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'''Flashback'''<br />
 
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Il y a quelques mois, la nourrice a rencontré un homme au parc où elle promenait le bébé dans son landau. On les voit s'embrasser sur un banc. Quelques jours plus tard, elle remarque des boutons sur le haut de sa poitrine et sur son bras. Sur les conseils d'une voisine, elle se fait "soigner" par un homme qui "en sait plus que tous les professeurs". Il a sur sa table une installation compliquée constituée d'une boîte d'où sortent une vingtaine de fils reliés à d'autres boîtes numérotées. En examinant quelques cheveux de la nourrice à la loupe, il détermine qu'elle relève du cas n°9. Il tire sur la ficelle correspondante, une case s'ouvre, laissant apparaître des flacons. Il faudra qu'elle prenne 10 gouttes de l'un le lundi et le jeudi ainsi que deux comprimés de l'autre chaque heure le mardi et le vendredi et enfin qu'elle boive une tisane trois fois par jour le mercredi et le samedi. Repos le dimanche (ǃ) La facture de cette "consultation" semble salée si l'on en croit l'expression du visage de la nourrice. [L'image de la facture passe trop vite pour qu'on puisse la lire.]  
 
Il y a quelques mois, la nourrice a rencontré un homme au parc où elle promenait le bébé dans son landau. On les voit s'embrasser sur un banc. Quelques jours plus tard, elle remarque des boutons sur le haut de sa poitrine et sur son bras. Sur les conseils d'une voisine, elle se fait "soigner" par un homme qui "en sait plus que tous les professeurs". Il a sur sa table une installation compliquée constituée d'une boîte d'où sortent une vingtaine de fils reliés à d'autres boîtes numérotées. En examinant quelques cheveux de la nourrice à la loupe, il détermine qu'elle relève du cas n°9. Il tire sur la ficelle correspondante, une case s'ouvre, laissant apparaître des flacons. Il faudra qu'elle prenne 10 gouttes de l'un le lundi et le jeudi ainsi que deux comprimés de l'autre chaque heure le mardi et le vendredi et enfin qu'elle boive une tisane trois fois par jour le mercredi et le samedi. Repos le dimanche (ǃ) La facture de cette "consultation" semble salée si l'on en croit l'expression du visage de la nourrice. [L'image de la facture passe trop vite pour qu'on puisse la lire.]  
[[Fichier:Falsche Scham Rechnung.jpg]]
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[[Fichier:Falsche Scham Rechnung.jpg|thumb|Ma jolie légende|right|400px]]
 
Retour dans la chambre du bébé. Le médecin explique à la nourrice qu'elle a eu affaire à un charlatan. Il l'examine ː gros plan sur une éruption sur le haut de sa poitrine et de son dos.<br />
 
Retour dans la chambre du bébé. Le médecin explique à la nourrice qu'elle a eu affaire à un charlatan. Il l'examine ː gros plan sur une éruption sur le haut de sa poitrine et de son dos.<br />
 
Le médecin annonce aux parents que c'est la nourrice qui a contaminé le bébé. Il leur demande de le rejoindre tous les trois dans son cabinet pour des analyses de sang. Le père règle son solde à la nourrice et la congédie. Elle essaie d'implorer la mère du regard, sans succès.<br />
 
Le médecin annonce aux parents que c'est la nourrice qui a contaminé le bébé. Il leur demande de le rejoindre tous les trois dans son cabinet pour des analyses de sang. Le père règle son solde à la nourrice et la congédie. Elle essaie d'implorer la mère du regard, sans succès.<br />

Revision as of 10:39, 12 May 2022

 

Fausse honte - Fasche Scham


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Title Fausse honte - Fasche Scham
Year of production
Country of production Allemagne
Director(s) Rudolf Biebrach
Scientific advisor(s) Curt Thomalla
Nicholas Kaufmann
Actor(s) Rudolf Biebrach
Duration 83 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) German
Translated French
Subtitles and transcription In progress
Production companies UFA
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Main credits

