Difference between revisions of "Témoignages sur les trithérapies"

From Medfilm
Jump to: navigation, search
Line 47: Line 47:
  
 
Deux hommes dans un salon. L'un est au piano, l'autre chante en consultant une partition posée sur un pupitre. Ils sont montrés de dos. La caméra panote et resserre sur l'un d'eux : c'est lui qui va témoigner, filmé en gros plan devant une bibliothèque. Infographié, le prénom 'Lionel'. « la trithérapie est arrivée après le décès de mon compagnon. J'ai vécu avec lui quinze ans. Donc s'est posée la question de ma survie. Le schéma que j'avais dans ma tête est que j'allais suivre. L'arrivée de la trithérapie, c'est pour moi un petit peu comme une seconde naissance, comme si mon compagnon m'avait donné l'ordre de survivre. A quoi ça peut servir le fait que je sois encore là, c'est ça l'important. Il faut voir ça comme une étape. Il faut arrêter de parler de médicament, il faut parler de vie. » Dézoom qui montre une pièce disposée en bureau : rangée de livres et ordinateur. « Ayant vécu profondément dans la mort, ce que j'apprendrai aux élèves, c'est d'apprendre à penser, à être bien avec soi, avec les autres. » Retour sur la mise en question de la notion de 'soin' : 'Quand je vais au cinéma, quand je chante, quand je vais manifester, je m'occupe de ma santé. Quand je vais me renseigner sur internet à propos d'un traitement, je m'occupe aussi de ma santé. Pareil quand je fais des dossiers COTOREP pour des malades. D'une certaine manière. Puisque je trouve un sens à ma vie. » Son rapport au virus : « Le VIH fait partie de moi comme la couleur de mes yeux, même si il est éradiqué. C'est mon seul ennemi, mais il fait partie de moi. Même dans les moments de joie intense, je sais qu'il est toujours là. » Observation qui rejoint celle de Fabienne quand elle décrit son  état d'esprit pendant qu'elle fait l'amour. « Le SIDA a tout modifié, jusqu'à la couleur des arbres. C'est come les gens sortis des camps qui conservaient leur tatouage. Il faut inventer la vie avec, ne pas se contenter de dire : ouvrez la bouche, prenez le médicament, et gobez-le'. » Retour à la répétition de chant, puis retour du motif de piano qui ferme chaque séquence. (16.31)
 
