Difference between revisions of "Falsche Scham"

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Ce film est la version islandaise du film allemand ''Falsche Scham - Vier Episoden aus dem Leben eines Arztes'' (Fausse honte - Quatre épisodes de la vie d'un médecin). La version suisse (avec cartons franco-allemands) du film est également disponible sur MedFilm : [[Fausse_honte_-_Falsche_Scham]]
 
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Acte II : Un étudiant en médecine a attrapé la gonorrhée lors d'une aventure d'un soir mais il ne prend pas la maladie très au sérieux. Son professeur lui fait faire le tour de sa clinique pour le convaincre de la gravité de la maladie.<br />
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Acte III : Une nourrice transmet la syphilis au bébé dont elle s'occupe. La famille qui l'emploie la renvoie. Elle est embauchée dans un clinique de vénérologie où le spectacle des patients au stade tertiaire de la maladie la convainc de se faire soigner.<br />
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Acte IV : Un couple de paysans âgés est atteint de la syphilis. L'homme ne peut plus travailler, la femme a des accès de folie furieuse. Obligés de vendre leur maison, il termine sa vie à l'hospice et elle, à l'asile psychiatrique.<br />
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Acte V : Obligée de chercher du travail à la grande ville, la nièce du couple précédent, rencontre un jeune homme qui lui donne la syphilis. Elle accepte de se faire soigner mais lui trouve le traitement trop long et l'abstinence trop difficile. Après quelques péripéties, ils finissent par se marier et par avoir un fils dont le médecin est le parrain.
 
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L'Islande est sous la domination du Danemark de 1536 à 1918. Entre 1918 et 1944, c'est un pays indépendant en "union personnelle" avec le roi du Danemark (les Danois conservent la gestion des affaires internationales de l'Islande, notamment la protection des eaux territoriales.) La République d'Islande est fondée le 17 juin 1944.<br />
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'''Contexte cinématographique :'''<br />
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Le film islandais le plus ancien à avoir été conservé est un documentaire de 3 minutes tournée par le Danois Alfred Lind. <br />
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Le cinéma islandais prend forme sous l'impulsion des productions danoise, en commençant par l'arrivée de la compagnie [https://fr.wikipedia.org/wiki/Nordisk_Film Nordisk Film] de Copenhague en 1919 pour un long-métrage intitulé ''L'Histoire de la famille Borg''.<br />
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Pendant toute la période de tutelle danoise, les réalisateurs insulaires restent dans l'ombre des cinéastes danois et étrangers, bien mieux équipés techniquement et financièrement.<br />
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'''Contexte médico-sanitaire :'''<br />
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Le médecin qui a traduit les intertitres d'allemand en islandais, le professeur Gunnlaugur Claessen, est le pionnier de la radiologie en Islande.<br />
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Gunnlaugur Claessen nait le 3 décembre 1881 dans le nord de l'Islande. Il s'inscrit comme étudiant à Reykjavík en 1901 et étudie la médecine à l'université de Copenhague jusqu'en 1910. Il suit une formation en radiologie à Copenhague et à Stockholm. Il passe son doctorat en médecine au ''Karolinska Institutet ''de Stockholm en 1928. Il fait de nombreux voyages d'étude en Angleterre, Allemagne, France et Suède pour approfondir sa formation en radiologie et se tenir au courant des évolutions de cette discipline.<br />
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À partir de 1913, il travaille comme médecin généraliste à Reykjavík. En janvier 1914, il est nommé directeur du nouvel institut Roentgen universitaire de Reykjavík qu'il a contribué à fonder. L'institut occupe les trois pièces d'une petite maison au centre de Reykjavík qui compte alors 13 800 habitants. À cette époque, l'approvisionnement en électricité n'est pas très stable en Islande. L'électricité nécessaire à l'institut est générée dans l'atelier d'un charpentier tout proche. Le Professeur Claessen est parfois obligé de téléphoner aux charpentiers pour leur demander d'éteindre leurs machines, le temps qu'il termine un examen qui demande exceptionnellement plus de puissance !<br />
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En 1930, il est nommé chef du service de radiologie de l'hôpital universitaire de Reykjavik qui vient d'ouvrir. Il commence également à donner des cours de radiologie à l'université d'Islande. <br />
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Claessen publie des articles sur des sujets en lien avec la radiologie dans des publications spécialisés islandaises et internationales, notamment sur le radiodiagnostic et les différents types de radiothérapie. <br />
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Il recommande l'utilisation de la radiographie pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire et indique que les examens radiologiques de masse marquent l'ouverture d'une nouvelle ère dans le domaine de l'hygiène sociale dans la lutte contre la tuberculose. Il participe d'ailleurs activement à l’organisation des campagnes islandaises contre la tuberculose et le cancer.<br />
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L'ouvrage qui contribue le plus à la renommée international de Claussen  est ''Diagnostic Radiology for Practitioners and Students'' publié en danois en 1940 et réédité en 1946. L'ouvrage est abondamment illustré et témoigne des excellentes qualités techniques du département de radiologie de l'hôpital universitaire de Reykjavík. Il réussit à terminer la traduction en anglais de son ouvrage en y ajoutant des compléments et mises à jour peu de temps avant sa mort. <br />
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Dans la période 1915-1935, il fait le diagnostic, traite et assure le suivi de 152 cas de favus (teigne du cuir chevelu), ce qui aboutit à la quasi-éradication de cette pathologie dans le pays.<br />
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Il fonde et préside la Croix-rouge islandaise pendant de nombreuses années. Il préside l'association des médecins islandais et il est le rédacteur de la revue de l'association de 1923 à 1930. Entre 1920 et 1926, il fait également partie du conseil municipal de Reykjavík. À ce poste, il fait passer un arrêté interdisant d'avoir un chien en ville, ce qui, outre son action thérapeutique dans ce domaine, permet de débarrasser le pays de l'hydatidose (parasitose le plus souvent hépatique ou pulmonaire provoquée par les formes larvaires d'''Echinococcus granulosus''), car les chien sont les hôtes des formes adultes de ce parasite.<br />
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Entre 1914 et 1920 puis de nouveau entre 1923 et 1926, Claessen donne des cours de physiologie à l'université de Reykjavik.<br />
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Il s’intéresse beaucoup à l'introduction de la crémation en Islande. En 1934, il fonde la société islandaise de crémation qu'il préside jusqu'à sa mort. <br />
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Il publie également des articles sur l'alimentation, la recherche sur les vitamines, l'allaitement, la santé dentaire, la vie et l’œuvre de Joseph Lister, etc., à la fois dans des revues spécialisées et dans des magazines et des journaux grand public.<br />
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Parlant couramment le danois, le suédois, l'anglais, l'allemand et le français, il traduit quelques ouvrages médicaux en islandais à partir de 1941, lorsque de graves crises d'asthme l'empêchent de travailler pendant de longues périodes. Il avait déjà traduit les sous-titres du film allemand ''Falsche Scham'' au milieu des années 1920. <br />
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Gunnlaugur Claessen meurt le 23 juillet 1948 des suites d'une pneumonie aiguë.<br />
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'''Concernant le film ''Falsche Scham'':'''<br />
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''Falsche Scham'' est l'un des premiers films de prévention des maladies vénériennes à présenter une structure fictionnelle dramatique dans laquelle sont insérées des séquences d'information scientifique et médicale (Auparavant, il y avait eu tout de même [[The_end_of_the_road]] en 1918 aux États-Unis.). À ce titre, il marque un tournant dans l'histoire de ce genre cinématographique. Dans les années qui suivent, d'autres films reprennent cette structure. Exemples : [[Il était une fois trois amis]] (1929) et [[Feind im Blut]] (1931). <br />
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C'est aussi le premier film de ce type à avoir un tel succès international.<br />
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Le film allemand est accompagné d'un livre de plus de 200 pages écrit par [[Curt_Thomalla]] et présenté comme le manuscrit du film. Dans la préface écrite par le Prof. Adam, secrétaire général de l’Office d’Instruction hygiénique populaire du ''Reich'', la nécessité de la publication de cet ouvrage est expliquée de la façon suivante :<br />
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« Je n’ai qu’une crainte concernant ce film, comme tous les autres : c’est que les impressions qu’il suscite n’aient pas un effet durable. Je vous suggère donc la chose suivante. À partir des nombreuses et excellentes images de ce film, on doit pouvoir produire un atlas particulièrement frappant et exhaustif des maladies vénériennes. C’est précisément la forme si accessible et populaire des images cinématographiques qui donnerait toute sa valeur à un livre de ce genre sur les maladies vénériennes. » (''„Nur eine Befürchtung habe ich bei diesem wie bei jedem Film: daß nämlich die Eindrücke nicht nachhaltig und lange genug wirken. Ich gebe ihnen folgender Anregung. Aus den zahlreichen vorzüglichen Bildern läßt sich doch zweifellos ein ungeheuer eindrucksvoller und das ganze Gebiet erschöpfender Bilderatlas über das Thema der Geschlechtskrankheiten herstellen. Gerade die so ungemein leichtfassliche und populäre Gestaltung der Filmbilder wäre auch für ein solches Volksbuch über die Geschlechtskrankheiten von gewaltigem Wert.ˮ'') <br />
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Ce livre est beaucoup plus détaillé que le film. Il apporte de nombreux éléments de contexte sur les personnages, insiste beaucoup sur leurs émotions et parle également des scientifiques qui ont découvert les agents infectieux de la gonorrhée et de la syphilis ainsi que du traitement. <br />
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Dans la première partie, le médecin le plus expérimenté fait à son jeune collègue sur le point de démarrer sa conférence un plaidoyer pour ce mode d'information que l'on peut peut-être prendre également pour un plaidoyer déguisé pour le medium filmique :<br />
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"C'est une bonne chose que de faire une visite, cher confrère, mais il me semble que la plupart des gens ne sont entrés ici que parce qu'ils sont attirés par le sensationnel. Votre conférence va devoir secouer chacune des personnes ici présentes pour les tirer de leur indifférence. Regardez-les se comporter comme s'il n'y avait rien de plus ordinaire que ce que nous montrons ici. Aucun d'entre eux ne se doute que l'image des terribles souffrances qu'il a sous les yeux renvoie à une tragédie humaine qu'aucun roman de mœurs, ni aucun roman policier ne pourrait présenter de façon plus bouleversante." (''„Der Besuch ist gut, Herr Kollege, aber es scheint mir, dass die meisten Leute nur hereingekommen sind, weil sie hier eine besondere Sensation wittern. Ihre Sache wird es sein, mit ihrem Vortrag jeden einzigen aus seiner Gleichgültigkeit auszurütteln. Sehen Sie nur, wie sie alle tun, als wären es die alltäglichsten Dinge von der Welt, die wir ihnen hier zeigen. Nicht einer ahnt, daß das Abbild der furchtbaren Leiden, die er vor sich sieht, gleichzeitig die Geschichte einer menschlichen Tragödie ist, wie sie kein Sitten- oder Kriminalroman erschütternder Darstellen könnte !ˮ'')
 
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|Texte=Le message principal du film est que l'information et la connaissance permettent d'éviter les maladies sexuelles mais il faut noter que cette information et cette connaissance reposent en très grande partie sur la peur : peur des lésions mises en évidence sur les céroplasties, peur des terribles conséquences de la maladie (folie, cécité, enfants malformés ou morts-nés, etc.) Cependant, la peur n'est pas la seule émotion que le film veut susciter chez le spectateur. Il y a également le soulagement et la satisfaction d'apprendre que le bébé malade pourra guérir et que tout finit bien pour Anna et Charles, la colère par rapport au comportement de l'homme qui contamine sa jeune épouse, etc.
 
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|Texte=Dans ce film, le médecin est un personnage profondément humain dont les diverses émotions se lisent sur son visage et dans ses gestes. Chaque fois qu'il tient un bébé dans ses bras, on le voit réjoui et attendri. Il en est de même lorsqu'il reçoit la lettre qui lui annonce la naissance de l'enfant d'Anna et Charles. Il catastrophé quand il découvre que l'enfant a la syphilis, furieux devant la légèreté de l'étudiant qui ne comprend pas la gravité de sa maladie, rempli de compassion pour la femme qui va se faire opérer ou la mère de l'enfant risque de rester aveugle et pour ses patients qui souffrent en général, roué lorsqu'il décide de cacher la vérité à Charles et de jouer sur sa peur de la syphilis pour lui faire reprendre son traitement, dévoué lorsqu'il examine de nombreux patients à la suite, etc.
 
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|Texte=D'après le site imdb.com, première diffusion à Berlin le 15 mars 1926, au Danemark le 31 juillet 1926 et en Finlande le 21 mars 1927.<br />
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À l'initiative de la ''Deutsche Gesellschaft der Bekämpfung der Geschlechtskrankheiten'' (Societé allemande de lutte contre les maladies vénériennes), le film est projeté dans de nombreuses villes allemandes au début de la ''Reichsgesundheitswoche'' (Semaine de la santé du ''Reich''), en même que le film ''Dürfen wir schweigen?''. D'après la revue ''Der Kinematograph'' du 9 mai 1926, ''Falsche Scham'' établit un record pour un ''Kulturfilm'' puisqu'il est complet pendant plus de sept semaines à Berlin, qu'au début de mai 1926, il en est déjà à sa centième projection et qu'il a tout autant de succès à Francfort-sur-le-Main, Düsseldorf, Munich, Leipzig, Hambourg, Breslau, Stuttgart et Dresde.<br />
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En même temps, le film rencontre un grand succès en France, aux États-Unis, au Canada, au Danemark, en Islande, en Angleterre, en Autriche, en Suisse en Slovénie et au Brésil.<br />
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En 1927, lorsque Frederic Wynne-Jones, directeur la succursale de l'UFA aux États-Unis, prévoit la diffusion de ''Falsche Scham'', Wilton A. Barrett, le secrétaire exécutif du ''National Board of Review of Motion Pictures'', demande au ''Surgeon General'', Hugh S. Cummings, son avis sur le film. Ce dernier visionne le film avec quelques collègues et émet un certain nombre de critiques :
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- Le titre, ''False Shame'', est inadéquat car il ne correspond qu'à quelques scènes du film ;<br />
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- Le film peut faire croire à tort que la gale est une maladie sexuellement transmissible ;<br />
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- La préconisation de moyens prophylactiques chimiques disponibles dans n'importe quelle pharmacie prête à confusion ; <br />
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- La meilleure prophylaxie, à savoir s'abstenir de toutes relations sexuelles hors mariage, n'est pas mentionnée ;<br />
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- La promesse d'une guérison totale si la maladie est prise à ses débuts est trop optimiste et ne correspond pas aux constatations scientifiques ;<br />
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- Les intertitres comprennent quelques erreurs de traduction.<br />
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Quelques jours plus tard, Cummings transmet l'observation d'un autre de ses collègues qui trouve le film intéressant pour des gens éduqués mais pense qu'il n'est pas accessible aux personnes peu éduquées qui sont la véritable cible à atteindre.
 
