Le pauvre homme est mort dans un hôpital militaire (1916)

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Le pauvre homme est mort dans un hôpital militaire

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Title Le pauvre homme est mort dans un hôpital militaire
Year of production 1916
Country of production Russie
Director(s) A. Ivonine
Scientific advisor(s)
Actor(s) Nikolaï Saltikov
Duration 18 minutes
Format Muet - Noir et blanc -
Original language(s) Russian
Subtitles and transcription French
Production companies Département de la cinématographie militaire du comité de Skobelev
Archive holder(s)
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Main credits

(français)
Умер бедняга в больнице военной (Le pauvre homme est mort dans un hôpital militaire)

Кино драма в четырех частях (Film dramatique en quatre parties)
По стихотворению августейшего поэта К.Р. (Basé sur un poème de l'auguste poète Constantin Constantinovitch de Russie (Romanov))
Постановка режиссера А.С. Ивонина (Réalisé par A.S. IVONINE)
Военно-кинематографический отдел Скобелевского комитета (Le département de la cinématographie militaire du Comité de Skobelev)


Opérateur : Alexander Levitskiy

Acteur principal : Nikolaï Saltykov

Content

Theme

(français)
Transposition du poème de Constantin Constantinovitch intitulé Il est mort au contexte de la Première Guerre mondiale.

Main genre

Fiction

Synopsis

(français)
Ce film raconte l'histoire d'un jeune homme qui avait entendu le récit d'un vétéran de la guerre russo-turque de 1877-1878. Ce vétéran avait raconté ses faits d'armes pendant le combat et reçu la Croix de Saint George des mains du général Skobelev lui-même. Enthousiasmé par ce récit, le jeune homme devenu soldat, fit l'acte de courage suivant : il sauva la vie de son commandant blessé en le ramenant à l'arrière. Après, il fut blessé à son tour et envoyé à l'hôpital, où il reçut la Croix de Saint George pour le sauvetage de son commandant. il envoya la lettre de l'hôpital à sa famille pour leur annoncer qu'il était blessé. Il demanda à l'infirmière d'envoyer sa médaille à son fils. Une image de la vie militaire d’une vraie guerre, représentant les aventures simples, mais tristes d’un garçon de village appelé à la guerre ; la situation de la vie de combat transmise véridiquement ; l’action se développe d’une manière planifiée et intéressante.

Context

(français)
Le contexte du film est l'histoire d'un jeune homme qui fut appelé pour le service militaire pendant première guerre mondiale. On découvre le destin des conscrits qui meurent au loin de la maison paternelle et la famille.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film reprend un texte très connu (un poème de Constantin Constantinovitch) et si populaire qu'on en a même fait une chanson (voir ci-dessous § Informations complémentaires). Cependant, au lieu de rester fidèle à son contexte historique (la guerre russo-turque de 1877-1878), il le transpose à l'époque de la production du film, c'est-à-dire au moment de la Première Guerre mondiale. Pour cela, des scènes de fiction jouées par des acteurs sont habilement mélangées à des séquences issues des actualités cinématographiques. En exaltant le sens du devoir, l'héroïsme et le sacrifice de deux hommes (le vétéran qui a perdu une jambe et le jeune homme qui perd la vie), le film donne aux jeunes soldats des exemples de courage à suivre. Ils seront récompensés par des médailles ainsi que la reconnaissance de leur famille et de leur patrie.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le film montre les soignants au plus près des combats. La tente qui sert d'hôpital de campagne en est d'ailleurs si proche que le jeune homme prend une balle quelques instants après y avoir déposé son commandant.
Les soldats ont des notions de premiers secours rudimentaires (le jeune homme se fait lui-même un bandage à la main) mais par ailleurs, on ne voit pas d'acte médical très très technique. En revanche, on voit plusieurs scènes d'évacuation de blessés. L'hôpital militaire dans lequel ils sont amenés n'est pas non plus le théâtre de soins très élaborés, on y voit essentiellement une remise de médaille ainsi que la mort du héros.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
En Russie, dans les casernes militaires.

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Soldats de l'armée régulière russe.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Ce film n’est pas un film médical. Il a pour sujet le poème de Constantin Constantinovitch de Russie (Konstantin Romanov) intitulé Il est mort (Le pauvre garçon est mort dans un hôpital militaire) (1909). Le film combine des actualités cinématographiques et des séquences de fiction.

