Service de santé, Armée d'orient, hôpital princesse Léon Narischkine à Salonique (1916)

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Service de santé, Armée d'orient, hôpital princesse Léon Narischkine à Salonique


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Title Service de santé, Armée d'orient, hôpital princesse Léon Narischkine à Salonique
Series Les hôpitaux
Year of production 1916
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 07 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) French
Archive holder(s) ECPAD
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Main credits

(français)
« Guerre 1914-15-16. Edition de la Chambre syndicale Française de la Cinématographie. Vues prises avec l’Autorisation Militaire ».

Content

Theme

(français)
L’hôpital princesse Léon Narischkine à Salonique.


Il s'agit d'un film montrant un hôpital militaire à Salonique (Grèce), sur le front d'Orient en 1916. Il montre aussi l'implication d'une femme en particulier dans l'action médicale militaire : la princesse Alexandra Narischkine.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Les premières images présentent le lieu et montrent le bloc opératoire, des médecins se préparant à une opération. La caméra est très présente dans la scène, les médecins ne cessent de la regarder.

La séquence suivante nous montre la princesse Léon Narischkine qui pose pour la caméra. Elle assiste les médecins dans leurs tâches quotidiennes. Nous pouvons la voir par ailleurs dans la séquence suivante assister un médecin pour cautériser une amputation puis l’assister dans la pose du bandage du blessé.

Les séquences suivantes nous présentent les différents lieux de l’hôpital : un baraquement remplis de lits, le réfectoire à l’extérieur sous une tente, les jardins de l’hôpital très fréquentés par les soldats.

Une séquence nous montre des enfants grecs se jetant sur la nourriture restante qui est donnée par l’hôpital.

Enfin, dans les dernières séquences du film, nous pouvons observer les adieux de soldats français en état de voyager et retourner en France, beaucoup de mains sont serrées et les regards vers la caméra sont nombreux.


De 0 à 55 secondes : il y a un plan panoramique en hauteur qui balaye l'hôpital militaire. On y voit un grand bâtiment (konak de Salonique ?) puis plusieurs baraquements avec du personnel médical circulant dans les allées.
De 55 secondes à 1'42 : on voit un blessé transporté par deux hommes vers la salle d'opération. On assiste alors à la préparation de cette opération avec balayage panoramique de la salle, avec le personnel médical présent.
De1'43 à 3'16 : La princesse Alexandra Narisckine, également infirmière de guerre, assiste le chirurgien lors d'une opération (amputation d'un pied montrée en gros plan).
De 3'17 à 3'30 : c'est la visite d'une salle de repos, où le personnel médical prend soin des patients. Un léger mouvement de caméra montre que beaucoup de personnes sont blessées et que beaucoup d'autres sont mobilisées pour les soigner correctement.
De 3'32 à 4'00 : le réfectoire est montré. Le film insiste sur les blessés en plein repas et sur le personnel encadrant qui assure le service à table. On voit parmi les blessés des mains et des têtes bandées.
De 4'00 à 4'26 : on assiste à une scène de village, où les services de santé militaire jettent de la nourriture à une cohorte d'enfants grecs. A travers cette image, le(s) réalisateur(s) montre(nt) que l'armée prend aussi soin des civils, mais pas de la même manière que des soldats blessés.
De 4'27 à 5'07 : un plan panoramique montre des membres du personnel médical, dont la princesse Alexandra Narischkine, dans les jardins. Aucun blessés n'est présent avec eux.
De 5'08 à 5'57 : les blessés français partent pour la France dans un camion de l'armée. Des civils et des soldats viennent les saluer au moment du départ. La caméra reste fixée sur le camion et les blessés à l'intérieur.
De 5'58 à 6'35 : la princesse Alexandra Narischkine quitte l'hôpital militaire au côté de l'Amiral John De Robeck (1862 - 1928), officier de la Royal Navy, composante maritime de l'armée britannique qui a été un des acteurs de la défaite des Dardanelles due en partie aux erreurs stratégiques et aux hésitations du commandement britannique.

Context

(français)
Léon Narischkine fait partie d’une famille très influente en Russie et proche du tsar mais ce dernier meurt au XIXe siècle, nous pouvons donc supposer que la princesse est une descente du prince.

