Médecins des prisons - 1ère partie (1976)

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Médecins des prisons - 1ère partie


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Title Médecins des prisons - 1ère partie
Series Médicale
Year of production 1976
Country of production France
Director(s)
Duration 55 minutes
Format Parlant - Couleur - 16 mm
Original language(s) French
Production companies Antenne 2
Archive holder(s) INA
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Main credits

(français)
Médecins des prisons - Première partie

Une émission de Igor Barrere, Pierre Desgraupes, Etienne Lalou Présentée par Etienne Lalou

Réalisation Igor Barrere

Content

Theme

(français)
Médecine pénitentiaire, conditions de vie des détenus, psychiatrie et détenus, rôle du médecin de prison

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
L’animateur Pierre Desgraupes interviewe des médecins de prison, des membres de l’administration pénitentiaire et des détenus en les questionnant sur les conditions de vie en prison, les problèmes physiques et psychologiques des détenus.

Context

(français)
Au XIXe siècle, les prisons d’Ancien Régime sont transformées en centres de détention très peuplés. Le philosophe Bentham invente et diffuse le principe de la prison panoptique dans les pays anglophones puis en France. Il s’agit d’une prison en anneau au centre duquel une tour abrite les gardiens ; ainsi, chaque prisonnier se sait constamment surveillé tout en étant séparé de ses co-détenus. Des emplois du temps et des habitudes obligatoires sont mises en place pour discipliner les prisonniers. Des centres pour enfants jugés dangereux sont mis en place.

A partir de la fin du XIXe siècle, les médecins et psychiatres deviennent des membres à part entière du personnel des prisons. Ils prennent des mesures sur le physique des prisonniers et les interrogent. La criminologie se développe lentement à partir de ces données médicales. Cesare Lombroso, titulaire d’une chaire de médecine légale à Turin, publie en 1876 un ouvrage, L’homme criminel, qui établit une typologie du criminel. Il décrit son physique et son psychisme. Il croit au caractère inné de la criminalité. D’autres pensent que le crime est une maladie sociale. Le Code pénal français déclarant qu’un dément n’est pas responsable de ses crimes, le milieu médical est mobilisé pour définir la démence et les états mentaux rendant des hommes irresponsables.

Le système pénal français connaît de grandes évolutions après la Seconde Guerre mondiale. Un document nommé “Principes formulés en mai 1945 par la commission de réforme des institutions pénitentiaires françaises” annonce que le but premier de la peine de prison est la réinsertion. Cela conduit à la “réforme Amor”, prenant le nom du directeur de l’administration pénitentiaire française de l’époque. Le traitement du prisonnier doit être humain, adapté à son crime et à sa personnalité. On supprime les pratiques jugées dégradantes comme le port obligatoire de sabots, le port des fers pour les condamnés à mort… On autorise les détenus à acheter des revues et à fumer. Cependant des mutineries de détenus ont lieu jusqu’en 1948. Le sanatorium de Liancourt est créé en 1947, le centre d’observation psychiatrique à Château-Thierry en 1950. Il s’agit avant tout de sortir les détenus les plus problématiques des autres prisons. Des annexes psychiatriques sont ajoutées à de nombreuses prisons, surtout dans un but d’observation des criminels les plus perturbés par les criminologues. Dans les années 1960, les personnels médicaux et sociaux sont augmentés dans les prisons françaises. Des formations universitaires spécifiques à la médecine pénitentiaire apparaissent.

En 1972, les aménagements de peine pour bonne conduite sont créés car les prisons françaises sont surpeuplées. En 1975, l’administration pénitentiaire se dote de centres de détention de plus en plus orientés vers la réinsertion. En 1976, l’administration pénitentiaire française dépend du ministre de la Justice Jean Lecanuet, ministre du gouvernement de Jacques Chirac. La prison de Fleury-Mérogis est ouverte en 1968 car la prison de la Santé est vétuste et surpeuplée. L’établissement pour jeunes adultes ouvre en 1967 une maison d’arrêt pour femmes en 1968.

