Girls in White (1948)

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Girls in White

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Title Girls in White
Series This is America
Year of production 1948
Country of production États-Unis
Director(s) Harry W. Smith
Scientific advisor(s)
Actor(s) Dwight Weist
Duration 15 minutes
Format Parlant - Noir et blanc -
Original language(s) English
Subtitles and transcription FrenchEnglish
Production companies RKO Pathé Inc.
Archive holder(s) National Library of Medicine
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
RKO PATHE, INC. PRESENTS THIS IS AMERICA
GIRLS IN WHITE
Produced by JAY BONAFIELD
Supervised by PHIL REISMAN, Jr.
Directed and photographed by HARRY W. SMITH
Narrated by DWIGHT WEIST
Written by DUDLEY HALE
Edited by DAVID COOPER
Musical supervision by HERMAN FUCHS

Content

Theme

(français)
Ce film à vocation à montrer comment se déroulent les études d’infirmière, les étapes, les objectifs, et la valeur du métier. C’est un docu fiction à visé promotionnelle (pas assez d’infirmières).

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Ce film est un documentaire de type “docu-fiction” qui commence sur un ton alarmant, mettant en scène le manque d’infirmières dans les hôpitaux. Le propos est ensuite, tout le long du film, de promouvoir les études d'infirmières, en mettant en scène les études et certains éléments de la vie privée d’un personnage féminin, Betty. Une actrice joue la jeune fille dans une mise en scène très réaliste de son parcours d’étude. On la rencontre alors qu’elle va s’inscrire en école, pour assister aux étapes importantes comme la découverte des cours , la cérémonie de commémoration de Nightingale (instauratrice des règles et valeurs du métier d’infirmière), les premières missions supervisées en hôpital, et le diplôme.

Context

(français)
Ce film, dès les premiers plans, met l’accent sur un problème: le manque d’infirmières dans les hôpitaux. Le message est très clair, d’emblée: le film visera à encourager et à promouvoir l’exercice du métier d’infirmière dans un contexte de pénurie. Un élément de contexte central est alors la raison pour laquelle les hôpitaux américains manqueraient d’infirmières dans la fin des années 40 et le début des années 50. Ce film est réalisé trois ans seulement après la fin de la seconde guerre mondiale. Pendant les Grandes Guerres, les infirmières ont toujours joué un rôle central et ce dévouement a été couronné d’une image héroïque. On pourrait donc penser que le métier, à l’image positive, attirerait de nombreuses jeunes filles après la guerre. Il n’en était rien. Nous allons revenir sur plusieurs éléments explicatifs de cette situation:

Tout d’abord, le métier d’infirmière était un métier ancré dans une tradition très ancienne et codifiée. Dans les années 40, la pratique du métier d’infirmière s’inscrivait dans l’héritage de Florence Nightingale, qui fonda une École de pratiques organisée autour d’une hiérarchie et de pratiques rigides.Florence Nightingale (En l’honneur de laquelle une cérémonie est organisée dans le film pour marquer une étape des études des jeunes filles) était une bourgeoise anglaise qui organisa et dirigea une intervention d’infirmières en Crimée en 1854, pour aider les soldats britanniques. Par la suite, Nightingale fonda un programme d’études très organisé, auquel se rattachaient un certain nombre d’écoles et d’hôpitaux. Nightingale établit un certain nombre de bonnes pratiques, de codes, de valeurs auxquels les infirmières devaient se conformer - “the Nightingale Principles”. Ces démarches jouèrent dans la constitution de l’infirmerie en profession, et valorisèrent l’image de ces femmes éduquées et au service -efficace- des hôpitaux. S’en sont suivies un certain nombre d’innovations dans la pratique des infirmières. On peut situer à cette période la naissance de la profession d’infirmière, caractérisée par l’émergence d’organisations professionnelles dès le début du XXe siècle (ex: National Organization for Public Health Nursing) qui ont permis de sécuriser la profession au niveau législatif et d’enregistrer la pratique d’infirmière au rang des professions diplômantes. Cette image positive, cette modernisation et l’émergence d’une sécurité ont attiré de nombreuses femmes mais aux dépens de leur vie personnelle: le métier d’infirmière , avant la fin des années 40, était surtout destiné aux femmes célibataires et sans enfants. Le mode de vie de ces femmes était contraignant et peu épanouissant pour la vie privée. Les écoles d’infirmière (comme on peut d’ailleurs le voir dans le film - même si en 1948 le contexte est déjà beaucoup plus souple) ne sont pas intégrées à l’université , L’enseignement se fait dans des instituts gérés par des infirmières supérieures (sur lesquels l’accent est mis au début du film, et surtout à la fin). Les jeunes femmes sont très encadrées avant la fin des années 40, elles ne peuvent pas sortir aisément, avoir de relation amoureuse etc. Ceci est une première raison pour laquelle, malgré la noblesse de la profession, les jeunes filles d’après guerre (en quête de plus d’émancipation ou de mariage) étaient réticentes à intégrer ces professions. On voit bien, dans le film, qu’il y a la volonté d’aller à l’encontre de ce désagrément, en montrant que la jeune infirmière peut sortir danser avec un petit ami le soir et l’embrasser, qu’elle peut jouer aux cartes pendant les pauses...Le petit ami augure aussi qu’il ne serait pas impossible de se marier tout en poursuivant sa vie professionnelle d’infirmière. Un autre désagrément de l’époque qui freinait les adolescentes, était la qualité de vie financières. La plupart n’étaient pas mariées (pas de revenu marital) et percevaient de faibles salaires. Dans les années 40, il y avait encore un nombre limité de femmes actives, la dimension carriériste était absente. Les horaires étaient conséquents par rapport au salaire. De plus , le soin à la personne était considéré comme une inclination naturelle des femmes (faites pour le foyer, pour s’occuper d’enfants et d’un mari). Infirmière était donc plus un prolongement naturel des “capacités intrinsèques” des femmes à soigner,et non une plus-value professionnelle. D’ailleurs, même si depuis la fin du XIX siècle et le début du XXe les premiers médecins femmes existaient , leur nombre était quasi inexistant - et de nombreux pays dont les USA furent beaucoup plus tardifs à ouvrir aux femmes les études de médecine. On ne voit pas de médecin femme dans le film. Et on ne voit pas d’infirmiers (la plupart des écoles n'acceptaient aucun homme , il n’y avait pas d’infirmiers). Le film présente l’infirmière comme étant le vaillant bras droit du médecin, sous la supervision duquel elle est, mais met justement l’accent sur une certaine émancipation de l’infirmière par rapport à toute tutelle masculine (les superviseures de “stage” sont des femmes, on nous montre que l’infirmière doit remplacer de plus en plus le médecin pour certains gestes présentés comme techniques). On souhaite donc présenter le métier d’infirmière comme une vraie carrière, dans ce film, requérant des compétence dépassant très largement le soin à la personne basique. On le voit d’ailleurs quand au début du film, les matières étudiées, très variées et techniques sont exposées. Le film va donc à l’encontre de l’idée - justifiée- que les jeunes filles se font du métier. Ce film se situe à un moment charnière, les années 50 ayant vu une modification importante de la profession. Ce sont ces nouveautés que le film présente, dans une optique de valorisation du métier et pour susciter l’envie chez les jeunes filles. Au delà de l’intérêt des adolescentes pour le métier, un autre enjeu de contexte justifiant la réalisation d’un tel film est la nouvelle organisation du travail. Un nombre important d’innovations techniques (plus pointues) et de bouleversements dans l’organisation du travail en hôpital entraîne un besoin plus important d’infirmières , pour assister les tâches techniques, l’accroissement des opérations, l’augmentation de la cadence de travail et de nouvelles formes d’organisation ne caractérisant pas uniquement les hôpitaux. Le film met l’accent sur ces nouvelles organisations dès le début lorsqu’il évoque le manque de temps, et montre un tableau ou clignotent simultanément un nombre de lumières indiquant une urgence - que le personnel n’arrive pas à gérer . Les hôpitaux souhaitent donc profiter de cette génération de jeunes filles aspirant à faire des études pour résoudre ce problème.

ce film promeut le métier d’infirmières aux USA. Nous ne pouvons donc faire l’économie d’une référence au contexte de ségrégation en place en 1948. Il y a des infirmières afro-américaines mais dans des écoles séparées, aucune mention n’est faite d’elles. Aucune étudiante, aucune infirmière, aucun patient ou médecin n’est afro-américain. La présence de personnes afro-américaines est totalement oblitéré, ce qui est un choix fondé sur cette politique de ségrégation. Il existe pourtant des infirmières ou des patients afro-américains mais le propos ne concerne pas leurs sphères. Les classes sociales représentées sont par ailleurs la classe moyenne ou bourgeoise, (on le voit aux vêtements, mode de vie des étudiantes…).

