La scolarité oui, mais... (1994)

From Medfilm
Revision as of 18:01, 31 March 2020 by Elisabeth.fuchs (Talk | contribs) (Enregistré en utilisant le bouton "Sauvegarder et continuer" du formulaire)

Jump to: navigation, search

 

La scolarité oui, mais...


Pour voir ce film dans son intégralité veuillez vous connecter.

Title La scolarité oui, mais...
Series Histoires aux Singuliers
Year of production 1994
Country of production France
Director(s) Catherine Mardiné
Duration 14 minutes
Length 56 metres
Format Parlant - Couleur -
Original language(s) French
Production companies Plurielles Images
Commissioning body CCDPH-CREAI
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Raphaëlle, Nicolas, Ayrald...

Histoires aux Singuliers II
Un film de Catherine MARDINÉ

"La scolarité oui, mais..."

Content

Medical themes

Theme

(français)
La scolarité des enfants handicapés.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Le film montre trois enfants handicapés et leur scolarisation. Le premier enfant s’appelle Raphaëlle, elle est trisomique, le deuxième s’appelle Nicolas, enfant sans bras et enfin Ayrald, un garçon de 11 ans en chaise roulante.

Context

(français)
Les Centres Régionaux de l’Enfance et l’Adolescence Inadaptée (CREAI) ont été créés le 22 janvier 1964 par un arrêté du Ministère de la Santé. Il s'agissait de créer, dans chaque région de France Métropolitaine et DOM-Tom, un lieu ouvert à tous les partenaires de l'action sociale en vue de favoriser leur collaboration et de créer une équipe technique compétente à la disposition du trrain et de l'administration qui venait d'être mise en place (DDASS et DRASS). Les CREAI devaient également jouer un rôle important das le domaine de l'information et de la formation. Un Commissaire du Gouvernement veillait au bon fonctionnement de l'organisme et l'État accordait une subvention de fonctionnement.

De nos jours, suite à une note de service interministérielle du 13 janvier 1984, les CREAI ont pour mission principale d'être des lieux de repérage et d’analyse des besoins et d’étude des réponses à y apporter, des lieux de rencontre et de réflexion entre les élus, les représentants des forces sociales et ceux des administrations concernées, de fournir des analyses et des avis techniques aux décideurs, ainsi qu'aux gestionnaires des établissements et services.
Ils ont à cet égard un rôle important à jouer comme outil technique au service des responsables de l'élaboration et de la mise en œuvre de la politique en faveur des personnes en situation de vulnérabilité à l'échelon régional.

(Il est important de noter les mentalités à l'égard du handicap que dénoncent l'acteur Lino Ventura, fondateur de l'association "Perce-Neige", lorsqu'il est interviewé en 1979 sur le refus des habitants de Sèvres de voir un centre pour Handicapés se construire sur leur commune.)
En France, la Loi d'orientation de 1975 fixe une obligation de scolarisation pour les enfants handicapés. Par la suite, les circulaires de janvier 1982 et janvier 1983 visent à "favoriser l'insertion sociale de l'enfant handicapé en le plaçant le plus tôt possible dans un milieu ordinaire où il puisse développer sa personnalité et faire accepter sa différence."
Deux modes d'intégration sont proposés ː une intégration individuelle (en classe ordinaire) ou collective (regroupement d'enfants en unités spécialisés).
En 1994, année de diffusion de ce film, l'UNESCO adopte la Déclaration de Salamanque « sur les principes, les politiques et les pratiques en matière d’éducation et de besoins éducatifs spéciaux ». « L’adoption, en 1993, des Règles des Nations Unies pour l’égalisation des chances des handicapés, qui exhortent les états à garantir que l’éducation des personnes handicapées fasse partie intégrante du système éducatif » est rappelée.

La Charte du Luxembourg promulguée par l’Union européenne en 1996 « prône une école pour tous et pour chacun » en plaçant « la personne au centre de tout projet éducatif en reconnaissant les potentialités de chacun et ses besoins spécifiques ».

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film commence par un enfant prenant son petit-déjeuner, on ne remarque pas tout de suite qu’il s’agit d’un enfant handicapé. Ce n’est que lorsque que Raphaëlle est interviewée par la journaliste concernant les conseils qu'elle donnerait à des parents qui ont un enfant trisomique que le spectateur comprend réellement sa situation, notamment par la question, son attitude et sa réponse. Alors qu’avant la question posée, on sait qu’il s’agit d’un enfant « marginal » qu’il faut intégrer et accompagner. C’est à partir de ce moment-là qu’on comprend le sujet du film.

L’interview de Raphaëlle est suivi par celui de Nicolas, 11 ans, enfant sans bras, au milieu de peluches. Comme Raphaëlle, il se trouve donc dans sa chambre. Cette fois-ci l’enfant est interviewé avant sa mère, contrairement à Raphaëlle. Cette inversion montre que le film touche désormais au cœur du sujet dont les acteurs principaux sont les enfants handicapés. La mère de Nicolas met l’accent sur la mise en place nécessaire d’équipements permettant l’accueil d’enfants handicapés. Montrer Nicolas tenir un livre, alors qu’il le dit lui-même que des personnes à l’école étaient étonnées qu’ils parviennent à écrire, malgré son agénésie.

