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Une voiture DS avance sur la route sinueuse tracée dans un paysage montagneux. Elle ne rencontre aucun autre véhicule sur son passage. De même, le paysage qui se déploie dans les plans larges sont solitaires. En incise, un plan dans la voiture, avec le médecin filmé tantôt en contre-plongée, tantôt de dos. C'est sa voix qui occupe la bande-son. Il parle de lui, de son expérience de médecin, de son rapport à la population. Aucune introduction de journaliste à son témoignage. Un accent de terroir marque sa voix. "Il y a quinze ans que je suis médecin dans mon canton de montagne. J'ai 27 communes. Et il est six heures du soir. Et j'en suis à ma quatorzième visite. Je connais toutes les familles. Je suis le seul médecin dans le coin. Je fais 70000 kms chaque année." Son ton est las alors qu'il aligne des chiffres précis qui témoignent de l'étendue de son ressort et de l'exigence de disponibilité et d'énergie qui en découle.  
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Une voiture DS avance sur la route sinueuse tracée dans un paysage montagneux. Elle ne rencontre aucun autre véhicule sur son passage. De même, le paysage qui se déploie dans les plans larges sont solitaires. En incise, un plan dans la voiture, avec le médecin filmé tantôt en contre-plongée, tantôt de dos. C'est sa voix qui occupe la bande-son. Il parle de lui, de son expérience de médecin, de son rapport à la population. Aucune introduction de journaliste à son témoignage. Un accent de terroir marque sa voix. "Il y a quinze ans que je suis médecin dans mon canton de montagne. J'ai 27 communes. Et il est six heures du soir. Et j'en suis à ma quatorzième visite. Je connais toutes les familles. Je suis le seul médecin dans le coin. Je fais 70000 kms chaque année." Son ton est las alors qu'il aligne des chiffres précis qui témoignent de l'étendue de son ressort et de l'exigence de disponibilité et d'énergie qui en découle. Pas de musique, mais le bruit assourdi du moteur et un cliquetis dans l'habitacle au moment où il se tait : le son est pris de l'intérieur du véhicule, y compris quand celui-ci est filmé de l'extérieur depuis le bord opposé de la route. (01:09)
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A l'angle d'un muret de pierres sèches surgit le nez de la voiture qui s'immobilise. La caméra garde le même point de vue alors que le médecin sort de l'habitacle. Dézoom sur le médecin qui avance dans l'allée bordée par le muret, marche d'un pas résolu et tourne sans hésiter à droite pour passer un seuil de maison voilé par un rideau à franges. Le plan large ainsi créé montre en vis-à-vis de la maison une bâtisse fruste aux grandes ouvertures sans vitres, avec un plancher supportant des cageots empilés.
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Dans son cabinet médical : auscultation d'une petite fille (bébé)
 
Dans son cabinet médical : auscultation d'une petite fille (bébé)

Revision as of 23:41, 3 December 2020

 

Haute-Ariège, le portrait d'un médecin de campagne

Title Haute-Ariège, le portrait d'un médecin de campagne
Series JT Toulouse
Year of production 1972
Country of production France
Director(s) Claude Stéphane
Duration 6 minutes
Format Parlant - Couleur -
Original language(s) French
Production companies ORTF
Archive holder(s) INA
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Journaliste : Claude Stéphane

Content

Theme

(français)
Conditions d'exercice de la médecine générale dans une région reculée de la France.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Témoignage d'un médecin de campagne en Haute Ariège. Il sillonne toute l'année les routes du canton, au volant de sa voiture, pour visiter ses patients.

