Question de solidarité (1982)

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Question de solidarité

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Title Question de solidarité
Series Kaléïdoscopie
Year of production 1982
Country of production France
Director(s) Micheline Paintault
Duration 28 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Commissioning body CNDPMinistère de l'Education Nationale
Archive holder(s) Canopé
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Main credits

(français)
Gén. début : "Kaléidoscopie" Gén. fin : Horine Cristi - auteur / Kirchner Odile - auteur / Paintault Micheline - auteur / Bellon Roger - musicien / Paintault Micheline - réalisatrice / Nous remercions les habitants du département de l'Hérault de leur aimable collaboration... copyright Ministère de l'Education Nationale - CNDP France 1982

Content

Medical themes

Theme

(français)
Explication du principe et de la mise en oeuvre de l'institution de la Sécurité sociale, en particulier sur le plan de la prise en charge publique des arrêts de travail pour causes de maladie, à l'exemple de situations vécues dans le contexte de la production viticole dans l'Hérault.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Le film commence par une séquence tournée aux guichets de la Sécurité sociale pour montrer son fonctionnement, voire ses pesanteurs. consiste en plusieurs séquences, tournées dans l'Hérault, qui sont autant d'études de cas sur la mise en oeuvre de la sécurité sociale du point de vue patronal : les charges que requiert son financement, la diminution de l'embauche que celui-ci entraîne. Il fait aussi intervenir Nicole Questiaux, alors ministre de la Solidarité nationale, qui rappelle le bien fondé citoyen et économique de la Sécurité sociale.

Context

(français)
Nicole Questiaux, qui intervient dans le film, a été Ministre de la Solidarité nationale entre 1981 et 1982 sous le premier gouvernement Mauroy. En juillet 1979, à la fin du septennat de Valéry Giscard D'Estaing, le ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Jacques Barrot, présente ses mesures pour ramener les comptes à l’équilibre à la fin de l’année 1980 : augmenter les recettes et baisser les dépenses notamment de santé, avec une augmentation de 1 % de la part salariale. La gauche critique ces mesures qui ne demandent aucun effort au patronat. En 1979, alors qu'il est le leader de l'opposition de gauche, François Mitterrand, critiquant la politique sociale du gouvernement Barre et du septennat de Valéry Giscard D'Estaing, propose de faire payer les arriérés de cotisations patronales aux entreprises. Il estime que dans l'immédiat c'est à l'Etat de prendre en charge ce déficit. A plus long terme il propose la nationalisation des industries pharmaceutiques, la décentralisation de la médecine et de l'hospitalisation tout en développant la politique de prévention.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film s'appuie sur l'observation et le témoignage : il commence par des scènes, montrées comme prises sur le vif (mais en fait reconstituées) représentatives du quotidien des guichets de la Sécurité sociale : un face à face entre responsable et usager qui est susceptible de tourner à la confrontation ou d'engendrer un malentendu. En cela, Question de solidarité porte l'influence du cinéma documentaire de Fredreick Wiseman, dont l'oeuvre, qui se poursuit depuis 1968, consiste en des recueils d'instants de vie dans les institutions. Cette démarche vise à éclairer le spectateur, en le ramenant à son statut de citoyen, sur les enjeux propres à la mise en oeuvre de leurs principes, et ainsi, à les interroger sur les limites que rencontre leur fonctionnement. L'articulation des scènes tournées dans les entreprises de l'Hérault avec l'entretien de la Ministre de la solidarité vise à mettre en place un débat : le financement du système pèse-t-il trop sur le patronat?

How are health and medicine portrayed?

(français)

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
établissements scolaires

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Elèves de secondaire

Local, national, or international audience

Description

(français)
Préambule : de la difficulté de s'adresser à la Sécurité sociale par téléphone

Carton qui indique le titre de la série : "Kaléidoscopies". En voix off, une voix de femme filtrée par un téléphone : "Assurances maladies bonjour...". En plan américain, une jeune femme dans une cabine téléphonique. La composition du plan est très fermée : les parois et la toiture de la cabine encadrent la jeune femme ; autour de la cabine et en transparence derrière sa paroi vitrée on aperçoit une façades à coins de peirre et l'encadrement d'une fenêtre : surcharge de lignes qui enserrent le personnage. La jeune femme tient un combiné dans une main, de l'autre le boîtier du combiné fixé à la cabine, comme si elle avait besoin de s'arrimer à un objet pendant la conversation. Elle explique qu'elle est en arrêt maladie depuis trois semaines et qu'elle "n'a pas touché son argent". La voix dans le téléphone lui demande son numéro d'immatriculation. La jeune femme sort sa carte de son sac à mains, commence la lecture, s'interrompt et demande : " Qui ça? " d'une voix soucieuse. Dans le téléphone, la voix d'une autre femme dit : "Allô?". La jeune femme paraît surprise par ce changement d'interlocutrice, regarde dans le vide, puis se ressaisit et reprend : "Allô? Madame? Voilà, je suis en arrêt maladie depuis trois semaines et je n'ai toujours pas touché mon argent...". Dézoom, nous voyons que la cabine où elle se trouve est installée à un carrefour urbain. Le titre apparaît en surimpression : "Questions de solidarité". Une musique au piano, de tonalité enjouée, couvre la voix de la jeune femme qui continue sa conversation. On l'entend dire : "Mon numéro?", indiquant de cette manière qu'elle doit répéter l'information qu'elle vient de donner. (00:38)


Interrogations, demandes et coups de gueule au guichet

Pont routier dans le prolongement d'un boulevard, des bus passent. En surimpression, la mention infographiée : "Montpellier (Hérault) Juin 1982". Int. du bus, par la transparence de la paroi vitrée du véhicule, travelling le long des façades d'un bâtiment au fronton duquel est écrit : "Sécurité sociale - caisse primaire d'assurance maladie". Le bus s'immobilise devant un abri avec un panneau qui indique l'arrêt "sécurité sociale". Dans l'axe du boulevard, une femme âgée en train de marcher en tournant vers le bord cadre droit, puis panoramique dans le même axe qui revient vers la façade du bâtiment de la Sécurité sociale entrevu tout à l'heure. Int. du bâtiment, un grand hall où des personnes sont assises en rang devant des guichets et des bureaux semi-cloisonnés. Gros plan sur un panneau d'affichage électronique qui indique un nombre pendant que retentit un signal sonore : c'est le système d'appel des usagers. Contrechamp sur un jeune homme qui lève les yeux dans sa direction et se dirige vers le guichet. Il annonce qu'il est au chômage depuis un an, il vient d'être victime d'un accident et souhaite savoir s'il est couvert. La responsable au guichet le rassure : il n'y a pas de problème puisqu'il est toujours indemnisé par l'ASSEDIC. Cut. La vielle femme que nous avons vu entrer dans le bâtiment a remplacé le jeune homme. La responsable lui indique que les renseignements concernant la retraite sont à prendre " à la caisse vieillesse, en face, derrière les plantes." Zoom sur la paroi vitrée d'un bureau installé dans le hall. La vieille dame s'est assise en face d'une responsable qui lui indique qu'elle va d'abord étudier le parcours professionnel de son mari. "Il aura plusieurs retraites, commence à lui répondre la responsable, parce qu'il a appartenu à..." La scène est interrompue par un homme qui se présente sur le seuil du bureau. Quoiqu'elle lui demande de retourner attendre son tour, il insiste : il se plaint de la décision prise par la Sécurité sociale de retirer de l'argent sur le compte de sa mère. En off, la voix de la responsable : "Attendez votre tour, on vous expliquera." Il obtempère en maugréant. Pourquoi cette scène? Sans doute pour montrer les incompréhensions et inquiétudes que secrète le système chez les usagers et auxquelles les guichetiers doivent quotidiennement faire face. (03:22)


Etude de cas dans une exploitation viticole

Panoramique sur des champs de vigne traversés par des routes de campagne, qui aboutit à l'indication infographiée : "Pinet (Hérault) 1982". Dans les champs de vigne, des ouvriers coupent les grappes de raisin. Commentaire : une voix d'homme évoque une exploitation familiale du vin. La période est difficile parce que le peronnel est réduit. Explication par la même voix : " Depuis 1970, les charges sociales employeurs ont été multipliées par six. " Le coût du vin de consommation courante n'a pas du tout augmenté de façon proportionnelle. Un jeune homme face caméra, une pipe à la main, parle devant des fûts. C'est sa voix qui était diffusée depuis le début de la séquence. "Je ne peux pas embaucher. De plus, il y a la concurrence des vins italiens." Il explique qu'en plus de la production, il a choisi d'assurer la vente et le suivi commercial. " Ce qui nous fait un surcroît de travail. " Retour dans les vignes, le jeune homme interpelle un ouvrier. " Pourquoi vous êtes seul? " L'ouvrier lui répond que son collègue a ressenti des douleurs à son ventre. Le patron hausse des épaules, soupire : "Bon ben là, il va se faire opérer, ça va nous faire deux mois d'arrêt de travail, encore une fois !" De retour dans la propriété, il rejoint un autre homme à sa terrasse. Ils discutent de la manière de se répartir le travail pour palier l'absence de l'ouvrier qui va probablement se faire hospitaliser. "Avec le poids des charges sociales que nous avons, je ne pense pas que ce soit raisonnable d'embaucher quelqu'un." Pano sur les bâtiments de la propriété : l'enjeu est de pouvoir la conserver. (06:31)


Autre étude de cas : une fabrique de vêtements

Musique lyrique. Vue générale sur un village bordé par une rivière asséchée. Mention infographique : "Ganges (Hérault). Juin 1982". Rue de village, encaissée entre des alignements de façades hautes. Intérieur d'une fabrique, des morceaux de tissu sont traités par des machines industrielles. En commentaire, une voix d'homme : " Nous fabriquons des bas,des collants, et nos cherchons à faire des articles de qualité " qui s'adressent à un public jeune. Travelling sur des femmes activant les machines, le visage concentré, le geste sûr. En commentaire, la même voix d'homme précise que le personnel s'est réduit de 60 à 30. Dézoom sur des chevalets métalliques chargés de robes. Dans son bureau, l'homme poursuit son explication. Il est assis devant un buffet de style Louis Philippe qui rappelle que l'activité est ancienne, et derrière une table chargé de cartons d'emballage et d'imitation en plastique de mollets humains. L'entreprise doit subir les assauts de la concurrence chinoise et celle " derrière le rideau de fer. " Il ajoute qu'il doit assurer 75% de charges d'un salaire, dont 30% à la sécurité sociale. Ces deux séquences rappellent donc que l'employeur investit dans le système de couverture sociale quand il rémunère son personnel. En plan poitrine, face caméra, le patron ajoute qu'il faudra cesser avec ce système qui sclérose les esprits, empêche les initiatives, et qu'il faudra suivre le modèle d'autres pays comme les Etats-Unis qui ont adopté des systèmes d'assurances personnelles dans le cadre du travail. "Ceci créé de obligations mais évite que ce pays soit un pays d'assistés." Le film inclut donc l'exemple d'un patron de conviction libérale qui voudrait en finir avec le principe de solidarité globale qui prévaut en France (08:35).

Entretien au Ministère de la solidarité

Dans une vaste pièce, situation d'entretien : deux femmes assises face à face dans un sofa circulaire, un opérateur les filme. Mention infographique : "Salon du Ministère de la Solidarité Paris (juin 1982)." Une des deux femmes en plan poitrine. Mention infographique : "Nicole Questiaux" (Ministre de la Solidarité nationale enterre 1981 et 1982 sous le premier gouvernement Mauroy)." C'est vrai que quand l'emploi ne va pas, la solidarité ne va pas. Pourquoi? Parce qu'elle est financée sur les salaires. mais dire que pour cela il faut attaquer le système de sécurité sociale c'est ignorer l'idée même qu'en ont les gens. " C'est un système égalitaire qui contribue à la richesse du pays. C'est un réel coût mais ce ne doit pas être considéré comme un poids sur les entreprises parce que " cet argent retourne dans l'économie ". Dans les villages où les retraités sont nombreux, s'ils n'avaient pas d'argent à dépenser, " que deviendrait le petit commerce? " Et qu'en est-il des établissements hospitaliers et des maisons d'enfants financés par la sécurité sociale? Nicole Questiaux évoque les temps plus anciens où ce système de solidarité n'existait pas, où les personnes âgées devaient composer sans la retraite. Par ce rappel, qui plaide en faveur du maintien du système, Question de solidarité résonne avec la version de 1969 de La sécurité sociale. (10:40)

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Joël Danet