Des ouvriers en usine (1966)

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Des ouvriers en usine


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Title Des ouvriers en usine
Series L'homme et son milieu
Year of production 1966
Country of production France
Director(s)
Duration 27 minutes
Format Parlant - Noir et blanc -
Original language(s) French
Commissioning body CNDP
Archive holder(s) Canopé (CNDP)
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Main credits

(français)
L’Homme et son milieu (titre de la série dont est issue le film) puis Des ouvriers en usine (titre du film)

Content

Theme

(français)
Le film aborde plusieurs questions. Les premières sont celles du monde du travail, la question de la mécanisation du travail. Il pose aussi la question des différents métiers au sein d’une usine, ainsi que la question de la déqualification du travail. Enfin, on peut penser qu’il invite le spectateur à se demander ce qui est mieux entre un produit fait dans une usine et un produit fait par un artisan.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Le film nous présente plusieurs ouvriers de la « Société Industrielle de l'Artois » (abrégée SIA dans le film) qui sont interrogés sur leur travail en usine (fonction, perception…). Leurs témoignages sont confrontés à celui d'un artisan. Le film présente également le parcours du bois de l’empilage pour le sécher jusqu’à l’assemblage. Les différentes interviews d'ouvriers et des patrons permettent de mettre en évidence la pratique de la division du travail et le souci du rendement (en témoigne le fait que les ouvriers sont augmentés si le rendement est jugé bon). Le film présente de nombreuses interviews. Les interviews des ouvriers et des patrons mettent en avant la division des tâches où chaque ouvrier est spécialisé dans une tâche bien précise au contraire de l’artisan qui lui maitrise toutes les différentes tâches. Les dirigeants de l'usine expliquent également ce qu'ils attendent de leurs ouvriers et quels sont leurs critères d'embauches, comment ils « forment » leurs ouvriers.

Context

(français)
Le film sort en 1966, en pleine période de ce qu’on appelle dans l’historiographie du XXe siècle « Les Trente Glorieuses ». Dans ce contexte le taux de chômage est très bas et la production industrielle est en plein progrès avec des rendements en constante augmentation. La production est toujours de plus en plus mécanisée et la course à la rentabilité bat son plein en raison de la société de consommation. Dans le domaine économique, la croissance Française se porte bien. Le PIB (Produit Intérieur Brut qui désigne la richesse produite par un État) est élevé tout comme le taux de croissance qui reste élevé pendant cette période. Enfin, les progrès technologiques ne s’arrêtent pas et les classes moyennes tendent à devenir de plus en plus aisées et vivent donc différemment. « Les Trente Glorieuses » sont un moment où la société Française découvre vraiment la société de consommation et en profite le plus.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le regard du spectateur est dirigé en premier lieu par le positionnement de la caméra. Le plus souvent, elle est statique et on peut penser qu’elle est posée sur un trépied. Son positionnement n’est pas anodin : elle doit montrer un ou plusieurs ouvrier(s) en train de réaliser leur tâche. Le montage, présente à la suite les différentes étapes du travail : du rangement de la matière première jusqu’à la réalisation de la pièce finale. Notons que quand le film montre les ouvriers et leur travail, le montage est dynamique, plus saccadé que quand il montre l’artisan. Les quelques mouvements de caméra que sont le panoramique et le travelling ne sont pas omniprésents. Ils servent néanmoins à présenter une situation dans sa globalité : un poste de travail particulièrement étendu ou une expérience mise en scène en comparant 2 « équipes ». En revanche, le dézoom est quant à lui très largement utilisé. Il permet de montrer une situation dans son ensemble et l’immensité de l’usine.

How are health and medicine portrayed?

(français)
En regardant le film, il apparaît clairement que le rapport à la santé n’est pas clair. Pourtant, les questions de santé et de médecine si elles ne sont pas clairement présentées ne sont néanmoins pas absentes du film. Les questions peuvent être provoquées par le spectateur. Ainsi, le spectateur peut se demander en voyant le film ou après l’avoir vu ce qu’implique le travail des ouvriers dans une usine sur les journées, sur les horaires ? Quel est leur rapport à l’accident du travail ? Se sentent-ils en sécurité ?

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Puisque le commanditaire du film est le CNDP (Centre national de documentation pédagogique) qui est directement rattaché au ministère de l'Éducation Nationale, on peut en déduire que le film est projeté dans les écoles/ établissements d’enseignement techniques.

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Le commanditaire nous renseigne sur le public auquel s’adresse ce film. Si le commanditaire avait été l’ORTF, le public aurait été très large. Or, le commanditaire étant le CNDP, un organisme rattaché au ministère de l’Éducation Nationale, on peut en déduire que le public de ce film est essentiellement un public scolaire.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Descriptif libre 1

Le film commence par un panoramique et débouche sur deux ouvriers et un journaliste. Le journaliste s’entretient avec eux à propos de leur métier. Il leur demande par exemple si leur métier se rapproche de l’artisanat pour eux ou encore s’ils pensent qu’ils peuvent faire le travail d’un artisan en étant ouvrier. Il y a également une interview d’un artisan mais celle-ci ne nous est pas montrée. Les propos de l’artisan sont rapportés par le journaliste lui-même aux ouvriers. Les ouvriers réagissent aux propos de l’artisan et les commente. Sur le plan technique, durant l’interview, la caméra est neutre : pas de plongée ou de contre-plongée. Quand la caméra nous montre le travail des ouvriers, les plans sur leur travail s’enchaînent rapidement, le montage est dynamique et les visages des ouvriers ne sont pas montrés – par contre, les machines elles sont souvent au cœur des images - ou très peu au contraire de l’artisan qui nous est montré par des plans moyens qui le montre de la tête au pied. Le montage est moins saccadé. Le travail ouvrier paraît déshumanisé par rapport à celui de l’artisan.

