Des jeunes américains disent pourquoi ils prennent du LSD (1966)

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Des jeunes américains disent pourquoi ils prennent du LSD


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Title Des jeunes américains disent pourquoi ils prennent du LSD
Series Cinq colonnes à la une
Year of production 1966
Country of production France
Director(s) Olivier Todd
Duration 3 minutes
Format Parlant - Noir et blanc - 16 mm
Original language(s) French
Production companies ORTF
Commissioning body ORTF
Archive holder(s) INA
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Main credits

(français)
journalistes : Olivier Todd, Jacques Trébouta

Content

Theme

(français)
Témoignage de deux jeunes personnes des Etats-Unis qui font usage du LSD.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Interview d'un couple d'Américains prenant du LSD sur les effets de cette drogue. parlant en anglais, avec une traduction off, ils décrivent les sensations et l'effet hallucinogène du LSD, ils expliquent pourquoi ils ont besoin de se détacher de la réalité. Les deux jeunes gens décrivent en anglais les effets et sensations qu’ils ressentent après une prise. Extrait d’un reportage nommé « La Mort de Venice USA » diffusé dans l’émission des « Cinq Colonnes à la Une ».

Context

(français)
A propos des expérimentations des substances psychoactives

Dans les cercles artistiques et intellectuels d'après la Seconde Guerre Mondiale, un intérêt de plus en plus large se manifeste à propos des potentialités de ces substances pour élargir les voies de la perception, se rapprocher des souffrances psychiatriques, stimuler la création.

Deux repères : En 1954, Aldous Huxley a cherché, en s'essayant à la mescaline, à accéder à « une beauté plus intense, une signification plus profonde » que celles qui se rencontre dans la vie ordinaire. Il insiste tout autant sur son sentiment d’avoir perdu pied au moment de subir ses effets : « Je me retrouvais tout à coup au bord de la panique. J’eus soudain l’impression que l’affaire allait trop loin ». Egalement en 1954, Henri Michaux s’adonne systématiquement aux drogues - mescaline surtout, mais aussi haschich, L.S.D., psylocibine. Ses expérimentations sont faites avec méthode, il est « accompagné par des psychiatres, selon des protocoles précis ».

Médias et drogues

La consommation de drogues illicites est un phénomène nouveau pour la France qui, depuis les années 1940, mis à part quelques opiomanes, ne connaît pas les drogues. L’alcool et le tabac règnent en maîtres absolus sur le champ des addictions. Si l’héroïne apparaît parfois dans l’actualité, c’est en raison de son trafic vers les Etats-Unis. La "French Connection" centrée à Marseille, importe l’opium d’Asie pour le transformer dans des laboratoires autour de Marseille et l’expédier outre-Atlantique. Elle s’est considérablement développée dans les années 1960. En 1970, elle fournit aux Etats-Unis près de 90% de son héroïne. L’affaire du "gang des décapotables", qui transportait l’héroïne de Paris à New York, fait l’objet en 1968 d’une saisie record de 112 kg d’héroïne par le célèbre commissaire Carrère. .

En avril 1966, Le Monde publie un dossier en trois épisodes portant sur les hallucinogènes, intitulé "les poisons de l’esprit". Cette enquête annoncée à la Une informe les Français sur "le drame qui se déroule depuis trois ans aux Etats-Unis et que nous commençons à connaître en France"1. En septembre de la même année, Le Crapouillot publie un numéro spécial LSD, "Une bombe atomique dans la tête", dans lequel sont croisés les points de vue les plus variés, de Timothy Leary à Maurice Papon en passant par François Mauriac. Y est aussi publié "Une visite en enfer", long texte de Jean Cau, prix Goncourt 1961. En octobre, des extraits de ce texte seront repris dans Paris Match sous le titre "J’accuse". L’introduction de cet article informe le lecteur qu’après "avoir fait des ravages aux Etats-Unis et en Angleterre, le LSD nous menace". Quelques mois plus tard, en février 1967, un petit revendeur de LSD est arrêté. La quantité est minime mais la saisie est historique puisque c’est la toute première sur le territoire français. Tous les journaux en parlent, y compris Le Monde, pourtant d’ordinaire peu enclin à traiter ce type de faits divers. Le 10 octobre, trois jeunes sont arrêtés, en possession cette fois de 4000 doses du même produit, ce qui fera aussi les gros titres. Parallèlement, les affaires de consommation de cannabis se multiplient : des lycéens, des étudiants, des jeunes travailleurs sont interpellés... En juillet, les sources reprises par l’ensemble des journaux font état de quelques milliers ou dizaines de milliers de "drogués". En août de cette même année, dans Le Parisien Libéré, toute affaire se rapportant à la drogue se voit affublée d’un bandeau "La drogue : menace n° 1 qui pèse sur le monde" et l’on ne se gêne plus pour interpeller les politiques afin que les peines liées au trafic soient à la hauteur du danger que représentent les drogues pour la société. Jusqu'en 1969, la recrudescence de la consommation de drogues concernait uniquement le cannabis et le LSD. Deux produits dont on connaissait mal les dangers et qu’un principe de précaution poussait certes à stigmatiser, mais deux produits qui n’entraînent finalement que des dépendances minimes et pas d’overdoses. Avec la diffusion de l’héroïne dont le fait divers d'une overdose survenue à Bandol est un évènement révélateur, la société est saisie d'une "panique morale".

Prévenir, accompagner, interdire

En 1970, la presse publie de nombreux témoignages de toxicomanes à l’héroïne, Robert Boulin, ministre de la Santé, ouvre avec son fils une association pour la prévention et le soin des toxicomanes, et Claude Olievenstein crée le centre Marmottan consacré aux soins aux toxicomanes, jusqu’alors pris en charge dans les services de psychiatrie. Devant les doutes, les hésitations des professionnels quant aux mesures à prendre, le gouvernement et les parlementaires élus au lendemain de 1968, ont ont voulu conforter l’opinion majoritaire par le message qu’on pouvait arrêter l’épidémie par une loi combinant la répression et l’incitation au traitement. Le drogué étant considéré comme "avant tout" ou "plutôt" un malade, ce qui sous-entend que c’est aussi un criminel qui menace l’ordre social. Loi de santé publique à connotation répressive, elle est adoptée en première lecture quasiment sans discussion, voit ses dispositions répressives majorées par le Sénat, puis est votée en seconde lecture le 10 décembre 1970.

La nouvelle loi place la toxicomanie dans "la lutte contre les fléaux sociaux" à côté de la tuberculose, les maladies vénériennes, le cancer, les maladies mentales et l’alcoolisme. Pas étonnant que sa dimension de salut public lui donne le privilège assez rare d’être votée à l’unanimité.

Cf. "Le paysage médiatique de la drogue" par Vincent Benso sur le site Santé-réduction des risques-usages de drogues.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)

How are health and medicine portrayed?

(français)

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Télévisuel

Local, national, or international audience

National

Description

(français)

Supplementary notes

(français)
- Seconde partie de l'émission titrée La mort de Venice USA

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Loris Djebel


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