Difference between revisions of "Rennes. Rééducation des mutilés à la terre"

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|Titre=Rennes. Rééducation des mutilés à la terre
 
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|Texte=Ce film créé par l’armée française nous présente les différentes actions que peuvent faire les mutilés de guerre ayant en particulier perdu un bras dans les champs. Il est promu donc dans ce film, l’avancée médicale pour le remplacement d’un membre perdu à la guerre par une prothèse mécanique.
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|Texte=Ce film réalisé par l’armée française nous présente la rééducation des soldats mutilés de guerre dans le domaine agricole au sein de l'école professionnelle de Rennes. Les prothèses médicales qu’ils portent leur permettent de réaliser un grand nombre d'activités diverses, montrées ici comme un inventaire des différentes actions qu'il est possible de faire dans cette école. L’avancée médicale que constituent ces prothèses mécaniques est promue dans ce film et les gestes des soldats – l'aspect pratique de la rééducation – les font apparaitre efficaces et autonomes face à la caméra.
 
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|Texte=La Première Guerre mondiale a causé beaucoup de pertes humaines mais elle a aussi laissé un nombre important de blessés. Pour la plupart, il s’agit surtout de lésions aux obus. Parmi les plus de trois millions de blessés, il y a 300.000 mutilés et amputés. Un nombre important d’hommes qui ne peuvent pas retrouver une vie et un statut normal. Malheureusement, ces blessés sont incompris de la population et souvent rejeté pour leur invalidité. Quelques écoles spécialisées dans la rééducation de ces mutilés de guerre ont été créé, la première à Lyon en 1914. Puis en 1916, l’école de rééducation de Rennes aussi appelé école de Jean-Janvier est créé. Elles permettent une réintégration professionnelle dans le but de réapprendre un métier, et qui débouche par la suite tout simplement par une réintégration sociale. Ces écoles font parties d’une politique publique mis en place par le service de santé puis l’Office national des mutilés. L’Etat veut agir pour aider ces hommes qui se sont battus pour la France et combattre le courant de l’après-guerre qui rejettent ces mutilés afin d’oublier le passé.
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|Texte=En 1918, l’intervention des Etats-Unis rend la victoire certaine et annonce la fin de la Grande Guerre. L’heure est alors au bilan du premier conflit mondial, lequel a causé beaucoup de pertes mais a aussi laissé un grand nombre de blessés surtout victimes de lésions dues aux obus (trois millions dont 300.000 à un million de mutilés et amputés). Ce sont autant d’hommes qui ne peuvent pas retrouver une vie et un statut normal, qui sont incompris de la population et souvent rejetés pour leur invalidité. Or, l’économie encore tournée vers la guerre redevient civile, les soldats sont démobilisés et retournent à leurs métiers respectifs. Il s’agit aussi de reconstruire et c’est dans cette optique qu’un intérêt tout particulier est porté à ces blessés et mutilés qui dans ce contexte, représentent des enjeux politiques mais surtout économiques.
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En effet, la France est encore à cette époque une puissance agricole et de nombreux hommes appelés sous les drapeaux en 1914 étaient agriculteurs ou éleveurs. Toutefois, le travail agricole est physique et à priori impossible pour quiconque sortirai du conflit amputé. Conscient de ce danger de retrouver de nombreux agriculteurs incapables de s’occuper de leurs exploitations, la médecine va mettre au point des systèmes pour permettre à ces mutilés de retourner aux champs effectuer les mêmes taches qu’ils effectuaient avant le conflit.
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La Bretagne est une région dont l'économie est structurée par l'agriculture, la Grande Guerre a donc des conséquences sur ce domaine puisque des hommes sont mobilisés et des animaux – des chevaux principalement – sont aussi utilisés dans ce contexte conflictuel. Ainsi, les mutilés – les soldats démobilisés constituent un apport de main d’œuvre non négligeable et dont la région a besoin pour stabiliser - entretenir son économie agricole. Rennes se dote alors d'une école de rééducation professionnelle des mutilés de guerre, appelée aussi Ecole de Jean-Janvier (sous l'impulsion de la création de celle de Lyon, ouverte dès décembre 1914, qui fait figure d'exemple). Elle ouvre ses portes en août 1916 et fonctionne en adéquation avec l’hôpital militaire. Elle permet une réintégration professionnelle dans le but de réapprendre un métier, lequel débouche par la suite sur une réinsertion sociale. Ces écoles font parties d’une politique publique mis en place par le service de santé puis l’Office national des mutilés. L’Etat veut agir pour aider ces hommes qui se sont battus pour la France et combattre le courant de l’après-guerre qui rejettent ces mutilés afin d’oublier le passé.
 