Deux hommes dans un salon. L'un est au piano, l'autre chante en consultant une partition posée sur un pupitre. Ils sont montrés de dos. La caméra panote et resserre sur l'un d'eux : c'est lui qui va témoigner, filmé en gros plan devant une bibliothèque. Infographié, le prénom 'Lionel'. « la trithérapie est arrivée après le décès de mon compagnon. J'ai vécu avec lui quinze ans. Donc s'est posée la question de ma survie. Le schéma que j'avais dans ma tête est que j'allais suivre. L'arrivée de la trithérapie, c'est pour moi un petit peu comme une seconde naissance, comme si mon compagnon m'avait donné l'ordre de survivre. A quoi ça peut servir le fait que je sois encore là, c'est ça l'important. Il faut voir ça comme une étape. Il faut arrêter de parler de médicament, il faut parler de vie. » Dézoom qui montre une pièce disposée en bureau : rangée de livres et ordinateur. « Ayant vécu profondément dans la mort, ce que j'apprendrai aux élèves, c'est d'apprendre à penser, à être bien avec soi, avec les autres. » Retour sur la mise en question de la notion de 'soin' : 'Quand je vais au cinéma, quand je chante, quand je vais manifester, je m'occupe de ma santé. Quand je vais me renseigner sur internet à propos d'un traitement, je m'occupe aussi de ma santé. Pareil quand je fais des dossiers COTOREP pour des malades. D'une certaine manière. Puisque je trouve un sens à ma vie. » Son rapport au virus : « Le VIH fait partie de moi comme la couleur de mes yeux, même si il est éradiqué. C'est mon seul ennemi, mais il fait partie de moi. Même dans les moments de joie intense, je sais qu'il est toujours là. » Observation qui rejoint celle de Fabienne quand elle décrit son  état d'esprit pendant qu'elle fait l'amour. « Le SIDA a tout modifié, jusqu'à la couleur des arbres. C'est come les gens sortis des camps qui conservaient leur tatouage. Il faut inventer la vie avec, ne pas se contenter de dire : ouvrez la bouche, prenez le médicament, et gobez-le'. » Retour à la répétition de chant, puis retour du motif de piano qui ferme chaque séquence. (16.31)
 +
 +
'''Quatrième témoignage'''
 +
 +
Int. Salon. Un petit garçon en pyjama rejoint une jeune fille assise sur un sofa. Il lui tend une boîte. « J’ai 27 ans, j’ai un petit garçon de quatre ans. Je suis séropositive depuis 92, à in moment où j’ai appris ma grossesse. Depuis peu, je suis sous bithérapie. » Avec ce nouveau traitement, elle espère pouvoir avoir un deuxième enfant. Elle raconte ses astuces pour prendre régulièrement ses médicaments. Les placer sur le micro-onde pour qu’ils soient à portée de vue, mettre à côté un objet vert, de la couleur qu’elle aime. Comment éveiller l’enfant à la réalité de la séropositivité de sa mère ? Elle ne lui en parle pas frontalement, mais elle peut aborder le sujet en sa présence. Elle travaille comme secrétaire dans une association d’information sur le SIDA. Elle apprécie de pouvoir accéder ainsi à des connaissances de première main et de pouvoir en parler à des personnes concernées. « La toxicomanie, on en sort. La séropositivité, pas encore. » A propos de la contamination : « Un accident de préservatif, ça existe. Il y a une espèce de retenue en moi qui fait que je ne me donne pas à fond. » L’avenir, pour finir : « J’ai envie de vivre seule avec mon fils. » La nuit dans la rue, elle monte dans une voiture et la fait démarrer. Motif du piano qui signale chaque fin de séquence. (22.20)
 +
 +
'''Cinquième témoignage'''
 +
 +
Dans un intérieur, un homme joue au piano le motif mélodique que nous entendons à chaque dernier plan de séquence. Un autre homme fait du vélo d’appartement. Sa voix se fait entendre en commentaire. Il a atteint la quarantaine, séropositif depuis 1985, son SIDA se déclenchant en 1992. Il décrit ses différentes maladies puis le commencement de sa trithérapie : « Il était temps. C’est presque un miracle. J’étais donné pour mort. » Son compagnon témoigne : il a commandé une trithérapie aux Etats-Unis pour lui, deux mois avant la mise de celle-ci sur le marché en France. « On rentre de la guerre. Ceux qui ont survécu se demandent pourquoi eux, pas les autres. Et certains à quelques mois (de l’arrivée de la trithérapie). » L’un et l’autre débattent de l’observance du traitement. « Entre savoir quelque chose et pouvoir le vivre… ». Francis est négligent. Son compagnon a donc résolu de l’appeler à son travail en début d’après-midi pour vérifier s’il a respecté l’heure de prise. Francis : « Les médicaments, c’est pas la vie. Je suis dans la vie. Je travaille, j’agis… » Les stratégies de chacun pour respecter le traitement : placer les médicaments dans la cuisine (plan sur Francis dans la cuisine, préparant à manger) ou dans la chambre, dans une mallette préparée exprès. « Les anti-protéases m’ont tiré d’affaire. J’ai une autre anti-protéase qui s’appelle Francis. Sans toute l’attention qu’il m’a portée, tous les soins qu’il m’a prodigués, je ne serai pas là pour le dire. » Pour Francis, l’équilibre dans le couple et dans la vie est un facteur de combat contre la maladie : il ne se limite pas au traitement. « Quand le corps se reconstruit, il faut aussi reconstruire le désir. Et ce ne sont pas les anti-protéases qui le permettent. ». Retour à la scène initiale : l’un sur son vélo d’appartement, l’autre au piano. Motif de piano pour signaler la fin de séquence. (29.16)
 
|Documents_Film=
 
|Documents_Film=
 
|Documents_Externes=
 
|Documents_Externes=
 
|Sous-titres=
 
|Sous-titres=
 
}}
 
}}

Revision as of 15:46, 16 December 2016

 

Témoignages sur les trithérapies;


Pour voir ce film veuillez vous connecter.

Title Témoignages sur les trithérapies;
Series Contamination à VIH
Year of production
Country of production France
Director(s) Pierre-Yves Attia
Duration 52 minutes
Format Parlant - Couleur - Digital video
Original language(s) French
Production companies Comment dire
Archive holder(s) CIRDD Alsace
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

Content

Theme

L’impact des effets secondaires de la trithérapie dans la vie quotidienne des malades

Main genre

Documentaire

Synopsis

Succession de témoignages de personnes malades du SIDA qui suivent le traitement de la trithérapie : quelles astreintes ? quels effets secondaires? quel impact au quotidien?

Context

Le film est produit par Comment dire, organisme de formation et de conseil en communication sociale spécialisé dans le counseling. Depuis sa création en 1991, Comment Dire développe ses activités dans les domaines de la formation de professionnels de santé et d'acteurs associatifs. La structure élabore des guides pédagogiques, assure la production de vidéo-formation pour fournir un appui méthodologique aux équipes de santé. Comment Dire a édité 5 guides de counseling et produit 3 vidéo-formation dans le domaine de l'infection par le VIH et de l'hépatite C. Ses fondatrices sont Maryline Rébillon, psychologue et formatrice ayant travaillé pendant plusieurs années comme éducatrice à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, et Catherine Tourette-Turgis, maître de conférences en Education à la Santé à l'université de Rouen (France). Comment dire est agrée par le ministère de la santé.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

Le film donne la parole aux patients pour qu'ils puissent faire part des contraintes qu'ils rencontrent au quotidien, dans leur vie intime. De cette façon, le système de soins est mis en question. Ses protagonistes ne sont pas présents à l'écran : destinataires du film, ils sont appelés à regarder comment vivent les patients dont ils ont la charge en dehors de leur champ d'action.

How are health and medicine portrayed?

Santé et médecine ne sont évoquées que par la parole des patients. Il s'agit de montrer la réalité de la maladie au domicile ou dans l'espace public, non dans les structures de soins, de façon à mettre en images ce qui reste hors champ pour les professionnels de santé.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

espaces de formation continue pour personnel de santé

Presentations and events associated with the film

Audience

professionnels de la santé

Local, national, or international audience

Description

Premier témoignage

Témoignages sur les trithérapies s’ouvre sur un paysage à la fin de la nuit, quand les formes sont encore indistinctes. La silhouette d'un arbre se détache sur un ciel encore sombre, des lumières clignotantes signalent un local technique en veille. La bande son fait entendre un vrombissement, peut-être celui d'un générateur, de ceux qu'on perçoit dans le calme relatif qui précède l'agitation du matin. Le plan suivant montre une chambre brusquement éclairée. Un homme dans un lit cligne des yeux, se passe la main sur le visage. Son premier geste est de puiser un tube de médicament dans une boîte qu’il a placée à son chevet. Il l’avale et boit un verre d’eau également situé à portée de main. Nous avons vu un patient prendre le médicament prescrit à l'heure prescrite. Nous avons éprouvé l’interruption de son sommeil et la hantise de manquer une prise. Plus loin dans la même séquence, nous voyons le personnage habillé, assis dans son salon, devant une table basse sur laquelle il a disposé des groupes de cachets et de gélules. « Ça à 7 h le matin, ça à midi, ça à 18 h, ça pendant le dîner et ça à 23 h, explique-t-il. Bon celle-là est plus difficile à prendre parce qu'effectivement il faut la faire fondre. Quand on est à l'extérieur c'est pas facile. Quand on la croque, il faut avoir de l'eau sur soi ou alors il faut aller dans un bistrot et ça nous coûte assez cher. » Plus loin encore, le personnage décrit les effets secondaires, raconte comment ils l’ont empêché de continuer son travail et entraîné la rupture avec sa compagne. Ici, ses commentaires prennent une autre portée que s’ils étaient entendus dans un hôpital ou chez un médecin, par ce que la mise en scène qui a précédé, par le procédé de reconstitution, ancre son témoignage dans le territoire du patient, dans son chez soi, à l’heure intime du réveil. Il est possible d’y sentir la marque de La pudeur et l’impudeur, journal vidéo que Hervé Guibert avait tourné entre 1990 et 1991, alors qu’il était atteint du SIDA. Là aussi, le vécu de la maladie est palpable par des prises de vues dans l’environnement intime du réalisateur. A chaque fois, le regard privilégie l’infra-ordinaire de l’existence pour tenter d’approcher la réalité brute de la maladie.