(français)
FAUSSE HONTE PREMIER ACTE / FALSCHE SCHAM ERSTER AKT

EIN FILM VON KRANKHEIT UND GENESUNG / UN FILM DE MALADIE ET DE GUÉRISON
HERGESTELLT VON DER KULTURABTEILUNG DER UNIVERSUM-FILM AKTIENGESELLSCHAFT, BERLIN / ÉDITÉ PAR LE DÉPARTEMENT DE CULTURE DE LA UFA
MANUSKRIPT UND WISSENSCHAFTLICHE BEARBEITUNGː DR. MED. CURT THOMALLA, DR. MED. NICHOLAS KAUFMANN / SCÉNARIO ET TRAVAUX SCIENTIFIQUES ː DR. MED. CURT THOMALLA, DR. MED. NICHOLAS KAUFMANN
TITELBEARBEITUNGː ARMIN PETERSEN / TITRES ː ARMIN PETERSEN
REGIEː RUDOLF BIEBRACH / MISE EN SCÈNE ː RUDOLF BIEBRACH
TRICKAUFNAHMENː NOLDAN UND BÜCHEL / DESSINS ANIMÉS ː NOLDAN ET BÜCHEL
BAUTENː GUSTAV HENNIG / CONSTRUCTIONS ː GUSTAV HENNIG
PHOTOGRAPHIEː MAX BRINCK, WILLY GAEBEL / PHOTOGRAPHIE ː MAX BRINCK, WILLY GAEBEL
AUFNAHMELEITUNGː ERICH R. SCHWAB / DIRECTION DES PRISES DE VUE ː ERICH R. SCHWAB
PATIENTENAUFNAHMENː DR. TH. A. MAAß UNTER DER GESAMTLEITUNG VON DR. CURT THOMALLA / PHOTOGRAPHIE DES MALADES ː DR. TH. A. MAASS SOUS LA SURVEILLANCE DU DR. CURT THOMALLA
FACHMÄNNISCHE BERATUNGː DEUTSCHE GESELLSCHAFT ZUR BEKÄMPFUNG DER GESCHLECHTSKRANKHEITEN / CONSEIL SCIENTIFIQUE ː SOCIÉTÉ ALLEMANDE POUR COMBATTRE LES MALADIES SEXUELLES

(On notera que Rudolf Biebrach est cité au générique de quatre parties (les quatre dernières) sur cinq.)

Content

Theme

(français)
Prévention des maladies sexuellement transmissibles.

Main genre

Fiction

Synopsis

(français)

Context

(français)

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : Yes.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)

How are health and medicine portrayed?

(français)

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)

Grand public.

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Acte I ː Les deux lycéens, présentation des principales maladies vénériennes

Ext. Jour. Scène de foule à l'entrée d'une foire. Alternance de plans entre un homme et une femme qui ont l'air de manigancer quelque chose et deux lycéens ou étudiants portant l'uniforme de leur établissement scolaire. Les jeunes gens achètent des billets à la caisse. La femme les aborde et semble les complimenter sur leur allure et leur mine. Moment de dialogue entre les trois personnages puis les jeunes gens la quittent. La scène est un peu difficile à comprendre. Dans la version islandaise du même film https://medfilm.unistra.fr/wiki/Falsche_Scham, la scène est plus longue. On comprend que la femme fait une proposition aux jeunes hommes mais qu'ils la refusent, l'un d'entre eux désignant l'endroit où ils veulent aller (la foire). Dans la suite de cette analyse, les différences avec le film islandais seront indiquées entre crochets [ ]. De façon générale, on notera que les plans sont très souvent plus court dans cette version du film que dans la version islandaise. Les intertitres étant bilingues, ils restent à l'écran plus longtemps, ce qui a dû obliger à faire des coupes afin que le film ne soit pas trop long.
Succession de scènes montrant la foule et des pavillon de la foire. [Quelques scènes supplémentaires. Les jeunes gens se promènent. Ils passent devant un clown en train de jouer de la grosse caisse.] Les deux jeunes gens s'arrêtent devant une baraque nommée Boxing Ring. De jeunes femmes en short et débardeur sont alignées sur la scène de part et d'autre d'un écran sur lequel est diffusé un match de boxe. Manifestement émoustillés, les jeunes gens sont au tout premier rang, le regard à hauteur des genoux des jeunes femmes. [Le plus déluré des deux touche la jambe de l'une des jeunes femmes qui proteste d'un air enjoué en lui demandant si c'est ainsi qu'il apprend ses leçons.] Le jeune homme déluré invite la jeune femme pour après la représentation. Elle acquiesce. Les jeunes femmes quittent la scène, la foule se disperse. Seuls les deux jeunes gens restent sur place. Un homme d'âge mûr s'approche d'eux et leur conseille d'aller voir l'exposition qui se trouve en face au lieu de suivre les jeunes femmes comme ils semblent en avoir l'intention. Gros plan sur le visage perplexe des jeunes gens puis sur le titre de l'exposition ː Geschlechtskrankheiten (Maladies vénériennes). [Des spectateurs montés sur la scène entrent dans la baraque (pour voir des combats de boxe entre les jeunes femmes ?) Le clown continue à jouer de la grosse caisse. Les jeunes gens rejoignent la file d'attente à l'entrée de l'exposition sur les maladies vénériennes.]
Il y a beaucoup de monde dans la salle où sont exposés des moulages montrant différents types de lésions syphilitiques à différents endroits du corps. Les jeunes gens sont impressionnés. Au bout de la salle, une conférence commence.
Première partie ː les morpions. Le conférencier montre une image de l'insecte sur une grande affiche. Gros plan qui suggère une vue au microscope. Le conférencier fait observer des morpions vivants à la loupe à l'étudiant déluré et indique comment s'en débarrasser.
Deuxième partie de la conférence ː la gale qui peut également se transmettre au cours de relations sexuelles. Le conférencier fait passer dans le public le moulage d'une main atteinte par la gale. Il dessine une main au tableau. Après un intertitre qui explique que l'acarien responsable de la gale creuse des tunnels dans la peau, plan rapide sur le dessin au tableau puis fondu enchainé sur une séquence d'animation montrant l'acarien femelle en train de creuser et de pondre des œufs. Dans le public, une jeune femme se rend compte qu'elle présente sur les mains des lésions caractéristiques de la gale. Il en est de même pour son compagnon.
Troisième partie ː le chancre mou. Plan très rapide et très serré sur un chancre au niveau du pénis puis sur un ganglion très enflé.
Quatrième partie ː la gonorrhée qui est présentée comme "beaucoup plus dangereuse". Le jeune homme déluré observe le microbe au microscope ː petites paires de "grains de café" parmi de grosses tâches de pus. Le conférencier semble alors placer alors une diapositive en verre dans une "lanterne magique" (07'50) mais ce sont des séquences animées qui suivent pour montrer la prolifération des gonocoques dans la muqueuse, l'évolution de l'inflammation et la production de pus.
Lorsque le conférencier annonce qu'il va expliquer ce qui se passe chez l'homme, deux spectatrices se tournent vers leur voisin d'un air légèrement narquois. Les regards se croisent puis se détournent. Le conférencier commence à dessiner au tableau mais tout de suite une coupe transversale du bassin masculin apparaît à l'écran. Une main dessine un cadre, le plan se resserre sur l'appareil uro-génital. L'objectif est de montrer que la maladie est facile à soigner lorsque les gonocoques ne sont pas allés plus loin que la partie antérieure de l'urètre. Plus tard, "les médicaments ne peuvent plus entrer aussi facilement". Les principaux organes sont montrés sur le schéma, ils peuvent tous être infectés "si cette maladie est négligée" (11ː04). L'animation montre la dissémination des gonocoques dans tout le système uro-génital. À (11ː42), on notera que le texte français de l'intertitre est extrêment lapidaire par rapport au texte français ("...denn hier entstehen in mikroskopisch feinen Kanälchen die männlichen Samenzellen, die sogennanten Spermatozoen."/ "...car ici nait le sperme.") Explication détaillée du mécanisme qui conduit à une stérilité si la gonorrhée n'est pas traitée. On notera ici une erreur de traduction puisque le terme allemand Zeugungsunfähigkeit (stérilité) est traduit par "impotence" sur l'intertitre (12ː27). Explication de la raison pour laquelle il ne faut pas interrompre le traitement ː même si l'écoulement de pus est arrêté, les gonocoques peuvent rester nichés dans les replis de la muqueuse. [Toujours sur le même schéma, Injection d'un médicament dans la verge.]
Enchainement sur la situation chez la femme sans qu'on revoie le conférencier. En revanche, lorsque l'intertitre annonce que la maladie est plus grave et que le traitement est plus difficile chez la femme, un plan montre un groupe de femmes exprimant un mouvement d'humeur. Le conférencier commence un dessin, sur un tableau cette fois. De nouveau, son dessin laisse très vite la place à la coupe transversale d'un bassin, féminin cette fois-ci. Une fois les premières précisions données sur la progression des gonocoques, un schéma frontal apparaît. Une main "enlève" la partie antérieure de la vessie et de l'utérus pour les montrer en coupe frontale et faire visualiser la progression des gonocoques dans l'utérus, les trompes de Fallope (appelées à tort "oviducte" dans le texte français de l'intertitre à (14ː53)) et les ovaires. Explication du processus qui conduit à la stérilité féminine en l'absence de traitement. Nouveau schéma ː une main dessine l'utérus et les ovaires sur une silhouette féminine vue de face. Plan plus serré mais sans explication supplémentaire. (revoir ce passage avec Adrien)
Plan sur le visage atterré du conférencier. L'intertitre suivant indique que la connaissance de ces dangers est le meilleur moyen de les éviter.
La conférence est terminée. Les deux jeunes gens sortent. Le plus déluré des deux essayent de négocier quelque chose (probablement une visite aux jeunes femmes du Boxing Ring). Son camarade plus sage manifeste son refus et semble lui répéter un message de prudence voire d'interdiction. Le plus déluré renonce à son projet. Ils sortent du pavillon l'air abattu. Deux jeunes femmes sont devant le Boxing Ring. Le jeune homme déluré essaie de convaincre son ami de les rejoindre mais ce dernier refuse. À la sortie de la foire, deux jeunes femmes s'accrochent aux bras des jeunes gens. [Ils se dégagent avec force. Les deux femmes éclatent d'un rire moqueur. Plans sur l'enseigne du Luna Park" et sur des danseuses en tutu qui saluent.] Contrairement à la version islandaise du film, la fin abrupte de cette version franco-allemande laisse placer un doute sur le devenir des jeunes gens ː sauront-ils résister à la tentation ? Prendront-ils le risque d'attraper une maladie vénérienne ? (17ː48)

Acte II ː La gonorrhée, bien plus grave qu'on ne voudrait le croire
Dans un café, une dizaine d'hommes attablés bavardent joyeusement et boivent. Seul l'un d'eux parait préoccupé. Le plus âgé de tous se lève, suivi par le jeune homme morose. Ils s'installent à une table à l'écart. Le jeune homme, abattu, explique qu'il est malade. Trois jours auparavant, il a passé la nuit avec une jeune femme rencontrée dans un dancing. L'homme plus âgé (le médecin, si l'on en croit l'intertitre-générique du début de cette partie) commence par repousser son verre et par lui enjoindre d'arrêter de boire de l'alcool. Il ajoute qu'en tant qu' étudiant en médecine, le jeune homme devrait savoir cela. Il le réconforte et lui demande de venir le voir à sa consultation le lendemain.
Le lendemain matin, dans le cabinet du médecin. L'étudiant veut encore espérer ː "Ça pourrait être une inflammation sans lien avec la gonorrhée ?" Le médecin reste évasif. Il faut d'abord qu'il examine la "préparation" (pas plus de détails sur ce dont il s'agit) au microscope avant de se prononcer. L'image au microscope fait écho au schéma qui a été montré dans l'acte I (conférence sur les maladies vénériennes) ː petits grains par deux au milieu de taches nettement plus grosses. Si l'on ajoute à cela la mine défaite du médecin lorsqu'il lève les yeux de son microscope, le spectateur comprend facilement que l'étudiant a attrapé la gonorrhée. Au cas où le spectateur aurait besoin malgré tout d'une confirmation, son alter ego à l'écran, l'étudiant, est invité à faire le constat lui-même. Une image différente et rectangulaire où les microbes sont pointés par une ombre noire enfonce le clou ː c'est vraiment la gonorrhée. Le médecin annonce que le traitement va durer au moins six semaines. Le jeune homme vient de changer de statut. D'étudiant en médecine, il est devenu Patient/malade (20ː36). Il est effondré. Il n'arrive pas croire que le traitement d'une "maladie d'enfant" (c'est-à-dire, probablement, une maladie sans gravité) dure aussi longtemps. Le médecin se fâche après cette "insouciance impardonnable" (sträfliche Leichtsinn (20ː52)) et exige que l'étudiant vienne le voir tous les jours pour son traitement (sur lequel le spectateur n'aura pas plus de précisions). Il l'emmène tout de suite dans la pièce où le traitement doit avoir lieu, à l'abri du regard du spectateur.
Quinze jours ont passés. L'écoulement s'est arrêté, on n'observe plus de gonocoques à l'examen microscopique. Cependant, l'étudiant n'est pas guéri. Le médecin pose sur une petite table une mallette contenant la maquette d'un bassin masculin dont on peut probablement détacher certains organes pour observer leur position les uns par rapport aux autres mais cette possibilité n'est pas utilisée car une animation se superpose presque immédiatement à cette image. Il s'agit d'expliquer que même s'ils ne sont plus détectables, des gonocoques peuvent subsister, notamment dans la prostate. Démonstration du massage de la prostate sur un modèle anatomique similaire à celui que le médecin a dans sa mallette pour évacuer les microbes restants. Pour être certain que l'étudiant comprenne bien que des dangers "subsistent" en lui et qu'il ne doit pas interrompre son traitement, le médecin lui demande de l'accompagner à la clinique. (22ː39)
La visite à la clinique
Dans une grande salle, deux rangées de lits se font face. L'un des patient (dont on ne voit pas le visage) a les mains bandées. Il présente un rhumatisme blennorragique, affection extrêmement douloureuse qui peut toucher toutes les articulations. Gros plan sur les visages douloureux de deux patients. Un autre est atteint de pyélite.
La théorie
Les deux hommes entrent dans un laboratoire. Un laborantin est en train de faire des observations au microscope. Il se lève avec déférence à l'entrée du médecin puis se rassoit sur un signe de ce dernier. L'étudiant a du mal à comprendre qu'une maladie qu'il croit inoffensive (harmlos) puisse entrainer des atteintes aussi importantes. Le médecin demande au laborantin de lui laisser sa place. Le spectateur s'attend à voir une nouvelle image au microscope mais c'est une maquette permettant de montrer le passage des gonocoques par les uretères jusqu'aux reins, qui apparait (24ː00).
Pour répondre à la question de l'étudiant sur le mécanisme de l'atteinte des articulations, le médecin lui montre une maquette dynamique du système cardio-vasculaire dans laquelle circule un liquide coloré figurant le sang. C'est lui qui transporte les gonocoques dans le corps tout entier. Accablé, l'étudiant regarde alors ses mains (et leurs articulations) qui semblent diffuser une étonnante lumière floue. Lorsqu'elle disparaît, l'étudiant paraît soulagé, peut-être parce qu'il vient de constater que ses articulations ne sont pas encore atteintes.
Tandis que le laborantin tire les rideaux, le médecin prend une plaque dans une armoire, peut-être un cliché radiographique, pour continuer son explication sur l'atteinte des articulations. L'étudiant lui avance poliment une chaise. La silhouette d'une jambe apparaît qui se transforme rapidement en coupe sagittale de l'articulation du genou. Le schéma s'anime. Le réseau artériel se superpose à l'image précédente. C'est par là qu'arrivent les gonocoques qui se massent au niveau du genou. Un œdème s'ensuit. Le médecin de dos se tourne vers l'étudiant d'un air sérieux comme pour insister sur la gravité de l'atteinte.
Sortis du laboratoire, les deux hommes en rencontrent un troisième, âgé, mince, bien mis mais à la démarché hésitante. Il a de la peine à monter l'escalier. À la question du médecin qui lui demande comment il va, l'homme se plaint de manquer d'air et d'avoir des problèmes cardiaques. D'ailleurs, quelques instants plus tard, il s'assied sur les marches, incapable d'aller plus loin. Il présente une insuffisance cardiaque grave qui est également une conséquence de la gonorrhée. L'étudiant qui a décidément la tête dure pense que le médecin veut juste lui faire peur et qu'il s'agit là d'un problème très rare. Le médecin lui reproche de ne penser qu'à lui-même et pas aux "pauvres femmes" (qu'il pourrait contaminer).
La visite du pavillon des femmes
Pour le médecin, c'est à cause de la légèreté et de l'insouciance des hommes que toutes ces femmes sont là. La salle est aménagée comme celle des hommes ː deux rangées de lit se font face. Plusieurs infirmières s'affairent auprès des patientes. Les deux hommes traversent la salle qui est toute en longueur mais ne s'attardent véritablement auprès de personne. C'est la séquence suivante qui explique ce qui leur est arrivé.
Dans la salle d'opération
Des infirmières sortent un plateau d'instruments d'un stérilisateur. Un chirurgien est en train de s'équiper avant une opération. Une patiente dans son lit est descendue par un grand ascenseur. [Gros plan sur son visage éperdu. Elle se soulève légèrement et tend les bras comme pour appeler au secours.] Le médecin et l'étudiant s'approchent d'elle. Le médecin pose une main rassurante sur son front. L'infirmière explique au médecin qu'elle doit être opérée le jour-même. La patiente s'agrippe au médecin. Elle exprime son désespoir ː elle ne pourra jamais avoir d'enfants. Les infirmières emmènent la femme en salle d'opération tandis que le médecin raconte à l'étudiant l'histoire "de cette malheureuse".
Flashback ː l'innocence bafouée par la légèreté d'un homme
Six mois plus tôt, une petite dizaine de personnes entourent un couple qui vient de marier. Gros plan sur le visage jeune et innocent de la mariée, encadré d'un voile d'une blancheur virginale. Elle porte une couronne de fleurs et ses yeux sont levés, pleins de confiance et d'espoir. Gros plan sur son mari, plus âgé, le regard fixe, l'air vaguement inquiétant. Tous se lèvent pour porter un toast. Quatorze jours plus tard, elle remarque à ses sous-vêtements qu'elle est malade. Elle pleure, penchée sur le bois de son lit. Mue par une fausse honte (c'est le passage qui donne son titre à l'ensemble du film), elle néglige de se faire soigner, jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Finalement, elle est emportée sur un brancard et "l'opération radicale est inévitable". On notera qu'aucun détail n'est donné concernant cette opération. Cet aspect purement médical n'a probablement aucune importance au regard de ce qui a déjà été annoncé quelques instants auparavant ː elle ne pourra jamais avoir d'enfants.
À la clinique ophtalmologique
Gros plan sur un nourrisson à qui on essuie les yeux pleins de pus. Il s'agit d'une ophtalmie gonococcique. L'étudiant est écœuré. Un carton attire l'attention du spectateur sur la douleur de la mère. Cette dernière est recroquevillée contre la porte, en pleurs. L'enfant risque de devenir aveugle. Plan sur un enfant plus grand, manifestement aveugle, assis sur les genoux de sa mère. La contamination s'est faite pendant l'accouchement. Le médecin ferme la porte sur eux, l'étudiant détourne le regard. De retour dans la salle d'examen ophtalmologique, l'étudiant s'approche d'une fille dont on est train de nettoyer les yeux suppurants. Il a un geste d'horreur et quitte la pièce à toute allure.
Le médecin exprime le souhait que ces différentes visites aient fait comprendre à l'étudiant la nécessité de suivre son traitement sérieusement et jusqu'à la guérison complète.
"Après un traitement long et énergique", l'étudiant est guéri. Il demande au médecin s'il existe des moyens de se prévenir contre la maladie. Réponse du médecin ː "Le plus sûr est l'abstinence. Mais tu peux acheter des préservatifs et des remèdes dans toutes les pharmacies." Pour répondre à la question de l'efficacité de ces mesures, le médecin parle des matelots qui, depuis 1900, doivent subir un examen médical et, le cas échéant, une "injection préventive" lorsqu'ils ont passé du temps à terre. Un graphique animé montre la baisse du nombre de cas (probablement en Allemagne) qui a suivi cette mesure. Lorsque cette prescription a été levée, en 1918, le nombre de cas est remonté en flèche. Lorsque la mesure a été réinstaurée en 1924, les cas ont recommencé à diminuer. [Seul le film en islandais montre cette diminution sur le graphique.] (34ː07)

Acte III ː La nourrice syphilitique
[Une jeune femme portant une coiffe et tenant un bébé dans ses bras arrange d'une main son chemisier. Elle vient manifestement d'allaiter l'enfant.] Elle pose le bébé sur une table au centre de la chambre et termine de réajuster ses vêtements. La mère de l'enfant entre dans la pièce en robe de chambre. Les deux femmes se penchent sur le petit avec un air attendri. La mère se demande depuis quand il a cet abcès (en réalité un chancre mais le mot n'est jamais utilisé dans ce passage concernant l'enfant). [Plan sur le visage du bébé qui a un abcès foncé sous la bouche.] La nourrice se veut rassurante et désinfecte la lésion mais la mère lui demande tout de même de faire venir le médecin qui habite à l'étage du dessous.
Arrivé dans la chambre de l'enfant, le médecin s'assied et le prend dans ses bras d'un air réjoui. Il examine son visage et relève la tête, consterné. À la mère qui lui demande si c'est sérieux, il répond en hochant la tête de haut en bas. Il redonne le bébé à la nourrice qui fait des yeux ronds. La mère se met à pleurer. Le médecin fait sortir la nourrice et annonce la vérité à la mère ː c'est la syphilis. Elle se retourne vers lui, horrifiée, puis quitte la pièce en courant. Elle est allée retrouver son mari dans le salon et s'effondre dans un fauteuil. Les deux parents rejoignent le médecin dans la chambre de l'enfant, le père se précipite vers le berceau puis vers le médecin. Ce dernier demande aux parents de se calmer. Il faut qu'il détermine qui a contaminé le bébé. Pour cela, il va commencer par examiner la nourrice. Les parents attendent au salon, la mère effondrée dans un fauteuil, le père faisant les 100 pas. [Le médecin rappelle la nourrice.] Elle relève sa manche. Son bras présente des rougeurs. Il lui demande comment elle a attrapé cela.
Flashback
Il y a quelques mois, la nourrice a rencontré un homme au parc où elle promenait le bébé dans son landau. On les voit s'embrasser sur un banc. Quelques jours plus tard, elle remarque des boutons sur le haut de sa poitrine et sur son bras. Sur les conseils d'une voisine, elle se fait "soigner" par un homme qui "en sait plus que tous les professeurs". Il a sur sa table une installation compliquée constituée d'une boîte d'où sortent une vingtaine de fils reliés à d'autres boîtes numérotées. En examinant quelques cheveux de la nourrice à la loupe, il détermine qu'elle relève du cas n°9. Il tire sur la ficelle correspondante, une case s'ouvre, laissant apparaître des flacons. Il faudra qu'elle prenne 10 gouttes de l'un le lundi et le jeudi ainsi que deux comprimés de l'autre chaque heure le mardi et le vendredi et enfin qu'elle boive une tisane trois fois par jour le mercredi et le samedi. Repos le dimanche (ǃ) La facture de cette "consultation" semble salée si l'on en croit l'expression du visage de la nourrice. [L'image de la facture passe trop vite pour qu'on puisse la lire.]

Ma jolie légende

Retour dans la chambre du bébé. Le médecin explique à la nourrice qu'elle a eu affaire à un charlatan. Il l'examine ː gros plan sur une éruption sur le haut de sa poitrine et de son dos.
Le médecin annonce aux parents que c'est la nourrice qui a contaminé le bébé. Il leur demande de le rejoindre tous les trois dans son cabinet pour des analyses de sang. Le père règle son solde à la nourrice et la congédie. Elle essaie d'implorer la mère du regard, sans succès.
Dans le cabinet du médecin
Le médecin est en train de faire une observation au microscope. Il s'agit de spirochètes. [Il prend des notes mais l'image de son calepin passe trop vite pour qu'on puisse lire ce qu'il écrit. En fait, ce sont des notes concernant le prélèvement qu'il a fait sur le nourrisson ː abcès, nombreux spirochètes, syphilis du 1er stade. Sans cette image, le spectateur a un peu de mal à savoir de quoi le médecin parle tout de suite dans les instants qui suivent.] Il reçoit les parents et la nourrice et leur explique qu'il a effectivement trouvé des spirochètes (sous-entendu dans le prélèvement fait sur l'abcès du bébé) mais qu'il espère qu'il n'y en a pas encore dans le sang. Il préconise de débuter immédiatement un traitement énergique. (On notera qu'il n'est plus question d'analyse de sang ǃ) Le père rassure sa femme d'un geste ; tous deux lancent un regard lourd de reproches à la nourrice restée en arrière.
Les parents demandent comment se fait la contamination. Le médecin leur dessine les différentes couches de la peau. Le dessin apparait dans un cercle, comme s'il s'agissait d'une observation au microscope. Il s'anime pour montrer l'entrée des spirochètes dans le corps par une toute petite blessure puis la formation d'un abcès. Image d'un visage de petit enfant avec un abcès à la bouche. C'est la lésion primaire (on notera la qualité exécrable de la traduction française à cet endroit ː la soi-disante affectation primaire (ǃ) (43ː54)
La dissémination des spirochètes dans le système lymphatique est visualisée sur le schéma des différentes couches de la peau et sur le dessin du visage de l'enfant dont on "enlève" la couche supérieure. Apparition des ganglions pour dissémination des spirochètes dans le sens par un nouvel aller-retour entre les deux types de schémas animés.
Le médecin explique aux parents la nécessité de faire un test de Wassermann. Il va en faire un à la nourrice qui exprime sa frayeur à la vue de la seringue de façon très théâtrale, en ouvrant de grands yeux et en s'agitant beaucoup sur sa chaise. Le médecin lui dit qu'elle ne sentira rien mais le père est obligée de la tenir. Gros plan sur le tube rempli de sang et muni d'une longue aiguille. Certainement pour le bénéfice du spectateur, le médecin demande à la nourrice s'il lui a fait pas mal. Elle fait non de la tête d'un air soulagé. Ensuite, le médecin explique qu'il va également faire un prélèvement sanguin à chacun des parents. Ceux-ci protestent mais il leur répond qu'il ne fait que son devoir.
De retour dans la chambre du bébé, la nourrice portant manteau et chapeau se penche sur le berceau d'un air de regret pour regarder le petit une dernière fois. L'armoire dont la porte est restée ouverte est vide. C'est probablement là qu'elle rangeait ses effets personnels. Ensuite, elle soulève une petite malle en osier et quitte l'appartement.
Dans l'escalier, elle rencontre le médecin. Voyant sa détresse, il lui propose de venir travailler comme servante dans sa clinique et lui promet de la soigner gratuitement.
À la clinique
Gros plan sur une laborantine qui dépose des gouttes de sang dans des tubes à essai (réaction de Wassermann). Plan large sur une grande salle. La laborantine travaille à une table placée à droite. Le médecin donne des ordres à différentes personnes qui installent des cloisons mobiles pour délimiter plusieurs espaces distincts. Des hommes entrent, le médecin les attend. S'ensuit une suite d'images illustrant différentes manifestations de la syphilis (probablement au fur et à mesure que le médecin examine les hommes qui viennent d'entrer) ː chancre de la lèvre, roséole, gomme, "paralysie".
La nourrice vient d'arriver, on lui indique une vitrine dont elle doit épousseter le contenu. Le défilé des lésions syphilitiques continue ː début du 2e stade, exanthème papuleux, 3e stade (ulcères et gommes en voie de cicatrisation). Pendant ce temps, la nourrice saisit et époussette des bocaux rectangulaires contenant des préparations humides ː reins sains/reins syphilitiques, os syphilitiques, enfant syphilitique mort-né, membres supérieurs et inférieurs d'un bébé syphilitique [, crane présentant des caries osseuses syphilitiques, crane avec carie osseuse guérie par un traitement au Salvarsan.] Le médecin lui jette un coup d’œil rapide en passant près d'elle.
Un groupe de patients très diminués guidés par des infirmiers et infirmières passe également devant elle. Elle a un mouvement de recul à plusieurs reprises puis finit par se sauver en emportant son seau. Dans la pièce où elle croit pouvoir se réfugier, une femme est en train d'examiner un bébé présentant des lésions syphilitiques aux mains et aux pieds. La nourrice court voir le médecin et se jette à ses pieds. Elle lui demande de la soigner, pour qu'elle ne devienne pas comme tous ces gens qu'elle a vus. Il la rassure et lui explique que ces personnes sont dans cet état parce qu'elles ont négligé leur maladie et qu'il fera tout son possible pour la guérir. Elle s'enquiert de l'enfant qu'elle a contaminé. Encore une fois, le médecin la rassure ː la maladie a été prise à temps, il guérira vite.
Un carton insiste sur le travail scientifique acharné et l'amour du prochain dont il faut faire preuve pour lutter contre le fléau qu'est la syphilis. S'ensuit divers plans sur le médecin qui, sans relâche, examine des patients. Une infirmière lui apporte un document. Ses efforts sont "couronnés de succès", six patients sont guéris et peuvent quitter la clinique. Le visage du médecin rayonne. Il annonce ː "Vous êtes guéris" à des messieurs qui lui serrent rapidement la main et s'en vont. [Les parents de l'enfant contaminé par sa nourrice sont à la clinique. Le médecin demande à la laborantine de lui apporter les tubes à essai correspondant au dernier test de Wassermann de l'enfant. Il les observe brièvement puis annonce aux parents que l'enfant est guéri. Les parents le remercient et s'embrassent. Il leur demande revenir dans quelques mois pour un dernier contrôle. (???) Sa mission accomplie, le médecin s'offre un cigare d'un air satisfait et réjoui. Fermeture à l'iris.]

(53ː30)

Supplementary notes

(français)
On notera que la traduction française des textes allemands est de mauvaise qualité ː les expressions sont calquées, il y a des fautes de grammaire et d'orthographe, des erreurs terminologiques, etc.

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Élisabeth Fuchs


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