Difference between revisions of "Le génie génétique"

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|Texte=Ce documentaire est un reportage qui explique les principes de base du génie génétique, cet ensemble de technique permettant de modifier le génome d'un organisme dans un but bien précis. Il est ici question d'expliquer plus précisément comment sont fabriquer les hormones de croissance grâce à ce génie génétique.
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|Texte=Ce documentaire est un reportage qui explique les principes de base du génie génétique, cet ensemble de technique permettant de modifier le génome d'un organisme dans un but bien précis. Il est ici question d'expliquer plus précisément comment sont fabriquées les hormones de croissance grâce à ce génie génétique.
 
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|Texte='''Contexte lié au film :''' Ce film a été produit en 1983 par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) - aujourd'hui Réseau Canopé. Il fait aussi parti de la série 'Biotechnologies' qui a été diffusé dans le cadre de l’émission de plateau « Entrée libre » le 26 novembre 1983. A partir de là, un bref rappel sur l'histoire la télévision s'impose. Tout d'abords, il faut bien comprendre que la télévision française a longtemps était une propriété de l’État. C'est surtout à partir des années 1980 que les chaines commencent à se privatiser (par exemple TF1 dont 50 % des parts sont cédées à Françis Bouygues en 1987). De ce fait, les émissions télévisuelles refléteront des volontés de l’État, et donc aussi du Ministère de l'éducation nationale, dont la volonté de démocratiser l'enseignement et de remédier à 'une pénurie d'enseignement' (Trémel L., 2014). Ce double objectif sera toutefois mis à mal avec l'apparition de la redevance audiovisuelle, la possibilité de mettre des publicité (autorisé en 1968) ou encore la concurrence émergente entre plusieurs émissions de télévisions. A partir des années, 1970, l'approche dite 'scolaire'  est remplacée par une approche dite 'éducative' qui met plus l'accent sur le coté télévisuel et moins sur l'aspect 'cours filmé' des émissions 'scolaires'. C'est dans ce contexte d'une prise de distance avec l'aspect purement scolaire post-1970 que sont créée des émissions comme 'Entrée libre'.  
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|Texte='''Contexte lié au film :''' Ce film a été produit en 1983 par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) - aujourd'hui Réseau Canopé. Il fait aussi parti de la série 'Biotechnologies' qui a été diffusé dans le cadre de l’émission de plateau « Entrée libre » le 26 novembre 1983. A partir de là, un bref rappel sur l'histoire la télévision s'impose. Tout d'abords, il faut bien comprendre que la télévision française a longtemps était une propriété de l’État. C'est surtout à partir des années 1980 que les chaines commencent à se privatiser (par exemple TF1 dont 50 % des parts sont cédées à Françis Bouygues en 1987). De ce fait, les émissions télévisuelles refléteront des volontés de l’État, et donc aussi du Ministère de l'éducation nationale, dont la volonté de démocratiser l'enseignement et de remédier à 'une pénurie d'enseignement' (Trémel L., 2014). Ce double objectif sera toutefois mis à mal avec l'apparition de la redevance audiovisuelle, la possibilité de mettre des publicités (autorisé en 1968) ou encore la concurrence émergente entre plusieurs émissions de télévisions. A partir des années, 1970, l'approche dite 'scolaire'  est remplacée par une approche dite 'éducative' qui met plus l'accent sur le coté télévisuel et moins sur l'aspect 'cours filmés' des émissions 'scolaires'. C'est dans ce contexte de prise de distance avec l'aspect purement scolaire post-1970 que sont créées des émissions comme 'Entrée libre'.
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Pour achever de décrire le contexte liée à ce film, il serait intéressant de se pencher sur les politiques (ou alors les objectifs gouvernementaux) mis en place à cette époque en France en matière d'éducation aux sciences et plus particulièrement aux nouvelles innovations - même si comme on l'a vu, le CNDP commençait déjà à s'éloigner de l'influence de l’État. On en trouve un exemple dans un article de loi datant de 1982 : 'L'éducation scolaire, l'enseignement supérieur, la formation continue à tous les niveaux et le service public de la radiodiffusion et de la télévision doivent favoriser l'esprit de recherche, d'innovation et de créativité et participer au développement et à la diffusion de la culture scientifique et technique.' (art. 7 de 'Titre II - Orientation de la recherche et du développement technologique' tiré  de la Loi n°82-610 du 15 juillet 1982 relative à '[l']Orientation et programmation pour la recherche et le développement technologique de la France'). La volonté du législateur est donc de faire participer la population (donc tous les types de public) au moins en l'informant au mieux sur les différents domaines scientifiques.  
  
'''Contexte lié au sujet du film :''' Ce film a donc pour objectif de traiter du génie génétique sous un angle pédagogique. Avant de rentrer plus avant dans le contexte de production de ce film, il convient de rappeler brièvement ce qu'est le génie génétique et les implications historiques liés à ce domaine afin de mieux replacer ce documentaire dans cette histoire. En effet, après l'essor de la biologie moléculaire dans les années 20 avec le développement de nouvelles techniques de caractérisation du vivant - tel que le premier procédé d'ultracentrifugation inventé par Theodor Svedberg (1884 - 1971) - en passant par des découvertes renforçant une vision mécaniste de la nature - tel que la découverte de la structure en double hélice de l'ADN en 1953 par Francis Crick (1916 - 2004) et James Watson (1928 -), une nouvelle discipline commence à émerger dans les années 1970, l'ingénierie génétique ou génie génétique (Morange M., 2017). C'est avec la conception de nouvelles techniques faisant intervenir des enzymes de restriction (enzymes qui ont pour propriété de couper un fragment d'ADN sur un endroit spécifique, appelé site de 'restriction'), des techniques de clonage de molécules d'ADN, ou encore la possibilité d'introduire un gène étranger à une espèce de plante dans son génome et de le faire s'exprimer, que ce nouveau champ de la biologie se développe. Il devient donc possible de produire des substances jusqu'alors très couteuses à produire comme l'insuline ou (comme dans ce documentaire) des hormones de croissances. Des industries comme Genentech, fondée en 1976 par Robert A. Swanson et le biochimiste Herbert W. Boyer,  commencent dès lors à se créer à développer leur activité autour du secteur pharmaceutique (Tambourin P., 2019). C'est donc une nouvelle source d'abondance qui s'offre à certaines sociétés étant donné que la production de médicament sera plus importante et donc les médicaments seront moins chers et plus efficaces. De telles promesses sont toutefois contrebalancés par des risques inhérents à la la manipulation des acides nucléiques. Un exemple de la perception de ce risque est la conférence d'Asilomar : cette conférence réunissant des chercheurs du monde entier et organisée par le biochimiste Paul Berg en 1975,  consistait à mettre sur papier les risques liés à l'utilisation de bactéries génétiquement modifiées (risques de contamination justifiant des normes d'isolement dans les laboratoires utilisant de telles bactéries). Après  cette conférence, des nouvelles règles de confinement des laboratoires (classification des laboratoires P1, P2, P3 et P4) avaient été adoptées mais avaient été très rapidement abandonnées (Morange M; 2017).         
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'''Contexte lié au sujet du film :''' Après l'essor de la biologie moléculaire dans les années 20 avec le développement de nouvelles techniques de caractérisation du vivant - tel que le premier procédé d'ultracentrifugation inventé par Theodor Svedberg (1884 - 1971) - en passant par des découvertes renforçant une vision mécaniste de la nature - tel que la découverte de la structure en double hélice de l'ADN en 1953 par Francis Crick (1916 - 2004) et James Watson (1928 -), une nouvelle discipline commence à émerger dans les années 1970, l'ingénierie génétique ou génie génétique (Morange M., 2016). C'est avec la conception de nouvelles techniques faisant intervenir des enzymes de restriction (enzymes qui ont pour propriété de couper un fragment d'ADN sur un endroit spécifique, appelé site de 'restriction'), des techniques de clonage de molécules d'ADN, ou encore la possibilité d'introduire un gène étranger à une espèce de plante dans son génome et de le faire s'exprimer, que ce nouveau champ de la biologie se développe. Il devient donc possible de produire des substances jusqu'alors très couteuses à produire comme l'insuline ou (comme dans ce documentaire) des hormones de croissances. Des industries comme Genentech, fondée en 1976 par Robert A. Swanson et le biochimiste Herbert W. Boyer,  commencent dès lors à se créer et à développer leur activité autour du secteur pharmaceutique (Tambourin P., 2019). De telles avancées sont toutefois contrebalancées par des risques inhérents à la manipulation des acides nucléiques. Un exemple de la perception de ce risque est la conférence d'Asilomar (1975) : cette conférence réunissant des chercheurs du monde entier et organisée par le biochimiste Paul Berg en 1975,  consistait à mettre sur papier les risques liés à l'utilisation de bactéries génétiquement modifiées (risques de contamination justifiant des normes d'isolement dans les laboratoires utilisant de telles bactéries). Après  cette conférence, des nouvelles règles de confinement des laboratoires (classification des laboratoires P1, P2, P3 et P4) avaient été adoptées mais avaient été très rapidement abandonnées (Morange M, 2016).
Sur un contexte plus proche de ce film, et vu qu'il a été produit par le CNDP qui est une entité dépendant de l’État, il serait intéressant de se pencher sur les politiques (ou alors les objectifs gouvernementaux) mis en place à cette époque en France en matière d'éducation aux sciences et plus particulièrement aux nouvelles innovations. On en trouve un exemple dans un article de loi datant de 1982 : 'L'éducation scolaire, l'enseignement supérieur, la formation continue à tous les niveaux et le service public de la radiodiffusion et de la télévision doivent favoriser l'esprit de recherche, d'innovation et de créativité et participer au développement et à la diffusion de la culture scientifique et technique.' (art. 7 de 'Titre II - Orientation de la recherche et du développement technologique' tiré  de Loi n°82-610 du 15 juillet 1982 relative à '[l']Orientation et programmation pour la recherche et le développement technologique de la France'. La volonté du législateur est donc de faire participer la population (donc tous les types de public) à ce boom technologique mondial dont fait parti l'avènement des biotechnologies comme science d'avenir.
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|Texte=On pourrait dire que le film "nous prend par la main" au niveau visuel. En effet, il y a une segmentation très nette des différentes phases de l'explication : une introduction animée qui nous montre les potentialités des biotechnologies par le biais d'une fiction; le lieu de production des médicaments issues de procédés biotechnologiques; une interview d'un enfant ayant des carences; des animations sur la théorie moléculaire qu'il derrière ce processus; les manipulations en laboratoires correspondant à ce principe suivit de l'exploitation industrielle de cette activité (ici la production d'hormone de croissances); élargissement du sujet vers les autres applications du génie génétique (l'agronomie, l'alimentaire, l’environnement); puis enfin une conclusion sur le fait que la société s'industrialise d'une nouvelle manière. En somme, on nous montre les acteurs des biotechnologies et les bénéficiaires de façon très naturelle (c'est à dire sans anicroches, ni débats, ni inquiétudes). Pourtant à cette époque,  il y avait des inquiétudes sur le future que promettaient les biotechnologies (voir la section 'Contexte'). Pour quelle raison ? Pourquoi la lunette est mise sur les bienfaits e occultes les inquiétudes ?  On pourrait invoquer une hypothèse que la prise en compte de telles questions éthiques et techniques ne feraient que paralyser l'aspect pédagogique qui est le but premier du CNDP. De plus, comme le souligne  Barbara Bordogna Petriccione dans son article 'De l’utilisation de la notion de risque dans le débat public sur les biotechnologies' (2004) : 'étant donné le peu de connaissances disponibles, ces premiers risques étaient par nature vagues et hypothétiques. Ils ne rentraient donc pas dans les catégories de risque pris en compte dans le cadre des évaluations de risques.' Il aurait été donc risqué pour une instance qui se veut avant tout pédagogique d'en faire état.
 
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Revision as of 00:49, 6 January 2019

 

Le génie génétique


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Title Le génie génétique
Series BIOTECHNOLOGIES
Year of production 1983
Country of production France
Director(s)
Duration 10,5 minutes
Format Parlant - Couleur -
Original language(s) French
Documents attachés [[media:{{{Document}}}|{{{Nom_document}}}]]
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Main credits

(français)
Réalisation : Marie-Françoise Parcollet

Auteurs : Jacqueline Olivieri ; Claude Rigaux

Production : CNDP

Content

Theme

(français)
Le génie génétique : principe, explications des pratiques et bénéfices dans le domaine de la santé.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Ce documentaire est un reportage qui explique les principes de base du génie génétique, cet ensemble de technique permettant de modifier le génome d'un organisme dans un but bien précis. Il est ici question d'expliquer plus précisément comment sont fabriquées les hormones de croissance grâce à ce génie génétique.

Context

(français)
Contexte lié au film : Ce film a été produit en 1983 par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) - aujourd'hui Réseau Canopé. Il fait aussi parti de la série 'Biotechnologies' qui a été diffusé dans le cadre de l’émission de plateau « Entrée libre » le 26 novembre 1983. A partir de là, un bref rappel sur l'histoire la télévision s'impose. Tout d'abords, il faut bien comprendre que la télévision française a longtemps était une propriété de l’État. C'est surtout à partir des années 1980 que les chaines commencent à se privatiser (par exemple TF1 dont 50 % des parts sont cédées à Françis Bouygues en 1987). De ce fait, les émissions télévisuelles refléteront des volontés de l’État, et donc aussi du Ministère de l'éducation nationale, dont la volonté de démocratiser l'enseignement et de remédier à 'une pénurie d'enseignement' (Trémel L., 2014). Ce double objectif sera toutefois mis à mal avec l'apparition de la redevance audiovisuelle, la possibilité de mettre des publicités (autorisé en 1968) ou encore la concurrence émergente entre plusieurs émissions de télévisions. A partir des années, 1970, l'approche dite 'scolaire' est remplacée par une approche dite 'éducative' qui met plus l'accent sur le coté télévisuel et moins sur l'aspect 'cours filmés' des émissions 'scolaires'. C'est dans ce contexte de prise de distance avec l'aspect purement scolaire post-1970 que sont créées des émissions comme 'Entrée libre'.

Pour achever de décrire le contexte liée à ce film, il serait intéressant de se pencher sur les politiques (ou alors les objectifs gouvernementaux) mis en place à cette époque en France en matière d'éducation aux sciences et plus particulièrement aux nouvelles innovations - même si comme on l'a vu, le CNDP commençait déjà à s'éloigner de l'influence de l’État. On en trouve un exemple dans un article de loi datant de 1982 : 'L'éducation scolaire, l'enseignement supérieur, la formation continue à tous les niveaux et le service public de la radiodiffusion et de la télévision doivent favoriser l'esprit de recherche, d'innovation et de créativité et participer au développement et à la diffusion de la culture scientifique et technique.' (art. 7 de 'Titre II - Orientation de la recherche et du développement technologique' tiré de la Loi n°82-610 du 15 juillet 1982 relative à '[l']Orientation et programmation pour la recherche et le développement technologique de la France'). La volonté du législateur est donc de faire participer la population (donc tous les types de public) au moins en l'informant au mieux sur les différents domaines scientifiques.