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|Texte=En carton au générique : « Un film de maladie et de guérison ».
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'''Préambule : l'arrivée à la fête foraine'''
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Deux jeunes gens – des lycéens- de sortie dans une fête foraine. Ils s’apprêtent à assister à un numéro de cabaret (introduit par la projection d’un film sur un écran disposé au milieu de la scène, montrant curieusement deux boxeurs combattant sur une plage), quand un inconnu les aborde pour les enjoindre d'aller découvrir l’animation présentée de l’autre côté de l’allée.
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'''La conférence anti-vénérienne'''
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Il s’agit d’une exposition-conférence de prévention contre la syphilis. Dans la salle, des panneaux montrent en moulage des parties de corps mutilées par la maladie. Dans une pièce attenante, un scientifique expose les dangers des maladies vénériennes et les mesures à prendre pour y faire face. « Une maladie extrêmement désagréable est le chancre mou… » dit-il d’un air las. « Bien plus dangereuse est la gonorrhée » continue t-il le regard lourd. Les deux jeunes hommes sont invités à se pencher sur un microscope pour examiner les germes qui en sont responsables. Une image microcinématographique montre des formes annulaires vibrionnantes, puis des lignes noires, ondulantes, qui se mettent à blanchir : c’est la maladie qui progresse. Le conférencier se tourne vers une planche accrochée au mur montrant un sexe masculin. Dans l’assistance, en contre – champ, une jeune femme étouffe un fou rire en regardant son voisin. « Tous ces organes peuvent être infectés si la maladie est négligée. L’infection des testicules est surtout funeste… » Schéma animé montrant des traits noirs épais, ondulés, sur lesquels courent de petites formes blanches – les spermatozoïdes. « Le sperme ne peut plus sortir. Le résultat est l’impotence. » Le médecin dessine les organes génitaux du sexe féminin. « Chez la femme, la maladie est encore plus grave. Le traitement est encore plus difficile et les suites sont encore plus terribles… » En schéma animé, progression de l’infection. « Le gonflement blennhoragique barre le chemin que l’œuf doit prendre. La femme devient stérile. L’extension de la muqueuse chez la femme rend la guérison très difficile. »
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'''La leçon'''
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Le visage du conférencier prend une expression tragique. « Mesdames et messieurs ! Le meilleur moyen pour éviter ces dangers est de les connaître. » La conférence est finie. L’assemblée des spectateurs se dissout. Les deux jeunes gens se regardent avec consternation : ils n’ont plus goût à rire.
 
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|Texte="ESR initiatives highly valued in Iceland", ECR Today 2014 (March 8, 2014), p. 14.<br />
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Cantor, David, "Choosing to live: Cancer Education, Movies, and the Conversion Narrative in America, 1921-1960", ''Litterature and Medicine 28'', no.2 (Fall 2009), pp.278-332.<br />
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Forssel Gösta, "In Memoriam", ''Acta Radiologica'' (1949), 31:3, pp. 185-192. <br />
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Laukötter, Anja, Sex-richtigǃ Körperpolitik und Gefühlserziehung im Kino des 20. Jahrhunderts, Göttingen, Wallstein Verlag, 2021.<br />
 
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Latest revision as of 09:38, 17 June 2022

 

Falsche Scham


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Title Falsche Scham
Year of production 1926
Country of production Allemagne
Director(s) Rudolf Biebrach
Scientific advisor(s) Curt Thomalla
Nicholas Kaufmann
Actor(s) Willy Kroshky
Werner Padlowsky
Arthur Kronburger
Rudolf Biebrach
Olaf Storm
Niuta Helling
Karin Soedenborg
Richard Wirth
Erra Bognar
Ulrich Bettac
Frida Richard
Eric Cordell
Duration 103 minutes
Format Muet - Noir et blanc - 35 mm
Original language(s) German
Translated Icelandic
Subtitles and transcription French
Production companies Universum Film AG Kulturabteilung
Commissioning body Conseil scientifique : Société allemande pour combattre les maladies sexuelles
Archive holder(s) Bundesarchiv

Main credits

(Deutsch)
Drehbuch: Nicholas Kaufmann, Curt Thomalla


Die Rechte wurden freundlicherweise zur Verfügung gestellt von der Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung, Wiesbaden.


(français)
Film diffusé avec l'aimable autorisation de la Friedrich-Wilhelm-Murnau Stiftung, Wiesbaden.


Ce film est la version islandaise du film allemand Falsche Scham - Vier Episoden aus dem Leben eines Arztes (Fausse honte - Quatre épisodes de la vie d'un médecin). La version suisse (avec cartons franco-allemands) du film est également disponible sur MedFilm : Fausse_honte_-_Falsche_Scham

Content

Theme

(français)
Prévention des maladies sexuellement transmissibles orientée vers les personnes modestes et peu éduquées.

Main genre

Fiction

Synopsis

(français)
Acte I : Dans l'enceinte d'une foire, deux lycéens assistent à une conférence sur les maladies vénériennes.

Acte II : Un étudiant en médecine a attrapé la gonorrhée lors d'une aventure d'un soir mais il ne prend pas la maladie très au sérieux. Son professeur lui fait faire le tour de sa clinique pour le convaincre de la gravité de la maladie.
Acte III : Une nourrice transmet la syphilis au bébé dont elle s'occupe. La famille qui l'emploie la renvoie. Elle est embauchée dans un clinique de vénérologie où le spectacle des patients au stade tertiaire de la maladie la convainc de se faire soigner.
Acte IV : Un couple de paysans âgés est atteint de la syphilis. L'homme ne peut plus travailler, la femme a des accès de folie furieuse. Obligés de vendre leur maison, il termine sa vie à l'hospice et elle, à l'asile psychiatrique.

Acte V : Obligée de chercher du travail à la grande ville, la nièce du couple précédent, rencontre un jeune homme qui lui donne la syphilis. Elle accepte de se faire soigner mais lui trouve le traitement trop long et l'abstinence trop difficile. Après quelques péripéties, ils finissent par se marier et par avoir un fils dont le médecin est le parrain.

Context

(français)
Contexte historique :

L'Islande est sous la domination du Danemark de 1536 à 1918. Entre 1918 et 1944, c'est un pays indépendant en "union personnelle" avec le roi du Danemark (les Danois conservent la gestion des affaires internationales de l'Islande, notamment la protection des eaux territoriales.) La République d'Islande est fondée le 17 juin 1944.

Contexte cinématographique :
Le film islandais le plus ancien à avoir été conservé est un documentaire de 3 minutes tournée par le Danois Alfred Lind.
Le cinéma islandais prend forme sous l'impulsion des productions danoise, en commençant par l'arrivée de la compagnie Nordisk Film de Copenhague en 1919 pour un long-métrage intitulé L'Histoire de la famille Borg.
Pendant toute la période de tutelle danoise, les réalisateurs insulaires restent dans l'ombre des cinéastes danois et étrangers, bien mieux équipés techniquement et financièrement.

Contexte médico-sanitaire :
Le médecin qui a traduit les intertitres d'allemand en islandais, le professeur Gunnlaugur Claessen, est le pionnier de la radiologie en Islande.
Gunnlaugur Claessen nait le 3 décembre 1881 dans le nord de l'Islande. Il s'inscrit comme étudiant à Reykjavík en 1901 et étudie la médecine à l'université de Copenhague jusqu'en 1910. Il suit une formation en radiologie à Copenhague et à Stockholm. Il passe son doctorat en médecine au Karolinska Institutet de Stockholm en 1928. Il fait de nombreux voyages d'étude en Angleterre, Allemagne, France et Suède pour approfondir sa formation en radiologie et se tenir au courant des évolutions de cette discipline.
À partir de 1913, il travaille comme médecin généraliste à Reykjavík. En janvier 1914, il est nommé directeur du nouvel institut Roentgen universitaire de Reykjavík qu'il a contribué à fonder. L'institut occupe les trois pièces d'une petite maison au centre de Reykjavík qui compte alors 13 800 habitants. À cette époque, l'approvisionnement en électricité n'est pas très stable en Islande. L'électricité nécessaire à l'institut est générée dans l'atelier d'un charpentier tout proche. Le Professeur Claessen est parfois obligé de téléphoner aux charpentiers pour leur demander d'éteindre leurs machines, le temps qu'il termine un examen qui demande exceptionnellement plus de puissance !
En 1930, il est nommé chef du service de radiologie de l'hôpital universitaire de Reykjavik qui vient d'ouvrir. Il commence également à donner des cours de radiologie à l'université d'Islande.
Claessen publie des articles sur des sujets en lien avec la radiologie dans des publications spécialisés islandaises et internationales, notamment sur le radiodiagnostic et les différents types de radiothérapie.
Il recommande l'utilisation de la radiographie pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire et indique que les examens radiologiques de masse marquent l'ouverture d'une nouvelle ère dans le domaine de l'hygiène sociale dans la lutte contre la tuberculose. Il participe d'ailleurs activement à l’organisation des campagnes islandaises contre la tuberculose et le cancer.
L'ouvrage qui contribue le plus à la renommée international de Claussen est Diagnostic Radiology for Practitioners and Students publié en danois en 1940 et réédité en 1946. L'ouvrage est abondamment illustré et témoigne des excellentes qualités techniques du département de radiologie de l'hôpital universitaire de Reykjavík. Il réussit à terminer la traduction en anglais de son ouvrage en y ajoutant des compléments et mises à jour peu de temps avant sa mort.
Dans la période 1915-1935, il fait le diagnostic, traite et assure le suivi de 152 cas de favus (teigne du cuir chevelu), ce qui aboutit à la quasi-éradication de cette pathologie dans le pays.
Il fonde et préside la Croix-rouge islandaise pendant de nombreuses années. Il préside l'association des médecins islandais et il est le rédacteur de la revue de l'association de 1923 à 1930. Entre 1920 et 1926, il fait également partie du conseil municipal de Reykjavík. À ce poste, il fait passer un arrêté interdisant d'avoir un chien en ville, ce qui, outre son action thérapeutique dans ce domaine, permet de débarrasser le pays de l'hydatidose (parasitose le plus souvent hépatique ou pulmonaire provoquée par les formes larvaires d'Echinococcus granulosus), car les chien sont les hôtes des formes adultes de ce parasite.
Entre 1914 et 1920 puis de nouveau entre 1923 et 1926, Claessen donne des cours de physiologie à l'université de Reykjavik.
Il s’intéresse beaucoup à l'introduction de la crémation en Islande. En 1934, il fonde la société islandaise de crémation qu'il préside jusqu'à sa mort.
Il publie également des articles sur l'alimentation, la recherche sur les vitamines, l'allaitement, la santé dentaire, la vie et l’œuvre de Joseph Lister, etc., à la fois dans des revues spécialisées et dans des magazines et des journaux grand public.
Parlant couramment le danois, le suédois, l'anglais, l'allemand et le français, il traduit quelques ouvrages médicaux en islandais à partir de 1941, lorsque de graves crises d'asthme l'empêchent de travailler pendant de longues périodes. Il avait déjà traduit les sous-titres du film allemand Falsche Scham au milieu des années 1920.
Gunnlaugur Claessen meurt le 23 juillet 1948 des suites d'une pneumonie aiguë.

Concernant le film Falsche Scham:
Falsche Scham est l'un des premiers films de prévention des maladies vénériennes à présenter une structure fictionnelle dramatique dans laquelle sont insérées des séquences d'information scientifique et médicale (Auparavant, il y avait eu tout de même The_end_of_the_road en 1918 aux États-Unis.). À ce titre, il marque un tournant dans l'histoire de ce genre cinématographique. Dans les années qui suivent, d'autres films reprennent cette structure. Exemples : Il était une fois trois amis (1929) et Feind im Blut (1931).
C'est aussi le premier film de ce type à avoir un tel succès international.