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|Texte=Le film montre avant tout aux spectateurs le progrès des prothèses pour les mutilés de guerre et l’action des prothèses en mouvement. La caméra se concentre sur ces hommes et y reste de manière appuyée.
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|Texte=Par les cartons, le regard du spectateur est orienté par les cartons vers les prothèses médicales, que le film montre en utilisation sur les mutilés de guerre qui en sont équipés. Les plans sont en majorité des plans larges, quelquefois des plans taille. La caméra se concentre à plusieurs occasions sur les prothèses, L’objectif du film est donc de montrer des mutilés de guerre de retour au travail mais surtout comment les prothèses leur permettent de retourner aux champs. Ils peuvent ainsi moissonner et effectuer des travaux de ferme grâce à un bras métallique sanglé à leur poitrine, ou à d’autres dispositifs comblant la perte d’un membre. Le terme « d'appareil » apparaît de nombreuses fois, qui permettent aux mutilés d'effectuer les gestes du nouveau métier qu'ils sont en train d'apprendre – dans le domaine agricole. Cette orientation est d'autant plus flagrante que des gros plans sont réalisés sur ces prothèses : le spectateur focalise alors son attention à la manière dont sont conçus ces appareils de rééducation qui visent à réintégrer le soldat blessé dans une vie professionnelle et plus particulièrement agricole.
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De plus, nous pouvons constater que les blessés sont encore en uniforme puisqu’ils portent le calot et certains portent quant à eux le képi, ils sont donc encore mobilisés par l’armée française. Les personnages étant en train de moissonner, ou labourer, nous pouvons en conclure que ce film est réalisé dans la première moitié de l’année 1918, la guerre n’est donc pas encore finie et le retour dans la vie civile pas encore à l’ordre du jour. L’armée anticipe cependant ce retour en permettant à ces mutilés de pouvoir continuer leur activité professionnelle civile.
 
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|Texte=La médecine est représentée à travers la présentation et le bon déroulement de l’utilisation de ces prothèses. Cela permet de montrer que la médecine et ses recherches sont au service de la population et en particulier des soldats mutilés de la guerre.
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|Texte=La santé et la médecine sont ici représentées dans un aspect technique et pratique et se veulent ici réparatrice à travers la présentation de ces prothèses et de leur utilisation. Il s’agit de montrer que la médecine et ses recherches sont au service de la population et en particulier des soldats mutilés de guerre. Les avancées et les évolutions sont soulignées : les prothèses médicales se sont adaptées à la guerre et plus précisément à l'enjeu qui est la « remobilisation » des mutilés de guerre qui sont une main d’œuvre précieuse pour la France, mais aussi la réintégration des soldats dans la vie civile et le réapprentissage des gestes de la vie quotidienne et professionnelle (ce qui passe souvent par l'apprentissage d'un nouveau métier).
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Il est montré via ces appareils médicaux que l'autonomie peut être regagnée par l'évolution de la médecine : les prothèses deviennent une continuité des objets dans le sens où elles peuvent s'y adapter. Pourtant, les dispositifs présentés ressemblent plus à une industrialisation du corps humain et rapprochent davantage le film de l’eugénisme que de la médecine réparatrice telle qu’on la connaît aujourd’hui. Il s'agit de prothèses pratiques et non à visée reconstructrice de l'image humaine – les membres amputés, par le biais des prothèses, prennent l'aspect d'objets.
 