Second témoignage

Une femme nommée Fabienne, la quarantaine, filmée ne plan rapproché devant un paravent en bois ouvragé. « J'ai cru les médias. J'ai cru les médecins. Je suis malade depuis 1984. Je me suis dit : 'Enfin !..' Ils n'ont pas parlé du tout des effets indésirables, et moi, j'ai vécu le produit. Je peux dire : ça m'a pourri la vie. » Sur le plateau d'une commode, des boîtes de médicament alignés. La caméra zoome au-dessus, cherchant le tableau marin pendu sur le mur. Fabienne décrit son traitement en nommant les médicaments, montrant qu'elle est une patiente avertie. « Dès le premier jour, j'ai senti des brûlures ici, dans le larynx, pharynx ? Je sais pas.. » Elle sourit. « Et des maux de ventre, de la fièvre, des maux de tête… Je sais pas, tout ce qu'il y a de pire. Et puis j'ai perdu dix kilos. » Elle décrit un autre traitement qui lui a donné des boutons sur le corps. La caméra traîne sur l'affiche du film Le grand bleu également accrochée au mur. De nouveau, le thème marin. Incidemment, nous sommes informés sur les goûts de la personne qui se raconte en tant que patiente. Devant la glace, elle se coiffe, se maquille. En commentaire : « Aujourd'hui, ras le bol. Je prends des médicaments depuis 8 ans. Des fois, je regarde pas ma montre, je me dis 'Je ne les prends pas'. Je fais sauter une prise. » Apparition dans le champ d'un homme qui reste de dos. Il l'embrasse. Elle l'appelle 'mon trésor', raconte qu'il ne l'a pas lâché depuis qu'elle est malade. « L'esprit n'est pas là à cent pour cent quand on fait l'amour alors qu'il devrait y être. Il y a une partie de soi qui est absente et qui pense : 'je vais le contaminer, je suis pestiférée.' » Elle raconte qu'elle a pensé, en voyant son compagnon prendre un préservatif : « Fabienne égale pestiférée. » Elle avoue son regret de ne pas avoir d'enfants. « Ce qui m'aide à tenir, c'est mon amour pour la vie, mon amour pour ma mère, mon père, mon frère, ma petite nièce et mon amour pour Joël. Je sais qu'ils vont mal quand je vais mal. Donc j'essaie d'aller bien.Et je crois que c'est comme ça que j'arrive à tenir depuis si longtemps. » Reprise du motif du piano qui marque la conclusion de la séquence. (10.33)

Troisième témoignage

Deux hommes dans un salon. L'un est au piano, l'autre chante en consultant une partition posée sur un pupitre. Ils sont montrés de dos. La caméra panote et resserre sur l'un d'eux : c'est lui qui va témoigner, filmé en gros plan devant une bibliothèque. Infographié, le prénom 'Lionel'. « la trithérapie est arrivée après le décès de mon compagnon. J'ai vécu avec lui quinze ans. Donc s'est posée la question de ma survie. Le schéma que j'avais dans ma tête est que j'allais suivre. L'arrivée de la trithérapie, c'est pour moi un petit peu comme une seconde naissance, comme si mon compagnon m'avait donné l'ordre de survivre. A quoi ça peut servir le fait que je sois encore là, c'est ça l'important. Il faut voir ça comme une étape. Il faut arrêter de parler de médicament, il faut parler de vie. » Dézoom qui montre une pièce disposée en bureau : rangée de livres et ordinateur. « Ayant vécu profondément dans la mort, ce que j'apprendrai aux élèves, c'est d'apprendre à penser, à être bien avec soi, avec les autres. » Retour sur la mise en question de la notion de 'soin' : 'Quand je vais au cinéma, quand je chante, quand je vais manifester, je m'occupe de ma santé. Quand je vais me renseigner sur internet à propos d'un traitement, je m'occupe aussi de ma santé. Pareil quand je fais des dossiers COTOREP pour des malades. D'une certaine manière. Puisque je trouve un sens à ma vie. » Son rapport au virus : « Le VIH fait partie de moi comme la couleur de mes yeux, même si il est éradiqué. C'est mon seul ennemi, mais il fait partie de moi. Même dans les moments de joie intense, je sais qu'il est toujours là. » Observation qui rejoint celle de Fabienne quand elle décrit son état d'esprit pendant qu'elle fait l'amour. « Le SIDA a tout modifié, jusqu'à la couleur des arbres. C'est come les gens sortis des camps qui conservaient leur tatouage. Il faut inventer la vie avec, ne pas se contenter de dire : ouvrez la bouche, prenez le médicament, et gobez-le'. » Retour à la répétition de chant, puis retour du motif de piano qui ferme chaque séquence. (16.31)

Quatrième témoignage

Int. Salon. Un petit garçon en pyjama rejoint une jeune fille assise sur un sofa. Il lui tend une boîte. « J’ai 27 ans, j’ai un petit garçon de quatre ans. Je suis séropositive depuis 92, à in moment où j’ai appris ma grossesse. Depuis peu, je suis sous bithérapie. » Avec ce nouveau traitement, elle espère pouvoir avoir un deuxième enfant. Elle raconte ses astuces pour prendre régulièrement ses médicaments. Les placer sur le micro-onde pour qu’ils soient à portée de vue, mettre à côté un objet vert, de la couleur qu’elle aime. Comment éveiller l’enfant à la réalité de la séropositivité de sa mère ? Elle ne lui en parle pas frontalement, mais elle peut aborder le sujet en sa présence. Elle travaille comme secrétaire dans une association d’information sur le SIDA. Elle apprécie de pouvoir accéder ainsi à des connaissances de première main et de pouvoir en parler à des personnes concernées. « La toxicomanie, on en sort. La séropositivité, pas encore. » A propos de la contamination : « Un accident de préservatif, ça existe. Il y a une espèce de retenue en moi qui fait que je ne me donne pas à fond. » L’avenir, pour finir : « J’ai envie de vivre seule avec mon fils. » La nuit dans la rue, elle monte dans une voiture et la fait démarrer. Motif du piano qui signale chaque fin de séquence. (22.20)

Cinquième témoignage

Dans un intérieur, un homme joue au piano le motif mélodique que nous entendons à chaque dernier plan de séquence. Un autre homme fait du vélo d’appartement. Sa voix se fait entendre en commentaire. Il a atteint la quarantaine, séropositif depuis 1985, son SIDA se déclenchant en 1992. Il décrit ses différentes maladies puis le commencement de sa trithérapie : « Il était temps. C’est presque un miracle. J’étais donné pour mort. » Son compagnon témoigne : il a commandé une trithérapie aux Etats-Unis pour lui, deux mois avant la mise de celle-ci sur le marché en France. « On rentre de la guerre. Ceux qui ont survécu se demandent pourquoi eux, pas les autres. Et certains à quelques mois (de l’arrivée de la trithérapie). » L’un et l’autre débattent de l’observance du traitement. « Entre savoir quelque chose et pouvoir le vivre… ». Francis est négligent. Son compagnon a donc résolu de l’appeler à son travail en début d’après-midi pour vérifier s’il a respecté l’heure de prise. Francis : « Les médicaments, c’est pas la vie. Je suis dans la vie. Je travaille, j’agis… » Les stratégies de chacun pour respecter le traitement : placer les médicaments dans la cuisine (plan sur Francis dans la cuisine, préparant à manger) ou dans la chambre, dans une mallette préparée exprès. « Les anti-protéases m’ont tiré d’affaire. J’ai une autre anti-protéase qui s’appelle Francis. Sans toute l’attention qu’il m’a portée, tous les soins qu’il m’a prodigués, je ne serai pas là pour le dire. » Pour Francis, l’équilibre dans le couple et dans la vie est un facteur de combat contre la maladie : il ne se limite pas au traitement. « Quand le corps se reconstruit, il faut aussi reconstruire le désir. Et ce ne sont pas les anti-protéases qui le permettent. ». Retour à la scène initiale : l’un sur son vélo d’appartement, l’autre au piano. Motif de piano pour signaler la fin de séquence. (29.16)



Contributors

  • Record written by : Joël Danet