Création de l’Armée française d’Orient pour venir en aide à la Serbie, sur le point d’être attaquée par la Bulgarie après la défaite aux Dardanelles. L’armée française débarque à Thessalonique en Grèce qui sert de point logistique, ce qui explique la présence de l’hôpital temporaire de Salonique. Dans l’opinion française les soldats de l’Armée d’Orient sont considérés comme des soldats qui ne font pas réellement la guerre, ils sont dénigrés par Georges Clémenceau et considérés comme déserteurs par certains. Ils sont qualifiés « Jardiniers de Salonique ».


L'année 1916 est la troisième de la Première Guerre Mondiale. Les images proviennent du front d'Orient, c'est-à-dire du côté de la Serbie, de la Grèce, de la Bulgarie et de l'Autriche-Hongrie. En 1916, l’armée française d’Orient (AFO) fait partie des armées alliées d’Orient (AAO) regroupant des troupes britanniques, serbes, italiennes, russes et grecques. C'est cette alliance qui, en 1918 sous le commandement de Louis Franchet d’Esperey (Français), met en échec l'armée bulgare, mène la reconquête de la Roumanie et de la Serbie et pénètre en Autriche-Hongrie. En 1916, 400 000 soldats français, britanniques et serbes sont présents à Salonique.
Le film se place juste après la bataille des Dardanelles, qui se déroule du 25 avril 1915 au 9 janvier 1916, l'une des grandes victoires ottomanes durant la Première Guerre Mondiale. Cette bataille s'est achevée sur un bilan d'environ 252 000 morts du côté franco-anglais et entre 218 000 et 251 000 morts du côté ottoman[1].
Suite à cette défaite s'organise un nouveau front à Salonique. Il s'agit d'une opération menée par les armées alliées à partir du port de Salonique. Cette opération consistée à soutenir l'armée serbe face à l'invasion du pays, notamment grâce aux troupes évacuées des Dardanelles, à reconstituer cette armée serbe après sa défaite en l'Albanie, et à retenir les troupes des Empires centraux et des Bulgares en les fixant, surtout après que de la Russie est obtenue un cessez-le-feu le 4 décembre 1917. Cette opération s'est déroulée du 5 octobre 1915 au 29 septembre 1918. Le film s'inscrit donc dans une opération militaire en cours. Il n'est donc pas étonnant de trouver un hôpital militaire à Salonique pour venir en aide aux blessés mais aussi aux soldats évacués des Dardanelles.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film montre aux spectateurs comment cela se passe ailleurs qu’en France. Cela permet de mettre en avant l’Armée française d’Orient qui est dénigrée par certains politiques et permet également de montrer aux spectateurs que les soldats se battent en réalité sur de multiples fronts.

Ce film est très intéressant car il présente les différents lieux des hôpitaux au public : le réfectoire, le bloc opératoire, les baraques qui servent de chambres, les lieux de repos comme le jardin. Cela permet au public de se faire une idée de ce qui se passe dans ces hôpitaux.


Le film met l'accent sur l'hôpital lui-même, sur les soins médicaux apportés aux patients et sur le rôle de la princesse Alexandra Narischkine dans cet hôpital. Il met en avant également la vie dans cette hôpital ainsi que les populations civiles dans une moindre mesure (séquence avec les enfants grecs).

How are health and medicine portrayed?

(français)
La santé et la médecine sont avant tout représentée par l’hôpital et le corps médical qui est présenté. C’est un film qui permet d’observer comment sont organisés les hôpitaux. La médecine est également représentée à travers une opération d’amputation de ce qui semble être une jambe. Nous ne voyons en revanche pas le détail de l’opération mais nous pouvons observer quels sont les soins immédiats apportés : la cautérisation de la plaie et le bandage très conséquent qui est posé après l’opération.


La médecine est montrée de trois manières différentes. La première est l'organisation de l'hôpital, avec des lieux différents, aucun ayant une fonction différente. La seconde est l'opération chirurgicale visant l'amputation d'un pied gauche. La troisième est l'implication de l'hôpital dans le domaine civil, à travers la séquence avec les enfants grecs, qui ne sont pas traités de la même manière que les blessés. La distribution de cette nourriture est un élément montrant que la santé publique reste importante, même en temps de guerre.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Ce film peut être projeté dans les salles de cinéma.


On pourrait penser que le films est projeté dans les cinémas dans le cadre des actualités de guerre. Mais, au vu des images explicites, on se rend compte que le propos est inadapté pour le grand public (sang, opération) et qu'il convient plus à un public spécialisé.