Descriptif libre 2

La 1ere partie du film (6.15-12.40) s’intitule « De l’atelier à l’usine ou la division du travail ». Dans cette partie, la caméra souvent fixe nous montre des plans des ouvriers en train de travailler. Quand la caméra est en mouvement c’est généralement pour réaliser un panoramique afin de nous montrer l’ensemble du travail. La partie est montée de façon montrer au spectateur tout le processus de transformation et de fabrication du bois. De nombreux dézoom sont présents tout au long de cette partie. La voix off présente durant cette partie du film le processus et insiste sur un principe clé : la division des tâches et les effectifs ouvriers. On en arrive à comprendre que les ouvriers sont là en complément des machines, ils sont presque comme faisant partie intégrante de la machine. On apprend également que sur l’ensemble des effectifs, seul 15% des ouvriers sont dits « qualifiés ». Les autres peuvent donc quelque part être considérés comme faisant partie du prolétariat n’ayant que sa force de travail à vendre. La notion de division des tâches dont il est fait mention dans cette partie renvoie au fordisme. Enfin, la voix-off nous présente aussi tout un panel de chiffres divers et variés (productions de portes, d’escaliers, de fenêtres, nombre d’ouvriers…). Ce flot de chiffres à pour but de nous montrer l’immensité de l’usine et la spécificité du travail par rapport à l’artisan. Encore une fois, le travail est déshumanisé mais là c’est l’immensité de l’usine et les chiffres à profusion qui donne cette impression.

Descriptif libre 3

La 2e partie du film (13.23-21.10) s’intitule « Le rendement des travailleurs ». Ici il est question de la stratégie qu’emploie l’entreprise afin d’accroître sa production et améliorer ses rendements. L’important ne semble pas être les Hommes qui travaillent mais bien le rendement. Si les machines aident, l’entreprise motive ses salariés en leur versant une prime de rendement. La question est traitée par des mouvements de caméra comme le zoom ou le panoramique pour montrer ce que la politique mise en place par l’usine a permis. Il y a également des interviews d’ouvriers à propos de cette course à l’augmentation des rendements. De nombreux plans nous montrent les ouvriers en train de travailler le bois. On trouve également dans cette partie une interview du PDG qui assume totalement cette stratégie. On trouve également l’interview d’un ouvrier qui exprime se sentir en un sens comme intégré à la machine, comme dépendant d’elle. Enfin, afin de rendre la stratégie plus compréhensible, une expérience est faite : mettre 2 équipes de travailleurs l’une à côté de l’autre afin de montrer en quoi cette stratégie permet d’accroître les rendements. Les interviews d’ouvriers nous montrent pour la première fois leur visage, ils semblent retrouver un peu d’humanité. À l’image, cette stratégie est illustrée par un montage assez dynamique, assez rapide avec chaque tâche découpée par le montage. Un plan montre une action, pas plus. La musique est aussi très rythmée, avec beaucoup d’amplitude dans les aigues : ça provoque un ton stressant, une précipitation qui n’est même pas cohérente par rapport à ce qu’on voit à l’image où les ouvriers ne paraissent pas aussi tendus Encore une fois, l’opposition avec l’artisanat est claire : on demande au spectateur ce qu’il préfère être : ouvrier ou artisan ? Travailleur asservi à une machine ou travailleur indépendant ? Ouvrier affecté à une seule et unique tâche ou sachant faire tout le processus du début jusqu’à la réalisation du produit finit ? Le film ne semble pas neutre.


Descriptif libre 4

La 3e partie du film s’intitule « L’ouvrier et sa condition ». Ici, la plupart de cette partie est consacrée à l’interview des patrons qui évoquent dans cet entretien la stratégie qui est la leur pour produire. Ils évoquent le fait d’utiliser des ouvriers « spécialisés » plutôt que des ouvriers « qualifiés ». Un ouvrier spécialisé, est spécialisé dans la réalisation d’une seule tâche qu’il réalise rapidement. C’est donc une course à la productivité. Les patrons défendent leur modèle d’organisation comme étant plus productif et plus rentable économiquement. Ils font également l’éloge de la formation, du modelage des ouvriers comme bon leur semble. Durant cette interview, la caméra fait plusieurs mouvements. Premièrement, l’interview s’ouvre avec un mouvement latéral qui passe en revue différents rabots. Puis, la caméra arrive sur les patrons. Zoom sur l’un d’entre eux, celui qui parle le plus.

Le dernier plan du film est en opposition par rapport à ce qui a été montré tout le long du film concernant les ouvriers. On assiste à une sortie d’usine, de nombreux ouvriers sont présents et on voit ces personnes en entiers contrairement au reste du film. Comme si, c’est en sortant de l’usine que les ouvriers retrouvent un peu d’humanité.

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors