Difference between revisions of "Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche"

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|Vidéo sur FTP=Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche (1918) - 14.18 A 938
 
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|Sujet=<translate>Anciens soldats effectuant différentes tâches agricoles à Maison Blanche.</translate>
 
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|Public=<translate>Anciens soldats blessés et employeurs agricoles.</translate>
 
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'''Composition du film'''
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'''Equipement d’un cheval et attelage d’une carriole'''
  
Le film est composé de 6 séquences. Dans la première un soldat mutilé est en train d’atteler un cheval pour aller travailler aux champs. Dans la séquence suivante nous retrouvant le même mutilé qui détèle le cheval rentré du travail. Ces deux scènes sont très longue. On laisse le temps à l’invalide de terminer sa manœuvre avant d’arrêter de filmer. Les séquences qui suivent illustrent des tâches en rapport avec le jardinage ou en lien avec l’agriculture. Tout d’abord 2 binômes de soldats sont filmés en train de bécher. Puis, deux autres en train de biner. La scène suivante montre un mutilé remplissant une brouette de fumier. La séquence qui clôture le film montre l’appareillage des mutilés. Chaque scène est un support pour montrer comment les mutilés se servent de leur bras mécanique, adaptable aux tâches agricoles.
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[00’00]
  
Des cartons explicatifs sont intercalés entre les scènes. Ils décrivent la scène suivante. Il faut noter une particularité sur ce film. Le premier carton est langue française et le deuxième est sa traduction en anglais. De plus, contrairement aux autres vidéos sur le même sujet les cartons n’indiquent pas l’invalidité des mutilés. On la découvre au même moment que les images.
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Le film débute par un plan d’ensemble. Un soldat amputé du l’avant-bras droit prend successivement les différentes parties d’un harnais d’attelage et en équipe un cheval, en allant de l’arrière vers l’avant : d’abord le reculement avec l’avaloire, puis la sellette et la sous-ventrière, le collier d’épaule et enfin la bride.
  
Les images sont mises en scène. Les mutilés respectent la tâche que leur a été donné pour montrer leur capacité et leur efficacité lors d’un travail accompli.
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Autre plan d’ensemble. Le soldat fait reculer le cheval jusqu’à une carriole dans les brancards de laquelle il fait passer les bracelets de la sellette. Puis il prend l’une des chaines de trait du brancard droit et en accroche l’une des extrémités au collier. Il fixe ensuite une lanière à l’un des brancards et la fait passer sous le ventre du cheval pour procéder de même sur l’autre brancard. Il se présente brièvement face à la caméra et, après avoir ajusté le port de la carriole par le cheval, il fait sortir celui-ci et son attelage en le menant par la bride.
  
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[04’05]
  
'''Analyse du film'''
 
  
Deux aspects notoires présentés dans le film, ont le même objectif.
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'''Dételage de la carriole'''
  
Tout d’abord, la présence des cartons en anglais qui montrent que le film veut toucher une audience internationale. La France manque de main d’œuvre. Elle a besoin d’embaucher pour relancer sa croissance économique. Les vagues migratoires ne suffisent pas, alors elle lance un appel à l’étranger. De plus, la France veut montrer sa capacité à s’occuper de ces mutilés en leur permettant de retrouver un travail. Elle veut faire croire que pour ces mutilés malgré leur amputation la guerre ne fut qu’une parenthèse, et qu’ils ont pu reprendre le travail. Cela n’est qu’une mise en scène, les anciens garderont toujours en tête les horreurs de la guerre.  C’est un appel aux autres mutilés d’Europe qui ne sont pas pris en charge dans leur propre pays. Ce film est promotionnel car il veut attirer une main d’œuvre dans le monde agricole.
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[04’05]
  
Ensuite, la mise en en scène de l’appareillage des mutilés explique pourquoi ce film a été financé. La maniabilité des bras mécaniques doit impressionner les spectateurs. En réalité leur prothèse est très inconfortable et douloureuse. Mais l’objectif est double. Ce film est une promotion pour les employeurs du monde rural. Il veut que les mutilés soient embauchés sans réticence et contrainte de la part des exploitants agricoles de la France des années 1920. Le deuxième objectif est de montrer le savoir-faire français dans la chirurgie médicale mais aussi en parapharmaceutique (l’utilisation diverses des bras mécanique). Le réapprentissage dans le monde agricole domine sur la rééducation des mutilés. 80% des mutilés provenant du milieu rural se sont répartis entre deux pratiques. La première dite « en milieu naturel » utilise principalement les exploitations existantes comme les fermes-écoles. La seconde est destinée surtout à la reconversion ver les professions de l’artisanat rural et la formation d’auxiliaire.
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Nouveau plan d’ensemble. Le cheval et sa carriole sont garés à l’entrée d’une grange. Le soldat retire la lanière qui passait sous le ventre du cheval et les chaînes de trait. Il fait avancer l’animal. Les bracelets de la sellette sortent des brancards de la carriole.
  
