Les expériences de l'académicien Pavlov / Опыты академика Павлова / Opyty akademika Pavlova (1939)

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Les expériences de l'académicien Pavlov / Опыты академика Павлова / Opyty akademika Pavlova

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Title Les expériences de l'académicien Pavlov / Опыты академика Павлова / Opyty akademika Pavlova
Year of production 1939
Country of production Russie
Director(s) B. Svetozarov
Scientific advisor(s) L. Andreev
E. Vatsuro
Duration 11 minutes
Format Parlant - Noir et blanc -
Original language(s) Russian
Subtitles and transcription French
Production companies Mostekhfilm
Archive holder(s)
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Main credits

(français)
Опыты академика Павлова

Сценарий и монтаж Б. Ф. Светозарова
Научная консультация проф. Л. А. Андреева и проф. Э. Г. Вацуро
Производство киностудии Мостехфильм 1939 г. по материалам Всесоюзного института экспериментальной медицины им. М. Горького

(Les expériences de l'académicien Pavlov
Scénario et montage par B. F. Svetozarov
Consultants scientifiques prof. L. A. Andreev et prof.E. G. Vatsuro

Production par le studio de cinéma Mostekhfilm en l'année 1939 sur la base des matériels de l'Institut pansoviétique de la médecine expérimentale M. Gorki)

Content

Theme

(français)
Les expériences de l'académicien Ivan Pavlov sur les réflexes inconditionnés avec des oiselets et un chien, sur les réflexes conditionnés avec des chiens, sur l'activité nerveuse «haute » d'un singe et des malades schizophréniques.

Main genre

Documentaire

Synopsis

(français)
Un générique montré sur des cartons. Pavlov présente à un congrès. Un carton annonçant le contenu du film. Des expériences avec des oiselets qui ouvrent les becs en entendant «Karr» en tant qu'un exemple d'un réflexe inconditionné. Des expériences avec des chiens à l'aide d'un dispositif permettant d'observer le moment où la salive apparaît : brièvement, l'apparition de la salive en tant qu'un réflexe inconditionné lorsqu'un chien mange ; plus en détail, le même phénomène en tant qu'un réflexe conditionné lorsqu'il est causé par le fait de montrer le repas plutôt que manger, ou encore par le fait de montrer la lumière d'une lampe lorsque cela s'accompagne régulièrement par l'apparition du repas ; lien entre les réflexes conditionnés et inconditionnés dans ce contexte. Des expériences avec un singe (chimpanzé Raphaël) continuées par des élèves de Pavlov : on montre comment le singe apprend de nouveaux moyens d'atteindre le repas en se basant sur des tactiques déjà acquises. Pavlov entouré par le public dans une petite pièce. Des expériences avec des malades schizophréniques : on les traite par le sommeil long et Pavlov est présenté comme celui qui a donné une explication scientifique de cette méthode. Pavlov présente devant des médecins. Des cartons avec une citation de Pavlov. Une image de Pavlov. Un carton annonçant la fin du film.

Context

(français)
1939 – 90 ans depuis la naissance de Pavlov. 1936 – mort de Pavlov.

Structuring elements of the film

  • Reporting footage  : No.
  • Set footage  : No.
  • Archival footage  : Yes.
  • Animated sequences  : No.
  • Intertitles  : Yes.
  • Host  : No.
  • Voice-over  : Yes.
  • Interview  : No.
  • Music and sound effects : Yes.
  • Images featured in other films : Yes.

How does the film direct the viewer’s attention?

(français)
Présentations de Pavlov

Pavlov est partout montré âgé, ce qui suggère qu'on n'utilise que du matériel récent par rapport au temps de la production du film.

Dans la présentation de Pavlov au début du film on alterne des cadres avec Pavlov en gros plan qui parle aux microphones et le panorama d'une salle de congrès pleine de gens. Cela permet notamment d'illustrer les propos de la voix off, qui dit en même temps que le monde entier éduqué connaît les travaux de Pavlov. On infère en conséquence que le congrès devrait se passer dans un contexte international. L'image confirme du moins son caractère multilinguistique : une personne à côté de Pavlov semble écouter un interprète dans ses écouteurs. D'un autre côté, l'URSS laissait difficilement voyager des gens soviétiques à l'étranger, donc l'évènement peut bien se passer à l'intérieur de URSS. Ces cadres (et l'existence du film plus généralement) laissent alors voir en premier lieu la reconnaissance des travaux de Pavlov en URSS.

