Difference between revisions of "L'enfant et l'image animée"

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|Texte='''Première expérience : l’enfant chez lui face au poste de télévision'''
Panoramique qui découvre une cuisine attenante au salon où les enfants se trouvent, que séparent des portes coulissantes pour l’instant laissées ouvertes. Dans le fond du champ, une jeune femme, que le commentaire désigne être la mère des enfants, préparant une boisson avec un verre doseur. « Les autres membres de sa famille ne partagent pas son intérêt pour l’image. » Gros plan sur sa bouche entrouverte qui manifeste un état d’hébétude fasciné. Le commentaire ajoute que l’enfant ne dispose pas de moyens de communiquer son intérêt pour les images qui « s’offrent à lui ».
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Un garçon de cinq ans est assis devant un poste téléviseur, à un mètre de distance. Nous sommes visiblement dans un intérieur domestique. Le poste est installé sur une table en tek dont l’étagère basse supporte une coupe chargée de faux fruits. A l’angle de la pièce, un pote de radio à galènes et un petit banc en osier. Commentaire : « Dans cette première émission, qui est une émission de recherche, nous nous proposons de poser tel que nous les avons abordés en commission de travail, les problèmes relatifs à l’exploitation pédagogique de l’image à l’école maternelle. » panoramique qui montre d’autres enfants, des filles. Assises par terre, jouant avec une poupée et une maisonnette en carton. L’une tourne le dos au garçon, l’autre regarde dans sa direction, à moins que ce soit en direction du poste. « Dans cette première séquence, nous vous montrons un enfant de cinq à six ans en situation de réception dans le cadre du milieu familial. » Gros plan sur ses yeux. Son regard est sérieux, ses sourcils froncés, ses paupières se ferment et se rouvrent vite. Les variations d’intensité lumineuse selon les changements de plans dur l’écran se reflètent sur son visage. « Il est seul, de son âge, souvent soumis à des émissions qui ne le concernent pas, écoutant des commentaires au-dessus de sa compréhension et en dehors de son expérience. » Contrechamp montrant le poste téléviseur : en gros plan, le visage d’un homme alterné à celui d’une femme, il s’agit visiblement d’un entretien.  
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Panoramique qui découvre une cuisine attenante au salon où les enfants se trouvent, que séparent des portes coulissantes pour l’instant laissées ouvertes. Dans le fond du champ, une jeune femme, que le commentaire désigne être la mère des enfants, préparant une boisson avec un verre doseur. « Les autres membres de sa famille ne partagent pas son intérêt pour l’image. » Gros plan sur sa bouche entrouverte qui manifeste un état d’hébétude fasciné. Le commentaire ajoute que l’enfant ne dispose pas de moyens de communiquer son intérêt pour les images qui « s’offrent à lui ». (01:49)
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'''Plateau : commentaires des invités'''
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Annette Bon apparaît à l’image, elle s’adresse au télespectateur : « Dans la série des émissions pour les écoles maternelles, nous avons l’année dernière présenté une émission consacrée à l’image fixe. » Annette Bon regarde vers le bas des notes qu’elle tient hors champ. Elle poursuit en ajoutant que deux émissions vont être consacrées à l’image télévisée. Le cadre s’élargit, laissant découvrir des femmes réunies autour d’Annette Bon : il s’agit d’institutrices et de directrices d’écoles. Que des femmes. De même, Annette Bon s’adresse à des téléspectatrices, féminisant les tournures de ses phrases quand elle regarde la caméra. Elle précise que l’émission présente est le fruit d’une recherche, « ce n’est pas un exercice modèle que vous avez à suivre. » Elle demande aux invitées ce qu’elles pensent des images qui ont ouvert l’émission, montrant l’enfant devant le poste téléviseur. Sa voisine de droite intervient, interrogeant : « le fait télévisé a-t-il sa place dans nos classes ? » Son expérience de mère de famille et d’éducatrice lui fait craindre que ‘enfant ne soit déjà « submergée par les images télévisées. » Elle s’inquiète de la « passivité apparente » avec laquelle l’enfant les reçoit.
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Annette Bon estime que le rôle de l’école est justement de lutter contre cette passivité « en essayant de maintenir chez l’enfant une attention à ce qu’il reçoit » par des émissions conçues sous forme de dialogues.  Autre sujet de préoccupation : les conditions de réception. Chez lui, l’enfant est le seul de son âge à voir les images, à la différence d’une diffusion dans le cadre scolaire où il partage les images avec des enfants « de même niveau mental et de même intérêt. ». Ces conditions sont meilleures parce qu’elles « favorisent un dialogue entre les enfants ». (06:01).
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'''Seconde expérience : l’enfant mêlé aux autres enfants devant le poste de télévision ; l’irruption du réel en salle de classe'''
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Nouvelle séquence d’expérience : sur un écran de télévision montré en angle plat, un singe filmé dans une cage. Le cadre s’élargit, nous voyons un groupe d’enfants rassemblés devant le poste posé sur le bureau de l’instituteur. Commentaire : « Transplantons-nous maintenant en milieu scolaire. Nous allons monter maintenant l’enfant en groupe et spontané, c’est-à-dire que nous limiterons les interventions de la maîtresse pour ne retenir que les incidences de la présence des autres enfants sur son comportement. »  Interruption volontaire du processus par une complication de l’expérience pédagogique : après avoir montré sur l’écran un singe, un vrai singe, jusque-là caché derrière le bureau, fait apparition parmi les enfants. Ceux-ci rient, crient de peur mais avec amusement, tendent la main ou reculent. « Nous avons voulu observer la différence de réactions devant l’image et devant la vie ». Le commentaire précise que l’institutrice n’était pas prévenue non plus ; l’opération étant à la seule initiative de l’équipe de pédagogie expérimentale. En légère plongée, le singe est filmé saisissant la jambe de l’institutrice et jouant avec les lacets de sa chaussure. Les enfants s’enhardissent à caresser sa nuque. Le commentaire ajoute que passé le moment de surprise, enfants et institutrice entrent en relation avec l’animal. En effet, le singe se stabilise sur le plateau du bureau et les enfants viennent à lui pour lui parler et le caresser. C’est une relation « chaleureuse et vivante comme celles qui peuvent s’établir dans la vie entre l’enfant et l’objet réel. » Le commentaire en vient à la finalité de l’expérience par ce nouveau commentaire : « Il est certain que les images projetées d’abord n’avaient pas suscité la même réaction et en tant que stimuli restaient très au-dessous dans leur force de la réalité vivante. » En plongée, nous voyons le singe s’en prendre aux chaussures d’un autre adulte, un homme cette fois. La caméra redresse et nous voyons le singe gratter et pincer le visage de l’homme. Les enfants l’appellent, l’un d’eux s’écrie : « Je l’ai caressé ! ». La séquence se termine par un zoom sur un visage d’enfant mêlé aux autres : c’est celui que nous avons observé chez lui au début de l’émission : de nouveau son profil en gros plan, mais cette fois il est animé, attentif à son environnement.  (09:53)
 
