Difference between revisions of "Rééducation des mutilés au Grand-Palais (Dr Cauvy)"

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|Texte=La trame de ce film peut être divisée en plusieurs parties distinctes. Les premières images mettent en scène la rééducation de soldats (amputés d’un des membres supérieurs, portant une prothèse médicale) par la mécanothérapie. Ces derniers effectuent divers gestes afin de montrer comment s’effectue ce travail de rééducation qui mène les soldats à leur réintégration dans la vie civile après quatre années de combat. Le film, dans une seconde partie, insiste d’ailleurs sur cette dimension de réinsertion puisqu’un soldat, portant, tout comme autres, une prothèse (cependant il n’est pas amputé d’un membre supérieur), est mis en scène dans une situation « professionnelle ». En effet, celui-ci coiffe une jeune femme. Dans une dernière partie, un soldat souffrant, quant à lui, d’une infirmité des membres inférieurs est filmé en train de travailler le verre sans trop de difficultés malgré ses blessures.
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|Texte=La trame de ce film peut être divisée en plusieurs parties distinctes. Les premières images mettent en scène la rééducation de soldats (amputés d’un des membres supérieurs, portant une prothèse médicale) par la mécanothérapie. Ils effectuent divers gestes afin de montrer les progrès de leur rééducation. Dans une seconde partie, le film insiste sur cette dimension de réinsertion. Un soldat, portant, tout comme autres, une prothèse (cependant il n’est pas amputé d’un membre supérieur), est mis en scène dans une situation « professionnelle » : coiffeur. Dans une dernière partie, un soldat souffrant, quant à lui, d’une infirmité des membres inférieurs est filmé en train de travailler le verre sans trop de difficultés malgré ses blessures.
 
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|Texte=1918 sonne la fin de la Grande Guerre, l’heure est alors au bilan de ce premier conflit mondialisé. En France, pour ce qui est des mutilés, on en dénombre jusqu’à un million. Cependant, malgré les pertes immenses, il s’agit de reconstruire et c’est dans cette optique qu’un intérêt tout particulier est porté aux blessés de guerre - aux mutilés : ces anciens soldats représentent des enjeux politiques mais surtout économiques dans un contexte de reconstruction : ils doivent être réinsérés dans une société qui tend au développement pour mieux se relever. La pratique médicale de la rééducation va donc être massifiée pour répondre aux besoins français. En effet, c’est dans l’ensemble du pays que vont se développer des centres de rééducation (plus particulièrement nommés « écoles professionnelles », leur visée est ainsi soulignée) et c’est en leur sein que vont être expérimentées de nouvelles techniques visant à faciliter la réinsertion du blessé de guerre, la mécanothérapie (usage de nombreux appareils) fait partie de ces moyens trouvés pour accompagner le soldat vers une nouvelle activité professionnelle. On parle alors de rééducation « fonctionnelle ».Le cas du Grand Palais, représenté dans ce film, suit d’ailleurs cette dynamique. Le monument (propriété d’Etat) est réquisitionné dès le début du conflit (2 août 1914) pour plusieurs usages (caserne - dépôt d’armes) mais celui qui nous concerne tout particulièrement est celui d’hôpital. En tant qu’hôpital il dépend d’ailleurs de l’hôpital militaire du Val de Grâce et sera nommé pour cette raison « hôpital complémentaire du Val de Grâce » (VG7). Le VG7 voit très vite, dès 1915, se fonder en son sein un service de rééducation (sous la direction du médecin Jean Camus) puis une école de rééducation où de nombreuses techniques dont la mécanothérapie sont utilisées avec l’objectif d’apprendre aux soldats une activité professionnelle (au Grand Palais il s’agit principalement de métiers « de ville »). le VG7 ferme durant l’été 1919 et le Grand Palais récupère alors sa fonction initiale (expositions).
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|Texte=1918, fin de la Grande Guerre, l’heure est au bilan de ce premier conflit mondialisé. En France, on dénombre jusqu’à un million de mutilés. Dans l'optique de la reconstruction, un intérêt tout particulier est porté aux blessés de guerre - aux mutilés : ces anciens soldats doivent être réinsérés dans une société qui tend au développement pour mieux se relever. La pratique médicale de la rééducation est massifiée, des centres de rééducation se multiplient ( nommés « écoles professionnelles » : leur visée est ainsi soulignée). C'est en leur sein que vont être expérimentées de nouvelles techniques visant à faciliter la réinsertion du blessé de guerre. La mécanothérapie fait partie de ces moyens trouvés pour accompagner le soldat vers une nouvelle activité professionnelle. Il s'agit de rééducation « fonctionnelle ». Le Grand Palais (propriété d’Etat) est réquisitionné dès le début du conflit (2 août 1914) pour plusieurs usages (caserne - dépôt d’armes), dont celui d’hôpital. Dépendant de l’hôpital militaire du Val de Grâce, il est nommé « hôpital complémentaire du Val de Grâce » (VG7). Le VG7 voit très vite, dès 1915, se fonder en son sein un service de rééducation (sous la direction du médecin Jean Camus) puis une école de rééducation où de nombreuses techniques dont la mécanothérapie sont utilisées avec l’objectif d’apprendre aux soldats une activité professionnelle (au Grand Palais il s’agit principalement de métiers « de ville »). Le VG7 ferme durant l’été 1919 et le Grand Palais récupère alors sa fonction initiale (accueillir des expositions).
 
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|Texte=Les plans de ce film sont fixes. Cependant, le réalisateur tient à orienter le regard des spectateurs, par le biais de gros plans, sur les actions - gestes des soldats : l’attention se fixe donc sur la manière dont est faite la rééducation, sur les mouvements des membres « malades » des soldats. Ceci est particulièrement flagrant dans la première séquence le spectateur est alors face à un soldat qui utilise tour à tour différents outils servant à la mécanothérapie ou encore pendant la séquence pendant laquelle un mutilé coiffe une jeune femme.D’une manière générale, on peut dire que la caméra est toujours orientée vers le membre amputé - abimé par la guerre de sorte à ce que le regard du spectateur s’y arrête.
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|Texte=Les plans de ce film sont fixes. Cependant, le réalisateur tient à orienter le regard des spectateurs, par le biais de gros plans, sur les actions - gestes des soldats : l’attention se fixe sur la manière dont est faite la rééducation et sur les mouvements des membres « malades » des soldats. Dans la première séquence, le spectateur est face à un soldat qui utilise tour à tour différents outils servant à la mécanothérapie. Plus loin, un mutilé coiffe une jeune femme.D’une manière générale, on peut dire que la caméra est toujours orientée vers le membre amputé - abimé par la guerre.
 
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|Texte=Les domaines de la santé et de la médecine sont représentés comme le vecteur de la réinsertion des soldats dans la vie civile : les soldats sont mis en scène en pleine rééducation qui leur permet, malgré les blessures contractées pendant la guerre, de retrouver une activité professionnelle. L’avancée de la médecine y est soulignée par les usages de prothèses et de la mécanothérapie. Celle-ci conjugue la rééducation et l’apprentissage d’un nouveau métier (coiffure - travail du verre). (Rémi Remondière, « La mécanothérapie au temps de la Grande Guerre  », Revue historique des armées [En ligne], 274 
 
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Revision as of 16:03, 25 January 2019

 

Rééducation des mutilés au Grand-Palais (Dr Cauvy) (1919)


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Title Rééducation des mutilés au Grand-Palais (Dr Cauvy) (1919)
Year of production
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 5 minutes
Format Muet - Noir et blanc -
Original language(s)
Archive holder(s) ECPAD
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Pas de générique

Content

Theme

(français)
Prothèses médicales pour des soldats ayant subi une amputation. Mécanothérapie (rééducation) permettant au soldat de se réinsérer dans la vie civile - professionnelle après le conflit.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
La trame de ce film peut être divisée en plusieurs parties distinctes. Les premières images mettent en scène la rééducation de soldats (amputés d’un des membres supérieurs, portant une prothèse médicale) par la mécanothérapie. Ils effectuent divers gestes afin de montrer les progrès de leur rééducation. Dans une seconde partie, le film insiste sur cette dimension de réinsertion. Un soldat, portant, tout comme autres, une prothèse (cependant il n’est pas amputé d’un membre supérieur), est mis en scène dans une situation « professionnelle » : coiffeur. Dans une dernière partie, un soldat souffrant, quant à lui, d’une infirmité des membres inférieurs est filmé en train de travailler le verre sans trop de difficultés malgré ses blessures.

Context

(français)
1918, fin de la Grande Guerre, l’heure est au bilan de ce premier conflit mondialisé. En France, on dénombre jusqu’à un million de mutilés. Dans l'optique de la reconstruction, un intérêt tout particulier est porté aux blessés de guerre - aux mutilés : ces anciens soldats doivent être réinsérés dans une société qui tend au développement pour mieux se relever. La pratique médicale de la rééducation est massifiée, des centres de rééducation se multiplient ( nommés « écoles professionnelles » : leur visée est ainsi soulignée). C'est en leur sein que vont être expérimentées de nouvelles techniques visant à faciliter la réinsertion du blessé de guerre. La mécanothérapie fait partie de ces moyens trouvés pour accompagner le soldat vers une nouvelle activité professionnelle. Il s'agit de rééducation « fonctionnelle ». Le Grand Palais (propriété d’Etat) est réquisitionné dès le début du conflit (2 août 1914) pour plusieurs usages (caserne - dépôt d’armes), dont celui d’hôpital. Dépendant de l’hôpital militaire du Val de Grâce, il est nommé « hôpital complémentaire du Val de Grâce » (VG7). Le VG7 voit très vite, dès 1915, se fonder en son sein un service de rééducation (sous la direction du médecin Jean Camus) puis une école de rééducation où de nombreuses techniques dont la mécanothérapie sont utilisées avec l’objectif d’apprendre aux soldats une activité professionnelle (au Grand Palais il s’agit principalement de métiers « de ville »). Le VG7 ferme durant l’été 1919 et le Grand Palais récupère alors sa fonction initiale (accueillir des expositions).

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Les plans de ce film sont fixes. Cependant, le réalisateur tient à orienter le regard des spectateurs, par le biais de gros plans, sur les actions - gestes des soldats : l’attention se fixe sur la manière dont est faite la rééducation et sur les mouvements des membres « malades » des soldats. Dans la première séquence, le spectateur est face à un soldat qui utilise tour à tour différents outils servant à la mécanothérapie. Plus loin, un mutilé coiffe une jeune femme.D’une manière générale, on peut dire que la caméra est toujours orientée vers le membre amputé - abimé par la guerre.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Les domaines de la santé et de la médecine sont représentés comme le vecteur de la réinsertion des soldats dans la vie civile : les soldats sont mis en scène en pleine rééducation qui leur permet, malgré les blessures contractées pendant la guerre, de retrouver une activité professionnelle. L’avancée de la médecine y est soulignée par les usages de prothèses et de la mécanothérapie. Celle-ci conjugue la rééducation et l’apprentissage d’un nouveau métier (coiffure - travail du verre). (Rémi Remondière, « La mécanothérapie au temps de la Grande Guerre  », Revue historique des armées [En ligne], 274 

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Ce film semble tout particulièrement s’adresser aux soldats infirmes (à l'arrière) puisqu’il s’agit de leur montrer, à travers ces images, les « bienfaits » de la rééducation. En effet, par ces séquences, il est aisé de comprendre que l’aide médicale leur permet de réintégrer la société par le biais de l’exercice d’un nouveau métier. Ce film répondrait donc à des enjeux politiques mais aussi économiques : la réinsertion des soldats est nécessaire à la reconstruction d’une France sortie du conflit affaiblie par des pertes immenses. On peut donc supposer que la réalisation de ces images a une dimension didactique.

Local, national, or international audience

Description

(français)
Ce film met en scène différents mutilés sans qu’il y ait un lien entre eux : il s’agit d’une succession de plans fixes (pas de cartons) dans lesquels des gros plans sont réalisés pour mettre en avant les blessures des mutilés et donc, par la même occasion, les différents dispositifs médicaux qu’ils portent (prothèses).
Dans un premier plan, le spectateur se retrouve face à un soldat mutilé - amputé d’un des membres supérieur et qui porte, pour cette raison une prothèse. Un gros plan est réalisé sur le tronc de l’individu ce qui a pour effet de mettre en avant ses gestes : le soldat effectue une séance de mécanothérapie. Pour le spectateur, cette séquence s’apparente à une démonstration puisque le sujet utilise différents outils qu’il peut adapter sur sa prothèse, en autonomie, afin de montrer les divers mouvements que permet la mécanothérapie et qui aident à sa rééducation.
Puis dans un second plan, un gros plan est réalisé sur la prothèse du mutilé (amputé d’un membre supérieur) avant d’ouvrir le champ. On y voit alors deux soldats travailler du métal, celui qui est amputé manie une masse. La caméra est, comme précédemment, orientée de sorte à ce que la prothèse et les mouvements du soldat attirent les yeux du spectateur. Le film s’inscrit alors encore dans une dimension démonstrative mais tend cette fois-ci à porter le regard sur les activités professionnelles qui peuvent être effectuées par les soldats grâce à leur rééducation : il ne s’agit plus que de simples mouvements, ils s’inscrivent dans des situations « quotidiennes », par exemple le travail du métal. A partir de ce plan, la visée didactique du film, bien qu’elle soit présente dès le début, se renforce : le soldat doit être réinséré pour que la France puisse se relever du choc 14-18.
Cette volonté est davantage visible dans la troisième partie où l’on voit un infirme (sa blessure est mise en avant par un gros plan sur son bras) coiffer une jeune femme. On comprend donc à travers ces images la possibilité pour ces soldats de réintégrer une vie « normale » en exerçant un nouveau métier.
Enfin, le dernier plan montre un homme qui souffre des membres inférieurs : il est mis en scène en train de marcher : il a des difficultés, avant qu’un gros plan cible plus particulièrement ses pieds (souffre t-il de contractures ?). Ensuite, ce dernier s’installe sur une chaise (il ne semble plus pouvoir exercer une activité nécessitant le besoin d’être debout en permanence), à une table où il travaille du verre. Ici, l’action évoque au spectateur qu’il est possible pour les soldats blessés durant la guerre de mener une vie normale, une vie civile qui se traduira par l’exercice d’un métier et ceci est envisageable grâce à la rééducation « fonctionnelle ». La visée didactique du film, soulignée précédemment est donc bel et bien présente : les mutilés vont désormais participer à la vie économique française, constituer une part de la main d’oeuvre.

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Florine Marmigère