Presentations and events associated with the film

(français)
La communication autour du film est essentiellement le front d'Orient, mis en place notamment après la défaite des Dardanelles. L'objectif est de montrer que la France et ses alliés ont perdu une bataille mais que la guerre n'est pas terminée. D'ailleurs, le premier carton parle de la guerre 1914-15-16, signe que malgré la défaite, personne n'est, à ce moment là, en mesure de prévoir l'issue de la guerre ni le temps qui reste avant qu'elle ne prenne fin.

Audience

(français)
Tout public, mais surtout la population.


Certaines images sont trop choquantes pour être diffusées à un grand public. Je pense donc que le film est destiné aux médecins et personnel médical pour les encourager à s'engager et à partir pour aider leur armée en détresse après une grave défaite sur un front qui ne leur est pas forcément familier.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Léon Narichkine (1785 - 1846) est un aristocrate russe qui s'est notamment illustré lors de la campagne de Russie menée par Napoléon Ier. Il descend d'une famille russe ancienne et respectée, longtemps présente à la cour du tsar de Russie. Il épouse Olga Potocka (1802-1861) et ensemble, ils ont une fille, la princesse Sophie (1829-1894). Le fait que l'hôpital militaire porte son nom est très probablement un choix de l'armée russe en poste à Salonique, car il est un héros des guerres napoléonienne en Russie.
D'après le Journal des débats politiques et littéraires daté du 14 novembre 1916, la princesse Alexandra Nirischkine, directrice de l'hôpital de Salonique, est "d'une grande intelligence, d'une activité infatigable et d'un dévouement absolu". Elle "a contribué puissamment à l'organisation d'un hôpital qui porte son nom, à prêté son concours le plus précieux aux chirurgiens dans l'accomplissement de leur service et pendant l'incursion des aéroplanes et zeppelins ennemis, n'a pas quitté un instant les blessés de son hôpital, qu'elle encouragé par ses paroles et son attitude". [2]
Le premier carton mentionne la guerre de 1914-15-16, signe que personne ne sait vraiment quand ce conflit va se terminer.

Supplementary notes

(français)
Cette fiche à été réalisée par DERAIN Reynald.
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References and external documents

(français)
BERNACHOT Général , Les armées françaises en Orient après l’armistice de 1918, Imprimerie nationale, Paris, 1970
BLED Jean-Paul , L'agonie d'une monarchie : Autriche-Hongrie 1914-1920, Taillandier, Paris, 2014
ERICKSON Edward, Ordered to Die: A History of the Ottoman Army in the First World War, Greenwood Publishing, Westport, 2001
FASSY Gérard , Le commandement français en Orient (octobre 1915 - novembre 1918), Economica, Paris, 2003
FISCHER Fritz , Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918), Paris, Editions de Trévise, 1970
LACRAN Alain et FERRANDIS Jean-Jacques, Le service de santé aux armées pendant la Première Guerre mondiale, édition LBM, Paris, 2008
LE MOAL Frédéric , La Serbie du martyre à la victoire. 1914-1918, Éditions SOTECA, Paris, 2008
LORY Bernard , « Une Guerre invisible ? La mémoire de la première guerre mondiale en Bulgarie », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 4, n° 228,‎ 2007, p. 37-49
MIQUEL Pierre , Les poilus d'Orient, Fayard, Paris, 1998
MOTTE Martin , « La seconde Iliade : blocus et contre-blocus au Moyen-Orient, 1914-1918 », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 2, no 214,‎ 2004, p. 39-53
NICOLLET-MILOS Charlotte , « Les Cobourg de Bulgarie à l’épreuve de la grande guerre », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 4, no 264,‎ 2014, p. 53-66
OLIER François et QUENEC'HDU Jean-Luc, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-198, tome 5, Front du nord-est et armée d’Orient, édit. Ysec Louviers, Paris, 2016
SCHIAVON Max , Le front d'Orient : Du désastre des Dardanelles à la victoire finale 1915-1918, Taillandier, Paris, 2014


Contributors

  • Record written by : Julie Goetz, Reynald Derain
  1. ERICKSON Edward, Ordered to Die: A History of the Ottoman Army in the First World War, Greenwood Publishing, Westport, 2001
  2. Journal des débats politiques et littéraires, 14 novembre 1916, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k488071q/f3.item.r=princesse%20Narischkine%201916.zoom (consulté le 25/11/17)