Par ailleurs, les points de vue dans cet épisode ne sont pas cohérents: Pavlov est montré à gauche regardant vers la droite avec la caméra à la même hauteur que lui, alors que le panorama de la salle est faite d'en haut et la tribune principale se devine en bas à droite (sans qu'on nous la montre complètement). Aussi, ni Pavlov ni ce qui se trouve derrière lui (un peu de rangs de sièges remplis de gens et un mur clair) ni la caméra qui le filme ne sont pas facilement identifiables dans la salle (à murs sombres dans la partie qu'on voit). En plus, tout est filmé de façon assez floue. Soit donc c'est la même caméra qui tourne pour filmer les deux plans sans changer d'emplacement, mais alors c'est un peu étrange que Pavlov et les microphones soient en haut plutôt que sur la tribune principale qui se situe normalement en bas. Soit Pavlov est à la tribune principale et on le filme par une autre caméra que celle filmant la salle ou par la même déplacée, mais alors c'est un peu étrange qu'il y a plusieurs rangs de sièges derrière lui. On se demande donc si c'est simplement une façon de filmer malheureuse ou bien si les cadres de Pavlov viennent d'un autre évènement que les cadres de la salle.

En ce rapport les deux autres scènes du film comportant des présentations par Pavlov paraissent plus naturelles. La scène à la toute fin du film où Pavlov présente devant du public en blanc, apparemment des médecins, alterne aussi des cadres du public à gauche et de Pavlov à droite, mais avec plus de cohérence dans leurs emplacements (les directions des regards du public et de Pavlov se rencontrent) et de façon similaire dans les deux cas (murs clairs, même élévation de la caméra). L'autre scène de présentation par Pavlov vers la fin du film, après les expériences avec le singe et avant celles avec des malades schizophréniques, est filmée de façon encore moins complexe, alternant des gros plans de Pavlov avec une personne visible en partie à droite de lui et des plans plus en recul avec Pavlov plus ou moins dans la même position et du public se trouvant de près et à droite de lui. Le cadrage dans ce dernier cas est par contre un peu raté, avec Pavlov à gauche pas complètement visible.

Expériences

En ce qui concerne les plans et la quantité des détails, dans les expériences avec des oiselets et des chiens dominent des plans assez gros qui se bornent surtout à montrer des objets et des animaux pertinents pour les expériences. Une exception sont des cadres commençant à 2:03, où l'on voit apparemment Pavlov de dos et une expérimentatrice de front, ainsi qu'en marge des objets accidentels tels qu'une lampe, des papiers etc. Dans les expériences avec le singe les plans sont plutôt gros qu'en recul, mais plus de choses rentrent en cadre notamment parce que le tout est moins contrôlable et donc parfois moins épuré (on voit par exemple une mouche sur une boîte contenant du repas, puis les abords d'un bassin d'eau avec des maisons). Dans les expériences avec des humains il y a tant de gros plans sur un patient que des plans plus en recul faisant rappeler les images du public de Pavlov montré ailleurs dans le film (d'autant plus qu'on voit dans les deux cas des humains). Il n'y a par contre pas trop de détails accidentels dans la partie montrant ces expériences-là.

Concernant le cadrage, dans les expériences avec des oiselets et des chiens les animaux et les objets faisant partie des expériences occupent généralement le centre du cadre, ou sinon sont un peu déplacés vers la droite lorsque d'autres objets ou des expérimentateurs apparaissent à gauche. Dans les expériences avec le singe la composition du cadre est souvent plus libre (plus d'espace, singe déplacé par rapport au centre du cadre). En partie c'est voulu car est en accord avec le sujet (par exemple vers 5:35 pour montrer la distance entre un radeau avec le singe et une plate-forme qu'il essaie d'attraper par une perche on déplace le singe à gauche du cadre avec la perche occupant le reste). D'un autre côté, une telle liberté se produit alors aussi de façon plus accidentelle parce que le singe bouge, et par ailleurs il y a quelques cadrages ratés dans cette partie. Dans les expériences avec les malades schizophréniques la liberté du cadrage est moins accidentelle car les malades dorment et donc ne bougent guère. Ici on trouve notamment des images où les malades sont filmés de côté, assis en ligne dont les bouts se perdent des deux côtés du cadre. Sur d'autres images des lits des malades sont montrés en une disposition ressemblant des carrés sur un échiquier vu en oblique.

Les expérimentateurs ne sont montrés que sporadiquement, on montre plutôt leur implication aux expériences qu'eux-mêmes. On les voit le moins dans les expériences avec les chiens, où seules les mains d'un expérimentateur sont montrées, à l'exception des cadres commençant à 2:03 où l'on montre aussi une expérimentatrice au complet, mais d'ailleurs un peu loin. Dans les expériences avec des malades schizophréniques également on ne voit qu'un expérimentateur (ou un médecin) de loin. Dans les expériences avec les oiselets le visage d'un expérimentateur (ou d'une expérimentatrice) apparaît, mais manifestement juste pour montrer comment il dit «Karr». Dans les expériences avec le singe les expérimentateurs sont par contre beaucoup plus visibles, mais là encore de façon utilitaire, sauf lorsqu'on montre un groupe des élèves de Pavlov. En ce moment-là et ailleurs, aucun nom à part celui de Pavlov n'est mentionné.

Il est à noter que Pavlov lui-même est absent des images des expériences, une fois de plus à l'exception des cadres commençant à 2:03 ; du reste on crée sa présence plutôt en intercalant des cadres avec lui entre des cadres montrant des expériences. Cela suggère que ces expériences sont du moins en partie filmées en son absence, voire après sa mort. C'est plausible en particulier pour les expériences avec le singe dont on dit qu'elles ont été commencées par Pavlov en 1935 (soit peu avant sa mort) et que l'une d'elles a fait le singe chercher la solution pendant des mois. Le fait que ces expériences sont continuées par les élèves de Pavlov va dans le même sens.

How are health and medicine portrayed?

(français)
L'accent est fait sur la science expérimentale. Les expériences sont non-invasives sauf pour les chiens. Toutes les expériences sur les animaux concernent le repas. Tous les objets d'étude sont et restent en vie. Le contenu présenté n'est pas strictement médicale ni pathologique, à part dans la dernière partie concernant des malades schizophréniques. Côté théorique on présente surtout la distinction de Pavlov entre les réflexes inconditionnés et conditionnés, avec une définition pour les premières, ainsi que l'intérêt de Pavlov envers se qu'on appelle l'activité nerveuse «haute», sans trop de détails sur cette notion. Pavlov est présenté comme un scientifique connu, un expérimentateur, quelqu'un ayant un programme de recherche vaste et cohérent, une personne qui essaie de préciser des bases scientifiques de certaines phénomènes («une salivation psychique») et de certains traitements (des malades schizophréniques par le sommeil long).

Broadcasting and reception

Where is the film screened?

(français)
Inconnu

Presentations and events associated with the film

(français)
Inconnu

Audience

(français)
Inconnu

Local, national, or international audience

Unknown

Description

(français)
Résumé détaillé

1. Le film s'ouvre par un générique. La voix off présente ensuite Pavlov et ses domaines d'activité, accompagnée par des cadres de Pavlov âgé parlant lors d'un congrès. Sur un carton intercalé est annoncé que dans ce film on montrera quelques expériences de Pavlov relatives à l'activité du cerveau des animaux.

2. On montre et la voix off présente des expériences avec des oiselets de freux: ils ne réagissent pas lorsqu'un expérimentateur les touche ou bouge leur «nid» (un récipient sur lequel il est écrit «Delta» / «Дельта»), mais ouvrent leurs becs lorsqu'on prononce «Karr» (alors la prononciation apparemment par une autre voix off ne coïncide pas tout-à-fait à l'ouverture de la bouche par l'expérimentateur). Lorsque les oiselets ouvrent les becs, l'expérimentateur sourit légèrement et leur donne du repas. Ensuite on montre deux fois de plus l'expérimentateur disant «Karr» (avec le son toujours pas très bien en accord avec l'image) et les oiselets ouvrant les becs, une fois lorsqu'ils sont dans le «nid» et une autre fois sans. Selon la voix off (principale), ces expériences sont une illustration d'un réflexe alimentaire inconditionné induit par le son «Karr».

3. On passe à montrer des expériences avec des chiens tenus en laisse, chaque chien ayant un dispositif expérimental attaché d'un côté près de sa bouche. Le dispositif consiste en un trou dans la bouche du chien qui fait diriger sa salive de la bouche vers l'extérieur via un canal terminant par une ouverture, ce qui permet de voir à quel moment la salive apparaît.

3.1. Dans les premiers cadres on donne un chien à manger et on remarque la salive grâce au dispositif. Celui-ci termine en l'occurrence par un petit récipient transparent, enlevé par la suite par un expérimentateur et montré en gros plan avec de la salive dedans. La voix off commente (en utilisant un mot pas clair à 1:38) que l'apparition de la salive dans ce cas-là est un autre exemple d'un réflexe inconditionné et donne une définition de réflexe inconditionné comme un lien nerveux simple et constant qui n'implique pas des parties «hautes» du cerveau.

3.2. Ceci est contrasté avec l'expérience suivante où l'on voit aussi la salive tomber goutte par goutte (ici non plus dans un récipient mais vers le sol) chez un autre chien, mais cela déjà lorsqu'on lui montre du repas sans encore lui donner à manger. Selon la voix off, il s'agit ici par contraste d'un produit d'une activité nerveuse «haute» qu'on appelait avant Pavlov «une salivation psychique» sans savoir l'expliquer et qu'il a essayé d'expliquer en l'étudiant grâce au dispositif. Pour souligner ce contraste, on montre cette deuxième expérience avec un plan plus en retrait par rapport à la première expérience. Ensuite à la mention de Pavlov on montre en séquence Pavlov en gros ; lui, une expérimentatrice, le chien et des objets accidentels ensemble (à partir de 2:03) ; le chien en gros ; ainsi que le dispositif en marche.

3.3. On présente enfin une troisième expérience avec un troisième chien placé à côté d'une lampe et d'un réservoir à repas où l'on peut mécaniquement laisser apparaître une écuelle à repas ou bien une autre vide. La voix off explique que si l'on donne au chien du repas lorsqu'on allume la lampe, dans quelques jours un lien conditionné entre les deux s'établit dans le cerveau du chien et la salive apparaît déjà quand la lampe s'allume, ce qui est un réflexe conditionné alimentaire acquis. Ceci est illustré par des cadres avec la lampe qui s'allume, le repas qui apparaît et le chien qui mange, puis en alternance la lampe qui s'allume et la salive qui tombe via le dispositif goutte par goutte vers le sol. Mais si, continue la voix off, ce réflexe conditionné n'est pas accompagné par un réflexe inconditionné pertinent, ce qui se passe lorsque la lampe s'allume mais le repas ne s'y ajoute pas, alors le réflexe conditionné s'affaiblit et le chien ne réagit plus sur la lumière de la lampe. Ici on alterne des cadres avec la lampe allumée et l'écuelle vide, puis on montre le chien tourner la tête de la lampe et de l'écuelle. La voix off finit en disant que Pavlov a tiré de cela comme conséquence que le réflexe conditionné sert de base pour le travail de la substance corticale du cerveau. Á ce moment on montre de nouveau Pavlov en train de parler. Puis l'image s'assombrit (et pareil à la fin de plusieurs autres épisodes qui vont suivre).

4. On dit ensuite que Pavlov a passé de l'étude du cerveau des chiens à une étude du cerveau plus compliqué des singes anthropoïdes, montrant en même temps brièvement Pavlov en chapeau avec une autre personne devant une grille. Puis on montre plusieurs expériences avec un singe filmées à l'extérieur.

4.1. Dans la première expérience le singe, après une brève apparition en mangeant, est montré s'emparer du repas contenu dans une boîte (ici une mouche rentre dans le cadre par hasard). Apparemment la boîte ne reste ouverte que pendant qu'on tire un fil situé plus loin. On montre donc le singe qui arrive à tirer le fil par une jambe et prendre du repas dans la boîte par la main. L'expérience n'est pas commentée à part de dire que les chimpanzés manifestent à l'expérimentateur une bonne mémoire et une capacité d'analogie et que Pavlov a étudié via les expériences avec des singes la façon dont des habitudes sont acquises. Il semble que ces images et ces mots servent plutôt d'introduction pour la suite.