Context

(français)

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Depuis les années cinquante, les sujets de JT ou les documentaires télévisés qui traitent de la médecine en milieu rural se centrent sur le personnage du « médecin de campagne » et structurent leur narration par la récurrence d’une situation type : les trajets en voiture que ce médecin doit accomplir pour couvrir le ressort territorial de sa patientèle. Ces documentaires filmés au plus près du terrain du médecin. Par leurs similarités de traitements, ils montrent un rapport particulier à l’espace qu’engage la responsabilité de soigner dans des territoires isolés. Ils témoignent par ailleurs d’un souci constant de « dramatiser » auprès des citoyens la représentation des espaces ruraux, objet de désertification, vieillissement et déshérence.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le personnage du médecin de campagne constitue un intermédiaire entre l'institution sanitaire et la population. Il représente l'institution auprès des personnes qu'il va soigner, et symétriquement, il se fait porte-parole de la population quand il témoigne des pensées et des émotions qu'il a recueillies auprès de ses patients. Ici, le médecin est ancré dans le terroir, il en a l'accent et sa parole est directe et franche.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Télévision

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Audience télévisuelle

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
L'arpentage d'un territoire

Une voiture DS avance sur la route sinueuse tracée dans un paysage montagneux. Elle ne rencontre aucun autre véhicule sur son passage. De même, le paysage qui se déploie dans les plans larges sont solitaires. En incise, un plan dans la voiture, avec le médecin filmé tantôt en contre-plongée, tantôt de dos. C'est sa voix qui occupe la bande-son. Il parle de lui, de son expérience de médecin, de son rapport à la population. Aucune introduction de journaliste à son témoignage. Un accent de terroir marque sa voix. "Il y a quinze ans que je suis médecin dans mon canton de montagne. J'ai 27 communes. Et il est six heures du soir. Et j'en suis à ma quatorzième visite. Je connais toutes les familles. Je suis le seul médecin dans le coin. Je fais 70000 kms chaque année." Son ton est las alors qu'il aligne des chiffres précis qui témoignent de l'étendue de son ressort et de l'exigence de disponibilité et d'énergie qui en découle. Pas de musique, mais le bruit assourdi du moteur et un cliquetis dans l'habitacle au moment où il se tait : le son est pris de l'intérieur du véhicule, y compris quand celui-ci est filmé de l'extérieur depuis le bord opposé de la route. (01:09)

A l'angle d'un muret de pierres sèches surgit le nez de la voiture qui s'immobilise. La caméra garde le même point de vue alors que le médecin sort de l'habitacle. Dézoom sur le médecin qui avance dans l'allée bordée par le muret, marche d'un pas résolu et tourne sans hésiter à droite pour passer un seuil de maison voilé par un rideau à franges. Le plan large ainsi créé montre en vis-à-vis de la maison une bâtisse fruste aux grandes ouvertures sans vitres, avec un plancher supportant des cageots empilés.


Dans son cabinet médical : auscultation d'une petite fille (bébé)

Le médecin : "il y a 15 ans que je suis médecin dans mon canton de montagne. J'ai 27 communes, il est 6 heures du soir et j'en suis à ma 14ème visite. Je connais toutes les familles. Je suis le seul médecin dans le coin. Je fais 70 000 kms chaque année." Arrivé chez sa patiente, une dame âgée, il procède à l'auscultation et sa visite terminée, il reprend la route. Le médecin : "je rentre au cabinet, j'espère que c'est fini." Dans son cabinet, il examine une toute petite fille.

Le médecin, interviewé dans son bureau : "il est impossible de dire à quel moment la journée prend fin. La journée est finie, mais la nuit commence. Je pense que je fais de la médecine, je ne veux pas dire la meilleure médecine, mais ce que je fais est très varié. Seul évidemment, parce que je dois décider seul. La médecine c'est difficile. Ca progresse, il faut se recycler. Il n'est pas possible chaque fois qu'on a un problème de faire hospitaliser les malades, ce qui serait la solution idéale et de tout repos : d'abord parce qu'ils sont souvent réticents, ensuite parce qu'on ne peut pas encombrer les hôpitaux. Il ne faut donc compter que sur soi. C'est ce qui ennuie le plus les médecins comme moi, car si on se trompe... Il y a des avantages heureusement : la liberté, la gentillesse des gens, la considération c'est fini, mais il parfois même de la reconnaissance et surtout la satisfaction personnelle."

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors