Le médecin face au toxicomane (1980)

From Medfilm
Revision as of 11:43, 4 July 2018 by Danet (Talk | contribs)

Jump to: navigation, search

 

Le médecin face au toxicomane


Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.

Title Le médecin face au toxicomane
Year of production 1980
Country of production France
Director(s) Bernard Schmitt
Scientific advisor(s)
Duration 29 minutes
Format Parlant - Couleur - 16 mm
Original language(s) French
Production companies Les Films du Plateau
Commissioning body Laboratoires Delagrange
Archive holder(s) CERIMES

Main credits

(français)
Production Les films du Plateau - Lyon - novembre 80 - Réalisation : Bernard Schmitt - Avec le concours de M. Charles-Nicolas, M. Colrat, Mme Dolard, M. Dolard, M. Gillet, M. Oddou - Laboratoires Delagrange - Cinémathèque Delagrange

Content

Medical themes

Theme

(français)
Positionnement du médecin généraliste devant le patient toxicomane, attitude psychologique à adopter, approfondissement nécessaire de sa connaissance des comportements du toxicomane et des attentes qu'elles expriment.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Scène d'intervention d'urgence du médecin généraliste auprès d'un jeune homme victime d'une overdose - commentaires de médecins et de psychologues associés au secteur spécialisé dans la prise en charge de la toxicomanie - scènes de pratiques toxicomanes, snif et shoot.

Context

(français)

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film s'adresse aux médecins généralistes. Il le met en présence de pairs qui font part de leur expérience, mais aussi de médecins responsabilités spécifiquement dans la prise en charge des toxicomanes. Enfin, le film insiste sur le contexte du toxicomane auquel le médecin n'a pas forcément accès : la ville avec ses repères de trafic ou de prises, les lieux de sociabilité ou de solitude.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La médecine est représentée comme une chaîne de responsabilités complémentaires. Elle permet au médecin généraliste de se situer précisément devant le patient toxicomane puisqu'il dispose auprès de ses pairs spécialisés conseil et relais. Le film n'occulte pas l'enjeu psychologique dans l'approche du toxicomane, que le médecin doit affronter dans toutes ses nuances imprévisibles étant donné la spécificité du comportement de celui-ci.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
salles d'exploitants pour séances réservées aux professionnels de la santé

Presentations and events associated with the film

(français)
plaquettes de programme

Audience

(français)
professionnels de la santé, en partculier els médecins généralistes, étudiants en médecine.

Local, national, or international audience

Description

(français)
Reconstitution d'une overdose

Carton : « A l’exception des interviews, toutes les scènes de ce film ont été reconstituées par des comédiens d’après des témoignages authentiques. » Le générique s’affiche sur un plan général montrant une rue dans la nuit, avec l’enseigne lumineuse d’une pharmacie sur le bord cadre gauche. Deux phares qui brillent soudain annoncent une voiture qui avance. Quand elle approche, la lumière d’un gyrophare bleu se distingue. Elle tourne vers le bord cadre gauche, les lettres « SOS » se lisent sur son flanc. Crissement de pneus, la voiture négocie des virages serrés aux angles des rues. Dans l’habitacle, le conducteur parle dans un combiné : « J’arrive dans trois minutes, je vous appelle sur place ». La voiture s’immobilise sur une allée de gravier, devant la façade d’une demeure cossue : hautes croisées, glycine qui grimpe aux murs. Sans doute, en installant la scène dans un environnement de haute bourgeoisie, le film cherche-t-il à montrer que la toxicomanie concerne toutes les couches sociales. Une jeune femme accueille le médecin qui descend du véhicule, il la suit. Raccord dans l’axe extérieur-intérieur, ils pénètrent dans un salon où se tiennent des personnes mutiques, puis accèdent à une chambre où gît un jeune homme en bras de chemise. Commentaire : « Pour nous, généralistes, la toxicomanie n’est pas un problème en face duquel nous nous trouvons toute la journée, loin de là. Nous voyons ce problème de manière très directe, essentiellement dans le cadre d’un appel d’urgence, d’une overdose… Mais il ne faut pas croire que c’est très fréquent. » Le médecin fouille dans sa trousse. Plans de coupe sur des hommes et femmes, toujours mutiques, sidérés. Le médecin leur annonce qu’ils devront appeler le SAMU. (02.47)

Positionnement du médecin généraliste devant le patient toxicomane

Cut, plan poitrine sur un homme attablé à un bureau. Des rangées de livres uniformes derrière lui. En infographie, l’indication : « Médecin praticien ». La voix du commentaire est la sienne. Il poursuit : « La deuxième occasion, c’est quand nous voyons arriver à notre cabinet des gens qui présentent des maladies somatiques, une hépatite, ou un abcès. Au cours de la consultation, nous nous apercevons que ce malade s’est piqué. » Changement d’angle et de valeur, légère plongée sur l’homme vu en plan épaule. « Le troisième cas, c’est lorsque les parents téléphonent parce qu’ils viennent de découvrir que leur enfant se drogue. Ils nous téléphonent à nous, leur médecin de famille, parce qu’ils savent que nous les connaissons, les écoutons, et que nous allons garder le secret. » Illustration par la séquence suivante avec une femme sexagénaire, cadrée de près, qui évoque au téléphone les comportements étranges qu’elle a repérés chez son fils : « il rentre tard, il maigrit, on n’arrive pas à se parler. Je sure qu’il se drogue. » Alors que le champ reste sur elle, le commentaire couvre sa conversation. C’est une voix de femme : « Notre rôle est de recueillir cette angoisse des parents, de dédramatiser le problème, d’aider les parents à retrouver le contact avec leurs adolescents. » En in, le visage de la femme, qu’une indication infographique désigne comme psychologue. Elle continue : « C’est une sorte de béance dans laquelle s’engouffrent toutes les angoisses, et notamment une image d’eux-mêmes dévalorisée, une remise en question de leur relation avec leur enfant mais aussi de leur propre vie. » Selon elle, les parents ont deux attitudes, ou bien la culpabilité, ou bien le rejet de la faute sur les fréquentations de leur fils ou encore la société. « Il convient de restaurer une image d’eux-mêmes pour qu’ils abordent avec le jeune toxicomane une autre relation. » Plan de salle à manger familiale, la caméra quitte la table pour suivre la mère qui va chercher le fils resté cloîtré dans sa chambre. Ses plaintes doivent surmonter celles de la guitare électrique qui résonnent dans la pièce plongée dans l’obscurité. (04.20)

Le généraliste à son bureau explique que le cas qu’il estime le plus difficile à traiter est celui du toxicomane venu le voir pour obtenir de lui une ordonnance « soit ouvertement, soit sous un prétexte quelconque. » Dans la salle d’attente, conduite nerveuse d’une femme qui fouille dans son sac à mains, allume une cigarette avec des gestes tendus, le regard inquiet. « Cette situation est très difficile à vivre, parce que d’une part c’est une personne qui souffre réellement, et que nous ne pouvons pas mettre à la porte. IL faut l’écouter, mais nous ne pouvons pas entrer dans son jeu, devenir son complice. De toute façon, nous ne pouvons pas lui prescrire ces produits. Ca la soulagerait, ça nous soulagerait aussi, mais si nous cédons la première fois, ele demandera indéfiniment la même chose et chaque fois nous serons obligés de céder et nous finirons par devenir son pourvoyeur. » Nouvel interlocuteur désigné par une indication infographique comme « médecin directeur – centre anti-poisons - Lyon ». Une femme se tient derrière un bureau chargé de papier et encombré de deux combinés téléphoniques. « Je crois qu’il faut que les praticiens comprennent qu’ils ont une place dans la cause de la toxicomanie et dans son traîtement. C’est le praticien qui distribue les médicaments, par conséquent il ne peut pas être indifférent à une utilisation aberrante de ces médicaments - médicaments u drogues, je crois qu’il ne faut pas trop séparer les deux. » Elle poursuit : c’est le généraliste le premier sollicité. Il doit donc se positionner face au malade. « Derrière sa demande de produits, il y a une demande d’aide « beaucoup plus humaine que médicamenteuse. »

Le toxicomane dans la ville

Foule dans la rue, des personnes affairées, d’autres dans une position d’attente. Des accords de guitare – on reconnaît No woman no cry de Bob Marley, gros succès de reggae diffusé en 1979 - la caméra resserre sur une main noire faisant tenant un joint entre deux doigts. Travelling arrière qui montre une personne qui fume le joint, assis sur un bac de ciment à côté d’un musicien ambulant. Tout un groupe de passants s’est rassemblé autour d’eux pour écouter la chanson. Reggae et joint, deux indications qui rappellent que le rastafarisme, mouvement politique et culturel qui connaît alors un grand succès auprès de la jeunesse occidentale, est associée à la pratique de la maji-juana, substance considérée en France comme toxique. Le film identifie incidemment un phénomène dont le rayonnement, indiqué ici par son inscription dans l’espace public, favorise la pratique de la drogue. Une mention infographiée au bas du champ indique que le commentaire qui suit est donné par le médecin généraliste d’un centre d’accueil : « Ce n’est pas le produit qui fait la toxicomanie. En tant que médecins, nous ne pouvons pas non plus occulter les dommages que causent l’abus des produits toxiques sur l’organisme et la psychologie du toxicomane. Ces produits, nous devons les ramener à leur incidence strictement médicale, sans rapport avec leur aspect licite ou illicite. » Le travelling arrière se poursuit, mettant à distance le musicien de rue et son public, sa voix devenant réverbérée comme le mouvement de caméra atteint une entrée d’immeuble. Un léger panoramique vers la droite intègre dans le champ un jeune homme prostré contre le mur du vestibule, frottant son nez comme s’il venait de sniffer. Le commentaire reprend : « Il y a ainsi trois groupes de produits, ce qui pose des problèmes spécifiques : les opiacés, naturels ou de synthèse, avec des overdoses, des accidents pulmonaires ou les incidents plus fréquents, liés à la seringue : hépatite, septicémie. »

Un homme à son bureau, au téléphone. De sa main libre, il fouille dans la valise qui est posée sur le plateau en verre de la table. Il en sort un tube qu’il ouvre et renverse. Des comprimés en sortent. Contreplongée sous le plateau de verre pour montrer l’homme qui les prend et les avale d’un geste vif et calme tout en continuant de parler au téléphone. Le commentaire continue son énumération : « Les barbituriques, ensuite, avec les problèmes liés à leur surdosage : troubles cutanés, ou neurologiques. Les solvants enfin, l’éther, la trichloroéthylène, dont la toxicité aigüe et chronique doit être soulignée. En second lieu, les produits qui posent des problèmes psychologiques : l’acide, le LSD 25 avec ses crises de panique auto ou hétéro-agressives, les psycho-stimulants majeurs : coca, cocaïne, amphétamine et tous les anorexigènes surdosés avec des conséquences psychologiques ou psychiatriques de type paranoïde. »

Vues sur une sortie d’autoroute, puis pano sur la façade d’un grand ensemble. Le commentaire poursuit : « Et enfin les tranquillisants détournés, les hypnotiques non barbituriques, les laxatifs et surtout les effets correcteurs des neuroleptiques. Le dernier groupe de produits c’est celui qui pose le moins de problèmes médicaux : tous les dérivés du chanvre indien, le haschich, l’herbe, avec des manifestations anxieuses quelquefois. » Travelling dans un sous-sol de parking, le long des voitures garées, puis léger pano droite qui révèle, entre deux voitures, un jeune homme assis à même le sol, adossé à un pilier de béton, s’appliquant un mouchoir sur le visage. La mise en scène montre ici que la toxicomanie se pratique dans les interstices ou les recoins du paysage urbain. Le spectateur est frappé par l’aspect des lieux : une entrée d’immeuble, un coin de parking, endroits publics à l’abri des regards et de la lumière, sites de fortune pour un voyage intérieur. Il s’agit de montrer la détresse sociale dans laquelle jette une pratique dépendante. « La brièveté de l’exposé est voulu car à la limite n’importe quel produit peut être objet de toxicomanie et à ce sujet, l’imagination des toxicomanes échappe à toute tentative de classification formelle. » (09.03)

Portrait de drogué

Un médecin dans son cabinet, plan poitrine : « Il apparaît intéressant de faire la distinction entre un usage purement social et une fonction en quelque sorte personnelle. » Cette dernière est destinée « à calmer des angoisses », tandis que l’usage social consiste à « faire comme les copains ». Retour à la psychologue qui ajoute : « Il faut aller au-delà de ce qui se passe dans le bureau du médecin. Il faut essayer de comprendre ce qu’est sa vie à tous les moments de la journée. » Ce qui suit est une manière de répondre à son souhait : la reconstitution d’une scène de shoot, plans serrés sur la main qui agit et les éléments nécessaires posés sur un tapis persan : cuillère, canif, poudre, briquet, cendrier, verres, seringue. En off, une voix de jeune homme qui explique qu’il a commencé à tester « les différents produits » à l’âge de 25 ans. Ce ne sont pas eux qui l’ont amené à la toxicomanie mais « un grand manque » qui l’a poussé à rencontrer des drogués et à en devenir un à son tour. » J’ai eu l’impression d’une insertion dans un milieu tout à fait égalitaire. » Le jeune homme assis sur le sol d’une pièce, continuant sa préparation avec des gestes méthodiques. Chez lui, la recherche d’un ailleurs était associée à une fascination pour la déchéance, à un moment d’arrêt des études et de rupture familiale. « Etant donné que mon adolescence a été extrêmement rigoureuse et équilibrée, je pense que j’ai besoin de faire une crise, et une crise violente. » La priorité de la défonce est moins une évasion « passagère du monde » qu’une approche du malsain et du suicidaire, puis un dépassement de cette fascination qui amène une libération. La voix du jeune homme est posée ses mots sont choisis. De même, à l’image, son comportement est calme, son regard sur la seringue est doux comme s’il l’adressait à un animal de compagnie, il en lèche la pointe avec gourmandise. Gros plan sur l’injection dans le bras. Gros plan sur son visage empreint de sérénité, nimbé d’une lumière bleutée, au moment de jouir de ses effets. « Ma psychothérapie, je l’ai faite avec les produits illicites. Tout ce qui se passait dans mon psychisme, je pouvais l’analyser de manière claire et distincte grâce aux produits. » Une musique intervient, sonorités électroniques inquiétantes qui dissonent avec ce portrait apaisé. (13.46)

La drogue et la loi

Retour au premier généraliste. Il avoue son désarroi devant la toxicomanie, conscient qu’une réponse strictement médiale ne suffit pas. Estafette de police roulant dans la nuit. Des agents en descendent, opèrent un contrôle de papiers. Les personnes appréhendées, groupées dans un recoin, sont indistinctes. L’agent contrôle les bras de l’un d’eux. Commentaire : « La loi du 31 décembre 1970 ne peut pas être ignorée par les médecins. » C’est un avocat qui parle, filmé en contreplongée, sur les marches du Palais de Justice. La loi en question a trait à l’encadrement judiciaire de la vente et de l’usage des drogues. Elle prévoit pour les usagers des injonctions de soin et un contrôle socio-médical. L’action pénale s’aggrave pour les usagers qui sont de nouveau pris en délit. Une femme qu’une incrustation infographique désigne comme une « conseillère juridique – association d’aide aux adolescents » estime que la loi marque une différence entre l’usage de produits illicites avec l’usage de produits licites comme l’alcool. Dans ce dernier cas, c’est quand le comportement sous alcool devient dangereux que la loi intervient. Pour le premier cas, « ce qui est incriminé n’est pas un comportement, c’est une substance. Par conséquent un usager occasionnel, sans aucun problème de toxicomanie, sera passible de la loi ». Séquence dans une prison, jeu sur les grilles et les grillages qui se superposent dans la profondeur de champ. « La prison est tout à fait dommageable pour les toxicomanes, elle les entretient dans ce statut de dépendance sur un mode douloureux. » Travelling en caméra subjective ; prise d’empreinte, préparation de la literie, ouverture de la cellule, panoramique vertical sur les lits superposés. (17.25)

