tableau de Goya Le temps (dit : Les vieilles, entre 1808 et 1812);

Dans la production artistique : Au cinéma, le personnage « Poupette », arrière grand-mère survoltée de l'héroïne adolescente, incarné par Denise Grey dans La boum de Claude Pinoteau (1980): femme cultivée qui a vécu sa vie de femme et l'assume.

En littérature, Permis de séjour de Claude Roy (1983) : journaliste-poète, Roy, au détour de son journal, s'interroge sur le sens donné à la vieillesse : rester curieux, composer avec l'évolution de son corps, ne pas lâcher, « se laisser aller », cf. Neil Young : « Rust never sleeps »

Documents croisés : accompagner le grand âge

Vieillir, film CNDP, 1997, qui fait état de l'évolution de l'intégration du grand âge dans l'organisation sociale et la culture depuis 1945

Mr. Strub avant la finde jean-Claude Poirson (2000) : dans une unité de soins palliatifs à Strasbourg, portrait de Mr. Strub, un homme qui, conscient de la mort imminente, médite sur les richesses que la vie apporte jusqu'au dernier instant.

Vieillir homme (2004, 82') et Vieillir femme de Chloé Hunzinger (2005, 83') : portraits individuels de personnes qui affrontent le temps de la vieillesse. "Aujourd'hui, dans la solitude et le silence, ils font de leur vieillesse l'orgueilleux et fragile combat de chaque jour." Chaque personnage se confie sur sa façon de continuer à jouir de la vie, son attitude devant l'échéance de la mort, et pour certains, la vivacité du désir.

Un même moment d'existence de Geneviève Pernin avec des photographies de Lin Delpierre (Wasselone, 2013) : "depuis 2003, la danseuse et chorégraphe Geneviève Pernin travaille sur la notion d'intime. "Si vous avez cinq minutes, je viens danser rien que pour vous" est un spectacle pensé pour les chambres d'hôpitaux et les maisons de retraite : "cinq minutes" d'une intimité improbable, d'un mouvement défiant l'exiguïté encombrée d'une chambre d'hôpital. Cinq minutes d'un "corps à corps" entre la danseuse et le patient." (texte de l'édition 2013). Le livre Un même moment d'existencerestitue le journal de la danseuse, illustré par des photos de ses performances. Voir aussi la vidéo en ligne : Cinq minutes de... produit par l'association Bfrtt et Métis films

I feel good de Stephen Walker (2008), documentaire qui met en scène les Young@heart, chorale de personnes âgées formée en 1982 par Bob Cilman, jeune musicien, selon un principe original : transmettre aux personnes âgées la culture rock en leur faisant interpréter des morceaux des Ramones, Talkingheads, Clash, Sonic Youth. L'intention est d »amener les anciennes générations sur le terrain des plus jeunes par le biais de chansons dans lesquelles elles peuvent reconnaître certains de leurs état d'âmes : la solitude, l'addiction aux drogues qui devient dépendance aux médicaments, la hantise de la mort par un mode de vie dangereux qui renvoie à celle propre au vieillissement.

Propositions filmiques

Propositions iconographiques

Propositions bibiliographiques

Modèle utilisé par cette page : Modèle:Kit pédagogique (voir la source) Revenir à la page Vieillesse et fin de vie. 130.79.143.129Discussion avec cette adresse IPConnexionLogin via Single Sign-onPage