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|Texte=[Carton 00 :00] : Rennes – Rééducation des mutilés à la terre (en anglais : Rennes The re-education of the mutilated for agricultural work). Nous pouvons comprendre qu’il s’agit ici de documenter sur la prise en charge des mutilés de guerre et leur réinsertion dans un travail ici le travail aux champs.
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Carton « Rennes – Rééducation des mutilés à la terre (titre anglais : Rennes The re-education of the mutilated for agricultural work) ». Deuxième carton « Les faucheurs (Mowing) ». Deux hommes amputés des membres supérieurs droits fauchent du blé à l’aide d’une faux. Ils sont équipés de prothèses médicales de rééducation professionnelle (mécanothérapie) visible face caméra. Plan américain. Le soldat de gauche est au premier plan. Ses gestes sont parfaitement précis et réguliers. Le détail de sa prothèse mécanique est maintenant visible. Plan d’ensemble. Trois hommes eux-aussi équipés d’une prothèse au bras chargent du foin sur une charrette. Les prothèses mais aussi les gestes des mutilés au travail sont ainsi mis en valeur. Leurs mouvements sont parfois suivis par la caméra, ce qui place la rééducation au cœur du film.
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L'activité de labour est aussi filmée suivant des rushs mis bout à bout. Carton « Mutilés à la charrue (Ploughing done by the mutilated) ». Deux hommes labourent un champ, l’un guidant les deux chevaux qui tirent la charrue et l’autre maintenant celle-ci dans son sillon. Autre plan d’ensemble, de trois quarts dos gauche cette fois. Les deux hommes effectuent un demi-tour avec la charrue. Malgré son handicap, l’homme tenant les mancherons de la charrue arrive à manœuvrer celle-ci et la remet dans le sillon à retourner. Il adapte sa prothèse à la charrue : elle est pensée par la médecine à partir de l'objet. A l’arrière-plan, plusieurs personnes, dont l’une porte une faux sur l’épaule, observent la scène d’un œil attentif.
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Carton « L’appareil du mutilé (The appliance for the mutilated) ». Plan fixe. Le second mutilé enfonce le manchon de sa prothèse dans le mancheron droit de la charrue, ce qui permet un maniement plus aisé de l’outil. Plans d’ensemble. Comme précédemment, il guide dans son sillon la charrue tractée par deux chevaux que mène son camarade. Nouveau plan fixe. Il retire le manchon de sa prothèse du mancheron gauche de la charrue.
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[03’04]
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Carton « Mutilés liant des gerbes avec un appareil à plusieurs usages (Mutilated men binding with an appliance adapted for several uses) ». Plan d’ensemble. Un homme assemble et lie simplement une gerbe en s’aidant d’une faucille incorporée à son bras amputé. Suivi dans ses déplacements par l’objectif de la caméra, il entasse les gerbes liées, toujours avec l’aide de sa prothèse.
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[03’58]
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Carton « Mutilés fauchant de l’herbe (Mutilated men moving grass) ». A l’aide d’une faucille et d’un crochet. Un mutilé fauche de l’herbe avec une faucille et un crochet. Il la lie ensuite.
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[04’29]
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Carton « Le bêchage de la terre. Tous les mutilés sont munis d’appareils spéciaux pour le travail de la terre. (Digging the ground. All the mutilated are supplied with special appliances for agricultural labour) ». Plan panoramique court. Plusieurs hommes retournent la terre avec une pelle intégrée à leur prothèse selon le même système que celui vu précédemment avec la faux. Comme  pour le guidage de la charrue, le maintien du manche de la pelle est assuré via un manchon.
  
[Carton 00 :10] : Les faucheurs (Mowing) : une première séquence qui se concentre sur deux hommes, des mutilés de guerre amputés tous les deux du bras droit reconnaissables aussi par leur couvre-chef, qui fauchent du blé à l’aide d’une faux. Puis un plus gros plan sur l’homme au premier plan. Cela nous permet de voir de près la prothèse mécanique de l’homme et nous pouvons comprendre comment elle marche de manière plus détaillée. Une autre séquence où nous pouvons voir trois hommes aussi équipés d’une prothèse au bras. Ils se chargent de charger le foin dans la charrette.
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[04’49]
  
[Carton 01 :07] : Mutilés à la charrue (Ploughing done by the mutilated): Un plan de devant nous pouvons voir deux hommes, un qui tire les deux chevaux et un autre qui accompagne la charrue dans son chemin. Un autre plan prit de derrière où nous voyons les deux hommes tourner avec la charrue. L’homme s’occupant de la charrue montre que malgré son handicap, il arrive à manœuvrer la charrue et la remet dans le chemin à retourner. Tout cela sous l’œil attentif de plusieurs personnes que nous voyons en arrière-plan.  
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Carton « Le ratissage et le sarclage des betteraves (Raking and weeding beetroots) ». Plan panoramique. Des hommes ratissent la terre à l’aide de ratissoirs , pour deux d’entre eux, de fourches liés aux prothèses par des manchons. Plans américains. Deux mutilés portent des prothèses différentes. L’un ayant perdu l’avant-bras, l’autre tout le membre supérieur.
  
[Carton 02 :03] : L’appareil du mutilé (The appliance for the mutilated) : Nous pouvons voir un plan centré sur la prothèse mécanique du mutilé. Il nous montre qu’au bout de la prothèse, il s’y trouve un bout de métal cylindrique où l’on peut incorporer un outil de travail en le resserrant. Cela permet une manipulation plus aisée de l’outil. Puis l’homme fait l’action de pousser la charrue pour nous montrer l’action accomplie. Un autre plan où à nouveau la caméra se concentre sur la prothèse et nous voyons l’homme dévisser et revisser sa prothèse avec la charrue.
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[05’31]
  
[Carton 03 :04] : Mutilés liant des gerbes avec un appareil à plusieurs usages (Mutilated men binding with an appliance adapted for several uses) : Un homme s’aide d’une faucille incorporée à son bras amputé et dans l’autre main aussi. Il lie des paquets de gerbes de manière simple et il montre plusieurs fois l’action. Puis nous pouvons le voir en train d’entasser les gerbes liées toujours avec l’aide de sa prothèse.
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Carton « Le sarclage et le repiquage des betteraves (Weeding and pricking out beetroot) ». Plan panoramique. Des hommes sortent les betteraves de la terre à l’aide de binettes. Plan panoramique rapprochés sur deux hommes équipés de prothèses différentes. Autre plan panoramique. Les betteraves sont repiquées par les mutilés le long d’un fil à l’aide d’un pieu en bois intégré à leurs prothèses. En arrière-plan, deux hommes observent la scène et en discutent. Plans moyens. Les deux soldats poursuivent leur travail.
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[Carton 03 :58] Mutilés fauchant de l’herbe (Mutilated men moving grass) : Un plan centré sur un mutilé qui fauche des herbes avec deux faucilles. Puis un plan plus rapproché sur son action où il lie l’herbe coupée.  
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[Carton 04 :29] Le béchage de la terre. Tous les mutilés sont munis d’appareils spéciaux pour le travail de la terre. (Digging the ground. All the mutilated are supplied with special appliances for agricultural labour) : Le film nous montre un plan où plusieurs hommes retournent la terre avec une pelle intégrée à leur prothèse avec le même système que la faux que nous avons pu voir avant. Puis il y un plan centré sur un homme en particulier pour qu’on puisse voir en détail son action et le mouvement de la prothèse.
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[06’41]
  
[Carton 4 :49] Le ratissage et le sarclage des betteraves (Raking and weeding beetroots) : Il y a un plan d’ensemble sur des hommes qui ratissent la terre à l’aide de la prothèse et d’un ratissoir et un des hommes tient une fourche à la place d’un ratissoir. Puis nous avons un plan centré sur un homme pour voir son mouvement et la prothèse. Puis un second plan centré sur un autre homme qui fait le même geste et cela permet de voir l’action sur quelqu’un d’autre.  
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Carton « Mutilés étendant le fumier (The mutilated spread manure) ». Plan d’ensemble. Trois hommes tiennent des fourches grâce à leurs prothèses et étendent du fumier sur la terre. Un quatrième militaire (sous-officier ou gradé) observe la scène en arrière-plan.
  
[Carton 05 :31] Le sarclage et le repiquage des betteraves (Weeding and pricking out beetroot) : Tout d’abord nous avons un plan sur des hommes qui à l’aide d’un sarcle sortent les betteraves de la terre. Puis ils les repiquent le long d’un fil avec aide d’un pieu en bois intégré à leur prothèse. En arrière-plan nous pouvons voir deux hommes qui regardent la scène et en discutent.
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[07’03]
  
[Carton 06 :41] Mutilés étendant le fumier (The mutilated spread manure) : Il s’agit d’un plan sur trois hommes qui tiennent des fourches grâce à la prothèse et qui étendent du fumier sur la terre. Nous pouvons constater que l’action se fait toujours sous l’œil d’une personne qui se trouve en arrière-plan.
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Carton « Tracteur pour le labourage (The Tractor for plouging) ». Un homme mutilé conduit un tracteur auquel est accrochée une déchaumeuse. Il est accompagné d’un soldat valide. Le tracteur est suivi par plusieurs personnes, probablement des gradés. Cette  séquence témoigne de l'intérêt porté à la rééducation professionnelle de ces hommes blessés qui doivent reprendre confiance en eux car ils constituent une main d’œuvre potentielle importante, véritable enjeu politique et économique pour le pays. Le conducteur stoppe son tracteur et en descend. Il est alors possible de constater que sa jambe droite est raide.
  
[Carton 07 :03] : Tracteur pour le labourage (The Tractor for plouging) : un homme mutilé conduit un tracteur où il y est accroché une machine pour retourner la terre. Il est accompagné d’un autre homme. Le tracteur est suivi par plusieurs hommes qui ont l’air d’être des personnes hauts gradés. Il descend du tracteur pour montrer aux spectateurs qu’il a un problème à la jambe, il a surement été amputé de la jambe et porte une prothèse.
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[07’58]
  
[Carton 07 :58] : Mutilé coupant de l’herbe avec un appareil spécial (A mutilated man cutting grass with a special apparatus) : La caméra filme deux hommes qui ont chacun une faux à leur prothèse. Nous les voyons couper l’herbe. Puis la caméra se recentre sur un des deux hommes pour qu’on voit clairement la prothèse.
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Carton « Mutilé coupant de l’herbe avec un appareil spécial (A mutilated man cutting grass with a special apparatus) ». Deux hommes coupent l’herbe à l’aide de faux liés à leur prothèse par un manchon. La scène est analogue à celle du début du film dont le début et la fin sont ainsi commun. Ils travaillent sous l’œil des militaires visible sous les arbres à l’arrière-plan. Plan américain. La prothèse de l’un des deux mutilés est visible en détail ce qui permet de montrer son côté pratique. Elle est étudiée afin de varier au maximum les activités du blessé : il est doté d'une capacité d'adaptation à des situations diverses et peut ainsi se rendre utile à la société. Le film se termine sur un carton « Section cinématographique de l’armée française »
  
[Carton 8 :29] :  Section cinématographique de l’armée française : Cela montre bien qu’il s’agit d’un documentaire explicatif officiel créé par le gouvernement. Nous voyons clairement une statue de la Marianne pour symbole.
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[08’31]
 
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Latest revision as of 15:54, 24 March 2020

 

Rennes. Rééducation des mutilés à la terre


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Title Rennes. Rééducation des mutilés à la terre
Year of production 1918
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 09 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) French
Archive holder(s) ECPAD

Main credits

(français)
« Rennes – Rééducation des mutilés à la terre ; Rennes the re-education of the mutilated for agricultural work »

Content

Theme

(français)
Rééducation professionnelle, dans le domaine agricole, des mutilés de guerre à l’aide de prothèses médicales.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Ce film réalisé par l’armée française nous présente la rééducation des soldats mutilés de guerre dans le domaine agricole au sein de l'école professionnelle de Rennes. Les prothèses médicales qu’ils portent leur permettent de réaliser un grand nombre d'activités diverses, montrées ici comme un inventaire des différentes actions qu'il est possible de faire dans cette école. L’avancée médicale que constituent ces prothèses mécaniques est promue dans ce film et les gestes des soldats – l'aspect pratique de la rééducation – les font apparaitre efficaces et autonomes face à la caméra.

Context

(français)
En 1918, l’intervention des Etats-Unis rend la victoire certaine et annonce la fin de la Grande Guerre. L’heure est alors au bilan du premier conflit mondial, lequel a causé beaucoup de pertes mais a aussi laissé un grand nombre de blessés surtout victimes de lésions dues aux obus (trois millions dont 300.000 à un million de mutilés et amputés). Ce sont autant d’hommes qui ne peuvent pas retrouver une vie et un statut normal, qui sont incompris de la population et souvent rejetés pour leur invalidité. Or, l’économie encore tournée vers la guerre redevient civile, les soldats sont démobilisés et retournent à leurs métiers respectifs. Il s’agit aussi de reconstruire et c’est dans cette optique qu’un intérêt tout particulier est porté à ces blessés et mutilés qui dans ce contexte, représentent des enjeux politiques mais surtout économiques.

En effet, la France est encore à cette époque une puissance agricole et de nombreux hommes appelés sous les drapeaux en 1914 étaient agriculteurs ou éleveurs. Toutefois, le travail agricole est physique et à priori impossible pour quiconque sortirai du conflit amputé. Conscient de ce danger de retrouver de nombreux agriculteurs incapables de s’occuper de leurs exploitations, la médecine va mettre au point des systèmes pour permettre à ces mutilés de retourner aux champs effectuer les mêmes taches qu’ils effectuaient avant le conflit.

La Bretagne est une région dont l'économie est structurée par l'agriculture, la Grande Guerre a donc des conséquences sur ce domaine puisque des hommes sont mobilisés et des animaux – des chevaux principalement – sont aussi utilisés dans ce contexte conflictuel. Ainsi, les mutilés – les soldats démobilisés constituent un apport de main d’œuvre non négligeable et dont la région a besoin pour stabiliser - entretenir son économie agricole. Rennes se dote alors d'une école de rééducation professionnelle des mutilés de guerre, appelée aussi Ecole de Jean-Janvier (sous l'impulsion de la création de celle de Lyon, ouverte dès décembre 1914, qui fait figure d'exemple). Elle ouvre ses portes en août 1916 et fonctionne en adéquation avec l’hôpital militaire. Elle permet une réintégration professionnelle dans le but de réapprendre un métier, lequel débouche par la suite sur une réinsertion sociale. Ces écoles font parties d’une politique publique mis en place par le service de santé puis l’Office national des mutilés. L’Etat veut agir pour aider ces hommes qui se sont battus pour la France et combattre le courant de l’après-guerre qui rejettent ces mutilés afin d’oublier le passé.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Par les cartons, le regard du spectateur est orienté par les cartons vers les prothèses médicales, que le film montre en utilisation sur les mutilés de guerre qui en sont équipés. Les plans sont en majorité des plans larges, quelquefois des plans taille. La caméra se concentre à plusieurs occasions sur les prothèses, L’objectif du film est donc de montrer des mutilés de guerre de retour au travail mais surtout comment les prothèses leur permettent de retourner aux champs. Ils peuvent ainsi moissonner et effectuer des travaux de ferme grâce à un bras métallique sanglé à leur poitrine, ou à d’autres dispositifs comblant la perte d’un membre. Le terme « d'appareil » apparaît de nombreuses fois, qui permettent aux mutilés d'effectuer les gestes du nouveau métier qu'ils sont en train d'apprendre – dans le domaine agricole. Cette orientation est d'autant plus flagrante que des gros plans sont réalisés sur ces prothèses : le spectateur focalise alors son attention à la manière dont sont conçus ces appareils de rééducation qui visent à réintégrer le soldat blessé dans une vie professionnelle et plus particulièrement agricole. De plus, nous pouvons constater que les blessés sont encore en uniforme puisqu’ils portent le calot et certains portent quant à eux le képi, ils sont donc encore mobilisés par l’armée française. Les personnages étant en train de moissonner, ou labourer, nous pouvons en conclure que ce film est réalisé dans la première moitié de l’année 1918, la guerre n’est donc pas encore finie et le retour dans la vie civile pas encore à l’ordre du jour. L’armée anticipe cependant ce retour en permettant à ces mutilés de pouvoir continuer leur activité professionnelle civile.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La santé et la médecine sont ici représentées dans un aspect technique et pratique et se veulent ici réparatrice à travers la présentation de ces prothèses et de leur utilisation. Il s’agit de montrer que la médecine et ses recherches sont au service de la population et en particulier des soldats mutilés de guerre. Les avancées et les évolutions sont soulignées : les prothèses médicales se sont adaptées à la guerre et plus précisément à l'enjeu qui est la « remobilisation » des mutilés de guerre qui sont une main d’œuvre précieuse pour la France, mais aussi la réintégration des soldats dans la vie civile et le réapprentissage des gestes de la vie quotidienne et professionnelle (ce qui passe souvent par l'apprentissage d'un nouveau métier). Il est montré via ces appareils médicaux que l'autonomie peut être regagnée par l'évolution de la médecine : les prothèses deviennent une continuité des objets dans le sens où elles peuvent s'y adapter. Pourtant, les dispositifs présentés ressemblent plus à une industrialisation du corps humain et rapprochent davantage le film de l’eugénisme que de la médecine réparatrice telle qu’on la connaît aujourd’hui. Il s'agit de prothèses pratiques et non à visée reconstructrice de l'image humaine – les membres amputés, par le biais des prothèses, prennent l'aspect d'objets.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Médecins et cadres militaires.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
[00’00]

Carton « Rennes – Rééducation des mutilés à la terre (titre anglais : Rennes The re-education of the mutilated for agricultural work) ». Deuxième carton « Les faucheurs (Mowing) ». Deux hommes amputés des membres supérieurs droits fauchent du blé à l’aide d’une faux. Ils sont équipés de prothèses médicales de rééducation professionnelle (mécanothérapie) visible face caméra. Plan américain. Le soldat de gauche est au premier plan. Ses gestes sont parfaitement précis et réguliers. Le détail de sa prothèse mécanique est maintenant visible. Plan d’ensemble. Trois hommes eux-aussi équipés d’une prothèse au bras chargent du foin sur une charrette. Les prothèses mais aussi les gestes des mutilés au travail sont ainsi mis en valeur. Leurs mouvements sont parfois suivis par la caméra, ce qui place la rééducation au cœur du film.

[01’07]

L'activité de labour est aussi filmée suivant des rushs mis bout à bout. Carton « Mutilés à la charrue (Ploughing done by the mutilated) ». Deux hommes labourent un champ, l’un guidant les deux chevaux qui tirent la charrue et l’autre maintenant celle-ci dans son sillon. Autre plan d’ensemble, de trois quarts dos gauche cette fois. Les deux hommes effectuent un demi-tour avec la charrue. Malgré son handicap, l’homme tenant les mancherons de la charrue arrive à manœuvrer celle-ci et la remet dans le sillon à retourner. Il adapte sa prothèse à la charrue : elle est pensée par la médecine à partir de l'objet. A l’arrière-plan, plusieurs personnes, dont l’une porte une faux sur l’épaule, observent la scène d’un œil attentif.

[02’03]

Carton « L’appareil du mutilé (The appliance for the mutilated) ». Plan fixe. Le second mutilé enfonce le manchon de sa prothèse dans le mancheron droit de la charrue, ce qui permet un maniement plus aisé de l’outil. Plans d’ensemble. Comme précédemment, il guide dans son sillon la charrue tractée par deux chevaux que mène son camarade. Nouveau plan fixe. Il retire le manchon de sa prothèse du mancheron gauche de la charrue.

[03’04]

Carton « Mutilés liant des gerbes avec un appareil à plusieurs usages (Mutilated men binding with an appliance adapted for several uses) ». Plan d’ensemble. Un homme assemble et lie simplement une gerbe en s’aidant d’une faucille incorporée à son bras amputé. Suivi dans ses déplacements par l’objectif de la caméra, il entasse les gerbes liées, toujours avec l’aide de sa prothèse.

[03’58]

Carton « Mutilés fauchant de l’herbe (Mutilated men moving grass) ». A l’aide d’une faucille et d’un crochet. Un mutilé fauche de l’herbe avec une faucille et un crochet. Il la lie ensuite.

[04’29]

Carton « Le bêchage de la terre. Tous les mutilés sont munis d’appareils spéciaux pour le travail de la terre. (Digging the ground. All the mutilated are supplied with special appliances for agricultural labour) ». Plan panoramique court. Plusieurs hommes retournent la terre avec une pelle intégrée à leur prothèse selon le même système que celui vu précédemment avec la faux. Comme pour le guidage de la charrue, le maintien du manche de la pelle est assuré via un manchon.

[04’49]

Carton « Le ratissage et le sarclage des betteraves (Raking and weeding beetroots) ». Plan panoramique. Des hommes ratissent la terre à l’aide de ratissoirs où, pour deux d’entre eux, de fourches liés aux prothèses par des manchons. Plans américains. Deux mutilés portent des prothèses différentes. L’un ayant perdu l’avant-bras, l’autre tout le membre supérieur.

[05’31]

Carton « Le sarclage et le repiquage des betteraves (Weeding and pricking out beetroot) ». Plan panoramique. Des hommes sortent les betteraves de la terre à l’aide de binettes. Plan panoramique rapprochés sur deux hommes équipés de prothèses différentes. Autre plan panoramique. Les betteraves sont repiquées par les mutilés le long d’un fil à l’aide d’un pieu en bois intégré à leurs prothèses. En arrière-plan, deux hommes observent la scène et en discutent. Plans moyens. Les deux soldats poursuivent leur travail.

[06’41]

Carton « Mutilés étendant le fumier (The mutilated spread manure) ». Plan d’ensemble. Trois hommes tiennent des fourches grâce à leurs prothèses et étendent du fumier sur la terre. Un quatrième militaire (sous-officier ou gradé) observe la scène en arrière-plan.

[07’03]

Carton « Tracteur pour le labourage (The Tractor for plouging) ». Un homme mutilé conduit un tracteur auquel est accrochée une déchaumeuse. Il est accompagné d’un soldat valide. Le tracteur est suivi par plusieurs personnes, probablement des gradés. Cette séquence témoigne de l'intérêt porté à la rééducation professionnelle de ces hommes blessés qui doivent reprendre confiance en eux car ils constituent une main d’œuvre potentielle importante, véritable enjeu politique et économique pour le pays. Le conducteur stoppe son tracteur et en descend. Il est alors possible de constater que sa jambe droite est raide.

[07’58]

Carton « Mutilé coupant de l’herbe avec un appareil spécial (A mutilated man cutting grass with a special apparatus) ». Deux hommes coupent l’herbe à l’aide de faux liés à leur prothèse par un manchon. La scène est analogue à celle du début du film dont le début et la fin sont ainsi commun. Ils travaillent sous l’œil des militaires visible sous les arbres à l’arrière-plan. Plan américain. La prothèse de l’un des deux mutilés est visible en détail ce qui permet de montrer son côté pratique. Elle est étudiée afin de varier au maximum les activités du blessé : il est doté d'une capacité d'adaptation à des situations diverses et peut ainsi se rendre utile à la société. Le film se termine sur un carton « Section cinématographique de l’armée française »

[08’31]

Supplementary notes

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References and external documents

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Contributors

  • Record written by : Thomas Givaudan, Lara Leckler, Florine Marmigère, Emmanuel Nuss