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Revision as of 12:16, 4 January 2019

 

L'enfant et l'image animée


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Title L'enfant et l'image animée
Series Atelier de pédagogie
Year of production
Country of production France
Director(s) Annette Bon
Duration 27 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Production companies CNDP
Commissioning body Ministère de l'Education Nationale
Archive holder(s) Canopé
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Générique début : Atelier de pédagogie / L'enfant et l'image animée.

Content

Theme

(français)
Le rapport de l'enfant à l'appareil de télévision : étude des effets de l'exposition à la télévision sur son éveil et sur son comportement moteur.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Après l'étude filmée du comportement d'un enfant de cinq ans exposé aux images d'un appareil télévisé, débat en plateau réunissant plusieurs responsables pédagogiques autour d'Annette Bon.

Context

(français)

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : Yes.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : Yes.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Pour s'appuyer sur une base scientifique, le film reprend le procédé de l'observation comportementaliste par l'outil audiovisuel tel qu'il est employé en pédopsychiatrie.

How are health and medicine portrayed?

(français)

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
établissements scolaires et centres de formation des cadres pédagogiques

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
professionnels de la pédagogie : professeurs, éducateurs, pédagogues, pédo-psychologues

Local, national, or international audience

Description

(français)
Première expérience : l’enfant chez lui face au poste de télévision

Un garçon de cinq ans est assis devant un poste téléviseur, à un mètre de distance. Nous sommes visiblement dans un intérieur domestique. Le poste est installé sur une table en tek dont l’étagère basse supporte une coupe chargée de faux fruits. A l’angle de la pièce, un pote de radio à galènes et un petit banc en osier. Commentaire : « Dans cette première émission, qui est une émission de recherche, nous nous proposons de poser tel que nous les avons abordés en commission de travail, les problèmes relatifs à l’exploitation pédagogique de l’image à l’école maternelle. » panoramique qui montre d’autres enfants, des filles. Assises par terre, jouant avec une poupée et une maisonnette en carton. L’une tourne le dos au garçon, l’autre regarde dans sa direction, à moins que ce soit en direction du poste. « Dans cette première séquence, nous vous montrons un enfant de cinq à six ans en situation de réception dans le cadre du milieu familial. » Gros plan sur ses yeux. Son regard est sérieux, ses sourcils froncés, ses paupières se ferment et se rouvrent vite. Les variations d’intensité lumineuse selon les changements de plans dur l’écran se reflètent sur son visage. « Il est seul, de son âge, souvent soumis à des émissions qui ne le concernent pas, écoutant des commentaires au-dessus de sa compréhension et en dehors de son expérience. » Contrechamp montrant le poste téléviseur : en gros plan, le visage d’un homme alterné à celui d’une femme, il s’agit visiblement d’un entretien. Panoramique qui découvre une cuisine attenante au salon où les enfants se trouvent, que séparent des portes coulissantes pour l’instant laissées ouvertes. Dans le fond du champ, une jeune femme, que le commentaire désigne être la mère des enfants, préparant une boisson avec un verre doseur. « Les autres membres de sa famille ne partagent pas son intérêt pour l’image. » Gros plan sur sa bouche entrouverte qui manifeste un état d’hébétude fasciné. Le commentaire ajoute que l’enfant ne dispose pas de moyens de communiquer son intérêt pour les images qui « s’offrent à lui ». (01:49)