4.2. On montre ensuite brièvement une petite cage à deux roues dans laquelle on devine un singe. La cage est tirée par un jeune homme en vêtements de couleur sombre, alors que deux autres jeunes hommes habillés en blanc, un blonde et un autre en casquette blanche avec un petit sac sombre, marchent dans la même direction derrière (ici l'image est surexposé, c'est-à-dire trop claire ; on aperçoit tout de même au fond une femme en blanc, mais aussi un buste aux aspects de Lénine). La voix off parle en même temps de chimpanzé Raphaël qui en acquérant de l'expérience résout des tâches de plus en plus complexes. On devine que c'est le prénom du singe montré et qu'on voit ici des participants d'une expérience qui va suivre. Puis enfin la voix off s'en prend à décrire une expérience en présentant d'abord deux objets dans un bassin d'eau : voici, nous dit-on, une plate-forme avec du repas, et voici, d'un autre côté, un radeau avec une maisonnette où Raphaël se trouve. Á cela correspondent deux cadres séparés : un avec la plate-forme et un autre avec le radeau. Sur la plate-forme on aperçoit aussi couché un expérimentateur blonde habillé en blanc, alors que sur le radeau on voit un autre expérimentateur en blanc et en casquette sombre, mais la voix off ne les mentionne pas. Pendant que le singe est laissé sortir par le deuxième expérimentateur de la maisonnette et ramasse l'une des perches posées sur le radeau, la voix off explique que Raphaël en connaît déjà le principe d'utilisation grâce à son expérience au sol. On insère ici brièvement l'image de Raphaël qui lève une perche, l'appuie par un bout sur le sol et court le long de cette perche pendant qu'elle tombe en tentant ainsi d'atteindre la couronne d'une arbre. De retour sur Raphaël sur le radeau, on le voit faire pareil en posant cette fois le bout de la perche sur le fond du bassin d'eau au lieu du sol (ici le cadrage est un peu raté mais on devine qu'il gagne ainsi la plate-forme). L'expérience se termine par les images de l'expérimentateur blonde donnant du repas à Raphaël.

4.3. On passe à montrer une autre expérience qui commence pareil, mais la voix off dit que Raphaël se trouve cette fois à un endroit plus profond de l'étang. Raphaël tente alors en vain d'appuyer une perche et la fait tomber dans l'eau. La voix off dit que Pavlov a entamé des expériences avec Raphaël encore en 1935 et que ses élèves les continuent ; ici on montre un groupe de gens en gros plan, apparemment les élèves en question. Puis on retourne en gros plan à Raphaël attristé. La voix off précise que des semaines et des mois passent avant que Raphaël n'arrive à trouver une solution (c'est le cas où la parole ajoute de l'information qu'on ne peut pas deviner de l'image). On montre alors un expérimentateur sur la plate-forme qui prend notes. Puis la musique devient assez triomphante et on voit Raphaël poser un bout d'une perche sur le radeau, attraper non sans difficulté la plate-forme avec l'autre bout et avancer le long de la perche (ici le cadrage est parfois raté et parfois réussi, comme vers 5:35 lorsque le singe est placé à gauche et cela donne une idée de son distance de la plate-forme). Ces actions sont montrées en plusieurs temps avec des légères variations, donc apparemment il s'agit des essais distincts même si l'on tente plutôt de les faire passer pour un seul filmé très en détail. Comme dans l'expérience précédente, on finit par des images d'un expérimentateur sur la plate-forme donnant du repas à Raphaël. Ici l'expérimentateur le caresse en plus, la tâche s'étant avérée plus difficile. L'expérimentateur porte un costume et un bonnet curieux, peut-être pour nager.

4.4. Dans un épisode suivant on retrouve une cage (cette fois plus fermée) et ses trois accompagnants. On laisse alors sortir Raphaël de la cage et l'expérimentateur blonde l'amène sur une barque jusqu'au radeau. La voix off explique (vers 6:21) que cette fois avant d'atteindre la plate-forme Raphaël doit passer par un radeau supplémentaire et qu'il connaît ce principe. On voit ensuite Raphaël passer jusqu'à cet autre radeau via une perche mise à la manière d'un pont comme dans l'expérience précédente (là encore le cadrage n'est pas parfait). Il découvre alors par contre que la perche supplémentaire posé sur ce radeau est trop courte pour atteindre avec son aide la plate-forme ; la voix off l'énonce ensuite également (par contraste à d'autres cas où son explication précédait l'image, par exemple lorsqu'elle parlait de l'utilisation de la perche au sol). La musique devient plus triste ; on voit un expérimentateur prendre des notes et un autre regarder depuis la plate-forme, alors que Raphaël tente en vain de l'attraper avec la perche courte, la relâche dans l'eau et récupère la perche flottante. La voix off ne précise pas combien de temps des essais sans succès durent dans le cas de cette expérience-là, mais juste continue à commenter les actions de Raphaël qu'on nous montre finalement retourner sur le radeau initial tout en gardant la perche trop courte en main. Il utilise ensuite cette perche pour passer à un troisième radeau proche du premier, prend une perche plus longue y posée, passe avec elle via le premier radeau au deuxième et, accompagné par une musique plus joyeuse, parvient enfin à la plate-forme avec le repas. La voix off fait alors une transition à la dernière partie du film en disant que les expériences de Pavlov avec des animaux n'étaient qu'une étape préparatoire avant le passage à l'étude de l'activité nerveuse «haute» des êtres humains, incomparablement plus complexe.

5. On montre ensuite Pavlov en train de parler, entouré par du public dans une petite salle. La voix off dit que pour mieux comprendre le travail d'un cerveau humain normal l'académicien Pavlov a commencé d'étudier des maladies psychiques (ici la mention de son statut d'académicien paraît ne pas jouer de rôle spécifique). On montre ensuite des malades qui dorment ; ce qui est étrange c'est que la pièce paraît éclairée, tout le monde est assis et en plus certains bougent les doigts ou la tête et tiennent des mains levées. La voix off précise qu'en l'occurrence la schizophrénie ralentit des mouvements et qu'il existait déjà avant Pavlov une pratique de la traiter par une narcose, un sommeil jusqu'à dix jours de suite, sans qu'on sache expliquer cette méthode scientifiquement. On passe à l'image où les malades sont disposés sur des lits et un expérimentateur vient vérifier leur état. La voix off explique que le sommeil est un ralentissement protégeant qui empêche à la destruction des cellules du cerveau surchargées par le travail. Elle poursuit en disant que Pavlov a donné une base scientifique à la méthode de traitement par le sommeil prolongé et ainsi a montré une fois de plus que sa théorie est correcte. Puis on montre de nouveau Pavlov en train de parler, cette fois en alternance avec des images des gens en blanc, apparemment des médecins et son public. La voix off dit que Pavlov a travaillé sur l'activité nerveuse «haute» pendant 35 ans et en a établi pendant ce temps-là des lois principales, mais qu'il s'agit ici d'un problème grandiose que les physiologues soviétiques continuent a étudier (ici on entend bien la voix off prononcer trop d'[o] au lieu d'[a] et on mentionne en ce moment la partie et le gouvernement).

6. Le tout se termine par deux cartons comportant une citation de Pavlov, puis une image de Pavlov et ensuite le mot «Fin» / «Конец» qui est montré en même temps qu'on entend des accords concluants de la musique.

Supplementary notes

(français)
Identifications et spécificités

En général l'identification des images (lieu, temps, personnes présentes) n'est pas précisée dans ce film, qui s'intéresse plus au côté scientifique qu'aux aspects factuels. On peut cependant identifier certaines images en se référant aux autres productions (films, photos, textes) qui concernent notamment Pavlov (dont d'autres films sur Pavlov disponibles sur MedFilm). Ainsi on apprend que les images de début du film avec Pavlov présentant au congrès viennent du XV congrès physiologique international, qui a eu lieu à Léningrad en 1935 (à comparer par exemple avec les photos [1] et [2] dans la banque d'images de Rossiya Segodnia). L'expérimentatrice montrée dans le film avec Pavlov et avec un chien à partir de 2:03 est, selon une publication électronique de l'Académie des Sciences de Russie consacrée à Pavlov [3], M. K. Petrova [4], apparemment celle qui fut une assistante de Pavlov pendant plusieurs décennies [5]. La même publication contient une photo de Pavlov en chapeau, séparé par une grille du chimpanzé Raphaël [4], qui ressemble à l'image du film où Pavlov est montré brièvement en chapeau derrière une grille. Ici la photo donne du sens à l'image, car dans le film on ne voit pas sur qui Pavlov regarde derrière la grille : le fait de découvrir qu'il regarde sur le singe rend logique le placement de cette image au début de la partie du film consacrée aux expériences avec le singe. Quant à la scène du film après les expériences avec le singe et avant celles avec des malades schizophréniques, où l'on montre Pavlov présentant en petite salle entouré du public, elle correspond à une photo qui, selon le site du musée de Pavlov à Saint-Pétersbourg, présente l'un des « mercredis » de Pavlov, c'est-à-dire des réunions scientifiques en physiologie qu'il organisait régulièrement [6]. La spécificité du film en ce qui concerne l'usage des images dans cette scène est qu'elles sont renversées de gauche à droite (avec Pavlov à gauche, une personne tenant un livre ou un carnet à droite) par rapport aux autres films et photos apparemment de la même réunion, y compris [6] (où Pavlov se trouve à droite et une personne tenant un livre ou un carnet est à gauche). Les renversements similaires sont d'ailleurs apparemment courants à l'époque (probablement à cause des moyens de production des photos et des vidéos alors utilisés) : un autre exemple est fourni par des photos de Pavlov au congrès, où il est tourné respectivement vers la gauche [1] et vers la droite [7].

Composition

La composition est bouclée: d'abord une présentation de Pavlov, puis des expériences, à la fin un retour sur Pavlov. Ceci est renforcé par des cartons supplémentaires (outre le générique) n'apparaissant qu'au début et à la fin du film (une présentation des expériences de Pavlov qui seront montrées au début et une citation de Pavlov à la fin). En ce qui concerne Pavlov, on le montre à travers le film comme présentant à des niveaux différents devant du public varié (congrès au début du film, public local vers la fin, médecins à la fin). Il apparaît aussi de façon épisodique ailleurs à travers le film et son nom est régulièrement mentionné, produisant une impression continue de sa présence. Les expériences sont arrangées en gradation : on passe des réflexes inconditionnés aux réflexes conditionnés, ainsi que des expériences sur des animaux de plus en plus complexes et proches aux êtres humains jusqu'aux expériences sur ces derniers.

Idéologie

Juste avant la deuxième expérience avec le singe un buste aux aspects de Lénine rentre apparemment par hasard dans le cadre. Du reste le rapport à l'idéologie est établi le plus probablement en toute conscience, mais limité aux phrases au début et à la fin du film. Au début Pavlov est présenté comme un grand scientifique matérialiste dont des travaux sont connus au monde entier éduqué. Á la fin on mentionne « des physiologues soviétiques entourés par l'attention de la partie et du gouvernement » qui continuent l'affaire du grand scientifique qui est Pavlov.

On met aussi à la fin deux cartons avec du texte. Sur le premier on voit l'invitation à analyser des faits pour en comprendre l'apparition et les lois. Sur le deuxième est écrit ceci : «Notre patrie ouvre des grands perspectives devant les scientifiques. Pour la jeunesse, tout comme pour nous-mêmes, c'est une question d'honneur que de répondre à ces grandes espérances que notre patrie place en la science ». On précise en bas de ce carton que ce texte vient de la lettre de l'académicien Pavlov à la jeunesse soviétique en l'année 1936. On peut donc comparer ces cartons avec la lettre. On trouve le texte de la lettre notamment dans la 2ème édition du 1er tome des œuvres complètes de Pavlov, parue en 1951 [8]. Dans ce livre la lettre est datée 1935. On voit en comparant que le texte du film s'accorde assez littéralement avec quelques phrases du texte de la lettre tel qu'il est publié dans ce livre. Cela concerne pas seulement le deuxième carton, mais aussi le premier dont il n'est pas clair du film s'il fait partie de la lettre (car il manque un guillemet au début ou encore des points de suspension à la fin du texte du premier carton, alors que les deux sont présents à la fin du texte du deuxième carton). D'un autre côté, on voit que les textes sur les deux cartons ne sont pas des citations exactes des deux fragments du texte de la lettre mais plutôt des contractions de quelques-unes de ses morceaux. Cela paraît dû au fait que l'espace est limité sur les cartons, plutôt qu'à des raisons idéologiques. Un autre aspect où l'idéologie manque dans ces cartons est le fait de rester ambigu quant à si le mot « patrie » commence par une capitale de fait d'avoir mis l'ensemble de texte de la lettre en capitales. Dans [8] le mot « patrie » commence d'ailleurs par une lettre minuscule. Quant au choix des morceaux de la lettre pour le film, ceux mis sur le deuxième carton soulignent l'aide de la patrie et la responsabilité envers elle, mais sans plus de précisions. Ainsi l'idéologie est présente, mais pas excessivement.

Atavismes et particularités linguistiques

Sur l'un des cartons du début contenant du générique on écrit «кино-студия» au lieu de «киностудия». Á 0:25 en présentant Pavlov la voix off prononce «великой» au lieu de «великий». Á 6:21 en décrivant une action que le singe doit faire avant qu'il fasse une autre action la voix off dit «раньше» au lieu de «сначала». Surtout vers la fin la voix off prononce souvent [o] au lieu de [a] dans des syllabes sans accent (par exemple dans le «о» du mot «проблема» à 9:35 et 9:40), à la manière des gens venant des abords de Volga.

Qualité du son et de l'image

La musique est généralement sans problèmes : le son est clair et sans trop de variation de volume, avec peu d'interruptions courtes. Cette musique correspond bien à l'évolution du contenu et lui donne une unité : le ton et la vitesse varient en accord avec le récit, alors que le thème se répète.

La voix off est pour la plupart aussi audible sans problème et correspond bien à l'image. Mais il y a quand même une coïncidence pas parfaite dans les expériences avec des oiselets lorsqu'on dit «Karr» (apparemment par une autre voix que la principale), ainsi qu'un mot pas clair à 1:38 (deuxième mot dans la première phrase lors de l'apparition du premier chien). Aussi il y a un son supplémentaire de quelques secondes au tout début quand on entend la voix off pour la première fois.

L'image filmée est pour la plupart assez lisible, y compris pour la stabilité et le contraste, avec les images du singe en plein air naturellement souvent plus claires que le reste, filmé à l'intérieur. Tout de même, l'image oscille parfois un peu, ce qui est surtout visible avec des cartons. Aussi, des traces noires et blanches (apparemment dues à l'ancienneté du film) apparaissent de temps en temps en dessus de l'image. Les images d'un congrès au tout début sont floues et les images au début de la deuxième expérience avec le singe sont surexposées. L'assombrissement de l'image à la fin de certaines épisodes est par contre plutôt voulue, car cela permet de marquer des transitions dans le récit.

Le cadrage de l'image est généralement réfléchi et réussi. Il y a quand même plusieurs cadrages ratés dans les expériences avec le singe où l'on ne voit pas complètement ce qui se passe. Peut-être c'était difficile à filmer car l'objet d'étude bouge et on filme apparemment depuis une plate-forme au milieu d'un bassin d'eau où l'espace est limité (apparemment pas depuis une barque car on ne remarque pas d'oscillation de l'image dans les cadres de ces expériences). Pareil, il y a du cadrage un peu raté dans la scène de présentation par Pavlov après les expériences avec le singe et avant celles avec des malades schizophréniques. Ici Pavlov à gauche n'est pas complètement visible dans les cadres où l'on le montre avec du public. Cela s'explique probablement aussi par la manque de place pour reculer la caméra (la pièce où se passe la présentation étant apparemment assez petite), couplée à l'envie de filmer le public au complet dans le même cadre avec Pavlov. D'ailleurs la citation de Pavlov sur un carton à la fin du film est aussi sans trop d'espace à gauche, donc peut-être il y avait également des facteurs techniques.

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Contributors

  • Record written by : Valeriya Chasova
  • French subtitles : Aleksandra Mouillie-Bannikova, Thibault Riegert, Élisabeth Fuchs