Answering the child's why (1951)

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Answering the child's why

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Title Answering the child's why
Year of production 1951
Country of production États-Unis
Director(s) Milan Herzog
Duration 13 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) English
Translated French
Subtitles and transcription FrenchEnglish
Production companies Encyclopaedia Britannica Films Inc.
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Main credits

(français)
ANSWERING THE CHILD'S WHYProduced byEncyclopaedia Britannica Films Inc.in collaboration withLAWRENCE K FRANK

Content

Theme

(français)
Le film sensibilise les parents à l’importance de répondre aux questions posées par leurs enfants, et ce afin d’assurer leur bon développement psychologique et, à plus long terme, leur insertion dans la vie sociale.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Le développement dépend de l’éducation assurée par leurs parents, dont l’interprétation du monde qui les entoure influe sur la compréhension du monde par l’enfant. Différentes situations illustrent la problématique en représentant les interrogations de deux filles, Judy et Molly, et un garçon, Jimmy. La petite Judy demande à ses parents des précisions sur la maladie, la mort, les liens de parenté ou encore la maternité. Jimmy s’interroge sur les fonctions de la police, alors qu’un autre enfant semble apeuré par un policier à cause des dires de sa grand-mère. Quant à Molly, ses mauvaises notes alertent son institutrice. Il s’avère que les difficultés rencontrées en classe s’expliquent par la réticence de ses parents à répondre aux questions qu’elle s’est posée depuis son plus jeune âge.

Context

(français)
Le court métrage fait partie d’un ensemble de films produits par la société de distribution Encyclopaedia Britannica Films et destinés à être diffusés dans les écoles américaines. Spécialisée dans la création de films à caractère éducatif, la société prend soin de s’entourer de professionnels pour discuter de problèmes de santé publique, de sorte à sensibiliser le public visé. Ce film fait partie d’une série de métrages produits entre 1948 et 1951 intitulée « Personality Development Series » et réalisée en collaboration avec le sociologue Lawrence K. Frank, directeur de la Caroline Zachry Institute of Human Development située à Washington D.C. Pour signer cette réalisation, la société de distribution fait appel à Milan Herzog, collaborateur de la firme depuis 1946.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Dès son générique, le film interpelle le spectateur en soulignant « l’importance vitale » de la question abordée : un enfant ne doit jamais être laissé sans réponse par ses parents. Cette injonction contraste avec le ton léger adopté au fil des séquences. Bien que traitant de sujets graves, comme la mort et la naissance, les images sont accompagnées d’une musique extra-diégétique joyeuse. Le choix de représenter des situations typiques de la vie de famille et du quotidien vient également rassurer les spectateurs car cela permet au public visé d’identifier les mauvais comportements à éviter. Comme le suggèrent les premières mentions écrites, veiller au bon développement des enfants est la meilleure garantie pour qu’ils deviennent, une fois adultes, les futurs citoyens d’une nation démocratique, elle aussi, en bonne santé. Le film insiste sur la responsabilité des parents qui doivent s’assurer de transmettre les valeurs morales et éducatives propres à la société américaine des années 1950 (Fig. 1). Ces mêmes valeurs sont évoquées tout au long du film, notamment en lien au modèle familial d’après-guerre encourageant les femmes à s’occuper de leur foyer (filmées en intérieur) et les hommes à travailler (filmés en extérieur).

How are health and medicine portrayed?

(français)
La problématique est discutée par le biais de mises en situation d’enfants questionnant leurs parents sur leur environnement ou encore les relations sociales. Aucun membre du corps médical n’apparaît dans le film. Cependant, on peut considérer que la voix over joue un rôle analogue, renvoyant à la figure du sociologue chargée d’expliquer les différentes situations aux spectateurs, ainsi que leurs conséquences sur le développement de l’enfant. Cette voix représente donc une instance d’autorité dotée d’un savoir sur la psychologie de l’enfant. L’expert assume aussi le rôle d’intermédiaire entre enfants et adultes, car il est formé à reconnaître et à traiter les cas délicats et en informer les parents. Les questions que posent les enfants sont révélatrices de la qualité de l’éducation parentale dont ils bénéficient. En effet, le discours du film postule qu’un enfant curieux, à qui l’on offre des réponses satisfaisantes sera mentalement plus épanoui qu’un enfant à qui l’on refuse de répondre. Pour transmettre un tel message, le film indique quels sont les comportements à adopter et ceux à éviter, à travers la mise en contraste de deux enfants ; l’un heureux, curieux et n’ayant pas peur de s’exprimer et l’autre, triste, timide, n’osant pas prendre la parole. Le cas de Molly, dont les parents refusent d’apporter des précisions sur le monde qui l’entoure, illustre les conséquences néfastes d’une telle négligence sur le développement de l’enfant, ainsi que sur ses résultats scolaires. Suite aux réactions de sa mère qui lui demande de la laisser tranquille, Molly n’ose plus poser la moindre question à son institutrice, même lorsqu’elle rencontre des difficultés à comprendre les questions posées dans le cadre d’un devoir.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Tout comme l’ensemble du catalogue de l’Encyclopaedia Britannica Films, ce court métrage a été projeté dans les écoles des États-Unis, afin d’éduquer enfants, enseignants et parents.

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Les publics visés sont d’une part les enfants américains en situation scolaire, et d’autre part les enseignants, car le métrage aborde, entre autres, le comportement qu’ils devraient employer s’ils rencontrent des situations similaires. Même chose pour les parents qui sont les destinataires indirects du film, ceux-ci étant probablement invités à assister aux projections.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Outre le message médical véhiculé par le court métrage, il est intéressant de noter qu’il contient aussi un message patriotique. Veiller à la bonne santé des enfants sert au bien être psychologique de l’enfant, mais également au bon fonctionnement de la nation et au respect des valeurs démocratiques. En effet, bien éduquer les enfants relève du devoir de chaque parent, car de cette éducation dépend l’équilibre du pays. En accordant du crédit aux interrogations de leur progéniture, les parents américains contribuent aussi à assurer la santé publique et le bon fonctionnement de la démocratie. Ainsi, discours médical et propagande s’entremêlent au sein d’un film qui emploie des situations simples de la vie quotidienne afin de toucher le plus grand nombre de spectateurs possible.

Pour orienter les comportements, le film médical emprunte volontiers ses codes à différents genres ou modes de filmage, à commencer par le cinéma de fiction et sa tendance à la dramatisation : « Il s’agit très souvent de mises en scène véristes et dramatiques de comportements néfastes à la santé qui produisent des effets de vérité, de réalité et de conviction qui participent à l’intériorisation de codes, de normes et de représentations » , précise Francesco Panese. Ce principe sous-tend la comparaison entre deux situations impliquant un agent de police : alors que Jimmy va être en mesure de percevoir l’officier comme le garant de l’ordre public grâce à la réponse satisfaisante donnée par son père, un autre petit garçon va éprouver de la peur après que sa grand-mère le menace s’il ne lui donne pas la main dans la rue (« Tu vois ce policier là-bas ? Il va venir te chercher si tu continues. », lui dit-elle sur un ton autoritaire) . Cette comparaison permet alors de souligner l’importance d’informer les enfants sur les rôles des institutions (ici spécifiquement le rôle des institutions policières).

Le cas de Molly se révèle particulièrement intéressant sur le plan de la structure narrative car il emprunte aux codes du cinéma narratif. Il « reproduit les trois moments de la structure dramatique classique : la situation initiale et l’incident déclencheur, le développement du nœud dramatique et le dénouement, selon une opposition entre le bien et le mal » . Occupant une place plus importante dans le film, cette situation nous est montrée dans ses différentes étapes, depuis la plus tendre enfance de Molly à sa préadolescence. À chaque fois, les refus essuyés lorsqu’elle sollicite ses parents toujours trop occupés pour lui accorder de l’attention la conduisent à se refermer sur elle-même. Au point d’entraîner des difficultés d’apprentissage et de mauvais résultats scolaires. Le film insiste alors sur la transformation de Molly : d’abord ouverte au monde et curieuse, elle devient de plus en plus timide et morose. Le point de non-retour survient lorsque son père, agacé par ses questions, lui ordonne de se taire. Dès cet instant, convaincue du caractère néfaste de son comportement, elle refuse de s’exprimer en classe. La situation se dénoue grâce à l’intervention d’une enseignante qui, correctement formée, est capable de déterminer la source du problème et de le résoudre en encourageant Molly à poser des questions lorsqu’elle ne comprend pas quelque chose (Fig.2).

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
- PANESE, Francesco, « Décrire et convaincre : rhétoriques visuelles de la cinématographie médicale », Gesnerus, n° 66, 2009, pp. 40-66.

- FRANK, Lawrence K., « Personalities for Social Progress », The Journal of Educational Sociology, vol. 19, n° 1, septembre 1945, pp. 31-35.

- MASSON, Eef, Watch and Learn: Rhetorical Devices in Classroom Films after 1940, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2012.


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