La prison de Fresnes, construite à la fin du XIXe siècle, voit construire à la fin des années 1950 un établissement expérimental pour les jeunes condamnés, dont les autorités prévoient une augmentation importante. En 1956 est créée une infirmerie psychiatrique annexe à la prison. Cette prison devient également un endroit important de la répression politique, notamment avec l’emprisonnement à Fresnes de membres du Front de Libération Nationale lors de la guerre d’Algérie. La fin de la guerre d’Algérie et l’augmentation des personnels de prison permettent de baisser la population carcérale de la prison de Fresnes.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : Yes.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : No.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : No.
  • Host  : Yes.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : Yes.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : No.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Contrairement au documentaire sur la médecine pénitentiaire tourné par la même équipe et diffusé en 1965, ce documentaire montre les visages des prisonniers. Les gros plans ou les plans poitrine sur les médecins comme sur les patients sont nombreux et humanisants. Des plans moyens et larges sur les couloirs des prisons montrent l’enfermement à travers les portes en fer que seuls les gardiens peuvent ouvrir et la présence important de ces derniers, mais aussi la modernité des bâtiments rénovés. Ce documentaire cherche à rassurer le public et à lui montrer les améliorations des conditions de vie des prisonniers, tout en faisant preuve de recul critique, notamment sur la question de l’utilité de l’emprisonnement pour lutter contre la récidive.

How are health and medicine portrayed?

(français)
La médecine est abordée sous plusieurs angles ; tout d’abord comme un droit des détenus, qui sont souvent traités comme des patients normaux par les médecins lors des entretiens, voire avec de l’empathie. La médecine est alors présentée comme un droit et un besoin en prison. Elle est aussi vue sous un angle psychologique, les médecins se devant d’être particulièrement à l’écoute de leurs patients qui peuvent même se mutiler ou simuler des maux pour être hospitalisés et échapper aux conditions de vie en prison. Enfin, lorsque l’animateur pose la question de la sortie de prison des détenus, la médecine devient un outil de réhabilitation des délinquants ; les médecins traitent les addictions, font en sorte que les détenus puissent travailler à leur sortie. Ce documentaire humanise à la fois les prisonniers, dont les délits ou crimes sont évoqués rapidement car l’animateur se concentre sur leurs maux, et les médecins de prison, souvent partagés entre leur métier de soin et les nécessités de l’administration pénitentiaire.

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Télévision nationale

Presentations and events associated with the film

(français)

Audience

(français)
Public large, national

Local, national, or international audience

National

Description

(français)
Introduction : 00’00 à 00’51

-00’00 à : plans très larges sur une tour du mur de la prison, puis sur une porte de prison qu’un gardien ferme. Le générique apparaît sur ces images. Trois personnes filmées en plan américain passent une barrière. La façade de la prison est filmée en plan très large avec un panoramique, puis un zoom sur une fenêtre fleurie.


Le voleur de voitures : 00’52 à 3’48

-00’52 à 2’54 : alors que la caméra film encore une fenêtre fleurie, la voix de l’animateur demande à un détenu quand il est entré en prison pour la première fois. Un plan moyen sur une chambre montre un détenu sur son lit et l’animateur assis à côté de lui. Le visage du détenu est visible. Il explique être entré en prison pour la première fois en 1956, à 18 ans, pour un vol de voiture avec des camarades. Un accident de la route l’a rendu immobilisé. Il a été arrêté pour avoir conduit de jeunes garçons en voiture.

-2’55 à 3’31 : alors que le détenu continue de raconter son histoire et que l’animateur le salue, un plan large montre plusieurs personnes marchant dans le couloir d’une prison. Un gardien leur fait passer une porte. La voix du détenu explique qu’après sa sortie, il ne veut plus retourner en prison.

-3’32 à 3’48 : plan poitrine sur le détenu qui explique que lui et ses camarades pensent qu’il faut arrêter les délits à leur âge.


Une consultation en prison : 3’49 à 6’12 -3’49 à 6’12 : plan large sur une porte bleue par laquelle passe une femme en blouse blanche. Elle fait entrer un homme en tenue civile, qui salue un médecin assis à un bureau. Il s’agit d’une salle de consultation filmée en plan moyen, la caméra suivant le détenu en tenue civile. Il discute avec le médecin pendant qu’une voix off explique que la profession de médecin de prison comprend des spécificités. Il présente le médecin chef de la prison de Fresnes. Le détenu montre sa jambe au médecin. Le médecin le fait allonger sur la table de consultation pour constater des problèmes veineux. La voix off dit que même dans les simples maladies organiques, la situation du patient emprisonné est à prendre en compte. Le médecin veut opérer le patient.


Interview du directeur de l’hôpital central des prisons de France : 6’13 à 10’04

-6’13 à 8’25 : plan large et panoramique sur les couloirs de cellules avec des gardiens, un homme en blouse et deux autres personnes. La voix de l’animateur présente le directeur de l’hôpital central des prisons de France. Un plan américain montre le directeur de face, debout dans le couloir, et l’animateur de dos. Il est adjoint du directeur de la prison de Fresnes et n’est pas médecin. Il représente l’administration pénitentiaire. Les rapports avec les médecins sont parfois complexes.

-8’26 à 8’55 : plan moyen sur un médecin passant des portes en fer sous le regard d’un gardien. La voix du directeur de l’hôpital des prisons de France explique que bien qu’emprisonnés, les détenus gardent leur personnalité.

-8’56 à 10’04 : plan rapproché sur le directeur interviewé. Il constate que l’évolution des prisons reflète l’évolution de la société. Un autre plan très large montre un détenu entouré par des gardiens dans un couloir sombre de la prison. La voix du directeur évoque une transformation des mentalités du personnel et des détenus. La société doit assumer ses prisons.


Interview du médecin chef : 10’05 à 14’18

-10’05 à 10’15 : plan moyen sur une consultation. Un homme en blouse blanche ausculte l’abdomen d’un patient. Leurs visages sont hors champ. La voix de l’animateur présente le chirurgien chef de l’hôpital de la prison de Fresnes.

-10’16 à 11’38 : plan américain sur le chirurgien en blouse blanche. Il affirme que la chirurgie pénitentiaire est spéciale : patients comme locaux sont spécifiques. Il parle d’un problème courant en prison : les corps étrangers dans le tube digestif, courants parce que les détenus ingèrent des objets pour diverses raisons.

-11’39 à 13’12 : plan américain sur un détenu en tenue civile, accompagné par une assistante et suivi par un mouvement panoramique de la caméra. Le médecin chef présente M. Gorski, qui est en surveillance parce qu’il a avalé un corps étranger. Plan rapproché sur des radiographies. M Gorski explique qu’il avale des corps étrangers pour être sorti de sa prison où un autre détenu le maltraite. Le médecin l’écoute d’un air soucieux.

-13’13 à 14’18 : plan poitrine sur le médecin chef assis. Il dit avoir de bonnes relations avec l’administration. Un plan américain montre un patient dont le buste est entouré de bandages, dans la salle de consultation. Le médecin chef explique qu’il est chirurgien libéral à temps partiel ; il ne fait pas partie de l’administration pénitentiaire. L’animateur, hors champ, pense que la médecine pénitentiaire est traitée comme une médecine au rabais, ce que le médecin interviewé trouve juste.


Le suicide, le mal-être des détenus et les automutilations : 14’19 à 29’13

-14’19 à 15’13 : plan très large et panoramique du haut vers le bas sur le hall de la prison, son plafond et les couloirs de cellules en mezzanine. La voix de l’animateur présente le docteur Proust, qui est interne à la prison et y vit donc. Cette voix off explique qu’il doit répondre à un appel au secours permanent. Le Docteur Proust qu’il s’agit d’être médecin de garde de toute la prison.

-1514 à 16’35 : plan poitrine sur le médecin en blouse blanche, assis devant un lavabo et une fenêtre. Il explique que les tentatives de suicides sont très nombreuses, mais il les considère surtout comme des appels à l’aide comme les automutilations. Les détenus ont des difficultés à exprimer leurs problèmes.

-16’36 à 19’23 : plan américain avec caméra épaule sur un détenu assis au bureau d’un médecin. Le médecin rappelle que le détenu avait écrit pour le voir. Le détenu a mal à l’estomac après avoir avalé un corps étranger. Il a refusé l’opération proposée par le chirurgien parce qu’il a avalé ces objets pour des raisons familiales : il n’a pas de nouvelles de sa fille, qui avait trois mois au moment de son arrestation. Il pense que l’assistante sociale ne s’occupe pas de son cas. Le médecin lui fixe un rendez-vous avec le médecin chef.

-19’24 à 19’46 : plan moyen sur des hommes en tenue civile passant une porte de prison ouverte par un gardien. L’un d’entre eux cache son visage en relevant sa veste.

-19’47 à 21’40 : plan poitrine sur le docteur Proust précédemment interviewé. Il dit qu’il y a eu une trentaine de suicides réussis l’année précédente. Les détenus connus comme dépressifs ont des compagnons de cellule, qui ne peuvent pas les surveiller en permanence. Parmi tous ses suicides, les plus difficiles à contrôler sont ceux qui ont lieu peu de temps après l’entrée du détenu en prison. Le médecin évoque une relation médico-judiciaire dans laquelle le médecin a peu de place et peu d’occasions de déceler les dépressions.

-21’41 à 21’54 : plan très large sur un couloir de prison blanc. Une voix off introduit la question des jeunes incarcérés dans la prison la plus peuplée et la plus moderne de France, Fleury-Mérogis. Un plan large filme un gardien sortant d’une salle et fermant la porte, un bâton à la main.

-21’55 à 24’36 : plan poitrine sur un jeune homme assis devant une grande fenêtre à barreaux. Il dit avoir tué un garçon accidentellement en se battant. L’animateur, en hors champ, lui demande comment il se sentait en arrivant en prison ; il était perdu. L’animateur demande pourquoi il s’est coupé les veines. Il l’a fait une fois parce qu’il était perdu, puis l’a fait à nouveau pour parler à des docteurs, car il est seul en cellule. Après une tentative de suicide, le personnel médical s’occupe bien des détenus selon lui. Le jeune détenu considère qu’arriver dans ce qu’il appelle une “machine administrative” lui a enseigné l’humilité. Il pense que se couper les veines est le seul moyen de se révolter.

-24’37 à 29’13 : plan rapproché sur le visage du médecin interne, le Dr Proust. L’animateur hors champ lui demande s’il est possible de diminuer le traumatisme de l’entrée en prison. Le médecin répond que ce choc tient à de nombreuses choses et est donc dur à traiter. Il y a également une surconsommation médicale en prison, qui diminue lorsque le nombre de médecins augmente. Un plan montre une nonne passant une porte noire en portant une boîte de médicaments, puis un autre plan panoramique film la façade de la prison et ses fenêtres à barreaux. La voix du médecin explique que les calmants et somnifères sont utilisés pour diminuer l’agressivité des détenus qui se promènent seulement une heure par jour. Ils n’ont ni sexualité, ni activité sportive. Un plan très large panoramique montre le hall de la prison et ses couloirs en mezzanines, pendant que l’interne hors champ évoque la question des simulations de maladies.


Les patients simulateurs et les sorties de prison pour raisons médicales : 29’14 à 35’08

-29’14 à 31’53 : plan moyen ; le médecin qui parlait au détenu ayant avalé des objets est assis à son bureau face à un détenu. Il explique qu’un patient diabétique qui suit son traitement peut être équilibré, mais que le patient face à lui semble faire volontairement monter son diabète. Selon le détenu, les médecins ne font rien pour aider les diabétiques, tout comme les cuisines. La caméra zoome sur le visage du détenu pendant que le médecin lui explique qu’il ne peut pas être soigné qu’à l’hôpital de la prison, car la plupart des diabétiques se soignent depuis chez eux. Le détenu lui répond qu’il pourrait avoir un régime adapté s’il partait de Fresnes, et qu’il s’agit selon lui d’une question d’humanité.

-31’54 à 32’42 : plan poitrine sur le Dr Proust. Il parle des simulateurs vrais. Certains patients se créent une anémie en se faisant perdre du sang ; le médecin donne des exemples.

-32’43 à 35’08 : plan large sur une petite pièce où un médecin en costume noir est assis à un bureau avec un détenu. Le détenu a fait une hémorragie intestinale ; il l’a découverte en trouvant du sang dans la cuvette de ses toilettes. La caméra zoome sur le médecin et le patient pendant que le médecin pose des questions au patient. Il note que le patient s’amaigrit. Cela justifie d’envoyer le patient à l’extérieur de la prison pour un examen médical.


Les paradoxes de la médecine en prison : 35’09 à 38’16

-35’09 à 38’16 : plan poitrine sur le Dr Proust. L’animateur lui dit qu’il y a non seulement des pulsions agressives mais aussi des pulsions sexuelles. Selon le médecin, elles font partie de l’agressivité. Les formes de décharge de l’agressivité sont le travail, l’exercice physique et la sexualité. plan large sur des gardiens debout dans un couloir de prison, filmés à travers une porte en fer. La voix du médecin et de l’animateur continuent de parler de la sexualité. L’animateur demande au médecin s’il lui paraît normal de priver un homme de relations sexuelles. Le médecin semble gêné et dit que cela lui paraît anormal, mais il ne fait pas les lois. plan très large sur la cour de la prison dans laquelle sont garés des véhicules. Plan poitrine sur le médecin, qui explique qu’il doit être conscient d’être aussi complice de la répression qu’un psychiatre soignant quelqu’un à la demande d’un préfet. La question le met mal à l’aise. Il répond à l’animateur qu’il assume cependant cette position car les médecins ont un rôle important en prison. Il aimerait pouvoir régler le problème de la sortie des détenus dont les médecins s’occupent trop peu selon lui.


La sortie de prison : 38’17 à 40’13

-38’17 à 40’13 : plans moyens sur un gardien qui ferme une porte en bois, puis plan poitrine sur un détenu assis sur un lit dans une petite pièce. L’animateur hors champ lui demande pourquoi il est à l’hôpital. Le détenu a une fistule à l’intestin et a déjà été opéré deux fois. Il voudrait travailler en usine en ayant une réserve d’argent pour trouver un logement, et donc retourner à la prison d’Eysses ou il peut travailler. La caméra zoome sur son visage pendant que l’animateur hors champ lui demande s’il veut reprendre une vie normale. Il répond qu’il le fera si la question de sa sortie est réglée. Il ne veut pas aller en centre d’accueil où il trouverait des gens qu’il dit “peu fréquentables”, et aimerait être aidé.


Les détenus et la drogue : 40’14 à 43’34

-40’14 à 40’38 : plan moyen sur le couloir de la prison avec des portes en fer et des gardiens qui discutent dans une loge. La voix off de l’animateur qui dit que la prison est un reflet de la société et de ses vices. Cela explique que le problème de la drogue se pose pour les médecins des prisons. Il introduit un dialogue entre un détenu et le docteur Hatermeyer, médecin chef des prisons de Fresnes.

-40’39 à 43’34 : plan moyen sur une salle de consultation, avec le médecin qui traitait l’homme au saignement intestinal plus tôt. Il est assis à son bureau avec un autre détenu. Le patient s’est drogué pendant un an. Il n’a jamais eu de désintoxication. Le patient aurait préféré une désintoxication à une peine de prison. L’homme est un prévenu et dit qu’il ne mériterait pas d’être jugé. Le prévenu a volé de la drogue car il était en état de manque, et dit qu’il s’agit d’un vol spécifique qui ne devrait pas lui valoir un procès, tandis que le médecin essaie de lui expliquer qu’il a commis un délit. Le médecin souhaiterait, si l’affaire judiciaire du prévenu est simple, qu’il soit envoyé dans un service spécialisé pour que son séjour en prison soit utile.


La vie en prison en 1976 : 43’35 à 54’39

-43’35 à 46’13 : plan très large dans le hall de la prison ; on voit les couloirs en mezzanine et les passerelles entre eux. Une voix off demande à un homme s’il pense que la médecine pénitentiaire est en soi différente des autres médecines. Plan poitrine sur le docteur Hatermeyer, assis devant un mur blanc. Il répond qu’elle n’est pas différente en soi. C’est le même métier que dans un cabinet médical de l’extérieur, mais avec une patientèle particulière. Le médecin chef a demandé beaucoup d’internes et surtout plus de psychologues, et pas nécessairement de nombreux psychiatres car il ne veut pas psychiatriser la prison. Ce qui domine les consultations, c’est la psychologie permettant au malade de raconter son histoire.

-46’14 à 47’50 : plans très larges sur des couloirs de prison avec les portes en enfilade et les couloirs en mezzanine. La caméra zoome sur deux hommes en costumes gris qui marchent dans le couloir en discutant ; il s’agit de l’animateur et du médecin interviewé. Le médecin explique que le plus important n’est pas ce qui arrive en prison mais ce qui arrive avant et après. Il faudrait que tout le personnel pénitentiaire pense à la sortie du détenu. L’homme précise que Fresnes comprend une moitié de prévenus, et une moitié de récidivistes, or l’emprisonnement des prévenus et la récidive pourraient selon lui être réglés.

-47’51 à 54’39 : plan moyen sur une porte de cellule. Un gardien en sort. Gros plan sur la tête d’un détenu. La voix off de l’animateur lui demande combien de temps il a passé en prison ; il y a passé 25 ans. Après cette détention, il n’a plus voulu servir la société, et avait le choix entre cambrioler ou être à la rue. Il est à l’infirmerie de la prison de Fleury-Mérogis car il fait de l’hypertension. Il dit être bien soigné. Le régime central semble plus dur mais est plus naturel selon lui car les détenus peuvent y travailler. Il dit que l’enfermement en cellule toute la journée a été trouvé au Moyen- ge par Ignace de Loyola et Saint Bernard et a perduré. Il pense que l’administration pénitentiaire divise les détenus pour mieux les contrôler. plans moyens et larges sur un gardien dans des escaliers en fer. Plan poitrine sur le prévenu qui dit qu’un trouble psychologique apparaît quand les détenus arrivent en prison, surtout chez les jeunes. plan très large filmé depuis l’intérieur, vers l’extérieur où deux hommes marchent sur un chemin en bitume. La voix off de l’animateur demande au prévenu comment il voit la prison. Le prévenu répond qu’elle est absurde car elle ne règle ni le problème de la société, ni celui de l’homme emprisonné. Il souhaiterait connaître les statistiques sur les classes sociales de prévenus : les fils d’ouvriers, les jeunes de la bourgeoisie. Cela aiderait à comprendre que le peuple est en prison.


Générique de fin : 54’39 à la fin

plans moyens et larges sur la végétation et les rues autour de la prison, avec le générique qui apparaît et la musique d’introduction ; plan large sur la façade de la prison

Supplementary notes

(français)

References and external documents

(français)
-CARLIER Christian, Histoire de Fresnes, prison “moderne” : de la genèse aux premières années, Paris, Syros, 1998

-FIZE Michel, Une prison dans la ville : histoire de la “prison modèle” de la Santé, 1867-2014, Paris, Buchet-Chastel, 2015

-MASMOUDI Wafa Harrar, “Le statut du détenu malade”, Droit, Santé et société, n°5-6, 2018, p.59 à 77

-MILLY Bruno, Soigner en prison, Paris, PUF, 2001

-MUCCHIELLI Laurent (dir.), Histoire de la criminologie française, Paris, L’Harmattan, 1995

-PETIT Jacques-Guy (dir.), Histoire des galères, bagnes et prisons, XIIIe-XXe siècles : introduction à l’histoire pénale de la France, Toulouse, Privat, 1991

-VIMONT Jean-Claude, La prison : à l’ombre des hauts murs, Paris, Gallimard, 2004


Contributors

  • Record written by : Juliette Reichenbach