Difference between revisions of "Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche"

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|Images communes avec d'autres films=Non
 
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|Audience locale, nationale, internationale ?=Nationale
 
|Audience locale, nationale, internationale ?=Nationale
|Résumé=<translate>Le film présente des mutilés de guerre dans un centre de rééducation. Les différentes étapes de la culture sont mises en avant à travers plusieurs séquences. Les mutilés apprennent et s’adaptent à leur mutilation dans les champs d’osier, exemple d’un secteur agricole qui connait une forte demande de main d’œuvre pendant et après la Première Guerre Mondiale.</translate>
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|Résumé=<translate>Le film nous présente des anciens soldats de la Grande Guerre invalides. Ils effectuent diverses tâchent agricoles dans le cadre de leur rééducation. Ils s’adaptent à leur prothèse « mécanique » pour une future réinsertion professionnel.</translate>
 
|Contexte=<translate>La France sort meurtrie de la Première guerre mondiale. On parle d’une « victoire endeuillée ». Le bilan humain est désastreux. On compte 1 295 000 tués et 388 000 mutilés du côté français. Le retour à la vie « normale » pour les anciens soldats fut très difficile. Des associations voient le jour progressivement dans les années 1920 comme l’Union des blessés de la face en 1921 sous la direction de deux mutilés de guerre Bienaimé Jourdain et Albert Jugon. Leur réinsertion professionnelle a été très difficile. Des milliers de soldats doivent être rééduqués à cause d’opérations chirurgicales lourdes. Plusieurs lois ont été mise en place pour leur réinsertion comme celle du 17 avril 1916 : concernant l’emploi des mutilés de guerre qui n’a jamais été appliquée et bien comprise par les employeurs. L’Etat n’est pas en mesure de répondre à leurs attentes, tant pécuniaires que psychologiques. Cette loi fut remise en place le 2 janvier 1918. Deux types de structures pouvaient recueillir ces mutilés : les ateliers de blessées nécessitant aucunes infrastructures à construire et les écoles de rééducation permettant aux invalides d’apprendre aux mutilés à se servir de leurs appareils et à les utiliser pour leur profession (réadaptation) ou pour celle vers laquelle ils ont été orientés (rééducation).
 
|Contexte=<translate>La France sort meurtrie de la Première guerre mondiale. On parle d’une « victoire endeuillée ». Le bilan humain est désastreux. On compte 1 295 000 tués et 388 000 mutilés du côté français. Le retour à la vie « normale » pour les anciens soldats fut très difficile. Des associations voient le jour progressivement dans les années 1920 comme l’Union des blessés de la face en 1921 sous la direction de deux mutilés de guerre Bienaimé Jourdain et Albert Jugon. Leur réinsertion professionnelle a été très difficile. Des milliers de soldats doivent être rééduqués à cause d’opérations chirurgicales lourdes. Plusieurs lois ont été mise en place pour leur réinsertion comme celle du 17 avril 1916 : concernant l’emploi des mutilés de guerre qui n’a jamais été appliquée et bien comprise par les employeurs. L’Etat n’est pas en mesure de répondre à leurs attentes, tant pécuniaires que psychologiques. Cette loi fut remise en place le 2 janvier 1918. Deux types de structures pouvaient recueillir ces mutilés : les ateliers de blessées nécessitant aucunes infrastructures à construire et les écoles de rééducation permettant aux invalides d’apprendre aux mutilés à se servir de leurs appareils et à les utiliser pour leur profession (réadaptation) ou pour celle vers laquelle ils ont été orientés (rééducation).
  
 
Cependant il faut nuancer l’importance de ces structures après la guerre. Elles s’apparentent plus à l’assistance par le travail qu’à une véritable formation. En effet, ces écoles ou ateliers fonctionnent de manière anarchique et proposent des formations de courte durée. De plus, les besoins du marché du travail en main d’œuvre explique qu’elles sont très peu fréquentées. Enfin, les mutilés ne sont pas tous payés pendant cette formation donc elles attirent moins de monde. La rééducation n’aura concerné que 6% sur l’ensemble des invalides.
 
