Difference between revisions of "Bas 1:Amnésie par intoxication au gaz - Un homme sans mémoire"

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Il s’agit d’une adaptation imaginée à partir d’un court métrage muet sur le cas Franz Breundl, dont l’ensemble des prises de vues ont été effectuées entre 1927 et 1932 par un collègue de Gustav E. Störring, à savoir le psychiatre Ernst Grünthal (1894-1972). Dans ce court métrage d’une dizaine de minutes, intitulé Défaut de mémoire (Merkunfähigkeit), Ernst Grünthal documente au long cours l’état du patient qui, depuis son accident, vit dans un perpétuel présent sans cohérence (« ohne Zusammenhalt »). Il le soumet principalement à des tests expérimentaux dans l’optique de mesurer ses capacités mnésiques.
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Or en raison de ses origines juives, Ernst Grünthal est contraint de quitter l’Allemagne nazie en 1934. À compter de ce départ précipité, c’est Gustav E. Störring qui s’occupe de Franz Breundl à Würzburg, et décide, sur la base du film de son confrère, de construire le récit de son propre moyen métrage.
 
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Franz Breundl est quant à lui comparé à un prodige « tragique » de la nature (« ''Wir haben es hier also zu tun mit einem ganz reien bisher noch nie beobachteten tragischen Experiment der Natur'' »).  La  dramatisation  de  sa  pathologie  est  renforcée  par  le  commentaire  de Gustav E. Störring qui s’émeut du fait que son patient oublie la présence de son épouse sitôt qu’on le détourne d’elle (Fig. 1). Dans un même mouvement, l’emphase du texte des cartons contribue à exagérer les effets de la maladie du jeune homme.
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En ce qui concerne l’amnésie elle-même, elle est dépeinte comme « étrangement inquiétante » (« ''unheimlich'' »). Cette qualification entre en résonance avec le concept d’''Unheimlichkeit'' de la théorie freudienne qui désigne à la fois ce qui est étrangement inquiétant, et ce qui est familier (''Heimlich'') mais rendu étrange par le refoulement (« ''Verdrängung'' »). Le jugement de valeur prononcé par Gustav E. Störring parasite par conséquent son ton professoral et témoigne de sa fascination pour le cas Franz Breundl qu’il se plaît à mettre en scène. Cette inclination esthétique – voire esthétisante – se révèle enfin au niveau du montage (insert en caméra subjective sur l’en-tête d’un journal).
 
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Revision as of 10:04, 12 October 2021

 

Gedächtnisverlust durch Gasvergiftung - Ein Mensch ohne Zeitgedächtnis

Title Gedächtnisverlust durch Gasvergiftung - Ein Mensch ohne Zeitgedächtnis
Year of production 1935
Country of production Allemagne
Director(s)
Scientific advisor(s) Gustav E. Störring
Duration 39 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) German
Production companies UFA
Archive holder(s) Bundesarchiv
Warning: this record has not been reviewed yet and may be incomplete or inaccurate.

Main credits

(français)
Le film s’ouvre par l’intermédiaire de cinq cartons. Le premier et le deuxième indiquent respectivement le titre (Gedächtnisverlust durch Gasvergiftung) et le sous-titre (Ein Mensch ohne Zeitgedächtnis) du moyen métrage. Suivent deux autres cartons mentionnant le patronyme et le statut socio-professionnel du présentateur (le Dr Gustav E. Störring (1903-2000)), ainsi que les noms des partenaires et producteurs (la Fondation allemande pour la recherche et la compagnie pharmaceutique Bayer). Le générique se clôt avec le logotype de l’UFA.

Content

Theme

(français)
Le film expose le cas d’un jeune homme, Franz Breundl (1902-1986), souffrant d’amnésie sévère, à la suite d’une intoxication aiguë au monoxyde de carbone (CO).

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Empoisonné au monoxyde de carbone en mai 1926, Franz Breundl se montre incapable de se souvenir d’événements survenus sur une période de seulement quelques secondes. Au mois de décembre de cette même année, il est admis dans le service du psychiatre Martin Reichardt (1874-1966) à l’Hôpital psychiatrique de l’Université de Würzburg. La singularité des symptômes du malade amène les médecins de l’établissement bavarois à tester sa mémoire à l’aide d’une batterie d’examens et d’entretiens échelonnés sur une période de plusieurs années. Le moyen métrage, tourné en 1935 sous la houlette de Gustav E. Störring, vise à récapituler les principaux résultats obtenus, tout en dressant le portrait du patient dont le psychisme est comparé à une tablette de cire (« Wachstafel ») rigide où rien – ou presque – ne s’imprime.

Context

(français)
Le film est réalisé le 24 juillet 1935 dans les studios berlinois de la Babelsberg Film GmbH de l’UFA, grâce au soutien financier de la Deutschen Forschungsgemeinschaft et de l’Interessengemeinschaft Farben.

Il s’agit d’une adaptation imaginée à partir d’un court métrage muet sur le cas Franz Breundl, dont l’ensemble des prises de vues ont été effectuées entre 1927 et 1932 par un collègue de Gustav E. Störring, à savoir le psychiatre Ernst Grünthal (1894-1972). Dans ce court métrage d’une dizaine de minutes, intitulé Défaut de mémoire (Merkunfähigkeit), Ernst Grünthal documente au long cours l’état du patient qui, depuis son accident, vit dans un perpétuel présent sans cohérence (« ohne Zusammenhalt »). Il le soumet principalement à des tests expérimentaux dans l’optique de mesurer ses capacités mnésiques.

Or en raison de ses origines juives, Ernst Grünthal est contraint de quitter l’Allemagne nazie en 1934. À compter de ce départ précipité, c’est Gustav E. Störring qui s’occupe de Franz Breundl à Würzburg, et décide, sur la base du film de son confrère, de construire le récit de son propre moyen métrage.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : Yes.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le moyen métrage invite les spectateurs et les spectatrices à adopter le point de vue du médecin- psychiatre. C’est à ce titre que Gustav E. Störring prend la parole, dans l’incipit du film, pour fixer les termes d’un contrat de lecture : il interpelle son public en regardant l’objectif de la caméra et emploie le présent de l’indicatif pour ancrer son discours dans un hic et nunc. L’épilogue est représentatif de cette tendance, car on y voit le médecin face caméra camper devant le jeune homme amnésique – relégué au second plan –, et apostropher une dernière fois son auditoire en exprimant le souhait d’avoir su se montrer pédagogue au gré des diverses « situations » mises en scène (« Ich hoffe, dass Sie aus diesen wenigen Situationen erkannt haben, wie das menschliche Seelenleben bei völligem und isoliertem Verlust der Merkfähigkeit aussieht »). Là comme ailleurs, on constate que c’est toujours le psychiatre qui parle au nom du patient.

How are health and medicine portrayed?

(français)
En ouverture du film, Gustav E. Störring se présente lui-même aux spectateurs, vêtu d’une blouse blanche qu’il abandonne par la suite. En tant que marqueur identitaire, l’habit sert à ratifier le texte scripturé des cartons, en situant in medias res le psychiatre dans une hiérarchie qui fait de lui le dépositaire d’un savoir (dont on s’attend à ce qu’il soit partagé).

Franz Breundl est quant à lui comparé à un prodige « tragique » de la nature (« Wir haben es hier also zu tun mit einem ganz reien bisher noch nie beobachteten tragischen Experiment der Natur »). La dramatisation de sa pathologie est renforcée par le commentaire de Gustav E. Störring qui s’émeut du fait que son patient oublie la présence de son épouse sitôt qu’on le détourne d’elle (Fig. 1). Dans un même mouvement, l’emphase du texte des cartons contribue à exagérer les effets de la maladie du jeune homme.

En ce qui concerne l’amnésie elle-même, elle est dépeinte comme « étrangement inquiétante » (« unheimlich »). Cette qualification entre en résonance avec le concept d’Unheimlichkeit de la théorie freudienne qui désigne à la fois ce qui est étrangement inquiétant, et ce qui est familier (Heimlich) mais rendu étrange par le refoulement (« Verdrängung »). Le jugement de valeur prononcé par Gustav E. Störring parasite par conséquent son ton professoral et témoigne de sa fascination pour le cas Franz Breundl qu’il se plaît à mettre en scène. Cette inclination esthétique – voire esthétisante – se révèle enfin au niveau du montage (insert en caméra subjective sur l’en-tête d’un journal).

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)

Local, national, or international audience

National

Description

(français)

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)


Contributors