Contexte lié au sujet du film : Après l'essor de la biologie moléculaire dans les années 20 avec le développement de nouvelles techniques de caractérisation du vivant - tel que le premier procédé d'ultracentrifugation inventé par Theodor Svedberg (1884 - 1971) - en passant par des découvertes renforçant une vision mécaniste de la nature - tel que la découverte de la structure en double hélice de l'ADN en 1953 par Francis Crick (1916 - 2004) et James Watson (1928 -), une nouvelle discipline commence à émerger dans les années 1970, l'ingénierie génétique ou génie génétique (Morange M., 2016). C'est avec la conception de nouvelles techniques faisant intervenir des enzymes de restriction (enzymes qui ont pour propriété de couper un fragment d'ADN sur un endroit spécifique, appelé site de 'restriction'), des techniques de clonage de molécules d'ADN, ou encore la possibilité d'introduire un gène étranger à une espèce de plante dans son génome et de le faire s'exprimer, que ce nouveau champ de la biologie se développe. Il devient donc possible de produire des substances jusqu'alors très couteuses à produire comme l'insuline ou (comme dans ce documentaire) des hormones de croissances. Des industries comme Genentech, fondée en 1976 par Robert A. Swanson et le biochimiste Herbert W. Boyer, commencent dès lors à se créer et à développer leur activité autour du secteur pharmaceutique (Tambourin P., 2019). De telles avancées sont toutefois contrebalancées par des risques inhérents à la manipulation des acides nucléiques. Un exemple de la perception de ce risque est la conférence d'Asilomar (1975) : cette conférence réunissant des chercheurs du monde entier et organisée par le biochimiste Paul Berg en 1975, consistait à mettre sur papier les risques liés à l'utilisation de bactéries génétiquement modifiées (risques de contamination justifiant des normes d'isolement dans les laboratoires utilisant de telles bactéries). Après cette conférence, des nouvelles règles de confinement des laboratoires (classification des laboratoires P1, P2, P3 et P4) avaient été adoptées mais avaient été très rapidement abandonnées (Morange M, 2016).

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : Yes.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
On pourrait dire que le film "nous prend par la main" au niveau visuel. En effet, il y a une segmentation très nette des différentes phases de l'explication : une introduction animée qui nous montre les potentialités des biotechnologies par le biais d'une fiction; le lieu de production des médicaments issues de procédés biotechnologiques; une interview d'un enfant ayant des carences; des animations sur la théorie moléculaire qu'il derrière ce processus; les manipulations en laboratoires correspondant à ce principe suivit de l'exploitation industrielle de cette activité (ici la production d'hormone de croissances); élargissement du sujet vers les autres applications du génie génétique (l'agronomie, l'alimentaire, l’environnement); puis enfin une conclusion sur le fait que la société s'industrialise d'une nouvelle manière. En somme, on nous montre les acteurs des biotechnologies et les bénéficiaires de façon très naturelle (c'est à dire sans anicroches, ni débats, ni inquiétudes). Pourtant à cette époque, il y avait des inquiétudes sur le future que promettaient les biotechnologies (voir la section 'Contexte'). Pour quelle raison ? Pourquoi la lunette est mise sur les bienfaits e occultes les inquiétudes ? On pourrait invoquer une hypothèse que la prise en compte de telles questions éthiques et techniques ne feraient que paralyser l'aspect pédagogique qui est le but premier du CNDP. De plus, comme le souligne Barbara Bordogna Petriccione dans son article 'De l’utilisation de la notion de risque dans le débat public sur les biotechnologies' (2004) : 'étant donné le peu de connaissances disponibles, ces premiers risques étaient par nature vagues et hypothétiques. Ils ne rentraient donc pas dans les catégories de risque pris en compte dans le cadre des évaluations de risques.' Il aurait été donc risqué pour une instance qui se veut avant tout pédagogique d'en faire état.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Ce film développe un discours très laudatif du génie génétique au service de la santé (en plus de l'agriculture et de l'industrie). Cet outil est vu comme une nouvelle entrée dans un monde industriel avec toutes les potentialités qu'il implique.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Laboratoire de Bio-Recherches ELF – Toulouse, INRA-Toulouse, Institut Pasteur production (Le Vaudreuil)

Presentations and events associated with the film

(français)
Ce film a été diffusé dans le cadre de l’émission de plateau « Entrée libre » le 26 novembre 1983.

Audience

(français)
Le film étant produit par le CNDP, l’audience visée est très certainement une audience nationale.

Local, national, or international audience

Description

(français)
[0 - 48'] Le film commence avec une animation (avec voix off) qui introduit à la thématique du documentaire : “le génie génétique”. On y voit des espèces d’insectes semblables à des fourmis qui s'activent à construire des battisses et à travailler à la chaine. Il y a une référence qui est faite à  Louis Pasteur, considéré comme le savant à l'origine de la rationalisation du terme 'micro-organisme'. 