Cependant il faut nuancer l’importance de ces structures après la guerre. Elles s’apparentent plus à l’assistance par le travail qu’à une véritable formation. En effet, ces écoles ou ateliers fonctionnent de manière anarchique et proposent des formations de courte durée. De plus, les besoins du marché du travail en main d’œuvre explique qu’elles sont très peu fréquentées. Enfin, les mutilés ne sont pas tous payés pendant cette formation donc elles attirent moins de monde. La rééducation n’aura concerné que 6% sur l’ensemble des invalides.
 
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|Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?=<translate>La manière de filmer est très importante pour comprendre ce que les producteurs du film veulent nous faire passer comme message. A travers ce film, les mutilés qu’ils soient en binôme ou seul, sont montrés dans un plan large et fixe. Cela permet de les apercevoir en entier. On veut montrer leurs invalidités. L’œil du spectateur est orienté vers leur mutilation et non vers le geste de leur travail. Lorsque leur membre amputé est peu visible, un zoom sur l’image suivante est effectué pour vraiment montrer cette invalidité (par exemple la séquence de binage d’une oseraie de 2 ans cachant les membres inférieurs des soldats). De plus, le film dirige le spectateur sur la mutilation en indiquant sur chaque carton de chaque séquences l’invalidité précise du soldat.</translate>
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|Comment le film dirige-t-il le regard du spectateur ?=<translate>Dans ce film, le spectateur est orienté sur la mutilation des anciens soldats. Ils sont filmés selon un pan fixe avec un grand angle. Ce ceux les mutilés qui bougent et non la caméra qui est mobile. Cette mise en scène est importante pour comprendre que les mutilés n’ont pas besoins d’aide pour se déplacer ou pour travailler. Des zooms sont effectués sur leur amputations pour bien mettre en évidence le sujet de ce film.</translate>
 
|Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?=<translate>En mettant en avant la mutilation de chaque soldat, on voulait montrer les progrès de la chirurgie de guerre et civile sur les amputations mais aussi sur les prothèses. Cette efficacité est transmise à travers le travail des mutilés qu’il effectue sans contraintes.</translate>
 
|Comment la santé et la médecine sont-elles présentées ?=<translate>En mettant en avant la mutilation de chaque soldat, on voulait montrer les progrès de la chirurgie de guerre et civile sur les amputations mais aussi sur les prothèses. Cette efficacité est transmise à travers le travail des mutilés qu’il effectue sans contraintes.</translate>
|Où le film est il projeté ?=<translate>Cinémas militaires et civils.</translate>
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|Où le film est il projeté ?=<translate>Cinémas publics.</translate>
 
|Communications et événements associés au film=<translate></translate>
 
|Communications et événements associés au film=<translate></translate>
|Public=<translate>Anciens soldats blessés et amputés ainsi que les employeurs des mutilés.</translate>
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|Public=<translate>Anciens soldats blessés et employeurs agricoles.</translate>
 
|Descriptif libre=<translate>
 
|Descriptif libre=<translate>
 
'''Composition du film'''
 
'''Composition du film'''
  
Le carton présentant le générique principal est un appel aux mutilés. C’est un film promotionnel pour les champs d’oseraie. L’état a besoin de main d’œuvre dans ce secteur. Le besoin national et la rééducation des mutilés sont deux domaines confondus dans ce film.
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Le film est composé de 6 séquences. Dans la première un soldat mutilé est en train d’atteler un cheval pour aller travailler aux champs. Dans la séquence suivante nous retrouvant le même mutilé qui détèle le cheval rentré du travail. Ces deux scènes sont très longue. On laisse le temps à l’invalide de terminer sa manœuvre avant d’arrêter de filmer. Les séquences qui suivent illustrent des tâches en rapport avec le jardinage ou en lien avec l’agriculture. Tout d’abord 2 binômes de soldats sont filmés en train de bécher. Puis, deux autres en train de biner. La scène suivante montre un mutilé remplissant une brouette de fumier. La séquence qui clôture le film montre l’appareillage des mutilés. Chaque scène est un support pour montrer comment les mutilés se servent de leur bras mécanique, adaptable aux tâches agricoles.
  
Le film est rythmé par 7 séquences composées selon le même schéma : un carton introductif et des images de mutilés effectuant un travail agricole. Ces séquences sont nommées ainsi :
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Des cartons explicatifs sont intercalés entre les scènes. Ils décrivent la scène suivante. Il faut noter une particularité sur ce film. Le premier carton est langue française et le deuxième est sa traduction en anglais. De plus, contrairement aux autres vidéos sur le même sujet les cartons n’indiquent pas l’invalidité des mutilés. On la découvre au même moment que les images.
  
- « Regarnissement d’une oseraie d’un an par repiquage exécuté par deux amputés de cuisse »
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Les images sont mises en scène. Les mutilés respectent la tâche que leur a été donné pour montrer leur capacité et leur efficacité lors d’un travail accompli.
  
- « Binage d’une oseraie d’un an par des amputés de bras et de jambes »
 
  
- « Binage d’une oseraie de deux ans par deux amputés de cuisse »
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'''Analyse du film'''
  
- « Récolte de l’osier par deux amputés de cuisse »
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Deux aspects notoires présentés dans le film, ont le même objectif.
 
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- « Récolte de l’osier greffé sur peuplier par amputé de cuisse droite et de la main droite »
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- « Ecorçage de l’osier par deux amputés de cuisse »
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- « Le bottelage de l’osier blanchi par un amputé de cuisse droite mutilé de la main droite »
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On perçoit que ces cartons introductifs nous indiquent précisément la tâche agricole dans l’oseraie effectuée par des mutilés et également l’invalidité de ces derniers. Dans les séquences filmées, les invalident s’appliquent à faire correctement leur travail. Ils veulent montrer que leur mutilation ou amputation ne gêne en rien leur travail.
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'''Analyse du film'''
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Derrière ce film qui pourrait paraitre banale, un discours est dissimulé.
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Tout d’abord, la présence des cartons en anglais qui montrent que le film veut toucher une audience internationale. La France manque de main d’œuvre. Elle a besoin d’embaucher pour relancer sa croissance économique. Les vagues migratoires ne suffisent pas, alors elle lance un appel à l’étranger. De plus, la France veut montrer sa capacité à s’occuper de ces mutilés en leur permettant de retrouver un travail. Elle veut faire croire que pour ces mutilés malgré leur amputation la guerre ne fut qu’une parenthèse, et qu’ils ont pu reprendre le travail. Cela n’est qu’une mise en scène, les anciens garderont toujours en tête les horreurs de la guerre.  C’est un appel aux autres mutilés d’Europe qui ne sont pas pris en charge dans leur propre pays. Ce film est promotionnel car il veut attirer une main d’œuvre dans le monde agricole.
  
Tout d’abord, le côté sanitaire est mis en avant. En effet, le fait de filmer un plan large les mutilés pour montrer leur mutilation ou faire un gros plan rien que sur leur amputation est un élément indicateur du message que l’on veut faire passer. Il est important aux anciens soldats de visionner ce film pour comprendre que leurs blessures de guerre ne les excluront pas du monde du travail. Dans ce film, le progrès de la médecine et de la chirurgie militaire permet un retour à la terre. Ce discours illustre le contexte d’après-guerre. Les mutilés se sentent en marge de la société civile. Ils rappellent les stigmates d’une guerre qu’on veut oublier. De plus, le retour à la terre des mutilés du monde rural (161 200 mutilés) est difficile sur le plan psychologique. Cette terre est la même dans laquelle ils ont creusés des tranchées, la même dans laquelle ils ont survit malgré la boue, le manque d’hygiène les maladies, la peur et la mort.
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Ensuite, la mise en en scène de l’appareillage des mutilés explique pourquoi ce film a été financé. La maniabilité des bras mécaniques doit impressionner les spectateurs. En réalité leur prothèse est très inconfortable et douloureuse. Mais l’objectif est double. Ce film est une promotion pour les employeurs du monde rural. Il veut que les mutilés soient embauchés sans réticence et contrainte de la part des exploitants agricoles de la France des années 1920. Le deuxième objectif est de montrer le savoir-faire français dans la chirurgie médicale mais aussi en parapharmaceutique (l’utilisation diverses des bras mécanique). Le réapprentissage dans le monde agricole domine sur la rééducation des mutilés. 80% des mutilés provenant du milieu rural se sont répartis entre deux pratiques. La première dite « en milieu naturel » utilise principalement les exploitations existantes comme les fermes-écoles. La seconde est destinée surtout à la reconversion ver les professions de l’artisanat rural et la formation d’auxiliaire.
  
Ensuite, ce film est un argument pour convaincre les employeurs d’embaucher les mutilés de guerre. Malgré le manque de main d’œuvre certains sont retissent à l’idée de faire travailler des mutilés. Leur manque de productivité est l’élément principal de leur exclusion du monde du travail.  Contrairement au système anglais où il y a une collaboration volontaire des employeurs, le système français impose par la loi du 26 avril 1924 une assurance d’emploi obligatoire aux mutilés. Cet emploi obligatoire est l’aboutissement logique du refus des partenaires de prendre ne compte le problème des mutilés. Le film permet d’atténuer cette obligation d’emploi. En effet, il montre que les mutilés peuvent sans aucune contrainte travailler dans l’artisanat et le monde rural. Le film est un instrument pour rassurer les employeurs.
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Ces deux aspects rejoignent l’idée d’un besoin en main d’œuvre dans le domaine agricole en France. La guerre a détruit d’énorme parcelles agricole (bassin de l’est, champagne et le nord). Il faut cultiver vite car les pénuries pendant la guerre en affaiblis la population. L’agriculture est le secteur économique dominant dans les années 1920. Il devient une priorité de le remettre sur pied pour que la France puisse se reconstruire.
  
Enfin, le film concrétise un nouveau mode de production mise en place pendant la guerre : le taylorisme. Le taylorisme est la division de s tâche et le travail à la chaine. Cette nouvelle méthode de produire a été mis en place pendant la guerre car l’industrie d’armement avait besoin d’une productivité accrue. Dans les années 1920 il va se répandre dans tous les domaines économiques. Les différentes séquences du film nous présentent une tâche en particulière du métier dans les oseraies. Cela nous renvoie donc à cette division du travail. Le taylorisme permettra un meilleur rendement et des couts de production assez bas, répercutées sur un prix de vente assez bas également. En effet, les ouvriers n’auront plus besoin d’une qualification. Cette nouvelle façon de travailler est intéressant pour les employeurs, embauchant des mutilés, car leur formation ne sera pas longue, et le même geste devra être répété sans difficultés.
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Pour conclure une critique doit être apportés. Ce film nous présente seulement des blessés physiques. Où sont les névrosés et autres traumatisés de la guerre. De plus, il faut mettre ne évidence l’absence des « gueules cassées » qui représentent tous les stigmates de la guerre que l’on veut oublier.
  
Pour conclure une critique doit être apportés. Ce film nous présente seulement des blessés physiques. Où sont les névrosés et autres traumatisés de la guerre. De plus, il faut mettre ne évidence l’absence des « gueules cassées » qui représentent tous les stigmates de la guerre que l’on veut oublier. Ces « gueules cassées » ont du mal à intégrer un milieu professionnel surtout dans le commerce.
 
 
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|Notes complémentaires=<translate></translate>
 
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Revision as of 14:43, 12 December 2017

 

Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche


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Title Les mutilés agriculteurs de Maison Blanche
Year of production 1918
Country of production France
Director(s)
Scientific advisor(s)
Duration 09 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) French
Production companies SCA
Archive holder(s) ECPAD
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

Content

Theme

<translate>Anciens soldats effectuant différentes tâches agricoles à Maison Blanche.</translate>

Main genre

Documentaire

Synopsis

<translate>Le film nous présente des anciens soldats de la Grande Guerre invalides. Ils effectuent diverses tâchent agricoles dans le cadre de leur rééducation. Ils s’adaptent à leur prothèse « mécanique » pour une future réinsertion professionnel.</translate>

