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Plan de coupe sur l’intérieur d’un bâtiment dont la fonction est désignée par un panneau de signalétique mentionnant « sécurité sociale ». Dézoom depuis une femme qui n'a pas quitté son manteau, immobile devant un bureau où discutent un homme et une autre femme dont la coiffe indique qu’elle est agent. La femme au manteau se tourne et jette un regard préoccupé, comme si elle voulait exprimer son impatience à attendre. Suivent d’autres points de vue dans les guichets, montrant l’organisation générale du local (des fauteuils répartis dans un open space compartimenté par des murets) mais aussi l’anxiété des usagers présents. Alors que la femme à la coiffe va et vient entre la porte et les bureaux pour orienter ceux dont le tour est venu, des plans alternés isolent ceux qui continuent d’attendre. Une femme, portant à la bouche son document administratif, l’agitant dans un geste d’anxiété, se penche et observe la perspective de la pièce, comme si elle guettait un secours. Une autre femme, jetant des regards obliques, manifeste son irritation en se parlant à elle-même. Une troisième se plonge résolument dans la lecture d’un magazine.  
 
Plan de coupe sur l’intérieur d’un bâtiment dont la fonction est désignée par un panneau de signalétique mentionnant « sécurité sociale ». Dézoom depuis une femme qui n'a pas quitté son manteau, immobile devant un bureau où discutent un homme et une autre femme dont la coiffe indique qu’elle est agent. La femme au manteau se tourne et jette un regard préoccupé, comme si elle voulait exprimer son impatience à attendre. Suivent d’autres points de vue dans les guichets, montrant l’organisation générale du local (des fauteuils répartis dans un open space compartimenté par des murets) mais aussi l’anxiété des usagers présents. Alors que la femme à la coiffe va et vient entre la porte et les bureaux pour orienter ceux dont le tour est venu, des plans alternés isolent ceux qui continuent d’attendre. Une femme, portant à la bouche son document administratif, l’agitant dans un geste d’anxiété, se penche et observe la perspective de la pièce, comme si elle guettait un secours. Une autre femme, jetant des regards obliques, manifeste son irritation en se parlant à elle-même. Une troisième se plonge résolument dans la lecture d’un magazine.  
 
En commentaire, Pierre Laroque rappelle qu’auparavant, dans une société encore largement rurale, c’était à la famille de trouver les moyens pour « couvrir les charges imprévues » et d’assurer « l’entretien de ses enfants, de ses malades, de ses vieillards. » L’évolution d’une société devenue davantage industrielle et urbaine ôte à la famille la possibilité de couvrir les « nouvelles causes d’insécurité » qui sont le chômage, les accidents du travail, une vieillesse prolongée sans ressource. « Il a donc fallu que la collectivité se substitue à la famille pour donner à l’individu, au travailleur, cette sécurité qui lui fait défaut. » Sur cette dernière phrase, des clichés d’enfants pris dans un cadre de taudis, parmi les gravats, devant des portes aux planches disjointes, portraits sociaux qui rappellent ceux que Walker Evans a réalisés dans les Etats-Unis de la Dépression. (02 : 15)
 
En commentaire, Pierre Laroque rappelle qu’auparavant, dans une société encore largement rurale, c’était à la famille de trouver les moyens pour « couvrir les charges imprévues » et d’assurer « l’entretien de ses enfants, de ses malades, de ses vieillards. » L’évolution d’une société devenue davantage industrielle et urbaine ôte à la famille la possibilité de couvrir les « nouvelles causes d’insécurité » qui sont le chômage, les accidents du travail, une vieillesse prolongée sans ressource. « Il a donc fallu que la collectivité se substitue à la famille pour donner à l’individu, au travailleur, cette sécurité qui lui fait défaut. » Sur cette dernière phrase, des clichés d’enfants pris dans un cadre de taudis, parmi les gravats, devant des portes aux planches disjointes, portraits sociaux qui rappellent ceux que Walker Evans a réalisés dans les Etats-Unis de la Dépression. (02 : 15)
 
  
 
'''De l'inégalité à la solidarité'''
 
'''De l'inégalité à la solidarité'''

Revision as of 18:50, 27 August 2019

 

La sécurité sociale

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Title La sécurité sociale
Series Législation du travail
Year of production 1969
Country of production France
Director(s) Pierre Buquet
Duration 28 minutes
Format Parlant - Noir et blanc -
Original language(s) French
Subtitles and transcription English
Commissioning body CNDP
Archive holder(s) CNDP

Main credits

(français)
Gén. fin : une émission de Madeleine Jaussaud.