Ces deux aspects rejoignent l’idée d’un besoin en main d’œuvre dans le domaine agricole en France. La guerre a détruit d’énorme parcelles agricole (bassin de l’est, champagne et le nord). Il faut cultiver vite car les pénuries pendant la guerre en affaiblis la population. L’agriculture est le secteur économique dominant dans les années 1920. Il devient une priorité de le remettre sur pied pour que la France puisse se reconstruire.
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Plan moyen. Le soldat retire tous les équipements portés par le cheval en procédant à nouveau de l’arrière vers l’avant : le reculement et l’avaloire, la sellette et la bride. Plan rapproché taille. Il finit par enlever à l’animal le collier d’épaule.
  
Pour conclure une critique doit être apportés. Ce film nous présente seulement des blessés physiques. Où sont les névrosés et autres traumatisés de la guerre. De plus, il faut mettre ne évidence l’absence des « gueules cassées » qui représentent tous les stigmates de la guerre que l’on veut oublier.
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'''Le bêchage et le binage'''
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Plans d’ensemble. Deux anciens soldats, amputés chacun de leur avant-bras droit, remplacé par une prothèse, bêchent une plate-bande du jardin de l’hôpital militaire. Deux amputés de la jambe droite se livrent au même travail. Plan rapproché sur les jambes. Leur mutilation ne les gêne apparemment pas et ils travaillent aussi bien que des personnes valides.
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Un mutilé de l’avant-bras droit bine soigneusement une plate-bande. Le manchon de sa prothèse est glissé dans la manche de la binette.
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'''Le chargement du fumier'''
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[08’06]
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Plans d’ensemble. Un ouvrier, lui-aussi mutilé de l’avant-bras droit, remplit une brouette de fumier avec une fourche. Il glisse le manchon de sa prothèse dans le bras de la brouette puis soulève celle-ci et s’en va. Il renverse ensuite le fumier en tas sur une plate-bande.
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Le film se termine sur un dernier plan fixe du manchon de la prothèse glissé dans le bras de la brouette.
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Revision as of 14:05, 23 January 2018

 

Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche


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Title Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche
Year of production 1918
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 09 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) French
Production companies SCA
Archive holder(s) ECPAD
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

Content

Theme

<translate>Anciens soldats effectuant différentes tâches agricoles à Maison Blanche.</translate>

Main genre

Documentaire

Synopsis

<translate>Le film nous présente des anciens soldats de la Grande Guerre invalides. Ils effectuent diverses tâchent agricoles dans le cadre de leur rééducation. Ils s’adaptent à leur prothèse « mécanique » pour une future réinsertion professionnel.</translate>

Context

<translate>La France sort meurtrie de la Première guerre mondiale. On parle d’une « victoire endeuillée ». Le bilan humain est désastreux. On compte 1 295 000 tués et 388 000 mutilés du côté français. Le retour à la vie « normale » pour les anciens soldats fut très difficile. Des associations voient le jour progressivement dans les années 1920 comme l’Union des blessés de la face en 1921 sous la direction de deux mutilés de guerre Bienaimé Jourdain et Albert Jugon. Leur réinsertion professionnelle a été très difficile. Des milliers de soldats doivent être rééduqués à cause d’opérations chirurgicales lourdes. Plusieurs lois ont été mise en place pour leur réinsertion comme celle du 17 avril 1916 : concernant l’emploi des mutilés de guerre qui n’a jamais été appliquée et bien comprise par les employeurs. L’Etat n’est pas en mesure de répondre à leurs attentes, tant pécuniaires que psychologiques. Cette loi fut remise en place le 2 janvier 1918. Deux types de structures pouvaient recueillir ces mutilés : les ateliers de blessées nécessitant aucunes infrastructures à construire et les écoles de rééducation permettant aux invalides d’apprendre aux mutilés à se servir de leurs appareils et à les utiliser pour leur profession (réadaptation) ou pour celle vers laquelle ils ont été orientés (rééducation).

Cependant il faut nuancer l’importance de ces structures après la guerre. Elles s’apparentent plus à l’assistance par le travail qu’à une véritable formation. En effet, ces écoles ou ateliers fonctionnent de manière anarchique et proposent des formations de courte durée. De plus, les besoins du marché du travail en main d’œuvre explique qu’elles sont très peu fréquentées. Enfin, les mutilés ne sont pas tous payés pendant cette formation donc elles attirent moins de monde. La rééducation n’aura concerné que 6% sur l’ensemble des invalides. </translate>

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

<translate>Dans ce film, le spectateur est orienté sur la mutilation des anciens soldats. Ils sont filmés selon un pan fixe avec un grand angle. Ce ceux les mutilés qui bougent et non la caméra qui est mobile. Cette mise en scène est importante pour comprendre que les mutilés n’ont pas besoins d’aide pour se déplacer ou pour travailler. Des zooms sont effectués sur leur amputations pour bien mettre en évidence le sujet de ce film.</translate>

How are health and medicine portrayed?

<translate>En mettant en avant la mutilation de chaque soldat, on voulait montrer les progrès de la chirurgie de guerre et civile sur les amputations mais aussi sur les prothèses. Cette efficacité est transmise à travers le travail des mutilés qu’il effectue sans contraintes.</translate>

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

<translate>Cinémas publics.</translate>

Presentations and events associated with the film

<translate></translate>

Audience

<translate>Anciens soldats blessés et employeurs agricoles.</translate>

Local, national, or international audience

Description

<translate> Equipement d’un cheval et attelage d’une carriole

[00’00]

Le film débute par un plan d’ensemble. Un soldat amputé du l’avant-bras droit prend successivement les différentes parties d’un harnais d’attelage et en équipe un cheval, en allant de l’arrière vers l’avant : d’abord le reculement avec l’avaloire, puis la sellette et la sous-ventrière, le collier d’épaule et enfin la bride.

Autre plan d’ensemble. Le soldat fait reculer le cheval jusqu’à une carriole dans les brancards de laquelle il fait passer les bracelets de la sellette. Puis il prend l’une des chaines de trait du brancard droit et en accroche l’une des extrémités au collier. Il fixe ensuite une lanière à l’un des brancards et la fait passer sous le ventre du cheval pour procéder de même sur l’autre brancard. Il se présente brièvement face à la caméra et, après avoir ajusté le port de la carriole par le cheval, il fait sortir celui-ci et son attelage en le menant par la bride.

[04’05]


Dételage de la carriole

[04’05]

Nouveau plan d’ensemble. Le cheval et sa carriole sont garés à l’entrée d’une grange. Le soldat retire la lanière qui passait sous le ventre du cheval et les chaînes de trait. Il fait avancer l’animal. Les bracelets de la sellette sortent des brancards de la carriole.

Plan moyen. Le soldat retire tous les équipements portés par le cheval en procédant à nouveau de l’arrière vers l’avant : le reculement et l’avaloire, la sellette et la bride. Plan rapproché taille. Il finit par enlever à l’animal le collier d’épaule.

[05’50]


Le bêchage et le binage

[05’50]

Plans d’ensemble. Deux anciens soldats, amputés chacun de leur avant-bras droit, remplacé par une prothèse, bêchent une plate-bande du jardin de l’hôpital militaire. Deux amputés de la jambe droite se livrent au même travail. Plan rapproché sur les jambes. Leur mutilation ne les gêne apparemment pas et ils travaillent aussi bien que des personnes valides.

Un mutilé de l’avant-bras droit bine soigneusement une plate-bande. Le manchon de sa prothèse est glissé dans la manche de la binette.

[08’06]


Le chargement du fumier

[08’06]

Plans d’ensemble. Un ouvrier, lui-aussi mutilé de l’avant-bras droit, remplit une brouette de fumier avec une fourche. Il glisse le manchon de sa prothèse dans le bras de la brouette puis soulève celle-ci et s’en va. Il renverse ensuite le fumier en tas sur une plate-bande.

Le film se termine sur un dernier plan fixe du manchon de la prothèse glissé dans le bras de la brouette.

[09’27]

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Supplementary notes

<translate></translate>

References and external documents

Bibliographie sur le sujet

Alary Eric, La Grande guerre des civils (1914-1919), Perrin, Paris, 2013

Montes J.F, 1915-1939. (re)travailler ou le retour du mutilé. Une histoire de l’entre-deux-guerres, rapport de recherche pour l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, décembre 1991

Revue Persée : « Les infirmes aux origines du processus d’insertion » Jean François Montes (http://www.persee.fr/doc/caf_1149-1590_1992_num_27_1_1525)

Revue Persée : « La formation professionnelle des adultes invalides après la Première Guerre Mondiale » (http://www.persee.fr/doc/forem_0759-6340_1992_num_37_1_1557)

Films étudiés sur le même sujet pour le séminaire

« Ecole normale et centre militaire de rééducation professionnelle des mutilés de la guerre à Bordeaux (1917-1918 ?) »

« Les mutilés aux champs : La culture de l'osier et la vannerie à Fayl-Billot (1918-1919) »

« Ecole municipale de Lyon, pour la rééducation des mutilés, organisée par M. Herriot, sénateur du Rhône (1916)»


Contributors

  • Record written by : Alexis Bosson