Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche (1918)

From Medfilm
Revision as of 14:36, 12 December 2017 by Emmanuel.NUSS (Talk | contribs)

Jump to: navigation, search

 

Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche


Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.

Title Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche
Year of production 1918
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 09 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) French
Production companies SCA
Archive holder(s) ECPAD
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

Content

Theme

<translate>Anciens soldats effectuant différentes tâches agricoles à Maison Blanche.</translate>

Main genre

Documentaire

Synopsis

<translate>Le film présente des mutilés de guerre dans un centre de rééducation. Les différentes étapes de la culture sont mises en avant à travers plusieurs séquences. Les mutilés apprennent et s’adaptent à leur mutilation dans les champs d’osier, exemple d’un secteur agricole qui connait une forte demande de main d’œuvre pendant et après la Première Guerre Mondiale.</translate>

Context

<translate>La France sort meurtrie de la Première guerre mondiale. On parle d’une « victoire endeuillée ». Le bilan humain est désastreux. On compte 1 295 000 tués et 388 000 mutilés du côté français. Le retour à la vie « normale » pour les anciens soldats fut très difficile. Des associations voient le jour progressivement dans les années 1920 comme l’Union des blessés de la face en 1921 sous la direction de deux mutilés de guerre Bienaimé Jourdain et Albert Jugon. Leur réinsertion professionnelle a été très difficile. Des milliers de soldats doivent être rééduqués à cause d’opérations chirurgicales lourdes. Plusieurs lois ont été mise en place pour leur réinsertion comme celle du 17 avril 1916 : concernant l’emploi des mutilés de guerre qui n’a jamais été appliquée et bien comprise par les employeurs. L’Etat n’est pas en mesure de répondre à leurs attentes, tant pécuniaires que psychologiques. Cette loi fut remise en place le 2 janvier 1918. Deux types de structures pouvaient recueillir ces mutilés : les ateliers de blessées nécessitant aucunes infrastructures à construire et les écoles de rééducation permettant aux invalides d’apprendre aux mutilés à se servir de leurs appareils et à les utiliser pour leur profession (réadaptation) ou pour celle vers laquelle ils ont été orientés (rééducation).

Cependant il faut nuancer l’importance de ces structures après la guerre. Elles s’apparentent plus à l’assistance par le travail qu’à une véritable formation. En effet, ces écoles ou ateliers fonctionnent de manière anarchique et proposent des formations de courte durée. De plus, les besoins du marché du travail en main d’œuvre explique qu’elles sont très peu fréquentées. Enfin, les mutilés ne sont pas tous payés pendant cette formation donc elles attirent moins de monde. La rééducation n’aura concerné que 6% sur l’ensemble des invalides. </translate>

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

<translate>La manière de filmer est très importante pour comprendre ce que les producteurs du film veulent nous faire passer comme message. A travers ce film, les mutilés qu’ils soient en binôme ou seul, sont montrés dans un plan large et fixe. Cela permet de les apercevoir en entier. On veut montrer leurs invalidités. L’œil du spectateur est orienté vers leur mutilation et non vers le geste de leur travail. Lorsque leur membre amputé est peu visible, un zoom sur l’image suivante est effectué pour vraiment montrer cette invalidité (par exemple la séquence de binage d’une oseraie de 2 ans cachant les membres inférieurs des soldats). De plus, le film dirige le spectateur sur la mutilation en indiquant sur chaque carton de chaque séquences l’invalidité précise du soldat.</translate>

How are health and medicine portrayed?

<translate>En mettant en avant la mutilation de chaque soldat, on voulait montrer les progrès de la chirurgie de guerre et civile sur les amputations mais aussi sur les prothèses. Cette efficacité est transmise à travers le travail des mutilés qu’il effectue sans contraintes.</translate>

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

<translate>Cinémas militaires et civils.</translate>

Presentations and events associated with the film

<translate></translate>

Audience

<translate>Anciens soldats blessés et amputés ainsi que les employeurs des mutilés.</translate>

Local, national, or international audience

Description

<translate> Composition du film

Le carton présentant le générique principal est un appel aux mutilés. C’est un film promotionnel pour les champs d’oseraie. L’état a besoin de main d’œuvre dans ce secteur. Le besoin national et la rééducation des mutilés sont deux domaines confondus dans ce film.

Le film est rythmé par 7 séquences composées selon le même schéma : un carton introductif et des images de mutilés effectuant un travail agricole. Ces séquences sont nommées ainsi :

- « Regarnissement d’une oseraie d’un an par repiquage exécuté par deux amputés de cuisse »

- « Binage d’une oseraie d’un an par des amputés de bras et de jambes »

- « Binage d’une oseraie de deux ans par deux amputés de cuisse »

- « Récolte de l’osier par deux amputés de cuisse »

- « Récolte de l’osier greffé sur peuplier par amputé de cuisse droite et de la main droite »

- « Ecorçage de l’osier par deux amputés de cuisse »

- « Le bottelage de l’osier blanchi par un amputé de cuisse droite mutilé de la main droite »

On perçoit que ces cartons introductifs nous indiquent précisément la tâche agricole dans l’oseraie effectuée par des mutilés et également l’invalidité de ces derniers. Dans les séquences filmées, les invalident s’appliquent à faire correctement leur travail. Ils veulent montrer que leur mutilation ou amputation ne gêne en rien leur travail.


Analyse du film

Derrière ce film qui pourrait paraitre banale, un discours est dissimulé.

Tout d’abord, le côté sanitaire est mis en avant. En effet, le fait de filmer un plan large les mutilés pour montrer leur mutilation ou faire un gros plan rien que sur leur amputation est un élément indicateur du message que l’on veut faire passer. Il est important aux anciens soldats de visionner ce film pour comprendre que leurs blessures de guerre ne les excluront pas du monde du travail. Dans ce film, le progrès de la médecine et de la chirurgie militaire permet un retour à la terre. Ce discours illustre le contexte d’après-guerre. Les mutilés se sentent en marge de la société civile. Ils rappellent les stigmates d’une guerre qu’on veut oublier. De plus, le retour à la terre des mutilés du monde rural (161 200 mutilés) est difficile sur le plan psychologique. Cette terre est la même dans laquelle ils ont creusés des tranchées, la même dans laquelle ils ont survit malgré la boue, le manque d’hygiène les maladies, la peur et la mort.

Ensuite, ce film est un argument pour convaincre les employeurs d’embaucher les mutilés de guerre. Malgré le manque de main d’œuvre certains sont retissent à l’idée de faire travailler des mutilés. Leur manque de productivité est l’élément principal de leur exclusion du monde du travail. Contrairement au système anglais où il y a une collaboration volontaire des employeurs, le système français impose par la loi du 26 avril 1924 une assurance d’emploi obligatoire aux mutilés. Cet emploi obligatoire est l’aboutissement logique du refus des partenaires de prendre ne compte le problème des mutilés. Le film permet d’atténuer cette obligation d’emploi. En effet, il montre que les mutilés peuvent sans aucune contrainte travailler dans l’artisanat et le monde rural. Le film est un instrument pour rassurer les employeurs.

Enfin, le film concrétise un nouveau mode de production mise en place pendant la guerre : le taylorisme. Le taylorisme est la division de s tâche et le travail à la chaine. Cette nouvelle méthode de produire a été mis en place pendant la guerre car l’industrie d’armement avait besoin d’une productivité accrue. Dans les années 1920 il va se répandre dans tous les domaines économiques. Les différentes séquences du film nous présentent une tâche en particulière du métier dans les oseraies. Cela nous renvoie donc à cette division du travail. Le taylorisme permettra un meilleur rendement et des couts de production assez bas, répercutées sur un prix de vente assez bas également. En effet, les ouvriers n’auront plus besoin d’une qualification. Cette nouvelle façon de travailler est intéressant pour les employeurs, embauchant des mutilés, car leur formation ne sera pas longue, et le même geste devra être répété sans difficultés.

Pour conclure une critique doit être apportés. Ce film nous présente seulement des blessés physiques. Où sont les névrosés et autres traumatisés de la guerre. De plus, il faut mettre ne évidence l’absence des « gueules cassées » qui représentent tous les stigmates de la guerre que l’on veut oublier. Ces « gueules cassées » ont du mal à intégrer un milieu professionnel surtout dans le commerce. </translate>

Supplementary notes

<translate></translate>



Contributors

  • Record written by : Alexis Bosson