Le film donne ensuite la parole à Mme Boutier, Déléguée Départementale à l’intégration, qui souligne que l’école est beaucoup basée sur le volontariat et que cela devrait changer. M. Jouffrey, Directeur adjoint de l’Enseignement catholique, met en avant la question de la formation des enseignants qui doit répondre aux exigences du savoir être et savoir faire. De nombreuses séquences montrent des enfants dans une salle de classe ou à la récréation, et permettent de montrer les enfants handicapés dans l’univers scolaire. Par conséquent, cet environnement souligne leur intégration comme les autres enfants à l’école.

Les relations sociales entre valides et handicapés sont aussi évoqués, à commencer par celles des sourds et entendants, ainsi que le cas du garçon Ayrald en fauteuil roulant qui joue avec des copains dans la cour de récréation.

Le film montre Ayrald se déplacer sur le palier vers l'ascenseur avec son déambulateur, alors que sa mère reste près de la porte de l'appartement. Cette image montre que le garçon est autonome malgré son handicap.

Le film se termine sur la course de relai organisé tous les ans à l’initiative de l’Institut d’éducation motrice de Cran Gevrier. Ces activités sportives permettent d’inclure valides et handicapés. Enfin, le dernier plan qui suit s’achève sur une image montrant les toits des maisons comme au début du film, ce n’est plus l’aube, mais la mi-journée.

Le film donne donc la parole aux enfants handicapés et leurs parents, ainsi que des directeurs d’école et des experts dans le domaine du handicap à l’instar de Mme Boutier, Déléguée Départementale à l’intégration, et Mme Baton, Directrice d’un service de soins et d’éducation spécialisée à domicilie.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Il s'agit dans ce film davantage de la question de l'intégration des handicapés dans le milieu scolaire. Il est donc question aussi de la formation des enseignants et que ces enfants doivent être accompagnés par des équipements et éducateurs dans de bonnes conditions. Un professeur souligne la nécessité de garder une bonne distance, pour ne pas tomber dans la simple et unique empathie sans prendre en considération les mesures d'accompagnements, afin de pouvoir les accueillir de manière efficace. Par conséquent, on peut dire que la question de la médecine par le biais du handicap rappelle qu'un certain cadre (équipement et formations des enseignants) est nécessaire, afin de proposer un accueil convenable.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
/