[49- 1'00] Il apparait ensuite le titre et nom de la série avec une musique 'starwarsienne', donc très futuriste,  exprimant ainsi  le génial, le nouveau, le révolutionnaire, …

[1'01 – 1'10] On voit ici des images de reportages d'un fermenteur où il nous ait expliqué que ce sont des bactéries qui y sont utilisées.

[1'11 – 1'15] La voix off s'attache donc à définir ce que sont ces bactéries sur fond d'image microscopique où l'on peut les voir.

[1'16 – 2'13] La fonction de ces bactéries (production de protéines via l'expression des gènes) est alors elle aussi expliqué en utilisant cette fois ici une animation. Cela sert également à expliquer les bases de l'intervention dans ce processus qui justifie l’appellation de "génie génétique".

[2'14 – 3'09] Dans cette séquence, un enfant ayant besoin d'hormone de croissance (hypophyse) est interviewé et explique son état, la perception de cet état par les autres enfants et ses évolution récentes. On passe donc de séquences explicatives (le lieu de production, le siège de la manipulation génétique - les bactéries -, ainsi que le principe de la manipulation génétique) à une séquence qui introduit l'utilité du génie génétique. Ici c'est l'intérêt thérapeutique qui est montré en premier. 

[3'10 – 3'19] Avant de retourner à une séquence explicative sur l'exemple de l'hypophyse, le documentaire se permet de faire un détour, en apparence hors-sujet sur l'image d'une personne qui a froid et qui prend son vélo. Cette image 'hors-sujet' est probablement utilisée pour appuyer le besoin sanitaire de la population.

[3'20 – 3'55] De retour, la voix-off nous explique ici le principe de la reprogrammation de l'expression d'un gène à partir de l'exemple du gène de l'hypophyse.

Il s'ensuit ensuite une série de plan alternés entre l’exécution de la manipulation consistant à faire les manipulations de bases pour transformer l'expression d'un organisme : [3'56 – 5'00] : image d'archive avec voix off → laboratoire où l'on voit une scientifique exécuter la manipulation expliquée précédemment [5'01 – 5'09]: retour à l'animation avec voix off → explication de ces enzymes (“ciseaux”) qui permettent de localiser et sectionner le gène [5'10 – 7'56]: image d'archive avec voix off → détails protocolaires pour arriver à l'opération expliquée précédemment

Dans les trois autre séquences qui suivent, on change de domaine d'application pour s'étendre sur des images d'industries [9'05 – 9'16], de ferme à vache [9'17 –  9'29]  ainsi que trois photos qui évoquent brièvement les implications bénéfiques du génie génétique dans la résolution de problèmes environnementaux  [9'30 – 9'51]. On remarquera que ce qu'on appelle aujourd’hui (en Europe) les "biotechnologies rouges" (pour la santé), "biotechnologies vertes" (pour l'élevage et l'agroalimentaire) et "biotechnologies blanches" (pour l'industrie) sont ici toutes représentées.

[9'52 – 10'05] Le film se fini enfin sur une image d'ouvriers construisant une maison, faisant ainsi écho à la séquence d’introduction.

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
BNF, Notice bibliographique, consulté le 27/01/2018, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb412235710.

CNDP, 2014, Les années 1980, consulté le 04/01/2019, https://www.reseau-canope.fr/notice/les-annees-1980.html.

Morange M., 2017, ' Le XXème siècle (I), Diversité de la biologie fonctionnelle et naissance de la biologie moléculaire', Une histoire de la biologie, Paris, Éditions du Seuil, 121 - 169.

Petriccione, B. B, 2004, 'De l'utilisation de la notion de risque dans le débat public sur les biotechnologies', Revue européenne des sciences sociales, 42(130), 73-108, consulté le 3 janvier 2019, https://journals.openedition.org/ress/355.

Tambourin P., « BIOTECHNOLOGIES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 3 janvier 2019, http://www.universalis-edu.com.acces-distant.bnu.fr/encyclopedie/biotechnologies/.

Trémel L. (dir), 2014, 'UNE HISTOIRE DE LA TÉLÉVISION À L’ÉCOLE', 50 ans de pédagogie par les petits écrans, 63 -66, consulté le 04/01/2019, https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Actualites/pdf/50ANS-PEDAGOGIE.pdf.


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