Content

Theme

(français)
Exposé des principes fondateurs et du fonctionnement de la sécurité sociale.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
En expliquant le fonctionnement de la sécurité sociale, le film aborde notamment les types de risques couverts, les personnes protégées, les moyens et financements de cette protection. Il met en scène son fondateur Pierre Laroque qui en rappelle les principes fondateurs.

Context

(français)
Contexte historique

Pierre Laroque est un des acteurs de la mise en place de la Sécurité Sociale en1945, nommé directeur général des assurances sociales dans le contexte exceptionnel de la Libération. Il devient président de section du conseil d’État d'août 1964 jusqu’à sa retraite en 1980. Plusieurs mesures sont prises concernant la couverture sociale à la fin des années 1950 et début 1960, à commencer par l’introduction d’une assurance maladie obligatoire pour les agriculteurs exploitants, mais par la suite également pour les indépendants du commerce et de l’industrie ainsi que les professions libérales . L’accord des syndicats et patronat permet la mise en place de l’assurance chômage dès 1958. L’entrée en vigueur du conventionnement médical (1960) entraîne une hausse importante des remboursements de soins. La création de l’arrCo en 1961 permet le développement des retraites complémentaires.

Le projet de réforme de la sécurité sociale est dévoilé en août 1967 par le gouvernement Pompidou. Les ordonnances de 1967 vont entraîner un rôle croissant des nouvelles caisses nationales. Une négociation a alors lieu entre la Caisse nationale et les syndicaux médicaux pour la mise en place d’une convention nationale. Celle-ci se substitue en 1971 aux conventions locales entraînant une amélioration substantielle de la couverture médicale des assurés, car les médecins sont conventionnés s’ils ne se dégagent pas explicitement de la convention. La date de réalisation du film, 1969, correspond à la fin des Trente Glorieuses, période marquée par le développement du chômage, de la précarité et de la prévention des risques. Aussi la question de l'action publique dans les domaines du soin et de l'activité professionnelle mobilise l'opinion

Dans ses dernières minutes, La sécurité sociale mentionne les mandats Colbert. Ce mode de paiement est en vigueur des années 1960 jusqu'aux années 1990. Il s’agit d’un mandat spécifique, créé par l’administration des Postes et édité par l’agence du service comptable, « lorsqu’un décompte de prestations de sécurité sociale issu de la chaîne ‘paiements différés’» devait être payé par mandat-postal.

Contexte médiatique

La sécurité sociale appartient à la série "Législation du travail" qui comprend : La rémunération du travailleur ( 1971 ; auteur : Madeleine Jaussaud ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320191m ) ; La durée du travail ( 1973 ; auteur : René Ballet ; OFRATEME ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320060q ); Les femmes et la législation du travail (1969 ; auteur : Anne Davot ; IPN ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320504t ) ; Les jeunes et la législation du travail ( 1973 ; auteur : François Michon ; OFRATEME ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320187q ) ; Le licenciement ( 1973 ; auteur : Catherine Michon - Savarit ; OFRATEME ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320150p ) ; Main d'oeuvre agricole ( 1973 ; auteur : Roger Charles ; OFRATEME ).

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le film comporte une partie didactique très affirmée avec des cartons et des schémas animés, ou encore des explications faites sur plateau par une présentatrice qui ne quitte pas la caméra des yeux sinon pour consulter ses pompes. Les interventions de Pierre Laroque font contrepoint en rappelant les principes fondateurs de la sécurité sociale et en justifiant la poursuite de sa mise en place.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le film montre par le témoignage de Madame Estival que la sécurité sociale permet à de nombreux malades de consulter un médecin alors qu'avant sa mise en place, les frais que de tels soins engagent les dissuadaient de le faire. Le film présente donc un rapport démocratisé à l'institution sanitaire.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
établissements scolaires

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
élèves des établissements

Local, national, or international audience

Description

(français)
Introduction : discours de Pierre Laroque sur la vocation de la Sécurité sociale

Intérieur jour, un homme assis à son bureau fait face à la caméra. Une mention infographique indique qu’il s’agit de Pierre Laroque. Derrière lui, de hautes croisées donnant sur une balustrade indiquent que la pièce est située dans un bâtiment de prestige, certainement celui du Conseil d’Etat (le palais Royal) où Pierre Laroque exerce ses responsabilités à l’époque du film. Aucun commentaire introductif, les premiers mots sont de Pierre Laroque : « Pour moi la sécurité sociale correspond à un besoin fondamental de l’homme, qui a toujours existé, le besoin de sécurité. Les hommes n’aiment pas l’incertitude du lendemain. » Plan de coupe sur l’intérieur d’un bâtiment dont la fonction est désignée par un panneau de signalétique mentionnant « sécurité sociale ». Dézoom depuis une femme qui n'a pas quitté son manteau, immobile devant un bureau où discutent un homme et une autre femme dont la coiffe indique qu’elle est agent. La femme au manteau se tourne et jette un regard préoccupé, comme si elle voulait exprimer son impatience à attendre. Suivent d’autres points de vue dans les guichets, montrant l’organisation générale du local (des fauteuils répartis dans un open space compartimenté par des murets) mais aussi l’anxiété des usagers présents. Alors que la femme à la coiffe va et vient entre la porte et les bureaux pour orienter ceux dont le tour est venu, des plans alternés isolent ceux qui continuent d’attendre. Une femme, portant à la bouche son document administratif, l’agitant dans un geste d’anxiété, se penche et observe la perspective de la pièce, comme si elle guettait un secours. Une autre femme, jetant des regards obliques, manifeste son irritation en se parlant à elle-même. Une troisième se plonge résolument dans la lecture d’un magazine. En commentaire, Pierre Laroque rappelle qu’auparavant, dans une société encore largement rurale, c’était à la famille de trouver les moyens pour « couvrir les charges imprévues » et d’assurer « l’entretien de ses enfants, de ses malades, de ses vieillards. » L’évolution d’une société devenue davantage industrielle et urbaine ôte à la famille la possibilité de couvrir les « nouvelles causes d’insécurité » qui sont le chômage, les accidents du travail, une vieillesse prolongée sans ressource. « Il a donc fallu que la collectivité se substitue à la famille pour donner à l’individu, au travailleur, cette sécurité qui lui fait défaut. » Sur cette dernière phrase, des clichés d’enfants pris dans un cadre de taudis, parmi les gravats, devant des portes aux planches disjointes, portraits sociaux qui rappellent ceux que Walker Evans a réalisés dans les Etats-Unis de la Dépression. (02 : 15)

De l'inégalité à la solidarité

Panoramique dans un bout de rue qui se termine sur une façade. Posée entre la fenêtre et la porte, ajustée à un bouton de sonnette bombé de style 1930, une plaque indique qu’une Mme Estival travaille ici. Son aspect modeste, avec son crépi noirâtre, sa fenêtre à l’appui fêlé, fait transition avec le dernier cliché montré où deux enfants s’appuient à une façade de composition et d’aspect comparable. Le décor du nouvel entretien contraste avec celui du précédent. Ce n’est plus l’intérieur solennel, sobre et lumineux de bureau ministériel, mais un espace sombre et chargé qui tient à la fois du domicile et du lieu de travail. La caméra insiste sur le manteau de cheminée où trône un buste de Marianne et reposent des cadres de photos, des flacons. Nous devinons par le raccord que la femme qui parle, âgée, à la chevelure soigneusement ondulée, est Mme Estival. A l’interviewer qui l’interroge hors champ, elle rappelle qu’avant la mise en place de la Sécurité sociale, les « gens » se rendaient rarement chez le médecin faute de moyens : « Aucun secours ne rétribuait leurs dépenses ». Elle parle depuis ses souvenirs, son visage prend une expression fataliste. Elle raconte qu’elle a vu dans une pharmacie un employé des autobus laisser sa casquette en gage. « On allait chez le médecin que dans les cas graves.» Elle évoque « des gosses qui ont eu des angines diphtériques » que l'on a soigné « trop tard ». Elle témoigne que les familles ouvrières peinaient à épargner en prévision des maladies à prendre en charge. (03 : 48)

Retour de Pierre Laroque qui explique l'idée de solidarité derrière la mise en place de la sécurité sociale : on répartit sur l'ensemble de la population la charge imprévue qui pèse sur une seule personne. Il faut se défaire de l'idée que l'on est assisté à hauteur de ce qu'on a payé. Ce que l'on touche quand on est malade, ou vieux, ou qu'on a des enfants à charge est couvert « par les autres.» En plan de coupe, un vieil homme se tient devant un guichet, recevant des documents des mains d'un agent qui reste hors champ. La voix de celui-ci lui recommande de présenter la prescription de l’hôpital avec le reçu pour être remboursé. « Maintenant, j'ai autre chose à vous demander...», dit le vieil homme. Le plan s'interrompt là, sans laisser la conversation se poursuivre. Il fait office d'illustration mais aussi de scène qui capte l'ambiance propre à la situation d'assistance, la relation didactique qu'elle engage. (05 : 17)

Exposé des modes de « réparations » selon les types de risques

Sur fond neutre, une femme dont aucune mention infographique ne permet de connaître le nom ou la fonction, explique le mode de couverture du travailleur salaire. Elle explique en premier lieu la notion de risques qui se divisent en trois catégories : physiologiques, professionnels, familiaux. Les risques physiologiques comprennent la maladie, la maternité, l’invalidité, la vieillesse, le décès (il est curieux de constater que la maternité, la vieillesse, le décès soient ici désignées comme des risques, mais la présentatrice a pris soin de rappeler que le risque renvoie ici à « un événement imprévisible qui a pour résultat d’entraîner des frais supplémentaires pour une famille ou de diminuer ou supprimer les salaires entrant dans le foyer ».) Elle détaille ensuite les moyens de protection en insistant d’abord sur l’importance de la prévention, puis sur les mesures de réadaptation et reclassement : c’est en ces trois types d’activités que consiste « l’action sanitaire et sociale » que la Sécurité sociale mène conjointement aux « réparations » qu’elle met en œuvre auprès des accidentés. Cette réparation comprend des versements d’argent sous forme de prestations ou d’allocations. Les prestations en nature la famille à supporter les frais encourus par le risque, les prestations en espèce remplacent le salaire de l’employé qui n’en perçoit plus suite à son arrêt de travail. Les prestations sont ensuite détaillées selon les types d’assurés. Cette séquence interminable articule les plans sur la présentatrice, visiblement mécontente de parler, avec un chapitrage et des illustrations recourant à un schéma animé sommaire, et de déplorables cartons sous forme d’inscriptions à la craie sur un tableau d’ardoise ou au marqueur sur des feuilles de paper board. Les jeux de cache et les onomatopées sonores tentent en vain d’animer cette mise en scène pénible, de toute façon plombée par un texte difficilement intelligible (et d’une précision douteuse). Comment espérer que l’élève-spectateur, déjà douché par l’annonce d’un film sur la sécurité sociale, puisse accorder un quelconque intérêt à cet exposé mal structuré en plus d’être rébarbatif ? Il est d’autant plus étonnant que cette séquence ait été laissée telle quelle dans le montage que le film part sur des entretiens et témoignages vivants et substantiels. (17 : 42)

Le fonctionnement

Commentaires de Pierre Laroque illustrés, selon le cours de son propos, par des affiches de prévention à l’égard notamment des outils et machines ou encore une image d’enfants, ou des vues sur des équipements hospitaliers, ou d'une femme qui, dans un Institut, brosse les dents d’un enfant. Le film se termine sur les explications de financement et la philosophie de redistribution de la sécurité sociale, suivi par des dessins illustrant cette redistribution, notamment un mandat « Colbert » lorsqu'il en est question.

Supplementary notes

(français)
Madeleine Jaussaud, auteure de La sécurité sociale, a également écrit le film Vers la sécurité sociale dans la même série " Législation du travail " ( 1971 ; OFRATEME ; réal. Albert Gokelaere ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1320556j ).

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Thomas Berthol, Joël Danet
  • Record translated into English by : Sherry Stanbury