Presentations and events associated with the film

(français)
/

Audience

(français)
/

Local, national, or international audience

Unknown

Description

(français)
Raphaëlle

Premier plan sur des toits de maison dans une brume matinale. Assise à une table, une fille prend son petit déjeuner. Son visage est masqué par le bol qu'elle tient à deux mains. Lorsqu'elle le pose, on s'aperçoit qu'elle est trisomique. Sa mère s'affaire autour de l'évier de la cuisine. Plan montrant Raphaëlle assise dans une voiture qui roule. L'interview de sa mère commence en même temps (la personne qui pose les questions reste invisible). La mère de Raphaëlle est interrogée sur la façon dont elle envisage l'avenir de sa fille. Elle avoue ressentir à la fois un certain pessimisme et un étonnement devant ce que sa fille a accompli jusque-là (scolarisation en classe intégrée au lieu d'un institut médico-pédagogique). Retour dans la voiture. C'est le père de Raphaëlle qui conduit, il lui donne des consignes sur l'heure à laquelle ils se retrouveront en fin de journée. La caméra est placée derrière lui, le spectateur voit donc la situation à travers les yeux de Raphaëlle.
Plan rapide sur Raphaëlle dans sa classe. Elle est en train d'écrire quelque chose. Les autres enfants semblent avoir environ trois ans de plus qu'elle. M. Abric, directeur d'école publique, est interviewé face caméra. Il est très favorable "l'orientation actuelle" ː "autant que possible (...) ces enfants doivent être acceptés dans le milieu de société normal." On notera que la désignation "ces enfants" est assez vague et qu'on ne sait pas si ce directeur parle des enfants trisomiques, des enfants déficients intellectuels ou des enfants handicapés en général. Pour M. Abric, cette démarche d'intégration permet d'éviter une marginalisation de la personne à l'âge adulte. C'est pour lui "un devoir moral". Retour rapide sur la classe où un adulte, probablement l'instituteur, est penché sur le travail de Raphaëlle et s'entretient avec elle. Cette image transmet le message d'une attention individualisée accordée à l'enfant qui ne peut que s'épanouir dans un cadre aussi favorable.
Retour à l'interview de la mère de Raphaëlle qui avoue sa difficulté personnelle à laisser sa fille prendre de l'autonomie et mettre en œuvre toutes ses capacités (par exemple, aller faire des courses seule). Elle souligne que si les "éducateurs" n'incitaient pas sa fille à passer ces étapes, elle ne le ferait pas. La mention très rapide du travail des éducateurs auprès de Raphaëlle révèle un aspect de la prise en charge du handicap qui est totalement occulté par ce film. Il est extrêmement rare qu'un enfant handicapé, même parfaitement intégré dans un établissement scolaire ordinaire, n'ait pas besoin d'un suivi extra-scolaire. Suivant le type de handicap dont il est porteur, il peut avoir besoin d'un suivi psychologique et/ou éducatif, de séances de kinésithérapie, d'orthophonie, de psychomotricité, d'un auxiliaire de vie scolaire, etc. en cabinet de ville ou en lien avec un service ou un établissement spécialisé. Ici, étant donné que Raphaëlle a une trisomie 21, on peut imaginer que les éducateurs dont il est question font partie d'un SESSAD (Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) et qu'elle bénéficie également d'autres prises en charge.
Interview de Raphaëlle assise en tailleur sur son lit. Elle est parfois un peu difficile à comprendre parce que sa voix est grave et soufflée, et son rythme un peu précipité mais ses phrases sont remarquablement bien construites et sa compréhension excellente. Pour ce qu'on peut en voir dans cette courte séquence, elle a un niveau de langage (et probablement un niveau intellectuel) nettement au-dessus de la majorité des enfants trisomiques de son âge pour l'époque.
Interrogée sur ce qu'elle conseillerait aux parents d'enfants trisomiques, Raphaëlle répond également en parlant d'autonomie ː "Il faut qu'ils apprennent à faire tout tout seuls, ce serait merveilleux pour les parents." (03'18)
Nicolas
Contrairement à la séquence précédente où on découvrait l'enfant de façon progressive, à mesure qu'elle posait son bol, cette fois-ci, la caméra est placée d'emblée face à un jeune garçon mince dont les mains partent directement des épaules. Il souffre manifestement d'agénésie des bras et des avants-bras. Il est installé sur son lit, au milieu de ses peluches. Ses réponses sont assez laconiques. Il explique qu'il est scolarisé au Centre scolaire Saint-Marc (il existe un établissement d'enseignement privé sous tutelle jésuite regroupant des écoles primaires, des collèges et des lycées portant ce nom à Lyon). Pour Nicolas, tout s'est toujours bien passé à l'école.
Sa mère est d'un avis différent. Elle cite de fausses excuses qui ont été invoquées par certains établissements scolaires pour refuser son fils (problème d'escaliers, de classes trop nombreuses, etc.)
La question que pose ensuite la voix off à l'enfant est extrêmement directe voire choquante quand on sait que Nicolas n'a que 11 ans ː "Qu'est-ce qui permettrait aux gens (...) de ne pas avoir peur de toi ?" Cet entretien a dû être préparé et/ou Nicolas fait preuve d'une grande maturité car il répond ː "Qu'ils se rendent compte qu'il y a des handicapés et qu'ils peuvent faire comme eux... Mais en moins détaillé." Il donne l'exemple de l'écriture qu'il maîtrise. Pendant qu'il continue à parler, plan rapide sur Raphaëlle et sa mère dans la rue. Retour sur Nicolas en train de lire un magazine qu'il a posé sur son genou et qu'il tient des deux mains.
Intervention de Mme Bouttier, déléguée départementale à l'intégration. Elle rappelle que l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires dépend de la bonne volonté des enseignants à qui il faudrait pouvoir donner "quelque chose" en échange. De quoi parle-t-elle ?
Intervention de M. Jouffrey, directeur adjoint de l'enseignement catholique, qui apporte une réponse à la question précédente. Les enseignants ont besoin d'être formés pour intégrer des enfants handicapés dans leur classe. Même si l'enseignement est pour eux une vocation et qu'ils ont un "savoir être", il faut les aider à acquérir un "savoir faire".
Retour sur Mme Bouttier qui évoque les classes trop chargées comme frein à l'intégration et demande que les enseignants puissent collaborer non seulement avec les familles mais aussi avec les soignants, ce qui nécessite de résoudre des problèmes d'emploi du temps ː comment décharger un enseignant ou prendre en compte les heures supplémentaires qu'il effectue quand il participe à des réunions de synthèse avec une équipe médico-sociale, par exemple.
On notera que ces demandes et l'expression de ces besoins sont exprimées pour les enseignants mais qu'à aucun moment ce documentaire ne donne directement la parole à un enseignant "sur le terrain".
Intervention de Mme Baton, directrice d'un SESSAD. Elle souligne que les parents ont besoin d'espaces de parole sur le handicap et de professionnels qui fassent le lien avec l'école. Le documentaire reste néanmoins silencieux sur les modalités de ce lien et le type de professionnels qui pourraient s'en charger. (07'07)

Ayrald

Supplementary notes

(français)

References and external documents



Contributors

  • Record written by : Thomas Berthol, Élisabeth Fuchs