Plateau : commentaires des invités

Annette Bon apparaît à l’image, elle s’adresse au télespectateur : « Dans la série des émissions pour les écoles maternelles, nous avons l’année dernière présenté une émission consacrée à l’image fixe. » Annette Bon regarde vers le bas des notes qu’elle tient hors champ. Elle poursuit en ajoutant que deux émissions vont être consacrées à l’image télévisée. Le cadre s’élargit, laissant découvrir des femmes réunies autour d’Annette Bon : il s’agit d’institutrices et de directrices d’écoles. Que des femmes. De même, Annette Bon s’adresse à des téléspectatrices, féminisant les tournures de ses phrases quand elle regarde la caméra. Elle précise que l’émission présente est le fruit d’une recherche, « ce n’est pas un exercice modèle que vous avez à suivre. » Elle demande aux invitées ce qu’elles pensent des images qui ont ouvert l’émission, montrant l’enfant devant le poste téléviseur. Sa voisine de droite intervient, interrogeant : « le fait télévisé a-t-il sa place dans nos classes ? » Son expérience de mère de famille et d’éducatrice lui fait craindre que ‘enfant ne soit déjà « submergée par les images télévisées. » Elle s’inquiète de la « passivité apparente » avec laquelle l’enfant les reçoit. Annette Bon estime que le rôle de l’école est justement de lutter contre cette passivité « en essayant de maintenir chez l’enfant une attention à ce qu’il reçoit » par des émissions conçues sous forme de dialogues. Autre sujet de préoccupation : les conditions de réception. Chez lui, l’enfant est le seul de son âge à voir les images, à la différence d’une diffusion dans le cadre scolaire où il partage les images avec des enfants « de même niveau mental et de même intérêt. ». Ces conditions sont meilleures parce qu’elles « favorisent un dialogue entre les enfants ». (06:01).


Seconde expérience : l’enfant mêlé aux autres enfants devant le poste de télévision ; l’irruption du réel en salle de classe

Nouvelle séquence d’expérience : sur un écran de télévision montré en angle plat, un singe filmé dans une cage. Le cadre s’élargit, nous voyons un groupe d’enfants rassemblés devant le poste posé sur le bureau de l’instituteur. Commentaire : « Transplantons-nous maintenant en milieu scolaire. Nous allons monter maintenant l’enfant en groupe et spontané, c’est-à-dire que nous limiterons les interventions de la maîtresse pour ne retenir que les incidences de la présence des autres enfants sur son comportement. » Interruption volontaire du processus par une complication de l’expérience pédagogique : après avoir montré sur l’écran un singe, un vrai singe, jusque-là caché derrière le bureau, fait apparition parmi les enfants. Ceux-ci rient, crient de peur mais avec amusement, tendent la main ou reculent. « Nous avons voulu observer la différence de réactions devant l’image et devant la vie ». Le commentaire précise que l’institutrice n’était pas prévenue non plus ; l’opération étant à la seule initiative de l’équipe de pédagogie expérimentale. En légère plongée, le singe est filmé saisissant la jambe de l’institutrice et jouant avec les lacets de sa chaussure. Les enfants s’enhardissent à caresser sa nuque. Le commentaire ajoute que passé le moment de surprise, enfants et institutrice entrent en relation avec l’animal. En effet, le singe se stabilise sur le plateau du bureau et les enfants viennent à lui pour lui parler et le caresser. C’est une relation « chaleureuse et vivante comme celles qui peuvent s’établir dans la vie entre l’enfant et l’objet réel. » Le commentaire en vient à la finalité de l’expérience par ce nouveau commentaire : « Il est certain que les images projetées d’abord n’avaient pas suscité la même réaction et en tant que stimuli restaient très au-dessous dans leur force de la réalité vivante. » En plongée, nous voyons le singe s’en prendre aux chaussures d’un autre adulte, un homme cette fois. La caméra redresse et nous voyons le singe gratter et pincer le visage de l’homme. Les enfants l’appellent, l’un d’eux s’écrie : « Je l’ai caressé ! ». La séquence se termine par un zoom sur un visage d’enfant mêlé aux autres : c’est celui que nous avons observé chez lui au début de l’émission : de nouveau son profil en gros plan, mais cette fois il est animé, attentif à son environnement. (09:53)

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Joël Danet, Joël Danet