Le film allemand est accompagné d'un livre de plus de 200 pages écrit par Curt_Thomalla et présenté comme le manuscrit du film. Dans la préface écrite par le Prof. Adam, secrétaire général de l’Office d’Instruction hygiénique populaire du Reich, la nécessité de la publication de cet ouvrage est expliquée de la façon suivante :
« Je n’ai qu’une crainte concernant ce film, comme tous les autres : c’est que les impressions qu’il suscite n’aient pas un effet durable. Je vous suggère donc la chose suivante. À partir des nombreuses et excellentes images de ce film, on doit pouvoir produire un atlas particulièrement frappant et exhaustif des maladies vénériennes. C’est précisément la forme si accessible et populaire des images cinématographiques qui donnerait toute sa valeur à un livre de ce genre sur les maladies vénériennes. » („Nur eine Befürchtung habe ich bei diesem wie bei jedem Film: daß nämlich die Eindrücke nicht nachhaltig und lange genug wirken. Ich gebe ihnen folgender Anregung. Aus den zahlreichen vorzüglichen Bildern läßt sich doch zweifellos ein ungeheuer eindrucksvoller und das ganze Gebiet erschöpfender Bilderatlas über das Thema der Geschlechtskrankheiten herstellen. Gerade die so ungemein leichtfassliche und populäre Gestaltung der Filmbilder wäre auch für ein solches Volksbuch über die Geschlechtskrankheiten von gewaltigem Wert.ˮ)
Ce livre est beaucoup plus détaillé que le film. Il apporte de nombreux éléments de contexte sur les personnages, insiste beaucoup sur leurs émotions et parle également des scientifiques qui ont découvert les agents infectieux de la gonorrhée et de la syphilis ainsi que du traitement.
Dans la première partie, le médecin le plus expérimenté fait à son jeune collègue sur le point de démarrer sa conférence un plaidoyer pour ce mode d'information que l'on peut peut-être prendre également pour un plaidoyer déguisé pour le medium filmique :

"C'est une bonne chose que de faire une visite, cher confrère, mais il me semble que la plupart des gens ne sont entrés ici que parce qu'ils sont attirés par le sensationnel. Votre conférence va devoir secouer chacune des personnes ici présentes pour les tirer de leur indifférence. Regardez-les se comporter comme s'il n'y avait rien de plus ordinaire que ce que nous montrons ici. Aucun d'entre eux ne se doute que l'image des terribles souffrances qu'il a sous les yeux renvoie à une tragédie humaine qu'aucun roman de mœurs, ni aucun roman policier ne pourrait présenter de façon plus bouleversante." („Der Besuch ist gut, Herr Kollege, aber es scheint mir, dass die meisten Leute nur hereingekommen sind, weil sie hier eine besondere Sensation wittern. Ihre Sache wird es sein, mit ihrem Vortrag jeden einzigen aus seiner Gleichgültigkeit auszurütteln. Sehen Sie nur, wie sie alle tun, als wären es die alltäglichsten Dinge von der Welt, die wir ihnen hier zeigen. Nicht einer ahnt, daß das Abbild der furchtbaren Leiden, die er vor sich sieht, gleichzeitig die Geschichte einer menschlichen Tragödie ist, wie sie kein Sitten- oder Kriminalroman erschütternder Darstellen könnte !ˮ)

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : Yes.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : No.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Le message principal du film est que l'information et la connaissance permettent d'éviter les maladies sexuelles mais il faut noter que cette information et cette connaissance reposent en très grande partie sur la peur : peur des lésions mises en évidence sur les céroplasties, peur des terribles conséquences de la maladie (folie, cécité, enfants malformés ou morts-nés, etc.) Cependant, la peur n'est pas la seule émotion que le film veut susciter chez le spectateur. Il y a également le soulagement et la satisfaction d'apprendre que le bébé malade pourra guérir et que tout finit bien pour Anna et Charles, la colère par rapport au comportement de l'homme qui contamine sa jeune épouse, etc.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Dans ce film, le médecin est un personnage profondément humain dont les diverses émotions se lisent sur son visage et dans ses gestes. Chaque fois qu'il tient un bébé dans ses bras, on le voit réjoui et attendri. Il en est de même lorsqu'il reçoit la lettre qui lui annonce la naissance de l'enfant d'Anna et Charles. Il catastrophé quand il découvre que l'enfant a la syphilis, furieux devant la légèreté de l'étudiant qui ne comprend pas la gravité de sa maladie, rempli de compassion pour la femme qui va se faire opérer ou la mère de l'enfant risque de rester aveugle et pour ses patients qui souffrent en général, roué lorsqu'il décide de cacher la vérité à Charles et de jouer sur sa peur de la syphilis pour lui faire reprendre son traitement, dévoué lorsqu'il examine de nombreux patients à la suite, etc.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
D'après le site imdb.com, première diffusion à Berlin le 15 mars 1926, au Danemark le 31 juillet 1926 et en Finlande le 21 mars 1927.


À l'initiative de la Deutsche Gesellschaft der Bekämpfung der Geschlechtskrankheiten (Societé allemande de lutte contre les maladies vénériennes), le film est projeté dans de nombreuses villes allemandes au début de la Reichsgesundheitswoche (Semaine de la santé du Reich), en même que le film Dürfen wir schweigen?. D'après la revue Der Kinematograph du 9 mai 1926, Falsche Scham établit un record pour un Kulturfilm puisqu'il est complet pendant plus de sept semaines à Berlin, qu'au début de mai 1926, il en est déjà à sa centième projection et qu'il a tout autant de succès à Francfort-sur-le-Main, Düsseldorf, Munich, Leipzig, Hambourg, Breslau, Stuttgart et Dresde.
En même temps, le film rencontre un grand succès en France, aux États-Unis, au Canada, au Danemark, en Islande, en Angleterre, en Autriche, en Suisse en Slovénie et au Brésil.

En 1927, lorsque Frederic Wynne-Jones, directeur la succursale de l'UFA aux États-Unis, prévoit la diffusion de Falsche Scham, Wilton A. Barrett, le secrétaire exécutif du National Board of Review of Motion Pictures, demande au Surgeon General, Hugh S. Cummings, son avis sur le film. Ce dernier visionne le film avec quelques collègues et émet un certain nombre de critiques : - Le titre, False Shame, est inadéquat car il ne correspond qu'à quelques scènes du film ;
- Le film peut faire croire à tort que la gale est une maladie sexuellement transmissible ;
- La préconisation de moyens prophylactiques chimiques disponibles dans n'importe quelle pharmacie prête à confusion ;
- La meilleure prophylaxie, à savoir s'abstenir de toutes relations sexuelles hors mariage, n'est pas mentionnée ;
- La promesse d'une guérison totale si la maladie est prise à ses débuts est trop optimiste et ne correspond pas aux constatations scientifiques ;
- Les intertitres comprennent quelques erreurs de traduction.

Quelques jours plus tard, Cummings transmet l'observation d'un autre de ses collègues qui trouve le film intéressant pour des gens éduqués mais pense qu'il n'est pas accessible aux personnes peu éduquées qui sont la véritable cible à atteindre.

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Grand public.

Local, national, or international audience

International

Description

(français)
En carton au générique : « Un film de maladie et de guérison ».

Préambule : l'arrivée à la fête foraine

Deux jeunes gens – des lycéens- de sortie dans une fête foraine. Ils s’apprêtent à assister à un numéro de cabaret (introduit par la projection d’un film sur un écran disposé au milieu de la scène, montrant curieusement deux boxeurs combattant sur une plage), quand un inconnu les aborde pour les enjoindre d'aller découvrir l’animation présentée de l’autre côté de l’allée.

La conférence anti-vénérienne

Il s’agit d’une exposition-conférence de prévention contre la syphilis. Dans la salle, des panneaux montrent en moulage des parties de corps mutilées par la maladie. Dans une pièce attenante, un scientifique expose les dangers des maladies vénériennes et les mesures à prendre pour y faire face. « Une maladie extrêmement désagréable est le chancre mou… » dit-il d’un air las. « Bien plus dangereuse est la gonorrhée » continue t-il le regard lourd. Les deux jeunes hommes sont invités à se pencher sur un microscope pour examiner les germes qui en sont responsables. Une image microcinématographique montre des formes annulaires vibrionnantes, puis des lignes noires, ondulantes, qui se mettent à blanchir : c’est la maladie qui progresse. Le conférencier se tourne vers une planche accrochée au mur montrant un sexe masculin. Dans l’assistance, en contre – champ, une jeune femme étouffe un fou rire en regardant son voisin. « Tous ces organes peuvent être infectés si la maladie est négligée. L’infection des testicules est surtout funeste… » Schéma animé montrant des traits noirs épais, ondulés, sur lesquels courent de petites formes blanches – les spermatozoïdes. « Le sperme ne peut plus sortir. Le résultat est l’impotence. » Le médecin dessine les organes génitaux du sexe féminin. « Chez la femme, la maladie est encore plus grave. Le traitement est encore plus difficile et les suites sont encore plus terribles… » En schéma animé, progression de l’infection. « Le gonflement blennhoragique barre le chemin que l’œuf doit prendre. La femme devient stérile. L’extension de la muqueuse chez la femme rend la guérison très difficile. »

La leçon

Le visage du conférencier prend une expression tragique. « Mesdames et messieurs ! Le meilleur moyen pour éviter ces dangers est de les connaître. » La conférence est finie. L’assemblée des spectateurs se dissout. Les deux jeunes gens se regardent avec consternation : ils n’ont plus goût à rire.

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
"ESR initiatives highly valued in Iceland", ECR Today 2014 (March 8, 2014), p. 14.
Cantor, David, "Choosing to live: Cancer Education, Movies, and the Conversion Narrative in America, 1921-1960", Litterature and Medicine 28, no.2 (Fall 2009), pp.278-332.

Forssel Gösta, "In Memoriam", Acta Radiologica (1949), 31:3, pp. 185-192.

Laukötter, Anja, Sex-richtigǃ Körperpolitik und Gefühlserziehung im Kino des 20. Jahrhunderts, Göttingen, Wallstein Verlag, 2021.


Contributors

  • Record written by : Joël Danet


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