Conditions de désintoxication

Retour sur le médecin du centre anti-poisons : « Le médecin n’est pas le bon Dieu et il ne va pas de venir le père de son malade, il est là pour l’aider à s’orienter, éventuellement vers un spécialiste. » Enchaînement avec un homme assis sur le chauffage d’un couloir. Une incrustation infographique le désigne comme chef de service de consultation psychiatrique – urgences psychiatriques. » il évoque le procédé de prise en charge du patient toxicomane : sevrage – cure de désintoxication « mais surtout la post-cure, la réinsertion sociale et la prise en charge psychothérapique. Illustration avec une séquence montrant une jeune femme seule dans une pièce, fumant nerveusement, s’agitant sans se donner d’activité, regardant par la fenêtre un jardin ensoleillé qu’elle ne va pas rejoindre. Retour sur le chef de service de consultation psychiatrique : « contrairement à ce qu’allèguent tous les toxicomanes le problème du manque physique ou physiologique reste des plus réduits dans la cure de sevrage du toxicomane. Par contre le sevrage psychologique est particulièrement important et c’est pourquoi la psychothérapie sera un des éléments importants de la désintoxication. » Le médecin insiste sur l’importance de la demande par le toxicomane d’être désintoxiqué, demande qu’il faut déceler dans un comportement ambivalent. Un toxicomane peut venir voir le médecin et lui demander une cure dans l’espoir d’avoir accès à des produits toxiques. Il peut aussi être envoyé par un juge d’instruction pour éviter la prison, enfin il peut être convaincu par sa famille de faire sa cure parce qu’ils jugent son comportement jugé insupportable. « Toutes ces demandes qui se retrouvent peu ou prou dans chaque démarche du toxicomane ne sont pas réelles. C’est quand il aura lui-même perçu que l’esclavage qui le liait à la drogue lui était intolérable et qu’il aura le courage de faire une démarche personnelle qu’on pourra réaliser un sevrage et une désintoxication qui pourront même se mener en ambulatoire. » (21.36)

La bonne approche du médecin généraliste

Un orchestre sur scène composé de jeunes musiciens aux allures de hippies joue de la musique planante avec ferveur. Pourquoi montrer cet orchestre ? Sans doute pour inviter à faire la part des choses parmi les cultures qui se développent dans la nouvelle génération, admettre que leurs pratiques qui visent à l’épanouissement n’impliquent pas nécessairement le recours aux substances psychoactives. Commentaire qui développe l’enjeu psychologique de la prise en charge. Une incrustation infographiée indique qu’il s’agit d’un médecin « chef de l’intersecteur – toxicomanie de Marseille »  : « Il est important que le sujet ne soit pas confirmé dans son statut de toxicomane, ne se voit pas remis dans des circuits de dépendance et ceci dès les premières démarches. » il évoque des « rémissions symptomatiques » qui ne correspondent pas à une évolution positive. » Ceci concerne le médecin qui peut être amené, notamment par la famille du toxicomane, et en particulier la mère, à une « attitude de complicité » : est-ce à dire que « la famille » cherche à précipiter la fin de la désintoxication pour en faire cesser les souffrances ? Un autre médecin généraliste ajoute que le médecin n’a pas à brusquer l’approche psychologique de la prise en charge parce qu’il risque de ne pas être écouté par le patient qui, lui, cherche des produits. Une fois la désintoxication engagée « ce à quoi le médecin devra faire très très attention c’est qu’il ne ressente pas comme une trahison la rechute du toxicomane. IL faut qu’il abandonne l’idée de guérison pour viser celui de l’amélioration. » (26.52)

Séquence en montage parallèle montrant alternativement une plongée sur Lyon avec son parcellaire traversé longitudinalement par ses fleuves et un jeu vidéo sous forme de parcours dans un labyrinthe ou un circuit de formule 1. Les raccords de l’un à l’autre type de plans sont brusques quoiqu’ils soient dans l’axe : cuts secs avec intrusion de bruits électroniques dans la musique planante qui est celle que jouait le groupe vu quelques séquences plus tôt. Est-ce pour suggérer que le parcours du toxicomane – toujours présenté dans un contexte urbain dans ce film – est comparable à celui d’un pion dans un jeu électronique, que stresse son rythme rapide en plus des pièges qui lui sont tendus ? Commentaire du premier médecin généraliste montré dans le film : « Le généraliste qui décide de s’occuper d’un toxicomane doit s’attendre à ce que cela lui prenne une bonne partie de son temps et de son énergie. Et pris comme nous sommes au cours de nos journées, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir répondre comme il le faudrait. » Le médecin est montré conduisant une voiture en même temps qu’il délivre ces propos, une mise en scène qui rappelle celle de Portrait d’un psychiatre tourné en 1970 par Pierre Desgraupes ou encore « Médecin de campagne » tourné en 1968 par Alain Tanner : figure qui renvoie à l’idée que la personne au volant, dans l’intimité de son habitacle, occupée en même temps à surveiller la route qu’elle a l’habitude de sillonner, est à même de parler avec confiance et profondeur.

Dernières paroles en voix off anonyme : « Le problème que pose le toxicomane au généraliste est très complexe. Ce film n’a pas la prétention de l’avoir résolu. Sa seule ambition était de poser des questions, d’ouvrir avec le médecin des voies de réflexion. » Une conclusion qui prépare le débat avec les médecins qui doit suivre la projection qui leur aura été faite. Dernier plan sur le jeune homme toxicomane qui fixe devant lui. Ce regard caméra interpelle le spectateur, l’incite à le considérer comme « sujet » ainsi que le recommandait un des médecins intervenants. Générique fin.

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Joël Danet

<translate>Le film tente d'aborder les différentes questions que le médecin généraliste peut se poser lorsqu'il est face à un toxicomane.</translate>Générique de début:

« A l'exception des interviews, toutes les scènes de ce film ont été reconstituées par des comédiens d'après des témoignages authentiques/ Le laboratoire Delagrange présente/ Le médecin face au toxicomane/ un film réservé au corps médical ».

Générique de fin:

« Production : Les Films du Plateau-Lyon, copyright les films-novembre 80/ réalisation Bernard Schmitt/ Avec le concours de M. Charles-Nicolas ; M. Colrat ; Mme Dolard ; M. Dolard ; M. Gillet ; M. Oddou ; Mme Pignet ; M. Prat ; Mme Vincent/ Laboratoire Delagrance (cinémathèque Delagrange) ».<translate> Il s'agit, grâce à l'interview de plusieurs médecins et spécialistes dans le domaine de la toxicomanie (psychologue, directeur de centre d'accueil, médecin généraliste), d'ouvrir des voies de réflexions et de proposer une identification, une définition de toutes les particularités liées aux problèmes de dépendance, comme par exemple le traitement de leur demande, la gestion du lien patient/médecin, l'identification des drogues, les problèmes juridiques, le sevrage. </translate><translate> Dans les années 70, la consommation de drogues illicites devient particulièrement importante dans les pays occidentaux. A partir de ce moment-là, il s'agit d'un véritable problème de santé publique. En 1980, le SIDA et les hépatites font leur apparition, les pays commencent alors à être attentifs à toutes les questions liées aux injections, et commence à mettre en place des systèmes de substitution. </translate><translate></translate><translate> Corps médical. </translate><translate> Le médecin et l'appel d'urgence

[00’00]

Le film débute par un plan de la route et de la voiture du médecin qui part pour une urgence. Il passe un appel et explique qu'il arrive dans quelques minutes. Celui-ci arrive devant une grande maison, une femme l'accueille et l'amène vers le toxicomane qui vient de faire une overdose. Une voix-off d'un médecin généraliste commence à expliquer le rapport que les médecins ont avec ce type d'appel. Puis, l'image de ce médecin apparaît, assis face à la caméra : il continue d'expliquer ce problème. Ce procédé qui consiste à entendre d'abord la voix puis ensuite montrer l'intervention du médecin se retrouvera tout au long du film.

[02’07]


La famille et le drogué

[02’07]

Un gros plan présente une mère qui appelle son médecin car elle pense que son fils se drogue.

Nouvelle intervention d'un professionnel : il s'agit d'une psychologue qui aborde la nécessité d'apaiser et d'écouter les parents pour permettre de recréer le lien, la nécessité de ne pas faire culpabiliser.

Une nouvelle séquence présente un repas de famille, la mère part chercher son fils adolescent pour qu'il vienne à table, celui-ci était en train d'écouter de la musique dans une pièce très sombre.

[04’10]


L'ordonnance

[04’10]

Le médecin généraliste vu précédemment réapparait assis dans son bureau. Il parle du problème posé par l'ordonnance dans le cas d’un toxicomane qui vient le voir. Une femme qui fume en salle d'attente rentre dans le cabinet du docteur. Le film retourne ensuite à l'interview du médecin qui insiste sur le nécessité d’écouter une personne qui souffre au fond d’elle-même mais aussi de l'obligation de ne rien prescrire pour ne pas devenir son complice et « pourvoyeur ».

L'intervention de la directrice d’un centre anti-poison permet de comprendre la responsabilité que peuvent avoir les médecins par les prescriptions qu’ils délivrent et la question des doses, parfois « aberrantes ». On assiste alors à une scène d'un généraliste qui prescrit des médicaments à une mère et à son enfant.

[06’43]


Les drogues

[06’43]

Images de ville, il y a différentes personnes assises qui fument, qui jouent de la guitare. La voix-off d’un médecin consultant dans un centre d'accueil, tente d'expliquer l'obligation de ne travailler que sur les incidences médicales et non sur les questions de la légalité. Il tente également de regrouper en trois grands ensembles les différentes drogues : à effet spécifiques, à effet psychologique, médicaments détournés et drogues dures.

Une nouvelle interview d'un médecin permet de distinguer du vrai toxicomane l'usager « occasionnel », qui agit soit personnellement pour calmer son malaise ou son angoisse, soit socialement pour imiter ses amis.

Poursuite de l’interview de la directrice du centre anti-poison qui explique qu'il est nécessaire d'aller au-delà du cabinet et de connaitre son patient.

[10’39]


La toxicomanie

[10’39]

Un jeune homme est assis dans sa chambre et prépare différentes drogues. Il prend de l'héroïne en sniffant puis prépare une piqûre et se l'injecte. En voix off, ce toxicomane explique la naissance de sa dépendance, qui s’est faite en réponse à un manque, à une attirance pour la « déchéance » et à une volonté de « rupture » par rapport à son adolescence et son environnement familial et social. Il décrit son rapport aux différents produits comme étant celui d’une « libération » et d’une « psychothérapie ».

Le médecin vu au début du film rappelle alors la difficulté représentée par la toxicomanie car elle n'est pas simplement une question médicale.

[13’59]


La drogue et la législation

[13’59]

Des policiers descendent d'un camion et procèdent à un contrôle d'identité. Ils fouillent et demandent les papiers, puis ils regardent s’il n'y a pas de traces de piqûres sur les bras. Un avocat explique les différentes poursuites pénales. Puis, un conseiller juridique explique ce qui est, ou non, passible de la loi.

La conseillère juridique d’une association d’aide aux adolescents trouve trop large l’interprétation de cette loi et pointe le risque de criminaliser des « usagers » qui ne le sont pas.

Un homme semble appeler d'un téléphone d'un bar pour demander acheter de la drogue. La séquence présente ensuite une scène de deal.

Images d’une prison. Le médecin généraliste explique que la prison est particulièrement dommageable car elle enferme le toxicomane dans son état.

[17’24]


Le sevrage

[17’24]

La directrice du centre anti-poison explique les raisons de la souffrance. Le chef de service de consultation psychiatrique évoque la réinsertion sociale, la prise en charge psychiatrique, le sevrage qui peut sembler brutal car il n'y a pas de médication substitutive.

Une femme attend assise sur une chaise, d'un air bouleversé, elle se lève pour aller regarder par la fenêtre. Elle tremble constamment, probablement sous l’effet de sa drogue.

Un médecin explique alors que le manque physique est réduit par rapport à la question du sevrage psychologique. Sa réussite de celui-ci repose d’abord sur la demande personnelle, réelle et volontaire du toxicomane.

Un groupe de musique joue. Un médecin en voix-off explique la raison d’un recours à la drogue et ajoute qu’une condition indispensable de la réussite d’un sevrage est de maintenir une visée psychothérapie. Puis, l'image du médecin apparaît. Il insiste sur la nécessité de ne pas tomber « dans le jeu » du patient, ce qui peut arriver via les liens avec la famille de celui-ci.

Un autre médecin apparait à l’image. Il appelle à la prudence dans l’approche de la dimension psychologique. Le patient ne doit pas être un « objet » mais un « sujet. Il insiste sur la nécessité d'abandonner l'idée de guérison, il faut plutôt penser en termes d'amélioration.

[26’42]


Conclusion

[26’42]

Cela alterne entre des images aériennes de la ville, et des images de jeux vidéo. Puis, il y a une interview finale avec le médecin généraliste, au volant de sa voiture. Il avertit du temps et de l’énergie que prendra le suivi d’un toxicomane. L'image continue mais une voix-off parle à la fin. Elle conclut le film en précisant avoir voulu questionner et donner à réfléchir. Le film se termine sur le visage du jeune toxicomane interviewé au cours de celui-ci.

[29’10] </translate><translate></translate>