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Dans ce film, il n’y a aucun dialogue intradiégétique. Le spectateur regarde un film en noir et blanc muet - le film parlant existe, c’est un choix - commenté par une voix off masculine. Le spectateur suit le récit au fil des scènes , les interactions des personnages et les séquences étant à chaque fois associées au commentaire. La voix off adopte le ton du récit, elle adopte une posture descriptive pour appuyer ce que le spectateur voit. La voix off s’adresse parfois directement au spectateur “regardez..” “voyez comme” “voici notre amie qui”... Le spectateur a le sentiment de regarder un film qui nous raconte une histoire de vie, une histoire personnelle. On amène le spectateur à porter toute son attention sur le personnage principal, et à s’y attacher, a anticiper les étapes suivantes de sa formation. La caméra alterne sur des plans fixes sur certains objets lorsque le but est que le spectateur se remémore bien ces objets observés en détail, et des séquences -la majorité d’entre elles - ou la caméra suit le personnage principal, le spectateur ayant réellement le sentiment d’accompagner Betty dans son quotidien, en la suivant dans tous ses déplacements. On ne met donc pas le spectateur dans l’état d’esprit d’un documentaire qui parlerait des infirmières en général, en illustrant ce propos. C’est en quelque sorte un docu-fiction, le spectateur regarde des acteurs jouer des scènes mimant la vie étudiante d’une infirmière. On l’amène à porter un regard subjectif, à s’assimiler au personnage. C’est via cette mise en récit que le spectateur capte des informations et un message, de façon ludique. Le fait de renforcer l'identification de la spectatrice à chaque étape du parcours est un moyen de lui permettre de visionner le film en se projetant à la place du personnage.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La santé est une thématique centrale de ce film. Il s’agit en effet d’une immersion dans le monde des études d’infirmière et de leur insertion dans la vie professionnelle. Par ce biais, le spectateur à accès à un nombre très important d’informations concernant le rôle des infirmières de la fin des années 40 - début des années 50 - dans les hôpitaux. Les différentes activités de l’infirmière qui sont présentées sont représentatives d’un certain nombre de d’aspects du travail en hôpital. Les hôpitaux sont représentés comme des espaces de coopération importante entre les infirmières, et entre les infirmières et les médecins. On peut voir différents types de manipulations techniques (manipulation de la jambe plâtrée...). La pratique médicale est représentée comme une activité technique et basée sur une forte collaboration. La pratique médicale est également présentée comme étant un contact privilégié au malade , la mise en scène du soin et de la sollicitude est présente. Dans la dernière partie du film, l’attention est d’ailleurs portée sur l’amour que l’infirmière conçoit pour les enfants , car elle qui “aime tant les enfants” s’oriente vers la pédiatrie. La pratique médicale est également présentée comme une activité extrêmement pluridisciplinaire (anatomie, chimie, cuisine…). Mais la représentation de la médecine la plus prégnante, dans ce film, est celle du courage et de la force mentale des infirmières, de leur endurance, et de ce qu’il y a de glorieux à se dédier au secteur du soin à la personne.On insiste sur la nécessité d’être efficace, la pression, la compétence, le dévouement, et une montée en généralité dont le message sous-jacent est que pratiquer la médecine est un acte héroïque au service de l’humanité.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
RKO pictures est une société américaine indépendante de production de films de cinéma. Avant la présence de post de télévision dans les foyers on en conclut que ces films étaient projetés en cinéma. A l’époque il était très fréquent de projeter des documentaires ou des informations au cinéma.

Presentations and events associated with the film

(français)
Au vue de la notoriété de la société de production RKO, on peut supposer que le film a été livré à la connaissance du public via les salles de cinéma.

Audience

(français)
Le film s’adresse au grand public, et plus particulièrement aux adolescentes américaines de la classe moyenne qui seraient en âge d’entreprendre des études d’infirmière.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
1/ 0-1.34

Dans la première partie du film, la problématique est posée: il y a un manque d’infirmières dans les hôpitaux. On met en scène des images de l’hôpital avant - et après , ou on voit disparaître les infirmières. La problématique centrale est d’emblée posée de façon très théâtrale. 2/ 1.34 - 3 Nous faisons la connaissance d’une jeune fille, Betty, que nous allons suivre tout au long du film. L’image est très porteuse d'enthousiasme. Trois jeunes filles avancent vers leur avenir, rayonnantes, elles se dirigent vers l’école d’infirmières. Elle passent le palier, un zoom est fait sur une stèle gravée des mots “nurses home” , c’est l’entrée dans un nouvelle univers qui inaugure le corps du film, “argumentaire” édulcoré et acidulé en faveur du métier. La partie qui suit semble avoir pour objectif de prendre connaissance très précisément des démarches pour s’inscrire, du contenu des programmes, de l’organisation des études. On est dans une séquence d’informations pratiques à destination des adolescentes envisageant d’étudier dans ces écoles. On leur fait découvrir un univers bienveillant avec un personnel encadrant souriant, un univers stimulant intellectuellement, et un environnement amical et soudé. 3/ 3 Commence une séquence soulignant différents moments charnières symboliquement : la confection du costume, l'entraînement sur des mannequins.Un moment particulièrement important suit, c’est la remise du capuchon, étape intermédiaire de consécration avant le diplôme. Les capuchons sont posés de façon très solennelle sur la tête des étudiantes, S’en suit un rituel en l’honneur de Florence Nightingale, Betty allume une bougie et va se mettre en rang avec les autres. Les valeurs du métier et la flamme de l’esprit du métier se perpétuent, c’est ce que ce rituel semble signifier. 4/ 3-5.10 L’étudiante commence à travailler dans un hôpital sous la houlette d’une infirmière. S’en suit un nombre très dense d’informations de base sur le travail des infirmières à l’hôpital: préparation des médicaments, matériel basique , types de soins à apporter, tout cela étant minutieusement illustré (plan fixe sur le matériel..). Le spectateur accompagne, suit Betty dans chacun de ses déplacements, comme si, en quelque sorte, il était en stage d’observation! 5/ 5.10 - 8.10 Cette séquence a pour but d’illustrer des activités loisibles et la vie privée de Betty, pour montrer à la spectatrice que travail n’est pas incompatible avec loisir et épanouissement personnel. Nous accompagnons Betty dans son jeu de cartes et surtout, son rendez vous galant. 6/ 9.50 Cette séquence explique que Betty est déjà plus expérimentée (la symbolique de la bordure noire de son capuchon est qu’elle étudie depuis plus de deux ans), elle peut donc prendre part à des opérations plus techniques. cette séquence permet alors d’introduire l’activité la plus technique, l’opération. 7/ 12.15 On précise que Betty est au “service de l’Humanité”, ce qui est une conclusion de ce qui a été observé, pour passer à un registre plus propre à Betty, plus personnel : son intérêt pour la pédiatrie. Il est donc fait référence à l’étape à venir du choix de spécialisation. 8/14

Cette séquence est consacrée à la remise, très solennelle, des diplômes. Elle se poursuit par une scène de conclusion aussi riche de sens que l’introduction: il est, via le portrait d’une vieille infirmière, fait référence à la passation de flambeau, à l’héritage de Nightingale, au fait que Betty s’inscrit dans la glorieuse tradition d’un métier noble. Mais, plus important encore, et pour conclure tout l’argumentaire déployé dans le film en faveur des études d’infirmière, le film met l’accent sur le fait que le métier a considérablement changé depuis les premières années de la vieille infirmière. Les réticences des jeunes filles doivent donc être levées, infirmière est un métier noble et moderne, "pour jeunes filles d’aujourd’hui".

Supplementary notes

(français)

References and external documents



Contributors

  • Record written by : Nadia El-Khamlichi