Context

<translate>La France sort meurtrie de la Première guerre mondiale. On parle d’une « victoire endeuillée ». Le bilan humain est désastreux. On compte 1 295 000 tués et 388 000 mutilés du côté français. Le retour à la vie « normale » pour les anciens soldats fut très difficile. Des associations voient le jour progressivement dans les années 1920 comme l’Union des blessés de la face en 1921 sous la direction de deux mutilés de guerre Bienaimé Jourdain et Albert Jugon. Leur réinsertion professionnelle a été très difficile. Des milliers de soldats doivent être rééduqués à cause d’opérations chirurgicales lourdes. Plusieurs lois ont été mise en place pour leur réinsertion comme celle du 17 avril 1916 : concernant l’emploi des mutilés de guerre qui n’a jamais été appliquée et bien comprise par les employeurs. L’Etat n’est pas en mesure de répondre à leurs attentes, tant pécuniaires que psychologiques. Cette loi fut remise en place le 2 janvier 1918. Deux types de structures pouvaient recueillir ces mutilés : les ateliers de blessées nécessitant aucunes infrastructures à construire et les écoles de rééducation permettant aux invalides d’apprendre aux mutilés à se servir de leurs appareils et à les utiliser pour leur profession (réadaptation) ou pour celle vers laquelle ils ont été orientés (rééducation).

Cependant il faut nuancer l’importance de ces structures après la guerre. Elles s’apparentent plus à l’assistance par le travail qu’à une véritable formation. En effet, ces écoles ou ateliers fonctionnent de manière anarchique et proposent des formations de courte durée. De plus, les besoins du marché du travail en main d’œuvre explique qu’elles sont très peu fréquentées. Enfin, les mutilés ne sont pas tous payés pendant cette formation donc elles attirent moins de monde. La rééducation n’aura concerné que 6% sur l’ensemble des invalides. </translate>

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

<translate>Dans ce film, le spectateur est orienté sur la mutilation des anciens soldats. Ils sont filmés selon un pan fixe avec un grand angle. Ce ceux les mutilés qui bougent et non la caméra qui est mobile. Cette mise en scène est importante pour comprendre que les mutilés n’ont pas besoins d’aide pour se déplacer ou pour travailler. Des zooms sont effectués sur leur amputations pour bien mettre en évidence le sujet de ce film.</translate>

How are health and medicine portrayed?

<translate>En mettant en avant la mutilation de chaque soldat, on voulait montrer les progrès de la chirurgie de guerre et civile sur les amputations mais aussi sur les prothèses. Cette efficacité est transmise à travers le travail des mutilés qu’il effectue sans contraintes.</translate>

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

<translate>Cinémas publics.</translate>

Presentations and events associated with the film

<translate></translate>

Audience

<translate>Anciens soldats blessés et employeurs agricoles.</translate>

Local, national, or international audience

Description

<translate> Composition du film

Le film est composé de 6 séquences. Dans la première un soldat mutilé est en train d’atteler un cheval pour aller travailler aux champs. Dans la séquence suivante nous retrouvant le même mutilé qui détèle le cheval rentré du travail. Ces deux scènes sont très longue. On laisse le temps à l’invalide de terminer sa manœuvre avant d’arrêter de filmer. Les séquences qui suivent illustrent des tâches en rapport avec le jardinage ou en lien avec l’agriculture. Tout d’abord 2 binômes de soldats sont filmés en train de bécher. Puis, deux autres en train de biner. La scène suivante montre un mutilé remplissant une brouette de fumier. La séquence qui clôture le film montre l’appareillage des mutilés. Chaque scène est un support pour montrer comment les mutilés se servent de leur bras mécanique, adaptable aux tâches agricoles.

Des cartons explicatifs sont intercalés entre les scènes. Ils décrivent la scène suivante. Il faut noter une particularité sur ce film. Le premier carton est langue française et le deuxième est sa traduction en anglais. De plus, contrairement aux autres vidéos sur le même sujet les cartons n’indiquent pas l’invalidité des mutilés. On la découvre au même moment que les images.

Les images sont mises en scène. Les mutilés respectent la tâche que leur a été donné pour montrer leur capacité et leur efficacité lors d’un travail accompli.


Analyse du film

Deux aspects notoires présentés dans le film, ont le même objectif.

Tout d’abord, la présence des cartons en anglais qui montrent que le film veut toucher une audience internationale. La France manque de main d’œuvre. Elle a besoin d’embaucher pour relancer sa croissance économique. Les vagues migratoires ne suffisent pas, alors elle lance un appel à l’étranger. De plus, la France veut montrer sa capacité à s’occuper de ces mutilés en leur permettant de retrouver un travail. Elle veut faire croire que pour ces mutilés malgré leur amputation la guerre ne fut qu’une parenthèse, et qu’ils ont pu reprendre le travail. Cela n’est qu’une mise en scène, les anciens garderont toujours en tête les horreurs de la guerre. C’est un appel aux autres mutilés d’Europe qui ne sont pas pris en charge dans leur propre pays. Ce film est promotionnel car il veut attirer une main d’œuvre dans le monde agricole.

Ensuite, la mise en en scène de l’appareillage des mutilés explique pourquoi ce film a été financé. La maniabilité des bras mécaniques doit impressionner les spectateurs. En réalité leur prothèse est très inconfortable et douloureuse. Mais l’objectif est double. Ce film est une promotion pour les employeurs du monde rural. Il veut que les mutilés soient embauchés sans réticence et contrainte de la part des exploitants agricoles de la France des années 1920. Le deuxième objectif est de montrer le savoir-faire français dans la chirurgie médicale mais aussi en parapharmaceutique (l’utilisation diverses des bras mécanique). Le réapprentissage dans le monde agricole domine sur la rééducation des mutilés. 80% des mutilés provenant du milieu rural se sont répartis entre deux pratiques. La première dite « en milieu naturel » utilise principalement les exploitations existantes comme les fermes-écoles. La seconde est destinée surtout à la reconversion ver les professions de l’artisanat rural et la formation d’auxiliaire.

Ces deux aspects rejoignent l’idée d’un besoin en main d’œuvre dans le domaine agricole en France. La guerre a détruit d’énorme parcelles agricole (bassin de l’est, champagne et le nord). Il faut cultiver vite car les pénuries pendant la guerre en affaiblis la population. L’agriculture est le secteur économique dominant dans les années 1920. Il devient une priorité de le remettre sur pied pour que la France puisse se reconstruire.

Pour conclure une critique doit être apportés. Ce film nous présente seulement des blessés physiques. Où sont les névrosés et autres traumatisés de la guerre. De plus, il faut mettre ne évidence l’absence des « gueules cassées » qui représentent tous les stigmates de la guerre que l’on veut oublier.

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Supplementary notes

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References and external documents

Bibliographie sur le sujet

Alary Eric, La Grande guerre des civils (1914-1919), Perrin, Paris, 2013

Montes J.F, 1915-1939. (re)travailler ou le retour du mutilé. Une histoire de l’entre-deux-guerres, rapport de recherche pour l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, décembre 1991

Revue Persée : « Les infirmes aux origines du processus d’insertion » Jean François Montes (http://www.persee.fr/doc/caf_1149-1590_1992_num_27_1_1525)

Revue Persée : « La formation professionnelle des adultes invalides après la Première Guerre Mondiale » (http://www.persee.fr/doc/forem_0759-6340_1992_num_37_1_1557)

Films étudiés sur le même sujet pour le séminaire

« Ecole normale et centre militaire de rééducation professionnelle des mutilés de la guerre à Bordeaux (1917-1918 ?) »

« Les mutilés aux champs : La culture de l'osier et la vannerie à Fayl-Billot (1918-1919) »

« Ecole municipale de Lyon, pour la rééducation des mutilés, organisée par M. Herriot, sénateur du Rhône (1916)»


Contributors

  • Record written by : Alexis Bosson