Difference between revisions of "Dépression d'automne"

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Dézoom sur une rivière dont l'onde est couverte de feuilles mortes et sur laquelle des arbres penchent leurs branches dénudées. En amorce apparait un homme barbu, habillé strictement, c'est le Dr. Patrick Lemoine. Face caméra, il introduit le sujet de la dépression saisonnière : " On sait depuis Hippocrate que les dépressions majeures, endogènes, se produisent essentiellement au printemps et en automne. mais c'est récemment que les Américains ont mis en évidence une autre forme de dépression qu'on a appelée la 'dépression d'automne'. " Patrick Lemoine ajoute qu'il est important de bien connaître cette dépression pour mieux diagnostiquer ses patients. Par ailleurs, il faut noter qu' " elle produit un modèle théorique tout à fait novateur ". (00:49).
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'''Premier témoignage'''
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Un jeune homme assis devant l'encadrement d'une fenêtre. A travers les carreaux se voient des branches noires découpées sur un ciel livide. Son regard est vif, sa voix est claire, pourtant il affirme qu'il est contraint par une fatigue qui l'écrase." Je suis épuisé. Pourtant, je dors beaucoup, cette nuit, douze heures. Il faut que je m'arrache du lit, c'est l'horreur." Cette fatigue l'amenant à être systématiquement en retard à son travail, il a été licencié. " Hiver, automne, je suis fatigué. Fatigué. " " - Et en été? ", lui demande le médecin. Le jeune homme sourit : " En été, ça va." Pendant l'automne et l'hiver, ses habitudes alimentaires changent : il " mange tout le temps du sucre ". Pendant la période des fêtes, c'est encore pire. " J'en ai marre d'être comme ça. " Retour du Dr. Lemoine dans le champ, face caméra : " Alors comment expliquer que certains patients ne se dépriment que lorsque le jour baisse, qu'il y a corrélation entre l'intensité de la dépression et la photopériode (rapport entre la durée du jour et la durée de la nuit, NDR) ? " ll ajoute que le taux de sérotonine joue un rôle prépondérant dans cette intensification de la dépression. Si les sujets sains s’adaptent aux saisons en sécrétant la mélatonine nécessaire selon la durée des jours, les sujets déprimés n'en sont pas capables. (03:28)
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'''Deuxième témoignage'''
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Une jeune femme devant le même encadrement de fenêtre donnant sur le même type de paysage, cette fois doucement ensoleillé. " Je suis toujours très très fatigué au moment de l'hiver. " Les vitamines, les vacances n'y font rien. " Dès le mois de novembre, c'est toujours les mêmes symptômes, ajoute-t-elle. C'est une fatigue inexorable. " Pendant les quatre mois qui s'ensuivent, elle dort beaucoup, ne voit personne, mange " beaucoup de chocolat " de manière compulsive. " Ca va mieux quand j'en ai mangé ", mais elle se plaint de grossir. Son état perturbe sa vie professionnelle. Zoom sur son visage pour mieux montrer son expression perturbée, atténuée quelquefois par un sourire qui manifeste son humour. Elle passe " beaucoup de temps sous la couette ". Le médecin l'interroge : " Est-ce que ça sous-entend que vous devenez plus frileuse? " " - Complètement. " Les questions du Dr. Lemoine, ou ses demandes de précision ne l'amènent jamais à vouloir contredire ou nuancer. Le regard dans le vide, de l'air de réfléchir à haute voix, elle ne fait qu'approuver ses propos et les poursuivre, comme si elle prolongeait son diagnostic par son propre témoignage. Elle se compare à une marmotte, ne voudrait se réveiller qu'au printemps. Elle sourit fugacement : " Au printemps, je vais beaucoup mieux, mon énergie est quintuplée ." " -  Mais en plein hiver, vous vous sentez extrêmement triste. " " -  Terriblement triste. Ca arrive avec la tombée des feuilles. Je me sens partir avec elles." Plans de coupe sur une feuille morte aux bords cornés qui flotte sur l'onde fripée de la rivière, puis sur l'irisation d'un reflet de soleil sur l'eau. (07:06)
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'''Troisième témoignage'''
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En off sur les vues du plan d'eau, une voix de femme évoque un " traitement avec la lumière " dont elle a pris connaissance par la presse. Elle apparaît en in devant le même encadrement de fenêtre : c'est une jeune femme élégamment vêtue d'un chemisier et d'une veste. Son regard est triste. " Il paraît que ça guérit de la déprime et je suis beaucoup déprimée. Depuis cinq ans, deux fois par an. " Elle précise que dans sa famille, des antécédents existent. Sa grand-mère s'est suicidée, sa mère doit être régulièrement hospitalisée -  "et elle boit". Lemoine : " Et vous-mêmes, quand vous êtes déprimée, est-ce que ça va loin, est-ce que ça va jusqu'à avoir des idées noires ? ". Son regard reste fixe sur son interlocuteur pendant qu'elle dit sur le même ton monocorde : " J'ai préparé ce qu'il fallait. " Quand le médecin lui demande si elle se sent coupable de cet état, elle répond : " Oui, c'est de ma faute. " Quand il lui demande si elle connait des états euphoriques, elle répond que par deux fois, elle s'est trouvée " en grande forme, complètement excitée ". Elle enchaînait les fêtes, dépensait excessivement. " J'aurais pu acheter dix voitures. " Même pour avouer les extravagances de son comportement, sa voix reste atone, son regard se maintient sans détour sur Lemoine. " J'étais très insupportable et mon mari a dû me faire hospitaliser de force." " -  Vous avez remarqué qu'il y avait des saisons où vous étiez particulièrement malade?" "-Oui, en automne et au printemps." Comme la seconde témoin, elle ne cherche pas à relativiser les propos qui l'interrogent sur son expérience, elle abonde dans leur sens sans même qu'elle n'exprime la surprise devant leur pertinence, comme si elle passait aux aveux devant un enquêteur perspicace. La caméra zoome sur son visage aux yeux grand ouverts, exprimant un effarement prolongé, comme une personne sous hypnose. Le médecin estime que le traitement à la lumière n'est pas une bonne réponse, que les sels de lithium, par des prises régulières pendant un long temps, seraient un traitement beaucoup plus approprié.(08:53)
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'''Quatrième témoignage'''
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Plan de coupe sur l'onde ridée de la rivière. Gros plan sur une jeune femme qui a passé un gilet sur un pull over. Son visage affiche une expression rébarbative, elle regarde obstinément vers le sol. "C'est mon mari qui m'a dit de venir. Il trouve que chaque année, à la même période, je suis bizarre, je ne suis pas comme d'habitude ". Au médecin qui lui demande de s'expliquer, elle répond qu'elle traîne à la maison, qu'elle n'arrive pas à travailler. " J'ai même plus envie de voir mes voisines, ou de les recevoir. " " - Ca c'est pas votre genre. " Elle confirme. Elle ajoute qu'elle reste tout le temps dans son lit et " grignote toute la journée ". Elle mange du chocolat, des sucreries, " à me rendre malade ". Elle dit être comme les poules dont elle s'occupe : " J'ai besoin de lumière, j'ai besoin de me réveiller tôt le matin." Nourrir ses poules est la seule activité qu'elle mène à bien. Sinon, elle va se coucher. " Et mon mari me retrouve comme ça. " C'est à ce point de son propos qu'elle lève les yeux vers Lemoine.
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Nouveau plan sur la rivière que le reflet du soleil enflamme par endroits. Voix off de Lemoine : " Le traitement de ces patients par une exposition à une lumière blanche, brillante, dont l'intensité lumineuse est d'au moins 2500 lux a une efficacité prouvée. " Il estime cependant que pareil traitement qui dure 3 heures par jour n'est pas à la portée de tous, en particulier des personnes ayant une pratique professionnelle. A défaut, les médecins prescrivent la prise d'antidépresseurs "qui ont une action qui est plus sérotonoénergique". Dernier plan sur l'onde de la rivière où luisent les feux du couchant.
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Latest revision as of 11:19, 7 January 2022

 

Dépression d'automne


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Title Dépression d'automne
Year of production 1992
Country of production France
Director(s) Éric Duvivier
Scientific advisor(s) Patrick Lemoine
Duration 12 minutes
Format Parlant - Couleur - Betacam
Original language(s) French
Archive holder(s) CERIMES

Main credits

(français)

Content

Medical themes

Theme

(français)
L'effet des cycles saisonniers sur la psychologie de certaines personnes qui y sont particulièrement sensibles.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Quatre témoignages se succèdent pour décrire la « dépression d’automne ». Les patients sont interrogés par le Dr. Lemoine qui fait part de son analyse et fait le point sur les traitements les plus appropriés.

Context

(français)
La dépression est reconnue officiellement comme maladie en 1980 (inscription dans le troisième Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Les recherches à son sujet se sont multipliées dans les années 1980. En 1984, la dépression saisonnière est appelée « trouble affectif saisonnier », alors que la luminothérapie est introduite en psychiatrie clinique.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : Yes.
  • Voice-over  : No.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Les témoignages permettent d'approcher la réalité de la dépression saisonnière par des points de vue sensibles. Ils font part de réactions personnelles, d'un vécu individualisé de cette maladie, montrant qu'elle ne se résume pas à des symptômes génériques. Cependant, en suivant les quatre témoignages d'affilée, le spectateur repère des constantes de l'un à l'autre : besoin irrépressible de dormir, incapacité à se mobiliser pour accomplir une tâche, accès de gloutonnerie - toujours orienté sur le chocolat et les aliments sucrés en général.

How are health and medicine portrayed?

(français)
Le médecin référent Patrick Lemoine joue deux rôles : d'une part interviewer des patients, d'autre part analyste de leurs propos.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Circuit médical et universitaire

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Médecins, enseignants-chercheurs et étudiants en médecine

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Introduction par Patrick Lemoine

Dézoom sur une rivière dont l'onde est couverte de feuilles mortes et sur laquelle des arbres penchent leurs branches dénudées. En amorce apparait un homme barbu, habillé strictement, c'est le Dr. Patrick Lemoine. Face caméra, il introduit le sujet de la dépression saisonnière : " On sait depuis Hippocrate que les dépressions majeures, endogènes, se produisent essentiellement au printemps et en automne. mais c'est récemment que les Américains ont mis en évidence une autre forme de dépression qu'on a appelée la 'dépression d'automne'. " Patrick Lemoine ajoute qu'il est important de bien connaître cette dépression pour mieux diagnostiquer ses patients. Par ailleurs, il faut noter qu' " elle produit un modèle théorique tout à fait novateur ". (00:49).

Premier témoignage

Un jeune homme assis devant l'encadrement d'une fenêtre. A travers les carreaux se voient des branches noires découpées sur un ciel livide. Son regard est vif, sa voix est claire, pourtant il affirme qu'il est contraint par une fatigue qui l'écrase." Je suis épuisé. Pourtant, je dors beaucoup, cette nuit, douze heures. Il faut que je m'arrache du lit, c'est l'horreur." Cette fatigue l'amenant à être systématiquement en retard à son travail, il a été licencié. " Hiver, automne, je suis fatigué. Fatigué. " " - Et en été? ", lui demande le médecin. Le jeune homme sourit : " En été, ça va." Pendant l'automne et l'hiver, ses habitudes alimentaires changent : il " mange tout le temps du sucre ". Pendant la période des fêtes, c'est encore pire. " J'en ai marre d'être comme ça. " Retour du Dr. Lemoine dans le champ, face caméra : " Alors comment expliquer que certains patients ne se dépriment que lorsque le jour baisse, qu'il y a corrélation entre l'intensité de la dépression et la photopériode (rapport entre la durée du jour et la durée de la nuit, NDR) ? " ll ajoute que le taux de sérotonine joue un rôle prépondérant dans cette intensification de la dépression. Si les sujets sains s’adaptent aux saisons en sécrétant la mélatonine nécessaire selon la durée des jours, les sujets déprimés n'en sont pas capables. (03:28)

Deuxième témoignage

Une jeune femme devant le même encadrement de fenêtre donnant sur le même type de paysage, cette fois doucement ensoleillé. " Je suis toujours très très fatigué au moment de l'hiver. " Les vitamines, les vacances n'y font rien. " Dès le mois de novembre, c'est toujours les mêmes symptômes, ajoute-t-elle. C'est une fatigue inexorable. " Pendant les quatre mois qui s'ensuivent, elle dort beaucoup, ne voit personne, mange " beaucoup de chocolat " de manière compulsive. " Ca va mieux quand j'en ai mangé ", mais elle se plaint de grossir. Son état perturbe sa vie professionnelle. Zoom sur son visage pour mieux montrer son expression perturbée, atténuée quelquefois par un sourire qui manifeste son humour. Elle passe " beaucoup de temps sous la couette ". Le médecin l'interroge : " Est-ce que ça sous-entend que vous devenez plus frileuse? " " - Complètement. " Les questions du Dr. Lemoine, ou ses demandes de précision ne l'amènent jamais à vouloir contredire ou nuancer. Le regard dans le vide, de l'air de réfléchir à haute voix, elle ne fait qu'approuver ses propos et les poursuivre, comme si elle prolongeait son diagnostic par son propre témoignage. Elle se compare à une marmotte, ne voudrait se réveiller qu'au printemps. Elle sourit fugacement : " Au printemps, je vais beaucoup mieux, mon énergie est quintuplée ." " - Mais en plein hiver, vous vous sentez extrêmement triste. " " - Terriblement triste. Ca arrive avec la tombée des feuilles. Je me sens partir avec elles." Plans de coupe sur une feuille morte aux bords cornés qui flotte sur l'onde fripée de la rivière, puis sur l'irisation d'un reflet de soleil sur l'eau. (07:06)

Troisième témoignage

En off sur les vues du plan d'eau, une voix de femme évoque un " traitement avec la lumière " dont elle a pris connaissance par la presse. Elle apparaît en in devant le même encadrement de fenêtre : c'est une jeune femme élégamment vêtue d'un chemisier et d'une veste. Son regard est triste. " Il paraît que ça guérit de la déprime et je suis beaucoup déprimée. Depuis cinq ans, deux fois par an. " Elle précise que dans sa famille, des antécédents existent. Sa grand-mère s'est suicidée, sa mère doit être régulièrement hospitalisée - "et elle boit". Lemoine : " Et vous-mêmes, quand vous êtes déprimée, est-ce que ça va loin, est-ce que ça va jusqu'à avoir des idées noires ? ". Son regard reste fixe sur son interlocuteur pendant qu'elle dit sur le même ton monocorde : " J'ai préparé ce qu'il fallait. " Quand le médecin lui demande si elle se sent coupable de cet état, elle répond : " Oui, c'est de ma faute. " Quand il lui demande si elle connait des états euphoriques, elle répond que par deux fois, elle s'est trouvée " en grande forme, complètement excitée ". Elle enchaînait les fêtes, dépensait excessivement. " J'aurais pu acheter dix voitures. " Même pour avouer les extravagances de son comportement, sa voix reste atone, son regard se maintient sans détour sur Lemoine. " J'étais très insupportable et mon mari a dû me faire hospitaliser de force." " - Vous avez remarqué qu'il y avait des saisons où vous étiez particulièrement malade?" "-Oui, en automne et au printemps." Comme la seconde témoin, elle ne cherche pas à relativiser les propos qui l'interrogent sur son expérience, elle abonde dans leur sens sans même qu'elle n'exprime la surprise devant leur pertinence, comme si elle passait aux aveux devant un enquêteur perspicace. La caméra zoome sur son visage aux yeux grand ouverts, exprimant un effarement prolongé, comme une personne sous hypnose. Le médecin estime que le traitement à la lumière n'est pas une bonne réponse, que les sels de lithium, par des prises régulières pendant un long temps, seraient un traitement beaucoup plus approprié.(08:53)

Quatrième témoignage

Plan de coupe sur l'onde ridée de la rivière. Gros plan sur une jeune femme qui a passé un gilet sur un pull over. Son visage affiche une expression rébarbative, elle regarde obstinément vers le sol. "C'est mon mari qui m'a dit de venir. Il trouve que chaque année, à la même période, je suis bizarre, je ne suis pas comme d'habitude ". Au médecin qui lui demande de s'expliquer, elle répond qu'elle traîne à la maison, qu'elle n'arrive pas à travailler. " J'ai même plus envie de voir mes voisines, ou de les recevoir. " " - Ca c'est pas votre genre. " Elle confirme. Elle ajoute qu'elle reste tout le temps dans son lit et " grignote toute la journée ". Elle mange du chocolat, des sucreries, " à me rendre malade ". Elle dit être comme les poules dont elle s'occupe : " J'ai besoin de lumière, j'ai besoin de me réveiller tôt le matin." Nourrir ses poules est la seule activité qu'elle mène à bien. Sinon, elle va se coucher. " Et mon mari me retrouve comme ça. " C'est à ce point de son propos qu'elle lève les yeux vers Lemoine.

Nouveau plan sur la rivière que le reflet du soleil enflamme par endroits. Voix off de Lemoine : " Le traitement de ces patients par une exposition à une lumière blanche, brillante, dont l'intensité lumineuse est d'au moins 2500 lux a une efficacité prouvée. " Il estime cependant que pareil traitement qui dure 3 heures par jour n'est pas à la portée de tous, en particulier des personnes ayant une pratique professionnelle. A défaut, les médecins prescrivent la prise d'antidépresseurs "qui ont une action qui est plus sérotonoénergique". Dernier plan sur l'onde de la rivière où luisent les feux du couchant.


Fonds Eric Duvivier code 621.

Supplementary notes

(français)
Dépression d'automne est à rapprocher de Dépression et sommeil, autre film d'Eric Duvivier sur la dépression qui fait aussi intervenir le Dr. Patrick Lemoine.

References and external documents

(français)


Contributors

  • Record written by : Mathieu Hoffmann, Joël Danet


Erc-logo.png Cette fiche a été rédigée et/ou traduite dans le cadre du projet BodyCapital, financé par l'European Research Council (ERC) et le programme de l'Union européenne pour la recherche et l'innovation Horizon 2020 (grant agreement No 694817).