(0.00 – 1.01) Introduction

Le film commence par un carton une partie du poème de Constantin Romanov : "Dans l'auberge sur le chemin du retour - Pierre s'est couché avec son père plus d'une fois... Т- Ici, il a appris et entendu beaucoup de choses... - Chaque nouveau passant raconte une nouvelle histoire ! (В избе постоялой с дороги обратной - С отцом ночевал Петр не раз...ут много узнал и услышал...- Что новый прохожий, то новый рассказ !) … Cette partie est fictionnelle. Dans une auberge, trois hommes mangent à une table à l’arrière-plan et trois autres hommes (deux adultes et un jeune homme) boivent du thé au premier plan. À [0: 12], un vieil homme entre. Il a une prothèse au pied droit et porte des médailles sur sa veste. Les hommes à l'arrière-plan se lèvent de table, le saluent et l'invite à se mettre à table avec les trois hommes au premier plan. À [0: 33], le vieil homme commence son récit que les autres écoutent attentivement,. En même temps, le jeune homme lui sert du thé et coupet du pain. Cette scène montre combien les vétérans sont considérésen Russie. Le jeune homme a une réaction très symbolique. Il observe attentivement les médailles sur la veste du vétéran, parce qu’il brûle de faire preuve du même courage.

Chapitre 2 (1.02 – 2.35) La réalité du front

Dans le poème de Constantin Constantinovitch, le vétéran raconte ce qui lui est arrivé pendant la guerre russo-turque (1877-1878) mais en réalité, dans le film, il raconte des épisodes de la Première Guerre mondiale. D’abord, huit soldats dans une tranchée tirent. À [1 :23], une mine de mortier explose. Les soldats se couchent dans la tranchée mais l’un d’eux (le sixième en partant de la gauche) est blessé. À [1 :38], les autres soldats le transportent dans la tranchée, vers la gauche. Cette scène montre comment les soldats agissent quand l’un de leurs frères d’armes est blessé pendant la bataille. Ils l’évacuent. Dans la scène suivante, les soldats se reposent après la bataille pendant que les médecins prodiguent les premiers secours aux soldats blessés. À [2 :12] une ordonnance transmet un rapport et repart. À [2 : 14], des soldats transportent blessé sur une civière attachée à deux chevaux. Cette scène montre le mode de vie des soldats après la bataille, ainsi que le transport médical pour les soldats qui ne peuvent pas marcher eux-mêmes.

Chapitre 3 (2.35 – 6.50) Récit du vétéran. La Blessure.

Dans cette partie du film, les actualités cinématographiques et le film de fiction sont entremelés. [2 :36 - 2 :50] Film de fiction : les six hommes écoutent le récit du vieil homme qui le continue en gesticulant énergiquement et en faisant semblant de donner des coups d'épée.

[2 :51 - 5 :03] L’assemblage de différentes séquences d’actuallités cinématographiques qui illustrent le récit du vétéran.  D’abord, des cavaliers et des soldats à pied transportent l'artillerie. À [4 :15] ils commencent à préparer l'artillerie pour la bataille. À [4 : 34] ils tirent. [5 :04 - 5: 42] Les cavaliers avancent en colonne. [5 : 43 - 6 :50] Il y a une explosion, après laquelle l'attaque des cavaliers commencent.

Ces séquences sont générales et montrent juste des scènes de bataille. Dans le contexte du scenario du film, ces actualités permettent la mise en images du récit du vétéran mais la chronologie ne correspond pas. En effet, le poème de Constantin Constantinovitch raconte la guerre russo-turque de 1877-1878 alors que les images qui illustrent le récit du vétéran datent de la Première Guerre mondiale.

Chapitre 4 (6.50 – 8.00) Récit du vétéran. L’acte de courage [6: 50 - 6 :55] Le vieil homme continue son récit . Il joint les mains et lève les yeux en exprimant sa gratitude. Le vétéran raconte son acte de courage dans toutes ses nuances et montre ses médailles au jeune homme qui est très impressionné. Pour lui, le vétéran est un modèle du soldat. [6 :59 - 7 :39] Flashback : trois hommes en noir se trouvent dans un hôpital militaire, ce sont des soldats blessés. Un médecin passe devant eux et s'arrête dans le corridor. Puis deux officiers de haut rang et le médecin-chef s’approchent des hommes en noir et les félicitent. L’un de ces officiers est le général Mikhaïl Skobelevqui s’est distingué pendant la guerre russo-turque. Il décore l’homme du milieu (c’est le vétéran dans sa jeunesse). Ce dernier est ému et très fier. La présence du général Skobelev dans ce film est très intéressante. En réalité, il n’est pas cité dans le poème de Constantin Constantinovitch. En revacnhe, le studio qui a produit Pauvre Garçon porte son nom ! [7 :39 - 8 :01] Le vieil homme continue son récit, le jeune homme l'écouteait attentivement, toujours aussi impressionné.. À [7 :49] le vieil homme enleve les médailles de la veste et les donne au jeune homme. Il est ému et s’essuie les yeux. Cette scène montre que le jeune homme est motivé à gagner des médailles comme le vétéran.

Chapitre 5 (8.02 – 12.53) L’histoire du jeune homme. Un acte de courage.

C’est la deuxième partie du film, l’histoire de jeune homme pendant la Première Guerre mondiale. [8 :01 - 8 :13] Le jeune homme est allongé sur le lit dans un hôpital militaire. Il souffre beaucoup et il tousse. Il se souvient de la bataille qui l’a mené là. De cette façon, le spectateur comprend que l’histoire du vétéran est finie et que l’histoire du jeune homme débute. [8 :23 - 10 :14] Séquence des actualités cinématographiques de la Première Guerre mondiale, pour raconter l’histoire de la participation du jeune homme à la guerre. Long défilé de soldats, arrivée du courrier militaire et préparation des officiers à la bataille À [10 :14], nouvelle séquence de fiction.C’est le jeune homme qui écoutait le récit du vétérab qui en est le héros. [11 :29 - 11 :56] Les soldats passent à l'attaque, le jeune homme est toujours au premier plan. À [11 :43] le jeune homme est blessé à la main gauche. Il enroule une bande autour de sa main. Cette scène montre la technique militaire des soldats russes pendant la bataille et une technique de premiers secours, mais ce n’est pas l’essentiel. Le plus important, c’est la démonstration d’héroïsme du jeune homme. 12 :00 - 12 :11] Les soldats passent à l'attaque. À [12 :02] l'officier qui dirige l'attaque est blessé, un soldat (le jeune homme) le sauve. [12 :15 - 12 :52] Il le porte jusqu’à l'hôpital de campagne. les infirmiers apportent les premiers secours au commandant. À [12 :45], en repartant à la bataille, le soldat est blessé à la poitrine, les infirmiers lui apportent les premiers secours. Cette scène montre que le jeune homme a fait preuve de courage et en a payé le prix fort. Elle explique aussi au spectateur pourquoi le jeune homme se trouve à l’hôpital.

Chapitre 6. (12.53 – 13.32) Récit de jeune homme. La blessure et l’hôpital militaire.

[12 :53 - 13 :17] Les infirmiers transporte le jeune homme blessé sur un brancard. Ils le mettent sur un lit. Une infirmière examine la blessure à la poitrine tandis qu’un infirmier défait le bandage autour de la main gauche du soldat. Cette scène montre le travail quotidien dans l’hôpital militaire en Russie pendant la Première Guerre mondiale. [13 :23 - 13 :32] Un officier décore le soldat de l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges, martyr et victorieux. Le soldat est très heureux mais il souffre beaucoup. Cette scène montre que la médaille a beaucoup de valeur pour le jeune homme.

Chapitre 7 (13.33 – 17.46) La mort du jeune homme.

Cette partie est l’épilogue du film. [13 :37 - 13 :44] La famille du soldat (son père, sa mère, sa femme et ses deux fils) list l’une de ses lettre. Le jeune homme y explique qu’il est blessé dangereusement mais qu’il guérira « si Dieu le veut ». Sa mère et a femme pleurent. [13 :51 - 14 :39] La femme du soldat donne son bébé à la grand-mère. Elle prend la lettre du soldat, elle passe dans une autre pièce où elle continue à pleurer puis cache la lettre dans la robe. Elle implore Dieu. [14 :48 - 15 :53] Loin des siens, le jeune homme souffre et tousse, allongé sur le lit. Il lève la tête et regarde par la fenêtre. À [15 :54], il tient sa blessure à la poitrine. Un carton mentionne l’appel du Misericordieux « qui a donné à l’homme à la fois peine et consolation ». Les cloches sonnent, comme pour dire que l’heure est venue.[16 :41 - 17 :20] Le soldat souffre. Il appelle l'infirmière.. Il embrasse sa médaille et demande à l’infirmière de la transmettre à son fils. À [17 :03] le soldat meurt. 'infirmière cherche son pouls, regarde la médaille et s’agenouille à côté du lit pour prier. Cette scène appelle les soldats à réaliser des actes de courage pour gagner des médailles., En même temps, il prévient que c’est dangereux. Si jamais le soldat meurt, il sera un héros non seulement pour sa famille, mais aussi pour la société.

[17:26 - 17:46] La femme du jeune homme portant leur bébé s’agenouille devant la tombe de son mari. Le dernier carton qui passe trop vite pour qu’on puisse le lire dans son intégralité porte les mots suivants : « Va dormir, colombe solitaire, va dormir, repose en paix ! Dans cette tombe humide et profonde - souvenir éternel pour toi ! »

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Constantinovitch_de_Russie_(1858-1915)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_imp%C3%A9rial_et_militaire_de_Saint-Georges https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Skobelev

Texte original du poème (titre original : Il est mort), écrit par Constantin Romanov sous le pseudonyme Myza Smerdi :

Умер

Умер, бедняга! В больнице военной
Долго родимый лежал;
Эту солдатскую жизнь постепенно
Тяжкий недуг доконал…
Рано его от семьи оторвали:
Горько заплакала мать,
Всю глубину материнской печали
Трудно пером описать!
С невыразимой тоскою во взоре
Мужа жена обняла;
Полную чашу великого горя
Рано она испила.
И протянул к нему с плачем ручонки
Мальчик-малютка грудной…
…Из виду скрылись родные избенки,
Край он покинул родной.
В гвардию был он назначен, в пехоту,
В полк наш по долгом пути;
Сдали его в Государеву роту
Царскую службу нести.
С виду пригожий он был новобранец,
Стройный и рослый такой,
Кровь с молоком, во всю щеку румянец,
Бойкий, смышленый, живой;
С еле заметным пушком над губами,
С честным открытым лицом,
Волосом рус, с голубыми глазами,
Ну, молодец молодцом.
Был у ефрейтора он на поруке,
К участи новой привык,
Приноровился к военной науке,
Сметливый был ученик.
Старым его уж считали солдатом,
Стал он любимцем полка;
В этом Измайловце щеголеватом
Кто бы узнал мужика!
Он безупречно во всяком наряде
Службу свою отбывал,
А по стрельбе скоро в первом разряде
Ротный его записал.
Мы бы в учебной команде зимою
Стали его обучать,
И подготовленный, он бы весною
В роту вернулся опять;
Славным со временем был бы он взводным.
Но не сбылись те мечты!
…Кончились лагери; ветром холодным
Желтые сдуло листы,
Серый спустился туман на столицу,
Льются дожди без конца…
В осень ненастную сдали в больницу
Нашего мы молодца.
Таял он, словно свеча, понемногу
В нашем суровом краю;
Кротко, безропотно Господу Богу
Отдал он душу свою.
Умер вдали от родного селенья,
Умер в разлуке с семьей,
Без материнского благословенья
Этот солдат молодой.
Ласковой, нежной рукою закрыты
Не были эти глаза,
И ни одна о той жизни прожитой
Не пролилася слеза!
Полк о кончине его известили, —
Хлопоты с мертвым пошли:
В старый одели мундир, положили
В гроб и в часовню снесли.
К выносу тела в военной больнице
Взвод был от нас наряжен…
По небу тучи неслись вереницей
В утро его похорон;
Выла и плакала снежная вьюга
С жалобным воплем таким,
Плача об участи нашего друга,
Словно рыдая над ним!
Вынесли гроб; привязали на дроги,
И по худой мостовой
Серая кляча знакомой дорогой
Их потащила рысцой.
Сзади и мы побрели за ворота,
Чтоб до угла хоть дойти:
Всюду до первого лишь поворота
Надо за гробом идти.
Дрогам вослед мы глядели, глядели
Долго с печалью немой…
Перекрестилися, шапки надели
И воротились домой…
Люди чужие солдата зароют
В мерзлой земле глубоко,
Там, за заставой, где ветры лишь воют,
Где-то в глуши далеко.
Спи же, товарищ ты наш, одиноко!
Спи же, покойся себе
В этой могилке сырой и глубокой!
Вечная память тебе!

Мыза Смерди
22 августа 1885

Mis en musique en 1909, le poème a été chanté par Nadejda Plevitskaïa (née en 1879 ou 1883 ou 1886 - décédée en 1940), chanteuse russe, interprète de chansons populaires russes et de romances. Cette chanson a eu un succès considérable en Russie.


Contributors

  • Record written by : Ivan Melnik, Élisabeth Fuchs
  • French subtitles : Ivan Melnik, Élisabeth Fuchs
  • Transcription : Ivan Melnik